2015

Message de Noël de l'évêque méthodiste Rosemarie Wenner (EEM Allemagne)

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Le Message de Noël de Rosemarie Wenner, évêque de l'Eglise méthodiste unie en Allemagne, « Le monde allait à sa perte ».

- Beaucoup de gens font une expérience décapante du Noël 2014 : ce qui tenait debout jusqu’alors se brise. D'autres ont peur de changements en trop grand nombre ou se sentent impuissants parce que l'abondance de nouvelles choquantes en provenance du monde entier les submergent. Les mots-clés tels que terreur, terrorisme, crise en Ukraine, épidémie d'Ebola, sort des réfugiés et xénophobie décrivent des situations de détresse et des ténèbres que les lumières de Noël ne réussissent guère à éclaircir ».

« Le monde allait à sa perte, le Christ est né », selon le chant de Noël de Johannes Daniel Falk (1768-1826). Qu’est-ce qui change depuis la naissance du Christ? Le mal continue de sévir dans ce monde. Mais Dieu vient à nous comme un petit enfant, très humain.

Celui qui fait confiance à l'enfant dans la crèche et à l'homme sur la croix, trouve du réconfort et ose aimer. L’amour vient à bout d’un schéma de pensée ami-ennemi et de toute forme d'exclusion. En de nombreux endroits surviennent des guérisons. Dans les églises locales,  on apprend ensemble ce que cela signifie de porter le nom du Christ. Actuellement, beaucoup s’engagent auprès des réfugiés.

Célébrer le culte ensemble est aussi important que l'assistance pratique. Des bâtiments de l'Église deviennent des structures d’hébergement et on retrouve également une vie d’église dans des maisons de retraite ou dans des cafés, parce que Dieu réside partout, où l’on vit dans l'amour. Dieu continue d’agir et de sauver. Nous avons, par conséquent, en 2014 toutes les raisons de célébrer un joyeux Noël. »

Évêque Rosemarie Wenner

23 décembre 2014

Traduction eemni

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Disparition des chrétiens au Moyen-Orient ? - Une analyse de Portes Ouvertes


Au Moyen-Orient, seuls les chrétiens fêtent Noël. Face à l’exode massif de cette population, une question se pose en cette période de Noël : dans quelques années, restera-t-il encore des chrétiens pour célébrer la naissance de Jésus-Christ ?

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Célébration de Noël dans une église de Damas (Syrie - 2013)

1. Pourquoi dit-on que les chrétiens disparaissent ?

2. Les cas de la Syrie, de l’Irak et de l’Egypte

3. Quelles sont les conséquences d’un tel exode ?

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1. Pourquoi dit-on que les chrétiens disparaissent ?

Un mouvement entamé depuis un siècle

L'émigration des populations chrétiennes du Moyen-Orient a commencé au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’est considérablement accélérée depuis la dernière décennie. En Syrie, au début du 20ème siècle, ils représentaient environ un tiers de la population. Aujourd’hui, ils sont moins de 10 %. En Irak, plus de la moitié des chrétiens sont partis. En Egypte, les Coptes ont commencé à émigrer en grand nombre après la révolution de 1952. Si bien que l’on peut se demander : les chrétiens vont-ils finir par disparaître au Moyen-Orient?

Il n’existe pas de chiffres statistiques fiables du nombre de chrétiens vivant au Moyen- Orient. Cependant, Portes Ouvertes en estime le nombre à 14 millions. Leur proportion au sein des populations du Moyen-Orient ne cesse de baisser (Paul Balta « L'exode des chrétiens d'Orient », Confluences Méditerranée, vol. 2, n49, 2004, p. 161-16).  C’est en Egypte que les chrétiens sont les plus nombreux (10 millions). Ces chiffres englobent les églises historiques, les chrétiens d’origine musulmane et les travailleurs expatriés chrétiens. Leur nombre diminue et leur situation est de plus en plus précaire.

Spécifiquement pris pour cible

Les chrétiens sont de plus en plus spécifiquement pris pour cible à cause de leur religion, et cette violence à leur égard ne cesse de s’intensifier. Elle est due à l’instabilité politique qui touche la région, aux guerres civiles mais également aux groupes islamistes radicaux qui gagnent en influence et en puissance dans la région.

Les attentats commis par des islamistes tels Al-Qaïda, le Hamas ou le Hezbollah et dernièrement le groupe Etat Islamique ont joué un rôle dans le départ de nombreux chrétiens, particulièrement en Irak. Mais ils ne sont pas les seuls responsables de cet exode massif, loin de là. Le fait est qu’aujourd’hui, dans de nombreuses sociétés musulmanes, c’est une interprétation plus stricte, plus fondamentaliste de l’islam qui prévaut et cela les rend beaucoup moins tolérantes à l’égard des minorités chrétiennes.

