Un an après son vote, le CPDH revient sur la loi de mariage et d’adoption pour tous

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C’était un 17 mai !

La loi française de « mariage et d’adoption pour tous » date du 17 mai 2013 et la décision du synode national de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) d’ouvrir « la possibilité (…) de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu »[1] a été prise le 17 mai 2015, juste deux ans plus tard ! Il n’est pas inutile de regarder d’ores et déjà aux « fruits » de ce « changement de civilisation » proposé par le gouvernement d’alors et dont les conséquences étaient attendues pour certaines et n’ont pas été anticipées pour d’autres.

Sur un plan sociétal : l’ouverture d’un droit à l’enfant en lieu et place des droits de l’enfant est certainement le résultat le plus criant. L’article 7 de la convention internationale des droits de l’enfant est désormais sérieusement mis à mal : «L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit, à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux.» Car avec le « mariage et l’adoption pour tous », ce sont les revendications de « Procréation Médicalement Assistée pour tous » ou de « Gestation par Autrui pour tous » qui sont depuis le 17 mai 2013 à l’ordre du jour. De nombreux juristes se sont récemment regroupés pour rédiger un ouvrage montrant en détail les dégâts juridiques de la loi Taubria (Le mariage et la loi, protéger l’enfant ; publié par Institut Famille et République). « L’objectif de cet ouvrage collectif auquel près de quarante auteurs ont contribué, est d’exposer qu’il est non seulement nécessaire, mais aussi tout à fait juridiquement possible de réviser la loi du 17 mars 2013 »[2]. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Paris le 17 mai 2016, La Manif Pour Tous a également dressé « le vrai bilan » des trois ans d’application d’une loi qui ne fait toujours pas l’unanimité et pour cause. Franck Meyer, président du CPDH, y a d’ailleurs présenté quelques-unes des modifications apportées au code civil comme la disparition des mots « père et mère » au profit du terme « parents » (plus générique !) dans l’article 371-1 définissant l’autorité parentale.



Sur le plan ecclésial : la décision de l’EPUdF a désuni cette fédération d’églises qui voulait pourtant afficher son unité avec espérance et qui est entrée dans une « étape troublée » comme l’écrit le pasteur Christian de Tonnac : « Dans l’étape troublée que traverse l’Eglise protestante Unie de France, il est important d’écrire une déclaration de foi non seulement parce que Réformés et Luthériens se sont unis, non seulement pour s’adresser au monde extérieur, mais parce qu’il est nécessaire de reprendre les fondamentaux qui nous unissent. Il nous apparaît que des lignes rouges ont été franchies ces dernières années, mettant sérieusement à mal la communion à laquelle nous aspirons tous. Son usage est donc aussi, et sans doute humblement, prioritairement à usage interne, les circonstances nous y poussent » (http://lesattestants.fr/dieu-dabraham-disaac-et-de-jacob/).D’une manière générale le trouble causé par cette décision a non seulement fait couler beaucoup de salive et d’encre depuis un an parmi tous les protestants (évangéliques ou pas) mais continue de poser question puisque les églises de la Fédération Protestante de France (FPF) s’interrogent actuellement sur ce qu’est ou devrait être la « communion » dont il est question dans la charte de la FPF. Charte dont le but est d’exprimer « l'unité particulière qu'au long des années, les Eglises, Unions d'Eglises, les Œuvres et Mouvements de la Fédération protestante ont pu construire ».

Le 17 mai 2013 et le 17 mai 2015, n’ont pas porté de « bons fruits » et ce qui en a découlé est malheureusement cousu de fil noir ! Prions pour que non seulement la paix du Christ à laquelle nous avons été appelés règne dans nos cœurs mais aussi que la Parole du Christ habite parmi nous abondamment[3]. C’est à cette double condition que nous pourrons parler en amour et en vérité à une société qui cherche aujourd’hui (comme de tout temps) ses repères.

Notes

[1] Déclaration téléchargeable : https://www.eglise-protestante-unie.fr/prod/file/epudf/upload/nation/Benir,%20decision%20du%20Synode%20national%20de%20l'EPUdF%20le%2017%20mai%202015.pdf

[2] Le mariage et la loi, protéger l’enfant. Institut Famille et République, p. 15

[3] 1 Colossiens 3 v. 16