La Fédération protestante de France vient de tenir son assemblée générale

Une centaine de délégués, représentants des Églises, communautés, oeuvres et mouvements membres de la Fédération Protestante de France, a vécu son Assemblée générale les 30 et 31 janvier au siège de l’Armée du Salut à Paris.


Principales décisions et messages relatifs à cette AG 2016

Message du Président de la Fédération, le pasteur François Clavairoly

Le président part des événements tragiques survenus en France en 2015 pour redire sa détermination à reformuler et redire une espérance. « Espérer malgré tout ». A l’exemple des Eglises, en bien des lieux, qui « ont saisi cette occasion tragique pour porter un message de fraternité et de paix là où ce message était précisément attendu, pour faire des gestes rappelant les liens qui unissent les citoyens entre eux, et, à certains égards, pour réaffirmer l’importance décisive du respect et du dialogue entre personnes comme aussi entre communautés religieuses différentes. »

Et quand certains laïcistes veulent « une société neutralisée au plan religieux au prétexte séduisant qu'il y a, effectivement, des extrémistes violents et meurtriers », François Clavairoly, lui, plaide pour la libre expression de la spiritualité en démocratie, il tient la spiritualité pour une ressource vive pour la démocratie. C’est un fait indubitable au regard par exemple de la COP21, où les Églises étaient largement présentes, joignant la parole au geste.

À une année des commémorations de la Réforme, François Clavairoly rappelle l’identité et la vocation propre aux Églises de la Réforme, une « identité, indéracinable, donnée par Dieu gratuitement et une vocation, irrévocable ». Cette identité et cette vocation nous sont « données pour croire et pour témoigner toujours en relation avec d'autres au cœur du monde ». Rien, ni la diversité des Églises, ni les divergences apparemment difficiles à surmonter, ne les mettent en péril », précise avec conviction le président.

Dans la logique de son propos, il aborde alors le point controversé qui, de l’avis de la coordination évangélique, met à mal la communion entre membres de la FPF, à savoir la décision de l’EPUdF en mai 2015 d’autoriser la bénédiction de couples homosexuels. Et de rappeler les limites de l’institution de la Fédération. La FPF n’a jamais eu la prétention d’être « une sorte de supra Eglise : ses règles de l’habitation commune invitent au dialogue et à l’interpellation réciproque sur tel ou tel point jugé important, n’imposent à aucun de ses membres de partager ni d'approuver les convictions de l’autre. Ses règles offrent même la possibilité de vivre des désaccords sans que le lien de communion soit rompu ». Autrement dit, la FPF n’oblige pas à un accord doctrinal sur tout le champ de la théologie et de l’éthique. Il reste à définir la nature de la communion à mettre en oeuvre entre membres de la FPF.

Cette AG actera la création d’un groupe de travail reprenant dans le menu détail cette question, « la question de l’unité dans la diversité, celle de la liberté de chaque Eglise dans le cadre qui les réunit entre elles, et finalement celle qui permet de définir ensemble ce lien de communion qui nous oblige. »

Message du président François Clavairoly pdf 82 ko


La décision de l’Assemblée générale au sujet du « lien fédératif »

En mai 2015, le Synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) a pris la décision d’autoriser les paroisses à bénir des unions homosexuelles. Cette décision a « blessé gravement la conscience des membres des Églises de la coordination évangélique » de la Fédération protestante de France et pose depuis la question « des limites de cette communion et la difficulté d’un témoignage commun » au sein de la Fédération protestante.

Dans sa déclaration rendue publique le 18 juin 2015, la coordination évangélique « demandait que soit explicité le sens du terme « communion » dans la charte au sein de la FPF avec des convictions éthiques différentes, voire opposées ».

En guise de réponse, le conseil de la Fédération met en place un groupe de travail conduit par Valérie Duval-Poujol de la FEEB, coordinatrice, et Christian Krieger de l’UPAL, qui doit préciser, voire redéfinir, la nature de la relation entre les Eglises membres, appelée «lien fédératif».

Les délégués de l’AG 2016 ont approuvé une motion proposant une méthodologie de consultation et un calendrier. Le processus doit aboutir à la soumission au vote de l’assemblée générale de 2017 d’un texte définissant la «communion» en vigueur au sein de la FPF.

