Syrie, Damas: les chrétiens ont peu d’espoir pour une paix immédiate

La moitié de la population est en fuite, les infrastructures sont détruites

Les chrétiens de Syrie ont peu d'espoir en une fin rapide de la guerre dans leur pays. Telle est la conclusion que l'agence de presse protestante allemande IDEA (Wetzlar) tire de son enquête. L’Allemagne a pris la décision d’envoyer sur le front syrien et irakien jusqu’à 1200 soldats pour renforcer la coalition internationale en lutte contre Daesh.

Comme l’a déclaré Audeh Quawas (Amman), membre de la Commission chargée des affaires internationales au sein du Conseil œcuménique des Églises (COE - Genève), la longue hésitation des Occidentaux a déçu de nombreux Syriens. La communauté internationale aurait dû agir beaucoup plus tôt. Entre temps, la majeure partie du pays est saccagée. Presque toutes les infrastructures ont été détruites et la moitié de la population est en fuite. Dans le même temps, Quawas était convaincu qu'il ne saurait y avoir de solution pacifique permanente sans le règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Ici, la communauté internationale fait deux poids, deux mesures, critique Quawas.

Pasteur Jonas Weiss-Lange : Il y a là un état d'urgence permanent

Le pasteur de l'Eglise protestante allemande (EKD) de la communauté en Syrie et au Liban, Jonas Weiss -Lange (Beyrouth), a déclaré à IDEA que la majorité des membres de la congrégation à Damas en Syrie ont quitté le pays pour des raisons de sécurité.

Dans le pays prévaut un état d'urgence permanent. Depuis l'année dernière, tous les responsables d’Églises protestantes en Syrie et au Liban ont adressé un appel aux protestants du monde entier.

Dans cet appel, il n’était déjà plus question de réclamer l'égalité des droits pour les chrétiens. Il était plutôt question du danger que le christianisme court dans la région sous l’effet du terrorisme de l’EI: il risque de disparaître totalement. Les chrétiens devraient donc, entre autres, faire pression sur leurs gouvernements pour ne plus faire d’affaires avec les pays qui soutiennent des organisations terroristes comme l’EI, financièrement comme avec des armes. Comme l'a dit Weiß-Lange, « cet appel est malheureusement toujours d’actualité ».

Cardinal Vincent Nichols: Pourquoi une action militaire contre l'EI est justifiée

Le président de la Conférence des évêques catholiques d'Angleterre et du Pays de Galles, l'archevêque de Westminster, le cardinal Vincent Nichols a, quant à lui, défendu l’action militaire contre l’EI. Quand il s’agit de protéger des personnes sans défense et vulnérables, l'utilisation de la force est pleinement justifiée.

À la condition cependant que cette action militaire soit accompagnée par des efforts diplomatiques et humanitaires. À ses yeux, quatre mesures sont nécessaires pour rétablir l'ordre en Syrie. Tout d'abord, l'EI doit être vaincu; à cet égard, une action militaire appropriée est nécessaire. Les villes et les villages doivent être libérées par la suite des mines et des explosifs et reconstruits pour permettre aux gens d’y vivre. Une troisième étape pour Nichols serait le rétablissement de la loi et de l'ordre. Enfin, entre les gens de différentes confessions doit se développer une nouvelle confiance.

13.12.2015

Traduction eemni

IDEA