La position de l'ACPER sur le débat de la fin de vie


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Voici le courriel que François Wolff, président de l'Association des Chrétiens Protestants et Evangéliques pour le Respect de la Vie (ACPERVie-SOS-Maternité) a envoyé aux 577 député(e)s.


Madame la Députée,


Coupons court à tout malentendu: la croyance qui a encore eu cours çà et là dans l'Eglise Romaine jusque vers le milieu du siècle dernier, suivant laquelle les souffrances sont nécessaires parce qu'elles participent au Salut éternel est en contradiction avec l'Ecriture Sainte. Il existe bien trop de souffrances contre lesquelles nous ne pouvons rien sans qu'il soit besoin d'en rajouter. L'amour de notre prochain nous oblige, bien au contraire, à tout faire pour l'aider à soulager ses souffrances tant physiques que morales.

A ce titre, saluons avec reconnaissance les progrès médicaux permettant de soulager les douleurs par des antalgiques de plusieurs niveaux, auxquels est ajoutée une sédation dosée et graduée lorsqu'ils ne suffisent plus. 

Saluons la sagesse de la loi qui interdit l'acharnement thérapeutique qui faisait parfois prolonger des traitements inutiles dans une gesticulation qui pourrissait les derniers moments du patient en phase terminale. Un traitement doit agir sur la maladie. Quand il n'agit plus, il devient déraisonnable. Et donc nuisible.

Il n'en est pas de même des soins, qui agissent sur le malade en vue de le soulager et d'assurer une fin de vie naturelle et digne d'être vécue jusqu'au bout. C'est par un glissement sémantique dangereux que le projet de loi dit Claeys-Léonetti écrit arbitrairement que l'hydratation et la nutrition sont des traitements. Pourtant, ils agissent sur le malade, puisque leur suppression va provoquer sa mort. Le fait que ce soit sous sédation "terminale" ne fait qu'humaniser le mode d'exécution. Or, la sédation, répétons-le, est un soin visant à soulager les souffrances, pas un moyen d'en finir.

Bien entendu, on va établir tout ce qu'il faut pour disposer, pour tout assuré social, de directives anticipées. Tout personnel soignant sait qu'elles donneront une pesanteur administrative inapplicable dans la pratique "à chaud" qui est celle de l'accompagnement de la fin de vie. Aucun patient, aucun soignant, aucune fin de vie ne sont pareils. Nous avons évoqué, au Conseil de l'Ordre de mon département, ces instructions détaillées relevant de la voyance qui devraient, pour être certaines d'être suivies, être déposées chez le notaire.

Dans la Loi de 2005, les choses étaient simples: c'était le médecin qui était juge du caractère déraisonnable du traitement, au besoin en consultant des collègues. Mais il devait assurer les soins pour garantir au patient une fin de vie dans la dignité. Avec la nouvelle loi, cette garantie n'existerait plus, et le patient ne pouvant plus exprimer son consentement ne pourrait l'exiger. D'où la nécessité, pour lui, de donner des directives détaillées sur la façon de le prendre en charge dans des circonstances qu'il est hors d'état de prévoir, et dans des modalités qu'il ignore, à moins d'être lui-même médecin dans la spécialité requise.


Les Chrétiens Protestants et Evangéliques, en tant que citoyens "libres de le dire", attendent donc de leurs députés qu'ils rejettent ce "toilettage" de la Loi 2005, qui a le seul défaut d'être mal connue, mal appliquée, et qui a déjà souffert de multiples interprétations abusives qu'il ne convient pas d'entériner, voire d'encourager.


Recevez l'assurance de nos sentiments dévoués. 


Dr François Volff, Président.


ACPER