Décision prise par l’AG de la FPF 2016 « Le lien fédératif FPF » 

La décision du Synode national 2015 de l’Eglise protestante unie de France, et plus encore son retentissement médiatique, ont provoqué au sein de la Fédération protestante de France une onde de choc. Surtout, cette décision a réveillé des questions anciennes, des incompréhensions, des contentieux, des frustrations, jusqu’à présent mis de côté. 

Les représentants des membres de la Fédération protestante de France, réunis en assemblée générale, expriment leur profond regret des ruptures vécues, des blessures infligées, des caricatures exprimées, au cours des mois écoulés. Il faut à nouveau rappeler que la décision d’une seule Eglise n’engage pas les autres Eglises membres de la FPF, mais elle ne les laisse pas indifférents. La mise à mal des relations fédératives conduit la Fédération et ses membres à s’engager sans délai dans un travail de clarification, voire de refondation, du lien de « communion » mentionné dans la charte de la FPF. 

Ce mot communion a des sens variés. Il peut recouvrir des réalités bien différentes. Chacun peut lui donner des accents et des nuances diverses, sans se rendre compte que d’autres en ont une compréhension différente. La Fédération protestante de France n’est pas une Eglise et n’a pas vocation à le devenir ; elle n’est pas non plus une simple plateforme de collaboration sans convictions communes ni âme. Dans le contexte de la Fédération protestante de France, quelle est donc cette communion ? Qu’est-ce qui nous est donné à travers elle ? Qu’est-ce qui est attendu de chacun dans ce cadre ? 

Telles sont les questions qui balisent le chantier dans lequel la FPF s’engage, pour lequel un groupe de travail nommé par le Conseil est déjà à l’œuvre. Les membres de la FPF vont être consultés ; des conversations en confiance entre acteurs de terrain, organisées ; des historiens et des sociologues sollicités pour relire l’histoire de la Fédération. Sur cette base, en vue de l’Assemblée générale 2017, un dossier de travail, qui proposera un état des lieux sera constitué. Il apportera des clarifications sur le cœur et les limites de cette communion fédérative et précisera les points à approfondir (textes de référence comme la Charte, débats doctrinaux, déontologie, etc.) dans un travail qui se poursuivra au-delà de cette première phase. Par ailleurs, ce travail fera aussi écho aux recommandations issues de l’audit sur la communication de la Fédération. 

L’Assemblée générale de la Fédération protestante de France demande à tous ses membres de s’impliquer pleinement dans ce travail sur le lien fédératif. 

Les trois Recommandations faites au conseil de la FPF :

Promouvoir le service civique 

Le service civique est appelé à un développement considérable voulu par les pouvoirs publics. Le service civique permet de donner aux jeunes des perspectives d’engagement auprès d’organismes auxquels ils apportent leur temps et leur dynamisme et qui leur font partager leurs valeurs et leurs expériences. 

L’A.G invite la FPF à promouvoir auprès de ses membres cette possibilité d’engagement et à les accompagner pour qu’ils proposent des lieux de service et invitent les jeunes à s’engager.

 

Face à la « crise migratoire », répondre à la gravité des enjeux 

Alarmée par l’ampleur et la gravité de la catastrophe humanitaire, politique et morale que traverse l’Europe face à la crise migratoire actuelle,
Scandalisée par les choix politiques de repli nationaliste, de fermeture et d’exclusion en développement dans un nombre croissant de pays, Profondément alertée par la résurgence des mouvements populistes et xénophobes dans la plupart des pays européens, 

L’Assemblée générale de la Fédération protestante de France, réunie à Paris les 30 et 31 janvier 2016, demande au Conseil de la Fédération : 

D’affirmer 

  • que la question de l’accueil de l’étranger et de la solidarité en actes est au cœur du témoignage des chrétiens ;
  • qu’une parole forte, courageuse et portée par tous est aujourd’hui plus que jamais urgente et indispensable pour refuser toute forme de discrimination et toute tentative de repli sur des espaces de plus en plus fermés. 

D’appeler 

  • les Eglises, œuvres et mouvements à poursuivre l’interpellation des pouvoirs politiques pour que la France prenne toute sa part en accordant plus largement visas, conditions d’accueil dignes et considération ;
  • les Eglises, œuvres et mouvements comme les collectifs et les bénévoles à consolider et développer les initiatives d’accueil et d’accompagnement des personnes étrangères, en coopération avec les autorités publiques et le monde associatif ; 
  • les protestants à déployer leurs ressources et traditions sur l’accueil de l’étranger et à développer les relations œcuméniques et interreligieuses, au plan national comme international ;
  • nos concitoyens à repousser les peurs, à évacuer la haine, à déconstruire les préjugés et à manifester concrètement, là où ils vivent, l’hospitalité et la fraternité. 

