2015

Pic mondial de réfugiés

Marie-Noëlle von der Recke, théologienne, Laurentiuskonvent, Laufdorf (D)

Le nombre de réfugiés à travers le monde atteint un pic inconnu depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 80 % des réfugiés vivent dans des pays en développement… Pratiquer l’hospitalité est possible. Exemple dans une communauté de vie en Allemagne. La chronique est publiée simultanément par Christ Seul et ENroute.

« Tout a commencé en 2011 par des manifestations pour plus de liberté. Entre-temps, le pays a sombré dans un conflit sanglant. » C’est ainsi que, lors de la journée des Réfugiés de l’ONU, Haitham H., invité à témoigner dans un culte, explique le motif du départ de sa famille de Syrie en 2013. Comme beaucoup d’autres, ils étaient pris en étau entre les forces du dictateur Assad et celles de l’état islamique, à la fois en tant que Kurdes et en tant que croyants pratiquant un islam ouvert et tolérant vis-à-vis des non-musulmans. 

Début mars 2015, six adultes et trois enfants ont atterri à Francfort et vivent depuis dans notre communauté. D’autres familles d’accueil ont été trouvées dans notre région et on cherche encore des personnes prêtes à se porter garantes pour des familles échouées en Turquie ou en Irak. 

Lorsqu’il décrit la fuite vers l’Irak à pied, puis le séjour dans des camps de réfugiés avant l’obtention de visas pour l’Allemagne, Haitham souligne que la plupart des réfugiés syriens vivent des situations bien plus dramatiques et perdent la vie avant de pouvoir quitter le pays.

Des chiffres et… des êtres humains

Les statistiques sont parlantes : 55 millions de réfugiés dans le monde. La moitié sont des enfants. Il faut remonter à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour trouver de tels chiffres. Accueillir des réfugiés dans une communauté, c’est découvrir les êtres humains derrière les chiffres. C’est partager leur soulagement d’être en sécurité et de pouvoir envisager un avenir. C’est accompagner leurs démarches administratives et leurs premiers pas dans une société étrangère. C’est les aider à apprendre une nouvelle langue. Mais c’est aussi sentir leur reconnaissance, goûter à leurs spécialités culinaires, se réjouir de leur aide dans les travaux du jardin, apprendre quelques mots de leur langue, découvrir leur foi. C’est beaucoup de chaleur humaine et un enrichissement inestimable.

Solidarité au village

Contrairement à l’impression communiquée par les médias, qui se font si volontiers l’écho de la peur de l’étranger, nous n’observons aucune animosité dans le village, bien au contraire : chacun est prêt à participer à notre projet. On apporte des jouets aux enfants, des vêtements. L’agriculteur donne du lait gratuitement à la famille. La voisine la plus pauvre achète des bottes pour Rosan qui entre au jardin d’enfants. Les plus âgés se souviennent : « Moi aussi, enfant, j’ai été réfugié à la fin de la Seconde Guerre mondiale. » Nous voyons le même élan au niveau régional.

Découvertes

Nos hôtes sont musulmans. Dans cette situation où ils dépendent de nous de bien des manières, nous ne cherchons pas à les gagner à notre foi. Nous avons pourtant acheté une Bible en arabe, qui a vite disparu – sans doute dans une des chambres. À notre surprise, le deuxième exemplaire déposé pour la remplacer est depuis un certain temps sur le tapis de prière orienté vers La Mecque qui a trouvé sa place dans notre chapelle. Où cela nous mène-t-il ? Un partage sur les questions spirituelles se dessine. La maman nous a assurés de sa prière et nos chants sont accueillis avec bienveillance. Lors d’un décès dans notre communauté, Haitham a suggéré de prier avec celui qui le lui a annoncé. L’un ou l’autre de nos hôtes se joint parfois à nos temps de prière. Nous découvrons des thèmes où nous sommes en accord et sommes frappés par le respect de nos interlocuteurs pour notre foi et pour nos écritures. J’ai proposé d’aller plus loin, pour que nous posions nos questions concernant le Coran et répondions aux leurs concernant la Bible. 

Compassion

La plus belle découverte ? Le terme utilisé en arabe pour parler de Dieu, « Allah le miséricordieux » (Bismillah Al-Rahman Al-Rahim), a la même racine que son équivalent hébreu : c’est l’utérus, le sein de Dieu. L’amour maternel de Dieu que nous sommes appelés nous aussi à pratiquer est l’une des convictions que nous partageons avec nos hôtes. C’est sans doute aussi la seule réponse raisonnable à apporter à la situation des millions de réfugiés errant sur les routes de notre monde. 

ENroute EEMNI

ENroute: le N°117 Septembre - Octobre 2015 est en ligne

une117


Mise en ligne du journal francophone de l’Église évangélique méthodiste

Éditorial: « Ensemble, au-delà des âges"

JP Waechter

La Conférence annuelle de cette année a porté sur l’interaction qui existe entre les générations au sein de l’Église : « Jeunes et vieux se réjouiront ensemble ; Les jeunes filles danseront de joie »… Chacune et chacun a son rôle à jouer dans l’Église, quel que soit son âge, chacune, chacun a sa pierre à poser. Dans l’Église, les générations s’avèrent complémentaires. Cette complémentarité saute aux yeux dans l’épisode de la présentation de Jésus au Temple : le vieux Siméon, Joseph et Marie et Jésus qui déjà focalise l’attention du tous. « L’Église est intergénérationnelle, telle une forêt jardinée » (cf. méditation du pasteur Théo Paka).

Au fil des âges et du temps, quel que soit notre lieu de résidence, nous sommes appelés à vivre « ensemble au-delà des âges » la plénitude de l’amour de Dieu d’une génération à l’autre, entre les générations en signe du Royaume qui vient (cf message de l’évêque Patrick Streiff).

À l’exemple d’Hugh et Shirliann Johnson, missionnaires pendant plus de 40 ans en Algérie, qui viennent de recevoir le 19 juin le Prix de la Paix 2014 du Conseil méthodiste mondial (CMM) pour avoir fait preuve de courage, de créativité et de constance en authentiques disciples de Jésus-Christ. Ils ont vécu la fraternité au sein même d’une société musulmane, à une époque même « où l’on nous assassine » (Mgr Teissier).

Face au racisme et la xénophobie montante (message des évêques de l’EEM), face au flux de réfugiés qui ne faiblit pas (la rubrique Actu signée Marie-Noëlle von der Recke), il importe de relever le défi d’une présence chrétienne digne de Son Nom.

JP Waechter

Sommaire du dernier En route en ligne

EEMNI

Événement: lancement d’ici peu d’une chaine musicale dédiée au Gospel "Trace Gospel"

Nous apprenons le lancement dans un proche avenir d’une nouvelle chaine musicale dédiée exclusivement à la musique Gospel sous toutes ses formes :"TRACE GOSPEL"!

La présence de la musique gospel de façon continue sur un média télévisuel permet de toucher le public le plus large, et ce, à un niveau hexagonal mais également international, car la chaîne sera diffusée un peu partout à travers le monde.

Selon les dires de son directeur, Piero Battery, TRACE GOSPEL est une chaîne qui a clairement une visée d'évangélisation!

Ses programmes véhiculeront la foi, l'amour et la Parole de Dieu, et toucheront un large public grâce aux valeurs positives et universelles que porte le gospel.

La  chaîne TRACE GOSPEL en images: 

EEMNI

La FPF en route vers la COP 21 - Lettre N°5

Cop 21 : Conférence des Nations unies sur les changements climatiques « Paris 2015 » 30 novembre au 11 décembre 2015

 

 Zoom sur les événements du mois

Le Festival Alternatiba

Alternatiba Paris organise le Village des Alternatives, un grand festival de solutions pour le climat les 26 et 27 septembre 2015, sur la Place de la République et aux alentours. C'est l'événement citoyen sur le climat de l'année 2015 qui attend 50 000 personnes. + d'infos

 Les musulmans s'engagent pour le climat

Un congrès musulman international sur le réchauffement climatique coorganisé par Islamic Relief Worldwilde, s'est déroulé à Istanbul, les 17 et 18 août. Vidéo
Martin Kopp,
 chargé de plaidoyer pour la justice climatique au sein de la Fédération luthérienne mondiale, membre du groupe climat de la FPF, était présentEcouter son intervention à propos de la déclaration sur le changement climatique, sur le site de Radio Vatican (3'19) 
Photo: Fadi Itani (twitter)

 Les protestants et la COP 21

A Rocha, une association évangélique pour l'environnement, membre de la FPF : « Les autres espèces comptent pour Dieu ». Dans une interview donnée à Evangelical Focus, un membre de A Rocha, David Bookless, encourage les chrétiens à commencer à agir en accord avec la valeur qu'accorde les Écritures à la Terre. A lire sur InfoChrétienne.com

Dans la perspective de la COP 21, Katie Badie, responsable du service biblique de la Fédération protestante de France, est disponible pour animer des réflexions bibliques sur le thème de la responsabilité humaine pour la gestion de la création (pastorales, pôles FPF, paroisses…). N'hésitez pas à la solliciter ! fpf-bible@federationprotestante.org 
Par ailleurs, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir le kit d'animation biblique de la FPF sur le thème du climat Télécharger le texte (pdf)

Décroissant parce que chrétien
Entretien – Croyant et engagé pour le climat, Martin Kopp explique l'origine de sa prise de conscience des enjeux environnementaux. Le mode de vie du Christ, nous dit-il, invite à la radicalité. Et à une simplicité joyeuse.
Comment en vient-on à préparer une thèse sur la façon dont la théologie protestante est interrogée par les défis écologiques ?
A lire dans le dernier numéro de la Revue Projet.