La dhimmitude revient en force

L’islamisation de la société est la source de persécution significative contre les chrétiens. Ces derniers deviennent des citoyens de seconde zone et expérimentent la dhimmitude (chrétiens et juifs jugés impurs et inférieurs par la loi islamique soumis dans tous les domaines de la société à un système d’inégalité et d’humiliation) qui laisse une extrême sentiment d’impuissance. C’est un état de fait qui existe depuis des siècles mais qui a empiré ces dernières années. Cela touche tellement de domaines de la société que l’on a l’impression qu’il est vain de le combattre. En conséquence, la plupart des chrétiens émigrent. Aujourd’hui, dans cette région qui est le berceau du christianisme, les chrétiens persécutés luttent pour survivre.

Ils sont attaqués car ils sont vus comme supporters d’un occident hostile, ou comme soutenant les régimes en place. Ils bénéficient souvent d’une bonne situation économique, ce qui en fait des proies de choix pour les ravisseurs. De plus, grâce à cette relative aisance ils peuvent plus facilement émigrer si le besoin s’en fait sentir. En outre, le taux de natalité chez les chrétiens est moins élevé que pour le reste de la population.

2. Les cas de la Syrie, de l’Irak et de l’Egypte

Au Moyen-Orient, c’est en Egypte, en Syrie et en Irak que les chrétiens étaient les plus nombreux. Des pays qui aujourd’hui se vident de leur population chrétienne.

Syrie

La guerre qui secoue la Syrie a provoqué l’un des plus grands déplacements de population actuels. Plus de 2,5 millions de Syriens ont quitté leur pays dont de nombreux chrétiens. Depuis le début de la guerre civile en 2011, la situation des chrétiens s’est rapidement détériorée, du fait de la guerre mais aussi parce qu’ils sont de plus en plus pris pour cible spécifiquement à cause de leur religion. Ils sont discriminés et soumis à la violence. Récemment, un groupe d’islamistes radicaux qui a pris le contrôle de la ville de Racca a établi tout un ensemble de règles auxquelles les chrétiens doivent se soumettre. Ils doivent par exemple payer un impôt, la jizya et doivent adopter le code vestimentaire islamique, les règles commerciales et les règles alimentaires islamiques.

Sur les 1,8 million de chrétiens que comptait la Syrie avant la guerre, 700 000 ont quitté le pays. Cependant l’émigration des chrétiens syriens a commencé avant la guerre à partir du moment où la population sunnite s’est radicalisée, un phénomène qui a commencé depuis plusieurs dizaines d’années.

Irak

Ces dix dernières années, la population chrétienne d’Irak a connu une véritable saignée. Elle a été durement touchée par les changements survenus après la chute de Saddam Hussein en 2003. Les chrétiens ont été sévèrement persécutés et chassés du pays. En plus du fait d’être chrétiens, ce qui fait d’eux une cible privilégiée pour les groupes islamistes, ils sont victimes de la politique d’embauche mise en place par les Américains quand ceux-ci sont arrivés en Irak en 2003. Considérant les chrétiens comme plus fiables que les musulmans, ils leur ont donné des emplois en priorité. Ils sont depuis considérés comme les alliés des Américains et donc des ennemis de l’intérieur pour les islamistes. Des centaines d’assassinats contre les chrétiens ont eu lieu depuis 2003 et continuent encore aujourd’hui.

Portes Ouvertes estime qu’environ 700 000 chrétiens vivaient en Irak au début des années 2000. Aujourd’hui, on estime qu’ils ne sont plus que 330 000.

Egypte

L’Egypte est le plus peuplé des pays arabes. Jusqu’à présent les relations entre musulmans et coptes (des chrétiens qui ont toujours fait partie de l’histoire de l’Egypte) ont toujours été relativement cordiales. Mais entre 1974 et 1985, plus de 3 millions d’Egyptiens ont émigrés dans les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite qui pratiquent un islam plus dur tel le wahhabisme, et une fois rentrés chez eux, ils ont importé et propagé cette forme d’islam, plus austère et moins tolérante. Cela correspondait au moment où le président Sadate courtisait les islamistes pour contrer les socialistes issus de l’ère Nasser.

