2015

EPUdF: déclaration postsynodale du conseil de l’Église du Marais

A la date du 20 mai 2015, le conseil presbytéral de l’Église protestante unie du Marais, Paris, a publié une déclaration suite à la décision synodale de l’EPUdF autorisant la bénédiction de couples de même sexe.

Synode 2015, une bénédiction “unanime” ?

Après avoir pris connaissance de la décision du synode national votée à Sète le dimanche 17 mai 2015 sur la bénédiction des couples de même sexe, le Conseil presbytéral de l’Eglise protestante unie du Marais s’est interrogé sur le fait de rester ou non membre de l’union nationale (EPUdF), compte tenu du désaccord profond qu’elle constate entre ses convictions et celles qu’exprime cette décision. Considérant néanmoins son attachement aux fondements solides établis par les réformateurs, et sur lesquels repose l’Eglise protestante unie de France, le Conseil presbytéral du Marais fait le choix aujourd’hui de rester dans cette dénomination, pour y dire haut et fort ce qu’il croit avoir reçu du Christ.

Fin 2012*, le conseil presbytéral du Marais avait proposé un texte intitulé “Convictions et propositions” (au verso), avant même que le débat sur le mariage civil soit engagé dans la société : nous restons sur les mêmes fondements bibliques que dans ce texte, et n’entendons pas répondre favorablement à des demandes de bénédiction de couples de même sexe. Par ailleurs, nous continuons à rejeter toute forme d’homophobie et de discrimination, accueillant un grand nombre de personnes homosexuelles, et faisant de cet accueil concret une priorité de chaque jour, bien au-delà d’une brève manifestation liturgique.

Nous croyons que la lettre du texte biblique est fondamentale pour tout chrétien, qu’elle résiste parfois à nos interprétations, quand bien même notre lecture doit être mûrie, distanciée, et aussi inspirée par l’Esprit Saint. C’est la base même du Sola Scriptura propre à la Réforme protestante que d’affirmer l’autorité souveraine des Saintes Écritures telles que la fonde le témoignage intérieur du Saint-Esprit, reconnaissant en elles la règle de la foi et de la vie**.

La lecture que nous faisons, notamment de Genèse 1-2, nous conduit à penser que la conjugalité, dans le projet de Dieu, implique la différenciation sexuelle homme-femme. Jésus s’est réapproprié ce texte de la Genèse, en le citant lui-même. Dans son rapport à la Loi, Jésus n’abolit rien, mais a plutôt tendance à pousser plus loin encore les commandements, comme il le fait par exemple pour l’adultère en Matthieu 5,27ss. Il fait cela pour susciter en chacun le désir non pas d’être “validé” par la loi mais de marcher avec Dieu. Dès lors, marcher avec Dieu ne signifie pas contraindre Dieu à marcher sur nos pas. Cela signifie avant tout se laisser rejoindre par lui, pour qu’il nous questionne, nous interpelle et nous révèle ses projets. Tel est le sens que nous donnons à l’accompagnement que l’Eglise se doit d’apporter aux hommes et aux femmes, aux couples qui poussent ses portes aujourd’hui en quête d’une parole de vérité pour leur vie.

La bénédiction a pour but de nous faire entrer dans le projet de Dieu et non de cautionner nos propres projets, de répondre terme à terme à nos désirs ou aux attentes d’une société en perte de repères. Elle ne nous appartient pas, car elle est d’abord une parole qui vient de Dieu.

C’est pourquoi, nous regrettons vivement la décision prise par le synode de bénir les couples de même sexe, et nous nous étonnons qu’une telle décision ait pu être votée par le synode, sans aucun argumentaire biblique, notamment par rapport aux cinq passages bibliques convergents traitant de l’homosexualité (Lévitique 18.22, Lévitique 20.13, Romains 1.24-38, 1 Corinthiens 6.9-10, 1 Timothée 1.9-10). Même l’unique citation biblique (1 Pierre 3,9***) du texte de la décision, est instrumentalisée, sachant que ce chapitre y traite en son début de la complémentarité homme-femme...

Nous sommes conscients de la difficulté de l’exercice synodal sur ce sujet, et que beaucoup a été fait dans un souci de respect de la diversité. Nous sommes reconnaissants que le texte synodal laisse aux paroisses et aux pasteurs la liberté de ne pas bénir ce type de conjugalité, mais nous craignons que dans bien des communautés cette décision provoque des tensions, notamment entre pasteurs et conseils. 