Il y a urgence ! 

Changements climatiques, poursuivre la démarche 

Alors que la France a accueilli la 21ème Conférence des Parties de la CCNUCC (COP21) en décembre 2015, et que la Fédération protestante de France a préparé et accompagné avec force cet événement, l’assemblée générale de la Fédération protestante de France demande au conseil de la FPF : 

1. de poursuivre sa démarche de plaidoyer auprès des différentes instances de l’Etat en lui rappelant les engagements qu’il a pris lors de la COP21, en 

particulier en matière de transition énergétique et de financement du « Fonds vert ». 

2. de poursuivre la dynamique engagée lors de l’assemblée générale de 2015 concernant les changements climatiques. Pour ce faire, l’assemblée générale soumet au conseil les propositions suivantes : 

  • accompagnement des Eglises, communautés, œuvres et mouvements dans leurs actions de sensibilisation écologique ;
  • poursuite des actions communes aux niveaux œcuménique et inter‐religieux ;
  • poursuite de la participation aux mobilisations de la société civile, notamment au sein de la Coalition Climat 21 ; 
  • poursuite de la promotion du Jeûne pour le Climat ;
  • poursuite du travail sur la mise en cohérence de la logistique de la FPF avec son engagement pour le climat (possibilité de repas végétariens occasionnels, vaisselle non jetable, circuits courts, commerce équitable, etc.) ;
  • mandat au groupe climat de la Fédération pour soumettre d’autres propositions au Conseil. 

Pour ce qui est du programme relatif à l’année 2017 et les célébrations des 500 ans de la Réforme, l’assemblée générale a pris acte que le projet Lyon 2017 tel que voté à l’assemblée générale de 2015 n’était pas poursuivi.

Le rassemblement « Protestants en fête » – organisé pour la première fois en 2009 à Strasbourg à l’initiative de la Fédération protestante de France (FPF) comme « un temps de rassemblement et de témoignage pour les protestants français de toutes sensibilités » – devait se tenir à Lyon en 2017. Mais en juin 2015, les Églises locales du Conseil national des évangéliques de France (Cnef) ont annoncé ne plus vouloir participer à sa mise en œuvre aux côtés des Églises membres de la FPF.

Les délégués de l’AG 2016 ont voté favorablement pour le projet global présenté en 2016 dont voici les éléments principaux :

Protestants 2017 : un rendez-vous incontournable, une année de célébrations, de rendez-vous, de réflexion (le thème retenu est celui de la fraternité)

La FPF s’attachera à :

  • Impulser et soutenir des initiatives fédératives (commissions, services, pôles)
  • Communiquer au niveau national
  • Valoriser les initiatives de ses membres

Deux événements nationaux :

- Projet d’un colloque international à la mairie de Paris (avec trois dimensions : internationale, historique et interreligieuse)

- Rassemblement national de deux jours à Strasbourg porté par l’UEPAL en copilotage avec la FPF, incluant un culte en eurovision et un « village des solidarités » animé par la Fédération de l’Entraide protestante.

Nouveaux membres et membres entrant en probation

L’assemblée générale de la Fédération protestante de France (FPF) a décidé d’accueillir l’Église Hillsong de Paris comme nouveau membre de la FPF après quelques années probatoires.

L’Église Hillsong est à l’origine une grande église pentecôtiste de Sydney (Australie) fondée en 1983 par les pasteurs Brian et Bobbie Houston. Elle est notamment connue pour ses chants de louanges modernes largement repris dans le monde. Sur Paris, l’église se réunit tous les dimanches au Théâtre Bobino et à l’Espace Saint-Martin.

L’assemblée générale de la FPF a également approuvé l’adhésion en probation de l’Église de langue japonaise, en tant qu’Église associée.

Dans le collège qui regroupe les associations, l’assemblée générale a approuvé l’adhésion de Radio Harmonie Cornouailles, de la Fondation John-Bost, de l’Association évangélique protestante des policiers et gendarmes de France et, à titre probatoire, de Médair France, une ONG humanitaire.

L’AG de la FPF en tweets


FPF / eemni