Habiter autrement la création, un document oecuménique auquel la FPF a participé
Au nom de leur foi, des chrétiens, orthodoxes, protestants et catholiques s'engagent pour la justice climatique..
Lire - Télécharger le fascicule
Exemplaires papier à venir retirer dans les locaux de la Fédération protestante, 47 rue de Clichy, 75009 Paris

 Jeunesse

Geste des jeunes chrétiens pour le climat

En avant vers la Cop21 avec tous vos talents, vos idées et vos vies engagées pour le respect de la Création. La FPF, les Eclaireuses et Eclaireurs unionistes de France, unis dans cette démarche oecuménique, sous l'égide de Coline Eychène, vous proposent #ActeursdanslaCréation
Du 4 octobre au 30 novembre, relève le défi pour la Création ! : 
Selfies avec la nature, Trésor de la Création entre vos mains, Vidéo d'un chant/d'une danse pour le climat, Animation aux défis climatiques sur les parvis des Églises... + d'infos

Une Conférence de la Jeunesse (COY pour Conference of Youth en anglais) permet chaque année à des jeunes du monde entier de se rassembler avant la Conférence des Parties organisée par l'ONU (en anglais, COP pour Conference of Parties). http://coy11.org/fr

La COY 11, c'est : 
• 3 jours : du 26 au 28 novembre 2015
• Au Parc des Expositions de Villepinte (93)
• Et aussi partout dans le monde grâce à des COY décentralisées et connectées. 

 

 Calendrier du mois

1er septembre dans plus de 30 villes en France et dans le monde : Jeûne pour le Climatinternational
1er septembre Journée mondiale de prière pour la protection de la création instaurée par le pape François  
10-13 septembre : La Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes (CERA) et ses partenaires ORMAX et CeVI ont le plaisir de vous inviter à leur école d'été autour de l'eau et du climat.
les 26 et 27 septembre, Alternatiba Paris organise le Village des Alternatives, Place de la République à Paris. 

 Coalition Climat 21

Appel à constitution de Coalitions Climat 21 locales !

 Invitation au week-end de préparation des mobilisationsles 3-4 octobre 2015.

 Pour mieux comprendre

CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre. francetvinfo

Avant la COP21, quels sont les engagements des Etats pour le climat ?

Au 4 août, 49 pays (dont les 28 de l'Union européenne) ont rendu leur contribution auprès de l'ONU. En savoir plus en lisant l'article du Monde (maj 04/08/2015).

Analyse : tout comprendre sur la COP21

Retour en cinq questions sur les enjeux, les étapes et les impacts de cette conférence d'envergure sur le site filière3e Lire

 Fiches pratiques

Les criquets à cuisiner de Jimini's

Mon quotidien autrement vous propose la recette du One Pan Pasta.
« Les plats sont faciles à préparer. Le plus dur est en fait de croquer le premier insecte ! »

Quizz
Etes-vous au top avec vos déchets ? Faites le test !

 FPF

Portes Ouvertes déplore la diminution de l’aide internationale à destination des minorités persécutées au Moyen-Orient

Portes Ouvertes


Portes Ouvertes - Campagne d’urgence - Irak / Syrie

A deux semaines de la Conférence Internationale du 8 septembre, en faveur des minorités persécutées du Moyen-Orient qui se tiendra à Paris, Portes Ouvertes lance un nouvel appel de fonds (Espoir pour le Moyen-Orient) de 5 millions de dollars pour répondre à la situation d’urgence en Irak et en Syrie. 

« Votre aide est comme une perfusion au goutte à goutte » a confié un prêtre d’Irak à Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France lors d’un voyage au Kurdistan irakien. Le constat sur le terrain est alarmant. Pourtant l’aide internationale se tarit aujourd’hui : en juillet, les Nations-Unies annonçaient la fermeture de 80% des services de santé de première ligne1 .  En mai,  la fermeture de 56 programmes de santé de l’aide internationale2.

Alors qu’on s’attendait à un départ des réfugiés vers d’autres régions, Portes Ouvertes constate, contre toute attente, un accroissement du nombre de réfugiés dans la région du Kurdistan irakien. Peu ont un travail. Les conditions de vie sont toujours dures. La situation semble s’éterniser. Le mot qui revient le plus aux lèvres, est « dignité » : « Nous avons perdu notre dignité ». Lors des entretiens effectués auprès des réfugiés, le souhait pour des conditions de vie digne est apparu comme une demande forte et récurrente. Les besoins sur le terrain sont considérables que ce soit en termes d’hébergement, de soins, d’éducation ou encore d’accès à l’emploi. 

Marginalisés parmi les marginalisés

Par ailleurs,  un nombre important de réfugiés chrétiens se situent en dehors du périmètre d’action de l’aide humanitaire internationale et en situation d’extrême précarité. Regroupés par communautés de villages ou ecclésiales, ces chrétiens se trouvent aujourd’hui marginalisés dans l’octroi des biens de première nécessité. 

Alors qu’elle lance un appel de fonds pour poursuivre l’aide humanitaire3 sur le terrain, l’ONG Portes Ouvertes fait également entendre la voix des chrétiens irakiens et syriens auprès du gouvernement et du grand public sur plusieurs volets d’intervention primordiaux, à savoir : le besoin urgent de protection, notamment par la création d’un sanctuaire sécurisé, une aide humanitaire qui œuvre à rétablir des conditions de vie digne, un engagement financier accru et des exigences fermes de la communauté internationale afin de permettre le respect de la diversité et de la liberté de religion dans la région.

1 Nations Unies, Communiqué de presse du Centre d’Actualité des Nations Unies, 27 juillet 20152 Nations Unies, Communiqué de presse du Centre d’Actualité des Nations Unies, 18 mai 2015
3 L’ONG Portes Ouvertes est présente en Irak depuis plus de 20 ans. En 2014, 16 000 familles ont pu être soutenues, et près de 20 000 colis alimentaires distribués.

28 août 2015

Portes Ouvertes

Connexio: l’actualité du mois sur le plan missionnaire et diaconal

Macédoine

Le centre Miss Stone de Strumica en Macédoine a accompli sa mission durant ces derniers mois avec beaucoup de succès malgré des conditions de fonctionnement internes difficiles. Plus de 130 personnes nécessiteuses attendent chaque jour de pouvoir dé- jeuner en profitant des « repas ambulants ». Les re- pas sont prêts à partir de 8 h du matin et prennent ensuite la route. Bien souvent, les habitants locaux expriment encore des besoins divers à satisfaire. 

Le seul contact avec le monde extérieur 

La veuve Snezana sur le balcon de sa maison

Nos collaborateurs se soucient du fait que de plus en plus de ces personnes se retrouvent seules et abandonnées comme par exemple Petar, âgé de 66 ans. Dans sa jeunesse, Petar était fortement dépendant de l’alcool et avait malheureusement tué sa femme lors d’une forte crise. Il a été condamné à perpétuité, et ses deux enfants confiés à un orphelinat. Après plus de 20 ans d’emprisonnement il a été libéré prématurément pour bonne conduite, mais malheureusement, tous ceux qui l’avaient connu, ses amis, ses voisins et même ses enfants ont rompu tout contact avec lui. Il vit à présent malade et réfugié dans la maison délabrée de ses parents. Les visites des collaborateurs de Miss Stone représentent son seul contact avec le monde extérieur. 

Il y a également Snezana, une veuve avec 3 enfants adultes, dont 2 fils avec leur famille. Tout ce monde habite une petite maison avec des murs sans revête- ment et un toit non étanche. A chaque pluie, l’eau pénètre dans la maison par tous les côtés. Tout le monde est sans travail et survit avec la petite rente de Snezana qui, par ailleurs, est fortement handicapée et ne se déplace qu’avec des béquilles. 