Nous sommes inquiets quant aux divisions profondes ou sentiments de trahison que ce processus risque d’installer dans l’Eglise, entre les croyants, les paroisses, ou les différentes dénominations chrétiennes. Il nous semble que le résultat du vote est incroyablement décalé et peu représentatif des débats et positionnements dans les paroisses. Aujourd’hui c’est la confiance dans le processus synodal et dans l’institution ecclésiale qui est entamée pour beaucoup.

Paris, le mercredi 20 mai 2015 adopté à l’unanimité du conseil presbytéral

Notes

* Ce texte a été finalisé et voté au conseil presbytéral de janvier 2013, et publié dans le journal paroissial La Flamme en mars 2013. Au verso de cette déclaration
** Déclaration de foi de l’Eglise réformée de France, 1938.
*** « [...] Bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction. »

http://Temple.duMarais.fr 

La Fédération protestante de France en route vers la COP 21

Newsletter n°2, mai 2015

Cop 21 : Conférence des Nations unies sur les changements climatiques « Paris 2015 » 30 novembre au 11 décembre 2015

 Edito

En ce joli mois de mai, le niveau des océans de la mobilisation religieuse monte ! 

C'est à l'occasion d'un riche colloque co-organisé par la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) au Sénat, qu'a été annoncée la rencontre de la CRCF avec François Hollande le 1er juillet prochain, au cours de laquelle un texte de plaidoyer en vue de la COP21 et de jeûner ensemble pour le climat lui sera remis. 

De son côté, l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) a officialisé sa mise en marche sur cet enjeu lors d'une conférence de presse, en se joignant au #jeûnepourleclimat et au pèlerinage vers la COP21 qui viendra d'Allemagne.

Enfin, plusieurs groupes prendront part à la grande mobilisation « 1000 initiatives pour le climat » des 30-31 mai, suivant l'appel de la Coalition Climat 21. A Paris, par exemple, une marcheréunissant des chrétiens cheminera de Montparnasse à Montmartre. Ainsi sera lancée la mobilisation de la société civile française vers la COP21. 

Pour participer et prendre part à cet enjeu planétaire, chez vous et dans vos lieux d'Eglise, explorez nos rubriques pratiques : le calendrier du mois à venir, des vidéos pédagogiques, une fiche pratique, un témoignage et des liens utiles. Bonnes lectures ! 

Martin Kopp
Chargé de plaidoyer pour le climat à la Fédération luthérienne mondiale
Membre du groupe climat de la FPF 

 

 Zoom sur les événements du mois

Retour sur le colloque que la Conférence des responsables du culte en France (CRCF) a coorganisé avec la Commission du développement durable du Sénat, le 21 mai, ayant pour thème : « COP21 : climat, quels enjeux pour les religions ? » en présence, entre autres, de Nicolas Hulot.
Lors de ce colloque, les responsables du culte en France ont annoncé à la presse, venue en nombre, qu'ils déposeraient au Président de la République le 1er juillet 2015 « un plaidoyer pour le climat » rédigé conjointement et qu'ils jeûneraient ensemble pour le climat à cette occasion.
Lire le communiqué 

Le « plaidoyer » pour le climat des six religions de France, Le Monde, 22/5/2015

Les religions remettront un « plaidoyer sur le climat » à François Hollande, La Croix, 21/5/2015


Entretien avec François CLAVAIROLY

 

30-31 mai, Participez au « 1000 initiatives pour le Climat »
Organisez un "Clim'apero", une Fête des voisins pour le climat... 
Découvrez le Kit de mobilisation donnant des idées pour des actions simples et pratiques, les 30 et 31 mai... ou après. 

 

 Les protestants et la COP 21

 

L'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) s'engage pour le climat et se joint au pèlerinage pour le climat.
Lire le dossier de presse consacré aux actions de l'UEPAL en faveur du climat.

Une prière environnementale
Le State of Europe Forum s'est tenu le samedi 9 mai 2015 à Riga. Martin Kaonga, expert en climatologie et membre d'A Rocha (membre de la FPF) est intervenu pour dire que la crise environnementale avait atteint un niveau probablement jamais rencontré sur la terre auparavant.Ces propos ont inspiré Cédric Placentinoune, qui a rédigé une prière environnementale. A lire dans Le Journal de prière, Pentecostal European Fellowship, 15 mai 2015. (pdf)