En conséquence, selon Tarek Osman (spécialiste du monde arabe), « en moins de 10 ans, l’Etat égyptien est passé d’un Etat civique à un Etat quasi islamique avec un discours qui, de libéral est devenu religieux et conservateur. »

Portes Ouvertes estime qu’il y a aujourd’hui 10 millions de chrétiens en Egypte. Même s’il a été beaucoup question de chrétiens fuyant en masse l’Egypte, il faut relativiser ces départs. Par exemple, les médias occidentaux ont mentionné que 100 000 coptes avaient quitté le pays en 2011 suite à la chute de Moubarak. Il est probable que ce chiffre soit fortement exagéré. Même les porte-paroles de la communauté copte récusent ce chiffre.

Notamment parce qu’en Egypte, une demande d’émigration prend 1 an à être traitée, ce qui exclut d’emblée un exode massif de chrétiens.

3. Quelles sont les conséquences d’un tel exode ?

Où vont les réfugiés chrétiens ?

On estime qu’entre 30 000 et 150 000 chrétiens irakiens ont gagné la Jordanie, plus d’un million sont passés en Syrie et 50 000 (soit 5% de la communauté chrétienne) sont passés en Turquie et au Liban. Ils sont aussi nombreux à avoir émigré en Suède, en Nouvelle Zélande et en Australie. Un grand nombre de chrétiens irakiens ont fui leur domicile mais sont toujours sur le sol irakien. 70 000 irakiens ont quitté Bagdad pour le Nord de l’Irak, pensant être plus en sécurité au Kurdistan. Cependant, la violence les y a rattrapés.

A cause de la guerre en Syrie, la majorité des réfugiés chrétiens en Syrie se sont redirigés vers le Liban, la Jordanie, la Turquie et la Grèce mais ils ont précisé que ces pays d’accueil n’étaient pas leur destination finale.

Moins de chrétiens = moins de paix

Avec le départ des chrétiens, le retour de la paix et de la sécurité au Moyen-Orient est compromis. Ils représentent une force de stabilisation et de réconciliation dans la région. En Egypte et au Kurdistan irakien, les musulmans parlent déjà de l’amour que les chrétiens montrent dans leurs relations avec les autres. Certains, dont des imams, ont déclaré que les chrétiens, au lieu de chercher à se venger, ont calmé le jeu et ont évité que le pays ne s’enflamme.

De plus, les minorités chrétiennes représentent un pont entre le monde musulman et l’Occident. Si ce pont se rompt, le dialogue deviendra alors encore plus difficile entre ces deux civilisations.

Si les chrétiens continuent de quitter la région, l’islamisme pourrait gagner du terrain, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

Contrairement à ce qui se passe en Occident, au Moyen-Orient, Noël reste une fête éminemment chrétienne. Et c’est bien pour cette raison que cette période est aussi celle de tous les dangers pour les chrétiens : le risque d’attentats dans les églises est bien plus élevé. Pourtant en Egypte, en Syrie ou en Irak, les chrétiens continuent à prendre le risque de se rendre à l’Eglise pour célébrer Noël. Pour eux, c’est une des meilleures manières de contrer ceux qui veulent les terroriser et les chasser. 

23 décembre 2014

PORTES OUVERTES

Afghanistan: hommage à Werner Groenewald, travailleur humanitaire  lâchement assassiné ainsi que deux de ses enfants

Dans un clip diffusé sur Youtube, Bethel Worship Channel rend hommage à Werner Groenewald et à sa famille, prise pour cible par des Talibans en Afghanistan.

Fin novembre, les talibans ont lancé une attaque contre une résidence occupée par une famille sud-africaine, la famille Groenewald établie depuis douze ans dans le pays, dont le père travaillait pour une organisation active dans le domaine de l'éducation, - il dirigeait un programme d'éducation destiné à la population rurale- et la  mère dans un centre médical.

Le père Werner Groenewald, 46 ans, son fils Jean-Pierre, 17 ans, et sa fille Rode, 15 ans, ainsi qu'un Afghan ont été tués dans cette attaque, alors que son épouse, Hannelie, a survécu.

« Les talibans pensaient que Werner était un missionnaire qui tentait de convertir les musulmans au christianisme. Mais ce n’était pas le cas. Il travaillait à relever le pays », déplore la belle-sœur de Werner Groenewalde.

Depuis le retrait des troupes occidentales d’Afghanistan, les membres des ONG sont particulièrement visés par les islamistes, qui voient en eux des agents du christianisme. Pour les travailleurs humanitaires, l’Afghanistan est « le pire endroit au monde ».

Les chrétiens en Afghanistan ont la plus grande peine à vivre et à survivre dans ce pays aux dires mêmes de Portes Ouvertes. Leur condition est d'une extrême gravité. L'Église est fragile et secrète.