Le projet « Repas ambulants » existe depuis près de 14 ans et s’occupe de près de 130 personnes handicapées, des personnes âgées et des personnes isolées à Strumica, mais la liste d’attente s’allonge sans cesse. 

Un collaborateur du Centre Miss Stone livre des vêtements et de l’eau potable à des migrants de passage.


Macédoine et Serbie: les migrants et les Roms reçoivent également de l’aide

Au cours des dernières semaines et derniers mois, un flot impressionnant de migrants venant de la frontière grecque et se dirigeant, essentiellement à pieds, vers les pays d’Europe de l’Ouest traverse la Macédoine et la Serbie. Bien que le centre « Miss Stone » ne soit pas directement confronté à ce phénomène, et comme par ailleurs aucune paroisse EEM à Strumica n’est située sur les chemins empruntés par les migrants, la ville de Veles a adressé un appel à l’aide au centre « Miss Stone ». Nos collaborateurs ont ainsi déposé des habits et de l’eau potable à un point de passage nocturne pour beaucoup de migrants et apaisé quelque peu les besoins de ces naufragés. 

Aussi souvent que possible, nos collaborateurs apportent également des produits alimentaires et des habits à destination des mamans qui élèvent seules leurs enfants, parfois de nombreux enfants en bas âge, et ce dans le village de Roms le plus pauvre de la région, c’est-à-dire Staro Baldovci, dans les environs de Strumica. Là-bas, les enfants vivent malheureusement dans un dénuement total. 

RDC: ils m’ont acheté des jambes ! 

Une belle histoire nous est parvenue récemment du Congo RDC :Mama Christine, cheffe du Projet Enfants des rues à Kolwezi a raconté à Roman Hofer, l’actuel coordinateur de Connexio, l’histoire d’un jeune handicapé physique. Jeune enfant, il a été contaminé par le virus de la polio. La maladie qui s’est ensuite développée, l’a condamné à une paralysie permanente, alors que dans la plupart des pays d’Europe elle a été pratiquement éradiquée grâce à l’action du vaccin antipolio. Ce jeune homme ne peut se déplacer seul par ses propres moyens et c’est donc grâce à un ami qui le porte sur ses épaules qu’il peut remédier à ce handicap. C’est ainsi que, chaque fois qu’il veut se rendre au réfectoire, il est obligé de faire appel à cet ami. 

Mais à ce jour, les choses ont changé : en effet, une chaise roulante a pu être achetée grâce à l’aide du projet, et ceci a complètement changé la vie de ce jeune homme. Tout ému, il s’est écrié, en Swahili : 

« Muna ni uzia mikulu », ce qui veut dire : « Ils m’ont acheté des jambes ! ». 

Les « mamans Kipendano » s’engagent depuis des années pour les enfants des rues au Kolwezi.


Depuis de nombreuses années déjà, les « mamans Kipendano » qui oeuvrent au sein du Groupe de femmes de l’EEM s’engagent auprès des enfants handicapés dans les environs de l’Eglise de Jérusalem à Kolwezi. Ces femmes proposent aux enfants un endroit sûr et protégé où ils peuvent se déplacer dans la rue, où ils peuvent se nourrir, jouer ensemble et s’épanouir tout en faisant l’apprentissage d’un comportement social et découvrir les bienfaits de l’amour du prochain en entendant parler de l’amour de Dieu. Dans une deuxième étape, ces enfants rejoignent leur propre famille ou sont intégrés dans une famille d’accueil. Ils seront accompagnés dans cette démarche de réintégration par les Kipendano, tout comme les familles. Comme au Congo tous les enfants qui vont à l’école doivent s’acquitter d’une taxe scolaire, ce sont encore les Kipendano qui les prennent en charge ces frais afin qu’ils puissent profiter d’une formation. 

Saskia Wijers quitte Connexio 


Fin juillet, et après une activité de 2 ans 1⁄2 comme coordinatrice des travaux de développement et de coopération des églises au sein de Connexio, Saskia Wijers quitte Connexio. Après 12 ans passés dans la mission et le travail de développement, Sakia retourne dans le domaine de l’éducation pour occuper un poste de directrice dans une école primaire de Zurich-Oerlikon. Nous la remercions très chaleureusement pour sa contribution à une bonne collaboration et nous lui souhaitons beaucoup de joie et de réussite dans ses nouvelles fonctions. 

Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez au travail de Connexio et pour votre soutien, autant par votre engagement personnel que par votre intercession, ou encore par vos dons financiers. 

Avec mes chaleureuses salutations, 

Carla Holmes, Chargée de communication 

Envoi des dons en France:
Par chèque libellé à l'ordre de l'UEEMF - Connexio adressé à: 

Madame Pascale MEYER,
27 rue du Brotsch, F-67700 Otterswiller (avec mention expresse: «Connexio») 

EEMNI

Déclaration des Eglises de paix sur les questions d’intervention dans les conflits guerriers

4 institutions de formations mennonites en Europe ont convoqué à fin juin 2015 un colloque de réflexion théologique et éthique sur les questions d'intervention dans les conflits guerriers, à partir de la perspective des Eglises de paix. De leurs travaux est issue une déclaration. EEMNI la publie.


Sans violence contre la violence? 

La théologie de la paix face au défi d'intervenir dans les conflits 

Symposium européen, Bienenberg, 29-30 juin 2015 

Différentes voix issues des Eglises de paix - Document de travail - 

Interpellés par les nombreuses situations de violence à travers le monde, des organismes de formation mennonites en Europe1 ont invité des représentants, des experts et des étudiants mennonites européens à discerner ensemble de manière renouvelée ce que pourraient être la vocation et la voix des Eglises de paix au milieu de ces temps troublés et troublants. Des personnes engagées dans le mouvement œcuménique ont aussi apporté leur contribution, en particulier des représentants du processus Becoming a Church of Just Peace de l'Evangelische Landeskirche du pays de Bade (Allemagne), du Conseil œcuménique des Eglises (Commission pour les affaires internationales), et du réseau européen Church & Peace. 


Nous faisons face aujourd'hui au plan mondial à la montée de ce que l'on appelle « l'Etat islamique », à la situation dramatique en Syrie et en Irak, aux actes violents de groupes tels que Boko Haram au Nigéria, à un génocide éventuel à Myanmar (Birmanie), à une nouvelle guerre civile au Burundi et à la guerre permanente en République Démocratique du Congo, à un conflit violent plus proche de nous dans l'Est de l'Ukraine, ainsi qu'au sort tragique voire à la mort de réfugiés innombrables en route vers les pays européens. Les institutions politiques internationales et les gouvernements nationaux européens ne semblent pas en mesure de trouver et de mettre en œuvre les mesures nécessaires en vue d'une situation de paix juste pour tous, ni d'offrir la protection aux plus vulnérables. 

Au cours des derniers mois, certaines Eglises et des médias séculiers ont invité les mennonites à partager leur vision sur cette situation actuelle - à partir de la perspective particulière des Eglises de paix. Les participants au Symposium ont réagi de manières diverses à ces invitations. Nous percevons le besoin de tester à nouveau et de clarifier entre nous en quoi et comment nous pouvons apporter notre contribution à cette conversation, en plus des nombreuses activités pratiques dans lesquelles nous sommes déjà engagés. Y a-t-il une sagesse et une perspective particulières que nous partageons? 


1. Contexte de discussion 

Pour répondre à cette question, nous avons réfléchi à partir du concept de la « Responsabilité de protéger» (R2P), concept vivement débattu et mal utilisé par les politiques de nos propres pays (par exemple en Lybie). Nous réalisons que, en tant qu'Eglises de paix et à partir d'une position générale de non-violence active, nos Eglises sont avant tout engagées dans les aspects de la « responsabilité de prévenir» les conflits et dans la «responsabilité de reconstruire » et de réconcilier après les conflits. Cependant, la dimension de la «responsabilité d'intervenir» dans les conflits violents est un défi crucial pour nous, comme pour quiconque: dans les situations de violence extrême contre ceux qui ne peuvent défendre eux-mêmes leur vie, pouvons-nous maintenir notre position générale de non-violence, et si oui, comment devrait-elle être formulée? 

Lorsque nous parlons de« responsabilité», nous distinguons les aspects suivants: 

(a) la responsabilité pour le prochain - et pour l'agresseur (l'« ennemi »), et 

(b) la responsabilité/redevabilité envers une autorité - tout en confessant que Dieu qui s'est fait connaître à nous dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ restera toujours notre autorité suprême. 