 Calendrier du mois

30-31 mai partout en France et dans le monde : 1000 initiatives pour le climat de la Coalition Climat 21.
1 juin dans autour de 30 villes en France et dans le monde : Jeûne pour le Climat international.
5 juin partout dans le monde : Journée mondiale de l'environnement 
1-11 juin à Bonn : Session de négociation de l'Onu sur le climat où les 196 pays travailleront à réduire le brouillon d'accord de Paris, qui fait actuellement 87 pages.
4 juin à Paris : Forum « Vivre ensemble le changement climatique » au Conseil économique, social et environnemental.
7 juin en Norvège : départ du pèlerinage pour la justice climatique qui arrivera à Paris en passant par la Finlande, la Suède, le Danemark et l'Allemagne.
15 juin : Publication par la FPF du livre Terre créée, terre abîmée, terre promise...
Courant juin : Publication d'un fascicule œcuménique sur le climat en vue de la COP21.
Courant juin : Probable publication de l'encyclique sur l'écologie du Pape François.

 

 Pour mieux comprendre

Découvrez dans cette vidéo de la Fondation Nicolas Hulot comment financer les actions pour faire face au changement climatique.


  Fiche pratique

« Qu'y a-t-il sur ma terre promise ? » Kit d'animation biblique sur la Création pour sensibiliser les jeunes

Une proposition de moment spirituel en kit sur la création des Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France (EEUdF) Voir (pdf). A utiliser ou réutiliser dans vos paroisses.
Objectif : Vivre un moment d'animation biblique sur le thème de la Création – Réfléchir à notre rapport à la Terre et à la Création. Textes : Genèse 1, 24-31 ; Genèse 2, 7-9 et 15 
Durée : 1h30 à 2h30
Nb de participants : indifférent – se joue par équipe de 3 à 6
Age des participants : de 7 à 16 ans

Découvrir ce qu'est un moment spirituel aux Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes de France à travers la vidéo de présentation : Et si on préparait un moment spi ?


 Témoignage

Vidéo : Témoignage du chercheur espagnol Manuel de Castro, qui met en lumière sous un angle scientifique, les enjeux de la prochaine décennie

 

 Parution à venir

Terre créée, terre abîmée, terre promise... Parution prochaine aux Editions Olivétan. Cette publication de la Fédération protestante de France fait suite au colloque qui s'est tenu à l'Institut Protestant de Théologie, Faculté de Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2014, à l'initiative de la commission Eglise et société de la FPF et du réseau Bible et création de l'Eglise protestante unie de France. + dinfo

FPF

FEPS: les Églises suisses au Kirchentag allemand

feps kirchetag

Source: Kirchentag/L’affiche du DEKT 15 est dévoilée par les organisateurs


« Protestant swiss made » :
Du 3 au 7 juin se tiendra à Stuttgart, capitale du land de Bade-Wurtemberg, le Kirchentag de l’Eglise protestante en Allemagne. Sous la devise « Rerformiert Swiss Made », l’Eglise réformée zurichoise, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) et le Centre de développement ecclésial de l’Université de Zurich y partageront un stand. Le stand, près de la Schlosskirche, sur la place Schiller, sera dédié à la réforme d’hier et d’aujourd’hui. Lieu d’information et de rencontre, il proposera aussi des interviews chaque heure sur la « Croix blanche », un « SwissQuiz » au « Reformat », ainsi qu’un bar, le « ReformierBar » (le «réformable»). 

L’équipe d’animation du stand montrera aux visiteurs que le réformateur allemand Martin Luther n’a pas été le seul acteur de la Réforme. On trouvera donc sur le stand des Eglises de Suisse une touche helvétique et il offrira une plateforme à de nombreux intervenants de Suisse, dont Michel Müller, président du Conseil de l’Eglise de Zurich, Thomas Schlag, doyen de la Faculté de théologie de Zurich, et Gottfried Locher, président du Conseil de la FEPS, qui prendront place sur la « Croix blanche » pour se prêter au jeu de l’interview. Gottfried Locher aura également deux interventions officielles au Kirchentag. Jeudi, dans la série de débats publics sur le thème « chrétiens et musulmans », il s’exprimera, dans la discussion sur « l’islam dans les médias », au sujet de la responsabilité des chrétiens et des journalistes. Et samedi, sous le titre « 2017 : un tremplin pour l’œcuménisme », un débat sera l’occasion d’évaluer les chances de célébrer en commun une fête du Christ.