En Afghanistan la condition des chrétiens est d’une extrême gravité. Même la Constitution ne reconnaît pas leur existence. Ils ne bénéficient d’aucune protection et ne peuvent compter sur aucune organisation locale. Portes Ouvertes souligne que, dans ce pays, les chrétiens sont des individus isolés qui suivent Christ en secret. Au mieux appartiennent-ils à de petits groupes de croyants, faute d’église structurée : il n’y en a aucune.

Ces chrétiens manquent aussi cruellement d’enseignement et de formations bibliques. La question de la sécurité est si prépondérante qu’elle rend quasiment impossible les rencontres entre chrétiens. Posséder une bible chez soi représente un risque extrêmement élevé. Néanmoins, la foi grandit grâce aux programmes TV ou radio, et surtout par contact avec l’Église afghane en exil.

Centre Presse Aveyron - Portes Ouvertes - Bethel Worship Channel 

DÉFI MICHÉE: transparence dans les industries extractives : ce qui va changer au 1er janvier 2015 avec la nouvelle loi


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Transparence dans les industries extractives : ce qui va changer au 1er janvier 2015 avec la nouvelle loi

La loi qui introduit l’obligation pour les entreprises pétrolières, gazières, minières et forestières de publier tous les paiements faits à des gouvernements, projet par projet dans chaque pays où elles mènent des activités d’exploitation ou d’exploration, a été définitivement adoptée par le Parlement ce 17 décembre. Cette loi transpose en droit français les directives européennes Transparence et Comptable adoptées par le Parlement européen en juin 2013.

Après le Royaume-Uni début décembre, la France est le deuxième pays européen à transposer ces directives. Les membres français de la coalition Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) [1] ainsi que ceux de la plateforme « Paradis Fiscaux et Judiciaires » [2] reconnaissent qu’il s’agit d’une étape importante vers la transparence et la lutte contre la corruption dans un grand nombre de pays riches en ressources naturelles.

« Deux tiers des populations les plus pauvres vivent dans des pays riches en ressources naturelles. Cette loi va permettre de renforcer les normes mondiales sur la transparence et la gouvernance de ces secteurs où l’opacité a privé les populations de revenus essentiels pour le financement des services publics et des infrastructures nécessaires à leur développement », souligne Martin Willaume, coordinateur de la coalition PCQVP en France.

A partir du 1er janvier 2015, les grandes entreprises minières, pétrolières, gazières et forestières enregistrées et/ou cotées en bourse en France, telles que Total, Areva ou Eramet devront en effet rendre publics tous les paiements égaux ou supérieurs à 100 000 € versés à toute autorité nationale, régionale ou locale d’un pays tiers, projet par projet dans chaque pays d’exploration ou d’exploitation. Les premiers rapports sur l’activité 2015 seront publiés en France en 2016.

« Cette loi est un pas en avant pour la transparence en Afrique. Nous allons pouvoir obtenir le détail des paiements effectués par les entreprises françaises comme Total à notre gouvernement. Cela nous permettra de demander des comptes à notre pays pour que ces revenus issus du pétrole profitent à tous. Ces rapports seront accessibles gratuitement sur internet et il est important qu’ils puissent être publiés sous un format utilisable et ouvert », ajoute Brice Mackosso, coordinateur de PCQVP pour la République du Congo. 

Avec ces directives, l’Union européenne rejoint ainsi un mouvement global pour la transparence des industries extractives, des lois similaires existant déjà aux Etats-Unis, en Norvège tandis que d’autres sont actuellement débattues au Canada. Retardés par une plainte du lobby pétrolier, les Etats-Unis doivent agir rapidement pour que l’organisme fédéral de régulation des marchés, la Securities and Exchange Commission, ne fasse plus obstacle à l’application de la loi Dodd-Frank votée en 2010 et garantisse un reporting pays par pays et projet par projet équivalent à celui de l’Union européenne

Si le vote de cette loi française est un progrès important dans la lutte contre la corruption, il reste cependant une occasion manquée pour les autorités françaises de combattre l'évasion fiscale. « Le Parlement et le gouvernement français avaient là une opportunité majeure pour transformer en actes toutes les déclarations de bonne volonté sur la lutte contre les schémas d'optimisation fiscale, alors même que le pouvoir de nuisance des paradis fiscaux a encore été au cœur de toute l'actualité économique cet automne » rappelle Lucie Watrinet, coordinatrice de la plateforme « Paradis Fiscaux et Judiciaires ».