Nous avons revisité les différentes positions tenues sur ces thèmes par les anabaptistes du 16e siècle, par les mennonites du 17e au 19e siècles, et aux 20e et 21e siècles, après avoir été confrontés à deux guerres mondiales. Les mennonites ont discuté de ces défis au fil du temps et, selon l'époque et les contextes, ont développé des positions différentes. 

Lors de discussions entre mennonites et catholiques ces dernières années, le concept d'une « police juste » (« just policing ») a été proposé, pour répondre au défi de la « responsabilité de protéger ». Notre conférence a accueilli ce concept dans ses discussions, pour tester si et comment il pouvait contribuer à notre souhait de diminuer l'usage de moyens militaires et de créer des espaces de paix et de justice. Nous posons donc la question suivante: dans une perspective d'éthique chrétienne, pouvons-nous légitimer une forme de coercition policière qui serait entièrement limitée à défendre, à réduire la violence et à protéger ceux qui sont directement menacés dans leur vie et dans leur corps, et qui en appellent à une telle protection? 


II. Trois positions discutées 

Dans ce contexte, nous avons discuté de trois positions présentes parmi les membres d'Eglises mennonites en Europe. Le temps limité ne nous a pas permis de parvenir à un consensus; c'est pourquoi nous résumons ci-dessous nos échanges dans l'espoir d'encourager la poursuite du dialogue. 

  1. Coercition policière avec usage limité et exceptionnel de la force létale

Affirmations 

Beaucoup affirment que, dans les sociétés européennes dans lesquelles nous vivons, la police joue un rôle nécessaire (même si imparfait) de maintien de l'ordre, du fait que nos sociétés encadrent l'usage de la force par des limites légales explicites (par exemple, le fait de devoir, lors d'attaques violentes, tirer sur des parties du corps d'un agresseur sans provoquer la mort). 

Défis 

Nous hésitons à affirmer - même en théorie - une application possible au plan international de cette forme d'action policière dans un contexte étranger pour la raison principale suivante: cette approche repose sur une « logique de la violence» qui tend à développer sa dynamique propre au point de finalement conduire à une escalade de la violence. En outre, d'importantes réserves ont été exprimées devant le manque d'informations (à ce jour) quant à la manière dont une telle force de police fonctionnerait en pratique. (Par exemple: devrait-elle s'opposer aux forces de police du gouvernement du pays connaissant des troubles ?). En outre, on ne peut garantir qu'une telle intervention réussirait. 

Mais la question demeure de savoir si cette approche pourrait être un premier pas « réaliste » au sein des débats et des prises de décision politiques, dans le but de limiter les interventions militaires. 

2.. Coercition policière sans recours à la force létale

Affirmations 

Dans le meilleur des cas, une telle force de police permettrait de créer un cadre dans lequel la transformation de la société serait rendue possible, en permettant à d'autres moyens civils de soutenir la pacification et la désescalade du conflit. L’efficacité d'une telle intervention dépend de l'acceptation de ces forces de police par les parties en conflit. 

Défis 

Une telle force de police ouvre-t-elle la voie à l'usage de la violence ? Est-ce le début d'une pente dangereuse vers la violence ? Quels types d'« armes » seraient acceptables ? En raison du grand risque d'abus commis par une telle force de police, des moyens efficaces de contrôle devraient être mis en place; de tels mécanismes pourraient-ils être assurés par des organisations internationales fonctionnant de manière indépendante des gouvernements nationaux ? Dans le concept de « police juste », qui définit ce que signifie «juste » ? Dans quelle mesure est-il réaliste d'imaginer l'« intervention» d'une telle force dans un conflit grave ? A nouveau, on ne peut garantir qu'une telle intervention réussirait. 

3. Intervention non-violente 

Affirmations 

La position non-violente est théologiquement et éthiquement cohérente avec l'Evangile de Jésus-Christ. Elle s'enracine dans un pouvoir spirituel et est une expression du ministère de réconciliation de l'Eglise. En pratique, nous constatons que des acteurs internationaux agissant selon l'éthique de la non-violence produisent des effets positifs durables, puisque leur approche permet de créer du respect et de la confiance. 

Défis 

Avons-nous suffisamment exploré la diversité des options non-violentes dans l'étape d'« intervention » du concept R2P ? Avons-nous des propositions concrètes qui puissent être discutées à un niveau politique ? Nous reconnaissons que nous n'avons pas jusque-là les moyens d'intervenir de manière efficace dans un conflit grave, de manière à assurer la protection de personnes vulnérables contre des crimes contre l'humanité et lors de génocides. Cela est dû en partie au fait que, comparativement, peu de moyens financiers  et peu d'entraînement ont été consacrés pour explorer cette approche de manière satisfaisante. Il faut davantage de temps et d'espace pour développer des méthodes d'intervention et de stratégie non-violentes. 

Beaucoup supposent ou pensent que la non-violence sera toujours limitée au niveau de l'étape d'« intervention » (selon le concept R2P). Nous constatons un manque de foi dans le pouvoir de la non-violence aussi au sein de nos propres communautés. Il y a une crainte réaliste devant les risques et les dangers d'une approche strictement non-violente. 

Là encore, on ne peut garantir qu'une telle intervention « réussirait», et elle implique la volonté d'être prêt(e) à perdre sa vie - comme dans les autres options. En outre, nous nous demandons si et quand la position non-violente peut devenir une sorte de légalisme ou d'idéologie, incapable d'accorder la priorité aux besoins réels du prochain et de l'« ennemi ». 


III. Nos discussions ont conduit à des perspectives supplémentaires (particulières et générales) qui doivent être prises en considération dans le cadre de ces délibérations complexes. 

Quel est en fait le fondement théologique-éthique pour une« intervention » ? 

Les Eglises de paix se basent-elles sur une « théologie/éthique des deux royaumes » et si oui, comment faut-il la présenter ?

Qui sont les « acteurs » lors d'une « intervention » 7 La responsabilité est-elle divisée ou plutôt partagée (Etats-nations, gouvernements, ONU, «communauté internationale », Eglises, ONG, etc) 7 Y a-t-il différents rôles pour différents acteurs

A qui les Eglises de paix s'adressent-elles dans leur discours ? A leurs propres communautés? Aux autres Eglises ? Aux médias ? A nos gouvernements ? À l'ONU ?

Les personnes et groupes impliqués directement dans un conflit doivent être consultés à chaque étape. Nous reconnaissons le besoin d'écouter les survivants de génocides sur la question de l'« intervention ». 

En quoi les perspectives d'autres personnes ou groupes (par ex. les policiers ayant travaillé en Afghanistan, les victimes de violence policière, etc) peuvent-elles apporter un éclairage utile

Cette réflexion a-t-elle quelque chose à voir avec la question du genre ? Les hommes sont-ils davantage influencés que les femmes par le mythe de la violence rédemptrice dans la dimension d'« intervention » de R2P (le « héros » qui sauve des vies par son combat) ?

À quel moment passe-t-on de la «prévention» à l'« intervention» ? La «prévention» doit-elle cesser à un moment donné ? La « prévention » et la « reconstruction » ne sont-elles pas également une sorte d'« intervention »

Nous craignons que l'accent placé sur l'« intervention » diminuera l'investissement dans la « prévention ». Bien que R2P ne soit pas en soi une contre-position à la position non-violente, si la violence est toujours légitimée selon ce concept, alors R2P et son argumentaire ressemblent à la théorie de la « guerre juste», y compris dans le fait d'être mal utilisés. Le concept onusien d'« intervention humanitaire » a échoué: ce que nous en avons appris devrait inspirer notre discussion sur R2P. 

Si R2P est vraiment une approche différente de la théorie de la « guerre juste », elle doit présupposer une réduction des armements et de la militarisation des sociétés (y compris chez nous), car ces deux aspects alimentent des conflits violents dans beaucoup de parties du monde, qui conduisent ensuite au besoin d'une « intervention ». 


IV. Quelle est en fait notre responsabilité, du point de vue des Eglises de paix? 

Nous signalons d'autres« responsabilités ». 

La responsabilité d'imaginer 

  • Nous avons la responsabilité d'ouvrir notre imagination à des alternatives à la violence, d'explorer et de formuler de nouvelles formes d'options non-violentes pour des« interventions ». 
  • La violence/l'intervention létales ferment la porte (détruisent l'espace) à l'engagement, à l'imagination et à la recherche d'alternatives à la violence (par ex. par la responsabilisation qui rend capable de mettre en œuvre la non-violence «nonviolent empowerment ». 
  • Il faut développer un contre-récit s'opposant à la pente naturelle qui va vers des « interventions » recourant à la violence. 
  • Soutenir l'usage de la force létale peut conduire à une perte de crédibilité des Eglises de paix. 
  • Ceux qui détiennent le pouvoir politique, économique et militaire sont porteurs de parti pris et ont tendance à rechercher ce qui soutient leurs intérêts particuliers. Cela met en question leur capacité à « intervenir », en particulier lorsque la force coercitive est utilisée. 

