République centrafricaine, Bangui: le pape a aussi rencontré des dirigeants évangéliques

Le Pape François en dialogue avec chrétiens et musulmans 

Le Pape François a soutenu les chefs religieux de République centrafricaine dans leur recherche d'une paix durable dans un pays déchiré par la guerre.

Le 29 novembre, il a rencontré dans la capitale Bangui, les trois fondateurs de la plate-forme dite interreligieuse: l’Imam Oumar Koubine Layama qui est à la tête de la plus grande mosquée dans le pays, l'archevêque catholique Dieudonné Nzapalainga et le président de l'Alliance évangélique, le pasteur Nicolas Guerekoyamene-Gbangou.

C’est leurs efforts qui ont permis la fin du conflit sanglant entre milices Séléka islamistes et combattants chrétiens anti-Balaka qui avait duré pendant plus de deux ans.

Mais le pasteur Guerekoyamene-Gbangou a dû faire face à des revers. Sa maison et son centre communautaire viennent de faire l’objet d’un pillage et d’un incendie. Le pape François a tenu à lui exprimer sa profonde sympathie après cet incident. En deux sermons adressés aux Catholiques, et dans un discours à la Grande Mosquée, il a lancé un appel à toutes les parties du conflit à déposer les instruments de mort et de s’armer à leur place de justice, d'amour et de miséricorde.

L’„oecuménisme du sang“ unit 

À la Faculté de théologie évangélique de Bangui (FATEB), le pape a exhorté les églises à l'unité. La séparation des confessions chrétiennes est non seulement contraire à la volonté du Christ, mais affaiblit également leur cohésion.

Toutes les communautés sans distinction ont souffert de l'injustice et de la haine aveugle. L’«œcuménisme de sang » devrait permettre aux chrétiens d’avancer ensemble sur le chemin de l'unité.

Tous les chrétiens sont liés les uns aux autres par le baptême et doivent proclamer leur mission commune, le message de Jésus-Christ. La visite à Bangui était la dernière étape d'un voyage de six jours. Auparavant, le pape a voyagé au Kenya et en Ouganda.

Des chrétiens ont cédé à la violence

Le conflit sanglant en République centrafricaine a débuté en mars 2013, quand le mouvement islamique radical Séléka a renversé le gouvernement du président François Bozizé soutenu par les chrétiens.

Les chrétiens qui craignaient pour leur vie, se sont organisés en milices. Les groupes d'auto-défense « milices anti-Balaka» (contre les machettes), se sont également développés en organisations avides de pouvoir.

Ils voulaient faire du pays un pays «sans musulmans », a déclaré leur chef. Sur les quelque cinq millions d’habitants, environ 25 % se réclament de l'Église catholique et d’une église évangélique. 15 % sont musulmans et le reste adeptes de religions animistes.

30.11.2015

Traduction eemni

Pour accéder aux textes clé :

IDEA