En refusant d'utiliser cette loi de transposition pour obliger les entreprises extractives et forestières à publier les chiffres sur leurs implantations pays par pays – une obligation pourtant faite aux banques depuis cette année –, les députés et sénateurs privent les citoyens français et des pays hôtes d'un outil indispensable pour traquer les montants qui transitent par les paradis fiscaux, malgré les dispositions de la loi sur le développement votée par le même Parlement en juillet dernier [3].

Par ailleurs, l’amende de 3 750 € prévue pour les entreprises qui publieront des informations partielles ou erronées ne constitue pas une sanction effective, proportionnée et dissuasive en ligne avec les exigences de la directive européenne, D’autres pays comme le Royaume-Uni ont respecté ces indications en mettant en place un régime plus contraignant (poursuites pénales des dirigeants et amendes au montant progressif).

Alors que la France s’apprête à mettre en place l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), les membres de PCQVP et de la plateforme « Paradis Fiscaux et judiciaires » resteront vigilants afin que les efforts en faveur d’une transparence dans ce secteur se poursuivent.

COLLECTIFS : Publiez Ce Que Vous Payez & Plateforme « Paradis Fiscaux et judiciaires »

Oxfam France CCFD-Terre solidaire ONE France Secours Catholique – Caritas France Sherpa

Notes :

[1] Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) est un réseau mondial d’organisations de la société civile établi en 2002 et travaillant pour la transparence des secteurs pétroliers, gaziers et miniers. PCQVP-France regroupe les organisations suivantes : Les Amis de la Terre, CARE France, CCFD-Terre Solidaire, CIMADE, Secours Catholique / Caritas France, Défi Michée, FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, Info Birmanie, Justice et Paix, Oxfam France, ONE France, Partenia 2000, Sherpa, Survie, Transparence-International (France).

[2] La plateforme « Paradis Fiscaux et judiciaires » est une plateforme de 18 organisations de la société civile française mobilisées pour la justice fiscale, la lutte contre l’opacité financière, la corruption et l’évasion fiscale. Elle regroupe : Les Amis de la Terre, Anticor, ATTAC France, CADTM France, CCFD Terre Solidaire, CFDT, CGT, CRID, Droit pour la Justice, Observatoire citoyen pour la transparence financière internationale, Justice et Paix, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Secours Catholique / Caritas France, Sherpa, SURVIE, Syndicat de la Magistrature, Solidaires Finances Publiques, Transparence- International (France)

[3] Loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et à la solidarité internationale du 7 juillet 2014 (loi n° 2014-773). Ce texte dispose que « L’objectif est (…) d’engager la transposition par la France des dispositions des directives comptables concernant certaines obligations pour les entreprises extractives européennes en matière de publication, pays par pays et projet par projet, des montants tirés de l’exploitation des ressources extractives et versés à des États. Dans le cadre de la transposition de ces directives, la France veille à ce que les informations publiées concernent l’ensemble des filiales, qu’elles soient situées ou non dans les pays d’exploitation des ressources, y compris celles localisées dans les paradis fiscaux. »

www.facebook.com/micahchallengefrance

@defimichee / @exposedcampaign / #corruption / #transparence

Coralie Omodei-Diebold

Coordinatrice du Défi Michée France

18 décembre 2014

DÉFI MICHÉE

CNEF infos décembre 2014

Concertation

AVEC LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR

et un Groupe de travail intercultes (septembre - décembre 2014)

Suite à la loi relative à l'économie solidaire et sociale (31 juillet 2014), le gouvernement a consulté les représentants des cultes pour dresser un état du droit, des pratiques et des besoins des associations cultuelles en matière administrative et financière.

Le groupe de travail intercultes a émis des propositions de simplification ou d'amélioration du droit. Le CNEF a notamment soulevé les questions de la définition restrictive du culte en droit français, du rescrit administratif, des immeubles de rapport et des moyens de financement.

Le gouvernement donnera suite aux propositions au printemps 2015.

 

Ministère de l’Intérieur 

 Service aux membres

SITE INFOJURIDIQUE

nouvelle version (octobre 2014)

Le nouveau site Infojuridique offre depuis le 29 octobre 2014 un contenu enrichi, une facilité d'accès aux informations et un module de recherche amélioré.

Plus lisible et aéré, c'est l'outil idéal pour poser une question juridique à la Commission juridique. L’accès est gratuit pour tous les membres du CNEF et Églises affiliées. CVA Multimédia (aujourd'hui Evandis), les assistantes et la juriste du CNEF ont été mobilisés pour préparer et lancer ce nouvel outil au service des membres du CNEF. http://infojuridique.lecnef.org/

Action nationale 

« LIBRE DE LE DIRE »

Une deuxième newsletter a été envoyée aux 977 parlementaires français dans le cadre de la campagne « Libre de le dire ».