La responsabilité de « pleurer » 

  • Le recours à la violence ou à la non-violence peuvent conduire ou conduiront à des expériences d'échec et ne peuvent pas forcément empêcher des pertes de vie. 
  • Souffrir avec ceux qui souffrent peut être compris comme un moyen d'« intervention» non-violente. 
  • Jésus a laissé ses disciples sans la sécurité qui repose sur la violence et lui-même n'a pas recouru à cette sécurité. Le chemin du salut du monde est le « chemin de la croix ». 

La responsabilité de confesser (la culpabilité et la foi) 

  • Nous confessons que nous sommes en réalité impliqués dans de nombreux conflits qui semblent loin de nous. 
  • Nous confessons « Jésus est notre paix» : notre manière d'« intervenir » veut se fonder sur l'exemple de Jésus. 

La responsabilité de faire confiance 

  • Nous sommes encouragés à placer notre confiance en la présence de Dieu le Créateur, et non dans la « sécurité » des pouvoirs « créés ». 
  • Nous croyons que Dieu agit avec nous, au travers de nous et malgré nous, en vue de la paix à long terme - souvent sans que nous ne le remarquions. 
  • «Intervenir» exige de voir les autres au travers de lunettes d'amour et de compassion, de manière à bâtir la confiance (par ex. par des approches de justice restaurative). 

La responsabilité de faire preuve d'humilité 

  • Il nous faut travailler sur notre propre tendance intérieure à la violence, si nous voulons encourager les autres à la paix. 
  • La croyance dans le « pouvoir rédempteur de la violence » laisse entendre que nous pourrions maîtriser l'issue d'un recours à la violence, ce qui est contraire à l'humilité. 
  • La responsabilité d’agir 

La communauté chrétienne est appelée à rendre concret le chemin de la paix juste, comme l'a manifesté Jésus. En tant qu'Eglises de paix, nous sommes appelés à imaginer ce que ce chemin de la paix juste peut être dans des situations de conflits graves, et à prendre les risques nécessaires pour suivre ce chemin, en étant prêts à en souffrir les conséquences. 

Cette conversation se poursuivra, entre nous, avec les chrétiens d'autres traditions et avec des croyants d'autres religions, ainsi que dans l'espace public.

Nous quittons ce Symposium en exprimant cette prière: « Dirige nos pas sur le chemin de la paix» (Lc 1.79). 

__________

Notes

1 Amsterdam Center for Religion, Peace and Justice Studies - Doopsgezind Seminarium, Université libre d'Amsterdam (NU; Arbeitstelle Theologie der Friedenskirchen, Université d'Hamburg (D) ; Centre de Formation du Bienenberg (CH) ; Centre Mennonite de Paris (F).

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 Source : Christ Seul

Le COE condamne fermement les frappes aériennes du gouvernement syrien sur la ville de Douma

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) s’est félicité du consensus constructif qui se dessine au Conseil de sécurité des Nations Unies autour de la crise actuelle en Syrie, et en particulier de l’appui accordé au plan de paix proposé par l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan De Mistura

«Le COE condamne fermement les frappes aériennes menées par les autorités syriennes sur la ville de Douma le 16 août, lors desquelles 96 civils, parmi lesquels de nombreux enfants, auraient été tués. Ce cycle infernal de violence extrême met en lumière une fois de plus l’urgente nécessité de mettre fin à l’effusion de sang et de faire des pas concrets vers la paix en Syrie», a déclaré Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales (CEAI) du COE.

«Nous appelons toutes les parties à ce conflit tragique et vain à mettre fin aux hostilités et à s’engager sur la voie du dialogue», a ajouté Peter Prove, «et nous encourageons la communauté internationale à travailler ensemble activement à la mise en œuvre du nouveau plan de paix approuvé par le Conseil de sécurité.»

Par une résolution (2235) adoptée par le Conseil de Sécurité le 7 août, le secrétaire général des Nations Unies avait été prié de soumettre au Conseil de sécurité dans un délai de vingt jours des recommandations concernant la création et le fonctionnement d’un mécanisme d’enquête conjoint «qui serait chargé d’identifier dans toute la mesure possible les personnes, entités, groupes ou gouvernements qui ont perpétré, organisé ou commandité l’utilisation comme armes, en République arabe syrienne, de produits chimiques, y compris le chlore ou tout autre produit chimique toxique, ou qui y ont participé d’une manière ou d’une autre.» Peter Prove a souligné que «le COE appelle de façon répétée à ce que les auteurs d’attaques chimiques en Syrie répondent de leurs actes», appel qu’il renouvelle aujourd’hui.

Le plan en 16 points adopté par le Conseil de sécurité le 17 août propose la création de quatre groupes de travail constitués de représentants du gouvernement et de l’opposition et chargés d’examiner respectivement les questions suivantes: sécurité et protection pour tous, questions politiques et juridiques, questions militaires et de sécurité et action antiterroriste, et continuité des services publics, reconstruction et développement. Le Conseil de sécurité exige en outre de lancer un «processus politique dirigé par les Syriens en vue d’une transition politique qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien». Par ailleurs, le Conseil de sécurité appelle à mettre en place «une autorité de transition inclusive dotée des pleins pouvoirs exécutifs, formée sur la base du consentement mutuel et assurant la continuité des institutions de l’État.»

«Le Conseil œcuménique des Églises poursuivra ses efforts et initiatives visant à favoriser la paix en Syrie», a affirmé Michel Nseir, responsable du programme du COE pour le Moyen-Orient, «grâce à la coopération et au dialogue interreligieux et au développement des capacités locales. Les récentes mesure du Conseil de sécurité sont encourageantes mais nous recherchons une mise en œuvre concertée.»

Églises membres du COE au Moyen-Orient

20 août 2015

COE

COE: de jeunes Congolais artisans de paix grâce à une formation oecuménique

Un programme de formation œcuménique du Conseil œcuménique des Églises (COE) récemment organisé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a préparé une trentaine de jeunes Congolais à devenir des artisans de la paix alors qu’un conflit sévit dans le pays et que des élections nationales sont prévues prochainement.

Organisée du 4 au 6 août par le programme de Formation théologique œcuménique du COE, la séance de formation a permis aux participantes et participants d’acquérir des connaissances sur des sujets portant sur l’instauration de communautés pacifiques, comme le dialogue intergénérationnel, les rôles sociaux liés au sexe et les modèles culturels qui influencent la résolution pacifique des conflits.

Les jeunes participants et participantes au programme, représentant un vaste éventail d’Églises locales, ont mené une réflexion sur le thème «les jeunes et le témoignage public de l’Église au Congo». C’était la première fois qu’un rassemblement œcuménique était organisé pour des jeunes avec une participation importante des Églises membres du COE en RDC.

Au programme de la formation, soutenue par les Églises membres du COE et des organisations de jeunes en RDC, figuraient des interventions de responsables locaux, comme le père Jean Kazadi, représentant régional du programme du COE Initiatives et plaidoyer œcuméniques pour la lutte contre le VIH et le sida, Délion Kimbulungu, de la Commission nationale électorale indépendante, ainsi que des représentants de la Commission d’intégrité et médiation électorale, qui ont souligné que les jeunes pouvaient jouer un rôle important de médiateurs dans les conflits pendant la période électorale.

Au cours de la formation, Noella Kyamutsongeri, de la Communauté baptiste de Goma, a évoqué les violents affrontements qui ont eu lieu dans sa région d’origine et qui ont brisé des relations autrefois étroites de part et d’autre de la frontière.

«J’ai conscience désormais que l’inimitié entre les Congolais et les Rwandais a été causée par des stéréotypes erronés et de fausses accusations. Nous devons faire preuve de compassion. Peut-être qu’en pleurant ensemble nous pouvons découvrir notre humanité commune et surmonter l’hostilité qui nous divise.»

Les participants et participantes à la formation ont raconté leurs expériences en tant qu’électeurs, expliquant qu’il était possible de mettre au point d’autres modèles d’engagement public pour pouvoir combler les lacunes du processus électoral.

Matou Matunga, de la Communauté presbytérienne de Kinshasa, a dit: «Nous avons appris à devenir des ambassadeurs de la réconciliation dans notre pays et nous savons désormais comment l’œcuménisme peut nous donner la force de prendre position pour la justice et la paix dans la sphère publique.»

Melanie Musawu, de l’Église lumière, une Église indépendante à Kinshasa, a déclaré: «Nous, les jeunes de RDC, devons apprendre à aimer notre propre pays et à lui donner le meilleur de nous-mêmes.»

Les participants et participantes à la formation se sont engagés à diffuser ce qu’ils ont appris dans leurs provinces d’origine et à inviter d’autres jeunes membres d’Églises à rejoindre le Pèlerinage de justice et de paix.

Plus d’informations sur la Formation théologique œcuménique

Les jeunes dans le mouvement œcuménique

Églises membre du COE en République démocratique du Congo

11 août 2015

COE

SEL: visite en France d’Abbel Joseph, ancien enfant parrainé

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Le parrainage d’enfants est un moyen connu d’agir contre la pauvreté. Mais peu de personnes ont déjà eu l’occasion de rencontrer quelqu’un qui en a bénéficié dans son enfance. Du 3 au 17 octobre 2015 (voir agenda ci-dessous), le SEL proposera plusieurs occasions de faire cette expérience avec Abbel JOSEPH, 34 ans, qui a été parrainé avec Compassion Haïti, partenaire local chrétien du SEL.

Découvrez l’histoire d’Abbel

Abbel est issu d’une famille et d’une localité marquées par la pauvreté. Son père travaillait comme réparateur de pneus et sa mère ramenait un peu d’argent grâce au petit commerce. Ce contexte difficile offrait peu de perspectives d’avenir et beaucoup des enfants des environs ont mal tourné.

Bénéficiaire du parrainage, Abbel a pu suivre une autre voie. Aujourd’hui, il se souvient toujours de l’importance que ses parrains ont eue pour lui. Au terme de son parrainage, il a étudié les sciences administratives à l’Institut des Hautes Études Commerciales et Économiques et la théologie au Moody Bible Institute (USA). Aujourd’hui, il parraine lui-même deux enfants !

Abbel affirme : « Aujourd’hui, je veux inspirer les jeunes à nourrir de grands rêves pour leur vie. J’ai une vision pour ma communauté et je serais prêt à mourir pour elle ! Je veux me battre pour tous ces enfants qui croient qu’ils ne valent rien : ils peuvent devenir des acteurs de leur société. Compassion (partenaire du SEL) m’a aidé à comprendre cela. Je m’engage pour transformer la vie de ces enfants et les libérer de la pauvreté au nom de Jésus. »

Le parrainage avec le SEL

Le témoignage d’Abbel permettra de découvrir pourquoi le parrainage peut être l’un des plus beaux cadeaux à offrir à un enfant. Grâce au soutien financier d’un parrain qui prie pour lui, chaque enfant reçoit une aide efficace pour briser le cercle vicieux de la pauvreté : soutien scolaire, un enseignement chrétien, un suivi médical et alimentaire et participe à des activités sociales et culturelles. Membre du réseau Compassion, le SEL propose de parrainer des enfants dans 27 pays du monde.

Les dates

Abbel participera à divers événements, cultes, réunions d’Églises et à des soirées Pulse (Montbéliard le 03 octobre ; Rennes le 09 octobre ; Paris le 10 octobre et Lyon le 17 octobre – dates à confirmer). Si vous souhaitez le rencontrer pour une interview, merci de nous contacter dès que possible.

Pour tout demande d’information supplémentaire, merci d’écrire à l’adresse : info@selfrance.org

SEL

Soudan du Sud: les responsables d’Église appellent à mettre fin au conflit


enfant soudan sud

Une écolière en classe dans le camp de réfugiés de Gendrassa, dans l’État du Nil supérieur, au Soudan du Sud. © Alliance ACT/ Paul Jeffrey

Le Conseil des Églises du Soudan du Sud (CESS) a encouragé toutes les parties au conflit qui sévit dans le pays à signer l’accord de compromis sur la résolution du conflit au Soudan du Sud.

Préparé par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’accord proposé exige l’arrêt du conflit qui déchire le pays.

Dans un communiqué publié le 8 août, des responsables chrétiens représentant des Églises membres du CESS et du Conseil œcuménique des Églises (COE) ont plaidé en faveur d’une intensification des efforts de paix dans le pays, après leur réunion, la dernière semaine de juillet, dans la capitale sud-soudanaise Juba.

«Nous avous toujours appelé à l’arrêt immédiat et inconditionnel des combats. La guerre doit cesser immédiatement. Il n’y a pas de justification morale à cette guerre insensée. Il est inacceptable que des gens continuent à tuer et être tués tandis que leurs élites ferraillent sur des questions de pouvoir, de postes et de pourcentages», ont déclaré les responsables d’Église sud-soudanais dans leur communiqué.

«Nous demandons un cessez-le-feu immédiat et nous prions le groupe «IGAD-Plus» de mettre en place le dispositif de protection et de maintien du cessez-le-feu. Les parties au conflit disposeront ainsi d’une atmosphère propice à des négociations dans un esprit de franchise, de confiance et de sincérité», poursuit le communiqué.

«Nous appelons donc toutes les parties à signer l’accord et à l’honorer en appliquant le cessez-le-feu», ont déclaré les responsables d’Église.

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a manifesté un vif soutien aux positions du CESS. «Leur appel doit être entendu maintenant. Ils parlent au nom de tout un pays, un pays qui traverse une crise grave. Dieu aime chaque citoyen. Le moment est venu de mettre fin à ces morts insensées», a-t-il affirmé.

Le COE soutient depuis les années 1970 – avec ses Églises membres au Soudan et au Soudan du Sud et aux côtés de la Conférence des Églises de toute l’Afrique – les initiatives de paix dans le pays. La Dixième Assemblée du COE, qui s’est tenue en 2013 à Busan (République de Corée), a désigné le Soudan du Sud comme pays prioritaire pour le COE en Afrique, afin de soutenir les efforts de construction du pays.

Le communiqué du Conseil des Églises du Soudan du Sud (en anglais)

Des responsables d’Église du Soudan du Sud appellent de concert à une paix immédiate(Communiqué de presse du COE du 17 avril 2015)

Note du Comité exécutif du COE sur le Soudan du Sud (en anglais)

Églises membres du COE au Soudan du Sud

10 août 2015

COE

Pasteure Sang Chang : "Le monde doit être débarrassé de larme nucléaire"


Pasteure Sang Chang

Pasteure Sang Chang © Johannes Minkus/COE

«La première chose qu'on attend de nous, c'est d'avoir le courage de nos convictions. Au Conseil œcuménique des Églises (COE), nous avons pour conviction que le monde doit être débarrassé de l'arme nucléaire», a déclaré la pasteure Sang Chang, présidente du COE pour l'Asie, dans son discours au Colloque sur le désarmement nucléaire qui s'est tenu à Hiroshima (Japon) le 6 août.

Sang Chang, pasteure de l'Église presbytérienne de la République de Corée, intervenait lors d'une séance intitulée Et maintenant? Agir pour le désarmement nucléaire: «Plus jamais la guerre».

La pasteure Chang fait partie d'une délégation du COE constituée de responsables d'Église, actuellement en pèlerinage au Japon afin de commémorer les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945.

Au sujet des armes nucléaires, la pasteure a affirmé que les Églises sont «mises en demeure d'aller au-delà des dénonciations rhétoriques de la violence, de l'oppression et de l'injustice et de transformer leurs jugements éthiques en actions contribuant à une culture de la paix.»

«Nous avons la conviction que cette responsabilité d'agir est ancrée dans la bonté de tout ce que Dieu a créé et dans la bonté essentielle de toute l'humanité, du fait que celle-ci a été créée à l'image de Dieu», a-t-elle dit.

La pasteure Chang a expliqué que la position du COE à l'égard de l'arme nucléaire s'appuie sur un rejet catégorique de l'arme nucléaire, considérant celle-ci comme une menace pour l'humanité, les Églises et les sociétés.

La pasteure a appelé instamment les personnes de convictions à se faire entendre sur la question des armes nucléaires, les encourageant à travailler au sein de leur propre religion, avec les organisations de la société civile et avec les autorités publiques.

«Les responsables religieux doivent montrer la voie. Les personnes de convictions de tous horizons doivent agir.»

«Le désarmement nucléaire maintenant – pour le 70e anniversaire des bombardements atomiques – exige de nous que nous axions la religion, l'éthique et la moralité sur la nécessité d'une nouvelle législation internationale, qui est devenue urgente. Cette législation, réalisée avec le soutien le plus vaste possible de la communauté internationale, constituerait une interdiction légale des armes nucléaires», a ajouté la pasteure Chang.