Elle vise à sensibiliser l’opinion publique, les médias et les décideurs à la liberté de conscience et d’expression des religions en France.

63 sénateurs et députés travaillant plus particulièrement sur la thématique de l’éducation ont reçu gratuitement le livret « Libre de le dire à l’école » co- édité par le CNEF et BLF.

Rencontre 

AVEC NICOLAS HULOT

Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète Mr Nicolas Hulot a invité le 4 novembre dernier l'ensemble des représentants des principaux cultes à présenter leur positionnement sur ce sujet.

Pratique peu commune dans notre république laïque, il souhaite voir comment les cultes peuvent influencer l'opinion publique sur cette question avant la grande conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra début décembre 2015 à Paris.

L'association A Rocha accompagnait un représentant du CNEF.

 

Rencontre du 4/11/14

19 décembre 2014

CNEF

Faites de la place à Jésus, déclarent le président et la vice-présidente de l’Église méthodiste de Grande Bretagne

Le président et la vice-présidente de la Conférence méthodiste ont exhorté les gens à faire de la place à Jésus dans leurs maisons et leur vie en ce Noël.

Dans leur message de Noël, les révérends Ken Howcroft et Gill Dascombe demandent aux gens de réfléchir au genre de convive  que Jésus pourrait être.

Le message de Noël dans son intégralité :

Faire de la place à Jésus. Qu'est-ce à dire, lui laisser une place à table au repas de Noël? Est-ce lui ouvrir la porte et lui souhaiter la bienvenue à «notre» Noël, dans nos maisons, dans nos églises et dans le monde qui nous entoure (tout comme les Juifs qui laissent souvent une assiette* et ouvrent la porte à Elie lors du repas de la Pâque)? Va-t-il se précipiter pour nous remonter le moral, nous encourager et rehausser l'âme de la fête? Ou va-t-il se glisser discrètement, chaleureux et doux, petit et humble, comme un oncle?


Ou va-t-il venir comme un visiteur avant de prendre le relais comme hôte, comme il le fit avec les deux disciples en marche sur la route d'Emmaüs à la suite de sa crucifixion et résurrection? Car ce n’est pas «notre» Noël, mais le sien.  Et il a tendance à venir de façon inattendue, et donc souvent incognito, l'extraordinaire émerge dans l’ordinaire, - tout scintillement de lumière est souvent négligé.

« À la recherche de la lumière, nous attendons dans les ténèbres », comme le déclare l'hymne de Bernadette Farrell. Dans un monde où les gens sont obligés de passer d'un endroit à l’autre. Dans un monde où les gens tentent désespérément de se rendre dans des endroits plus sûrs et plus hospitaliers pour eux-mêmes et pour leurs familles en fuite avec des bateaux qui font naufrage en Méditerranée; ou qui s’enfuient à l’étranger comme des réfugiés pour échapper à la persécution ou à l'oppression dans des endroits comme l'Irak et la Syrie. Tout comme Marie et Joseph qui ont été forcés de se mettre en route et de s’inscrire à un endroit éloigné. Tout comme, plus tard, ils ont dû fuir avec leur enfant loin de la puissance d'Hérode et aller en Egypte.

Certaines personnes attendent dans les ténèbres de leur propre vie. Dans le chagrin, la peine et la tristesse. Des relations rompues, des espoirs avortés et des perspectives brisées. Des personnes exclues, marginalisées ou stigmatisées - parfois à cause de la maladie mentale qui échappe à leur contrôle. Noël peut être une période difficile pour ceux qui sont seuls ou dans le creux de la vague.

Pourtant, dans chacune de ces situations, le Christ intervient comme il l'a fait à la naissance que nous célébrons. Indésirable ou recherché, objet de tous les désirs et prières, il vient. Il ne déchire pas les cieux. Il ne vient pas comme un puissant personnage. Il ne vient pas comme un étranger. Mais comme un petit bébé, né dans la pauvreté et le besoin, humain, vulnérable et dépendant.

En Jésus, Dieu vient au cœur de notre expérience humaine. La divinité du Christ est revêtue de notre humanité pour que notre humanité puisse être revêtue de sa divinité. Comme Charles Wesley l’a écrit:

« Voyez Dieu vêtu de chair, Saluez la Divinité incarnée,

Heureux de vivre en Homme parmi les hommes, Jésus, notre Emmanuel ».

Faites donc de la place à Jésus en ce Noël. Cherchez-le dans les choses ordinaires, cherchez  dans l'obscurité la lumière que l'obscurité n'a jamais réussi à éteindre. Célébrez-le là-bas. Répondez-lui là-bas. Devenez comme lui. Que la lumière de son amour se révèle suivant la manière dont vous traitez les autres.

Que nos vies et nos églises soient des lieux où se manifestent la véritable joie et paix en ce temps de Noël. Que la grâce qui est venue dans le monde en ce premier Noël nous remplisse et nous connecte tous ensemble.

Que la bénédiction de Dieu soit avec nous pendant tout ce temps de Noël et tout au long de l'année à venir.

Traduction EEMNI

* dans l'original, une tasse (de thé) !

Église méthodiste de Grande Bretagne


Le COE travaille avec les Églises d’Ukraine pour la paix

© Église orthodoxe d’Ukraine

Un représentant du Conseil œcuménique des Églises (COE) s’est joint à un représentant du Patriarcat de Moscou pour effectuer une visite auprès des Églises d’Ukraine et encourager les efforts en faveur de la paix dans le pays.

L’archiprêtre Daniel Buda, responsable du programme de Foi et constitution, s’est rendu en Ukraine du 15 au 17 décembre en qualité de représentant du secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit. Il était accompagné de l’archiprêtre Mikhaïl Goundiaev, représentant du Patriarcat de Moscou au Conseil œcuménique des Églises.

Au programme de la visite qu’ils ont effectuée auprès de l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou) figurait une audience avec le métropolite Antoine de Boryspil et Brovary, administrateur de l’Église, ainsi que des rencontres avec plusieurs représentants du Conseil des Églises et communautés religieuses de toute l’Ukraine.

À l’issue des trois jours de visite, le père Buda a déclaré: «Nous avons constaté parmi les responsable d’Église et représentants des communautés religieuses une grande envie d’exprimer leur espoir de paix dans le pays, d’y travailler ensemble et de se faire entendre de la communauté internationale.»

Le père Buda a ajouté: «Si cela ne dépendait que des Églises et des communautés religieuses d’Ukraine, la paix serait immédiate.»

Dans le sillage de cette initiative, le COE a l’intention d’envoyer une délégation plus large en Ukraine dans les mois à venir et de multiplier les efforts pour instaurer un dialogue constructif sur la paix.

À lire aussi:

Le secrétaire général du COE rencontre le patriarche Kirill à Moscou (Communiqué de presse du COE du 10 octobre 2014, en anglais)

Pèlerinage de justice et de paix du COE

17 décembre 2014

COE

Les changements climatiques et les droits humains au cœur du travail du COE à la COP 21

Des autochtones à la COP 20 de Lima. © Fédération luthérienne mondiale/Sean Hawkey

La justice climatique a été le pivot de la stratégie de plaidoyer du Conseil œcuménique des Églises (COE) lors de la 20e Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s’est conclue le 12 décembre à Lima, au Pérou.

La participation du COE à la CCNUCC visait globalement à élargir et approfondir la discussion sur les changements climatiques et les droits humains et à mieux comprendre la problématique. Pendant l’événement officiel qui s’est tenu parallèlement à la COP 20 et tout au long des réunions avec les délégations gouvernementales et des activités qui se sont déroulées au Sommet des peuples, l’initiative du COE a consisté à mieux faire prendre conscience de la justice climatique et à soutenir le travail mené par d’autres partenaires et réseaux.

«Les droits de la personne menacés par les changements climatiques: enjeux et actions» était l’une des manifestations officielles qui se sont déroulées en marge de la COP 20 le 10 décembre sous le parrainage du COE, en partenariat avec Religions pour la paix, le Bureau quaker auprès des Nations Unies, le Centre pour le développement du droit international de l'environnement, Earthjustice et Friedrich-Ebert Stiftung. Cet événement est né de la conviction que les effets croissants des changements climatiques anthropiques représentent un grave danger pour le genre humain et la nature, danger qui menace les droits humains et la vie sur Terre.

John Knox, expert indépendant de l’ONU sur l’environnement et les droits humains et par ailleurs intervenant lors de l’événement, pense que les mécanismes des droits de la personne représentent un outil utile au travail dans le domaine des changements climatiques et qu’ils clarifient les règles des politiques climatiques. «Les lois sur les populations autochtones peuvent également affecter les réfugiés climatiques», a-t-il déclaré.

La participation constante du COE au processus mené par l’ONU sur les changements climatiques se fonde sur la quête de justice, d’éthique, de solidarité, d’égalité et d’amour chrétien qui l’anime. Ces valeurs liées à la bonne création de Dieu, à l’environnement, à notre prochain et à la résilience de la vie sous toutes ses formes sur notre planète ont été affirmées tout au long des activités. Depuis plus de vingt ans, le COE lutte pour que la voix des personnes marginalisées se fasse entendre dans les négociations internationales, en plaidant en faveur d’une vie de justice et de dignité.