Texte complet du discours de la pasteure Sang Chang: «Qu'attend-on de nous?» (en anglais, traduction bientôt disponible)

Lisez aussi: Un évêque allemand promet une impulsion œcuménique en faveur de l’interdiction de l’arme nucléaire (COE communiqué du 6 août)

Lisez aussiPour l’évêque Swenson, il est temps d’abandonner tout soutien au maintien de l’arme nucléaire (COE communiqué du 5 août)

WCC encourages churches to pray on Hiroshima Day (COE communiqué du 6 août, en anglais)

Pèlerinage de justice et de paix du COE

Projet du COE «Les Églises et la limitation des armes nucléaires»

Vidéo: WCC pilgrims remember atom bomb's deadly destruction 70 years ago in Hiroshima (en anglais)

Des images en haute résolution sont disponibles sur photos.oikoumene.org

06 août 2015

COE

COE: l’évêque Bedford-Strohm promet une impulsion oecuménique en faveur de l’interdiction de l’arme nucléaire


eveque Heinrich Bedford-Strohm

L’évêque Bedford-Strohm au Rassemblement de la 70e Journée d’Hiroshima. © Johannes Minkus/COE

L’évêque Heinrich Bedford-Strohm, président du Conseil de l’Église évangélique d’Allemagne et participant au pèlerinage de responsables d’Églises au Japon organisé à l’occasion des commémorations du 70e anniversaire des bombardements atomiques, a défendu la cause de l’Engagement humanitaire (Humanitarian Pledge) contre les armes nucléaires, lors du rassemblement de la Journée d’Hiroshima le 6 août.

Le pèlerinage est organisé sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises (COE), a expliqué l’évêque, organisation qui «a envoyé ici des responsables d’Église de sept pays qui n’ont pas encore accepté de combler le vide juridique au sujet des armes nucléaires». Après le pèlerinage, ses participants exhorteront les États qui professent le désarmement nucléaire sans toutefois désavouer le recours à l’arme nucléaire à signer l’Engagement humanitaire et à œuvrer en faveur de la prohibition et de l’élimination de ces armes mortelles.

S’adressant aux organisations religieuses, aux organisations de la société civile et aux représentantes et représentants des gouvernements, l’évêque Bedford-Strohm a par ailleurs déclaré: «Nous devons vivre en faisant en sorte de protéger la vie et non pas de la mettre en péril. Nous ne devons pas utiliser l’énergie de l’atome en menaçant et en détruisant la vie, car ainsi nous commettons un pêché en exploitant la création de Dieu à mauvais escient. Nous devons refuser d’accepter que la destruction à grande échelle d’autres populations puisse être une forme légitime de protection pour nous-mêmes.»

Trouvez ici le discours de l’évêque Heinrich Bedford-Strohm: "Quelque chose de neuf après 70 ans: un nouvel avenir ensemble"

Lisez aussi Pour l’évêque Swenson, il est temps d’abandonner tout soutien au maintien de l’arme nucléaire (COE communiqué du 5 août)

Supportez la pèlerinage avec des grues en origami #GoodByeNukes (en anglais)

L’Engagement humanitaire et les 113 pays qui l’ont signé (en anglais)

Prières pour la paix et la justice à l’occasion de la Journée d’Hiroshima (en anglais)

06 août 2015

COE

COE: « il est temps d’abandonner tout soutien au maintien de l’arme nucléaire » Évêque Swenson

Church leaders pilgrimage to Japan on 70th anniversary of atomic bombings

Dirigeants de l’Église en pèlerinage au Japon pour le 70e anniversaire des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki - Crédit Paul Jeffrey / COE

«Il est temps d’abandonner tout soutien au maintien de l’arme nucléaire. Il est temps de ne plus accepter que la destruction massive d’autres peuples puisse être une forme légitime de protection pour nous-mêmes», a déclaré l’évêque Mary Ann Swenson lors d’un service anglican-catholique du souvenir pour la paix à la cathédrale catholique du mémorial de la paix d’Hiroshima, au Japon, le 5 août.

Mary Ann Swenson, évêque de l’Église méthodiste unie des États-Unis et vice-présidente du Comité central du Conseil œcuménique des Églises (COE), est à la tête d’une délégation de responsables d’Église actuellement en pèlerinage au Japon pour commémorer les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945.

Dans son discours, l’évêque Swenson a souligné le fait que les Églises ont «un témoignage à rendre».

«Les responsables d’Église qui participent à ce pèlerinage du Conseil œcuménique des Églises proviennent de sept pays qui affirment être favorables à un monde sans armes nucléaires. Et pourtant, année après année, décennie après décennie, nos sept États se tiennent prêts à recourir à l’arme nucléaire. Soixante-dix ans après la destruction qui a frappé cet endroit, quarante États continuent de s’appuyer sur l’arme nucléaire», a-t-elle affirmé.

«Il est temps de juger les armements et la consommation énergétique à l’aune de leurs conséquences sur les individus et sur la création de Dieu. Il est temps de confesser que notre désir de confort matériel et de commodité nous tient à l’écart des préoccupations quant à la source et à la quantité de l’énergie que nous consommons», a ajouté l’évêque Swenson.

Les responsables d’Église présents au pèlerinage au Japon représentent des Églises membres du COE d’Allemagne, de République de Corée, des États-Unis, du Japon, de Norvège, du Pakistan et des Pays-Bas. Ils ont prévu de rencontrer des survivants de la bombe atomique, des membres des Églises, des responsables religieux et des représentants gouvernementaux, dans l’optique de ramener chez eux, d’Hiroshima et de Nagasaki, des appels à l’action.

Lire le texte intégral de la prédication de l’évêque Mary Ann Swenson, intitulée «Artisans de paix pour la vie» (en anglais, traduction bientôt disponible)

Pèlerinage de responsables d’Église à Hiroshima et Nagasaki

Pèlerinage de justice et de paix du COE

Projet du COE «Les Églises et la limitation des armes nucléaires»

Prières pour la paix et la justice à l’occasion de la Journée d’Hiroshima (en anglais)

Commission des Églises pour les affaires internationales

05 août 2015

COE

COE: des responsables d’Églises entreprennent un pèlerinage à Hiroshima et Nagasaki en vue de mettre fin aux menaces nucléaires


cloche

La cloche de la paix, dans l'église St-Aegidius de Hanovre. Cette cloche est un cadeau de Hiroshima à sa ville jumelle Hanovre pour rappeler le souvenir des victimes de la bombe atomique. © Église évangélique d'Allemagne/Susanne Erlecke 

Au début d'août, des responsables d'Églises de sept pays qui se trouvent face au choix historique de mettre hors la loi ou non les armes nucléaires vont entreprendre un pèlerinage vers les deux villes japonaises dévastées par des bombes atomiques il y a 70 ans.

Ces personnalités, qui représentent des Églises membres du Conseil œcuménique des Églises (COE) de l'Allemagne, de la République de Corée, des États-Unis, du Japon, de la Norvège, du Pakistan  et des Pays-Bas, seront à Hiroshima et Nagasaki pour commémorer les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945.

Au Japon, ces personnes vont rencontrer des survivantes et survivants de ces bombardements, des membres des Églises, des responsables religieux et des représentants du gouvernement. De ces deux villes, elles rapporteront dans leurs pays des appels à agir, priant instamment leurs gouvernements, en particulier, de se joindre au nouvel engagement international de «combler la lacune juridique» en décrétant l'interdiction formelle des armes nucléaires. Cette initiative humanitaire a déjà reçu le soutien de 113 pays.

L'évêque Mary-Ann Swenson, de l'Église méthodiste unie des États-Unis, vice-présidente du Comité central du COE, sera à la tête de cette délégation. Voici ce qu'elle déclare:

«Nous serons à Hiroshima et à Nagasaki pour rappeler les horreurs de la bombe atomique et pour réaffirmer ce qu'une majorité toujours plus importante de l'Assemblée générale des Nations Unies déclare: "Quelles que soient les circonstances, il ne faut plus jamais recourir aux armes nucléaires: il y va de la survie de l'humanité ."»

«Cette étape du pèlerinage de paix et de justice du COE est cruciale», poursuit-elle. «En nous rassemblant en des lieux dévastés, il y a 70 ans, par les plus mortelles des armes, nous n'oublions pas que 40 gouvernements comptent encore sur des armements nucléaires. Neuf États possèdent des arsenaux nucléaires et 31 autres sont disposés à laisser les États-Unis faire usage de ces armes en leur nom.»

L'évêque Swenson rappelle qu'on parle beaucoup d'armes atomiques à la suite des négociations avec l'Iran et de la rhétorique menaçante à laquelle on recourt dans le cadre de la crise en Ukraine, ajoutant: «Nous ne savons pas d'où surgira la prochaine menace, ni si une menace pourrait se transformer en réalité destructrice.»

«C'est pourquoi nous invitons les chrétiennes et chrétiens du monde entier à se joindre à nous par la prière alors que nous accomplissons ce pèlerinage», a-t-elle déclaré.

«Le 70e anniversaire des bombardements atomiques  constitue un jalon historique», déclare Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires étrangères (CEAI) du COE. «Il vient à point car la plupart des survivantes et survivants des attaques de 1945 sont maintenant octogénaires. Il faut continuer à entendre leur cri de "Plus jamais!" qui n'a rien perdu de son urgence, car les puissances nucléaires modernisent leurs arsenaux au lieu de les détruire, comme elles l'avaient promis. En même temps, il y a de l'espoir car au niveau international se dessine une majorité toujours plus forte pour interdire les armes nucléaires, majorité dont les Églises membres du COE font partie.»

Les sept Églises membres participant à ce pèlerinage sont bien placées pour s'opposer aux armes les plus destructrices qui soient. Leurs gouvernements – Allemagne, Corée du Sud, États-Unis, Japon, Norvège, Pakistan et Pays-Bas – se sont tous engagés en faveur du désarmement nucléaire, tout en continuant à compter sur ces mêmes armes qui ont causé ces horribles destructions il y a 70 ans et constituent une menace pour l'humanité d'aujourd'hui. À l'exception du Pakistan, qui dispose de son propre arsenal nucléaire, tous ces gouvernements sont d'accord pour que les États-Unis recourent à leurs armes nucléaires contre leurs ennemis. Quatre d'entre eux, membres de l'OTAN, acceptent cette attitude inspirée dar la Guerre froide et deux – le Japon et la Corée du Sud – le font en tant qu'alliés des États-Unis dans le Pacifique.

«Ce pèlerinage se terminera en formulant une critique morale et spirituelle du dilemme qui s'est posé il y a 70 ans aux gouvernements qui continuent de nos jours à compter sur les armes nucléaires», déclare Isabel Apawo Phiri, secrétaire générale associée du COE. «Notre objectif consiste à aider le monde politique à saisir cette occasion unique de s'aligner sur la majorité et de lutter en faveur du bien commun au lieu de perpétuer ce statu quo dangereux, injuste et instable.»

La mission au Japon et auprès de six pays dépendant du nucléaire s'inscrit dans le cadre du Pèlerinage de justice et de paix du COE.

Outre l'évêque Swenson, la délégation comprend les membres suivants: la pasteure Chang Sang, Église presbytérienne de la République de Corée, présidente du COE pour l'Asie; l'évêque Heinrich Bedford-Strohm, évêque président des Églises protestantes d'Allemagne; le pasteur Baekki Heo, Église chrétienne coréenne du Japon et, pour une partie du programme, l'archevêque Nathaniel Uematsu, Église anglicane du Japon; l'évêque Tor Jorgensen, Église luthérienne de Norvège; la pasteure Karen Van Den Broeke, Église protestants des Pays-Bas; l'évêque Samuel Azariah, Église du Pakistan; le pasteur Stephen Sidorak, responsable œcuménique de l'Église méthodiste unie, basé aux États-Unis et membre de la CEAI, auxquels s'ajoutent MM. Peter Prove, directeur de la CEAI et Jonathan Frerichs, expert au COE.

COE Pèlerinage de justice et de paix

Projet du COE "Limitation des armes nucléaires"

Prayers for Peace and Justice on Hiroshima Day

Commission des Églises pour les affaires internationales

27 juillet 2015

COE

FPF: lettre de diffusion N°4 Août 2015

La FPF en route vers la 


COP 21 !


Cop 21 : Conférence des Nations unies sur les changements climatiques « Paris 2015 » 30 novembre au 11 décembre 2015

 Zoom sur l'événement du mois

Les assises chrétiennes de l'écologie les 28, 29 et 30 août 2015 à Saint Etienne. La FPF sera représentée par son vice-président, Christian Krieger, qui interviendra dans une conférence qui a pour thème : «La crise écologique : comment mobiliser les religions ?»

Le diocèse de Saint Etienne et l'hebdomadaire La Vie en lien avec « le Service National Famille et Société » de la Conférence des Evêques de France, organisent le dernier week-end d'août 2015, les 28, 29 et 30, des Assises Chrétiennes de l'Ecologie, à Saint-Etienne.
Elles feront suite à une première édition qui a rassemblé 1700 personnes en novembre 2011.
Cette fois-ci, la participation à cet événement qui se déroulera au Parc des Expositions pourrait  dépasser les 2000 personnes.S'inscrire - Les conférenciers 


Nicolas Hulot : Assises chrétiennes de l'écologie et COP 21

 

 Les protestants et la COP 21

Recrutée en juillet par les Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France (EEUdF) comme chargée de mission dans le cadre de la COP21, Coline Eychène, 25 ans, coordonnera durant 6 mois les actions oecuméniques qui se dérouleront autour de la conférence Paris climat 2015. + d'infos

 

Publications oecuméniques

Le service des relations entre les Eglises chrétiennes de la FPF attire votre attention sur le numéro de juillet de la revue Unité des chrétiens, qui propose de nombreux articles sur différents aspects de l'engagement, de la spiritualité et de la réflexion des chrétiens face à la question du réchauffement climatique
A lire aussi : Le numéro de la revue Perspectives missionnairesHéritiers et témoins d'une terre promise Lire

 

Habiter autrement la création, un document oecuménique auquel la FPF a participé

Au nom de leur foi, des chrétiens, orthodoxes, protestants et catholiques s'engagent pour la justice climatique

... Il faut oser aller plus en profondeur pour découvrir les causes principales des dérèglements climatiques. C'est bien le développement de tous les êtres humains et de la personne tout entière qui est en cause.
Lire - Télécharger le fascicule

 

Retour sur le sommet des consciences et la délégation FPF

François Clavairoly a participé au sommet des consciences organisé au Conseil économique, social et environnemental à Paris le 21 juillet. Il était accompagné d'une délégation composée d'Elsa Bouneau (présidente des EEUdF et de la Fédération du scoutisme français) de Coline Eychène (coordinatrice EEUdF et FPF de la COP21) et de Martin Kopp (chargé de plaidoyer pour le climat à la Fédération luthérienne mondiale et membre du groupe climat de la FPF). + d'infos : lire l'appel des consciences, participer, revoir l'intégralité des débats...

 

Rumeur… un journal gratuit de Regards Protestants sur le climat en préparation… soyez dans les starting-blocks pour le commander à la rentrée et le distribuer dans les paroisses, groupes, réseaux protestants !

 

Des Eglises engagées pour le climat 

UEPAL - L'Assemblée de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine s'est réunie le samedi 27 juin à Drulingen. L'après-midi a été l'occasion de parler des engagements de l'UEPAL en faveur du climat : le jeûne tous les 1er du mois et la marche organisée vers Metz avant de rejoindre Paris pour la COP21. Lire

FEEBF - Lors de son Congrès, en mai dernier, la Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France a adopté un voeu : “ En lien avec l'action de la Fédération Protestante de France, il demande au gouvernement, de prendre les dispositions nécessaires pour réduire le réchauffement de la planète, tout en aidant les pays les plus pauvres qui sont et seront les premières victimes.” Lire

UEEL - Le synode de l'Union des Églises évangéliques libres de France, réuni en mai 2015, a encouragé “ le gouvernement français à agir pour plus de justice dans la manière dont les nations cherchent à atténuer les changements climatiques et prennent en charge leurs conséquences, en particulier sur les nations les plus pauvres qui les subissent déjà.” Il a demandé “ aussi au gouvernement de promouvoir de façon volontariste la transition vers des énergies qui préservent mieux la création..” Lire


 Calendrier estival

1er août dans plus de 30 villes en France et dans le monde : Jeûne pour le Climat international. 
du 28 au 30 août à Saint-Étienne se tiennent les Assises chrétiennes de l'écologie.
10-13 septembre : La Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes (CERA) et ses partenaires ORMAX et CeVI ont le plaisir de vous inviter à leur école d'été autour de l'eau et du climat.
les 26 et 27 septembre
, Alternatiba Paris organise le Village des Alternatives, Place de la République à Paris 

 

 Pour mieux comprendre

Le RAC (Réseau action climat) propose sur son site de répondre à toutes les questions qui nous taraudent à propos de la COP 21 : quels en sont les enjeux, que peux faire la France, où en sont les pays ? http://macop21.fr

 

 Fiches pratiques


Découvrez www.monquotidienautrement.com chaque semaine, des idées qui bousculent nos habitudes !

 

 Témoignage

Adhérez au réseau des grands-parents pour le climat et découvrez les témoignages de nombreux grands-parents sur le sujet

 


Nicolas Hulot : Les religions et l'écologie

FPF