Apportant un témoignage fort, Victoria Tauli-Corpuz, présidente de l’Instance permanente de l'ONU sur les questions autochtones, a prouvé que l’absence d’État parmi les populations autochtones contribuait directement à intensifier la destruction environnementale. «Les voix que j’ai entendues à la COP 20 indiquent que l’intégrité environnementale est violée quotidiennement et que les populations autochtones sont les premières à subir les conséquences des dommages infligés à la nature dans presque tous les cas», a-t-elle affirmé.

Œuvrer pour la justice climatique

Les mots de Victoria Tauli-Corpuz ont inspiré le pasteur Henrik Grape, responsable du développement durable au sein de l’Église de Suède et membre de la délégation du COE aux discussions sur le climat conduites par l’ONU à Lima. Il a expliqué pourquoi le COE et ses Églises membres considèrent la justice climatique comme un sujet primordial dans le cadre des négociations sur les changements climatiques: «Les personnes que les changements climatiques affectent le plus sont celles qui en sont le moins responsables. À long terme, personne n’en sortira gagnant si nous n’inversons pas les courbes des émissions et de l’exploitation des ressources naturelles, qui ne cessent de croître. Aujourd’hui, ce sont les pauvres; demain, ce seront les pays développés, lorsqu’une part grandissante des investissements devra être réservée à la protection des infrastructures et autres institutions», a indiqué le pasteur Grape.

Au cours d’une conférence de presse organisée après l’événement en partenariat avec la Brahma Kumaris World Spiritual University, Guillermo Kerber, directeur du programme du COE sur la justice climatique et le souci de la création, a rappelé que les problématiques liées à la justice climatique sont déjà traitées par certaines agences de l’ONU et organisations internationales.

«L’Organisation internationale pour les migrations et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ont mis en place des groupes de travail sur “les populations déplacées pour raisons climatiques”. L’Organisation mondiale de la santé a consacré plusieurs de ses Assemblées aux effets du bouleversement climatique sur la santé et le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions sur les changements climatiques et les droits humains», a déclaré Guillermo Kerber.

Le même jour, des représentants de la délégation du COE se sont réunis avec Aileen McLeod, membre du Parlement écossais et ministre de l’Environnement, des Changements climatiques et de la Réforme agraire. Le gouvernement écossais a adopté la justice climatique pour thème et alloue des fonds à des pays avec lesquels l’Écosse a un lien.

La question de la justice climatique est également très présente dans la déclaration finale d’un sommet interreligieux organisé sous l’impulsion du COE et de plusieurs de ses partenaires en septembre dernier à New York, document clé utilisé par la délégation du COE durant la COP 20.

Les liens entre changements climatiques et droits humains étaient aussi le thème central d’un atelier parrainé par le COE le 11 décembre lors du Sommet des peuples contre les changements climatiques, initiative de la société civile parallèle à la COP 20. L’atelier s’est déroulé en partenariat avec la région Amérique latine et Caraïbes de la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants et Brahma Kumaris.

À Lima, la COP avait la tâche ardue de faire avancer nettement les négociations en vue de la COP 21 à Paris l’année prochaine, afin d’approuver un accord équitable, ambitieux et contraignant permettant de lutter contre les causes et les effets des changements climatiques.

Les voix religieuses qui se sont exprimées à la COP 20 ont tenté d’influer sur les problématiques de la CCNUCC en mettant en évidence les dimensions éthiques et spirituelles qu’impliquent les changements climatiques, qui touchent plus particulièrement les populations les plus pauvres et vulnérables. Parmi ces voix figurent celles des membres de l’Alliance ACT, qui se mobilisent pour suivre les différentes pistes des négociations, notamment les mesures d’adaptation et d’atténuation, le fonds pour le climat, les pertes et dommages, etc. L’objectif est d’inciter les États parties à s’accorder sur des décisions apportant une solution efficace aux menaces climatiques. Ce travail de lobbying est appuyé par la campagne «Agir maintenant pour la justice climatique» qui, par des moyens créatifs, exprime le besoin urgent d’inclure la justice climatique dans les négociations.

Les Églises membres du COE s’engagent en faveur de la justice climatique à la COP 20(communiqué de presse du COE du 10 décembre 2014, en anglais)

Conférence sur les changements climatiques à Lima – décembre 2014

Déclaration du Sommet interreligieux sur les changements climatiques 2014 (en anglais)

Travail du COE sur la justice climatique et le souci de la création

12 décembre 2014

COE