La FEPS travaille également derrière la scène. Hella Hoppe, responsable des questions économiques, a pris une part importante à l’organisation de la série de débats sur le thème « la société responsable de l’économie ». Christina Aus der Au, théologienne thurgovienne, responsable théologique du Centre de développement ecclésial de l’Université de Zurich, siège au comité du Kirchentag et présidera en 2017 le prochain Kirchentag de l’Eglise protestante en Allemagne, qui se déroulera à Berlin et à Wittenberg. À Stuttgart, elle assumera notamment la direction des débats de la soirée de clôture.

Le programme du Kirchentag est émaillé de moments culturels forts. Le Saint-Gallois Andreas Hausammann dirigera un chœur ad hoc avec orchestre, le vendredi 5 juin, de 12h00 à 13h00 sur le Marktplatz. Chaque voix compte, suisse ou pas, et tous sont invités à chanter en chœur.

Berne, 27.05.2015

FEPS

COE: poursuite des efforts oecuméniques en faveur du processus de paix en  Ukraine


WCC delegation visit to Ukraine, March 2015

Photo de la délégation COE en visite en Ukraine, Mars 2015

* Peter Kenny

Les efforts œcuméniques menés sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises (COE) se poursuivent pour encourager la paix en Ukraine, où un cessez-le-feu fragile est chaque jour mis à l’épreuve de la violence dans la partie orientale du pays.

Depuis la révolution ukrainienne de février 2014, la Fédération de Russie a annexé la péninsule de Crimée et une guerre fait rage contre les combattants séparatistes pro-russes dans l’est du pays.

Le conflit a débuté quand le gouvernement élu après la révolution a manifesté son intérêt pour un resserrement des liens avec l’Europe de l’Ouest. Dressant les pays occidentaux et la Russie les uns contre l’autre, le conflit a pris une tournure non seulement nationale, mais aussi régionale et internationale.

En février, les dirigeants politiques concernés sont parvenus à un accord, dit de Minsk II, visant à mettre un terme aux combats. De leur côté, des responsables d’Église et d’autres religions s’affairent en coulisses pour assurer sa mise en œuvre, alors que les deux parties au conflit s’accusent régulièrement de l’avoir enfreint.

Un processus initié par une récente visite œcuménique

Une délégation emmenée par le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, s’était rendue en Ukraine du 17 au 20 mars 2015. Un peu plus tard, en avril, une rencontre a eu lieu à Moscou entre le pasteur Tveit et le patriarche Kirill, primat de l’Église orthodoxe russe, où plusieurs questions ont été abordées, dont celle de l’Ukraine.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDC) des Nations Unies avait indiqué dans son dernier rapport, le 15 février: «Les répercussions du conflit sur les droits humains des personnes vivant dans les zones touchées par les combats dans les régions de l’est sont dramatiques et représentent fréquemment une menace pour la vie dans les zones de combats et de pilonnage aveugle.»

À partir de ses observations, l’archevêque émérite de l’Église de Suède Anders Wejryd, président du COE pour l’Europe, a confirmé que la situation humanitaire dans l’est de l’Ukraine était grave.

«Les destructions dans des localités comme Lyssytchansk sont presque totales et la zone est en grande partie dépeuplée», a expliqué l’archevêque Wejryd. On lui a rapporté que beaucoup de gens seraient mortes de faim dans leur cave, sans aucune possibilité d’aller chercher de quoi manger à cause de l’intensité et de la durée des combats.

«Les personnes qui sont restées sur place dépendent largement de l’aide extérieure, dont une part importante est fournie grâce à des Églises et des organisations qui leur sont liées. Mais il ne suffit pas de répondre à leurs besoins», a-t-il déclaré.

La délégation s’était rendue en Ukraine pour entendre les points de vue des Églises et des autres partenaires sur place. La délégation a pu entendre des responsables d’Église, mais aussi des responsables politiques et des représentants du gouvernement, des habitants et des membres de la communauté religieuse.

Elle a réfléchi aux éventuelles contributions que le COE et la communauté œcuménique pourraient apporter aux efforts entrepris par les Églises et communautés religieuses pour créer les conditions propices à l’arrêt du conflit, menant ainsi à la réconciliation dans une paix juste.

La plupart des Ukrainiens sont membres d’une communauté religieuse, en général d’une Église. La foi joue un rôle important dans leur vie, ont expliqué les membres de la délégation.

L’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou) est la plus grande Église du pays, avec des paroisses sur l’ensemble du territoire, des deux côtés de la ligne de front, et une longue histoire faisant toute leur place aux identités ukrainienne et russe. Son potentiel est donc énorme pour promouvoir la paix et la réconciliation nationale.

«Du fait qu’elle est l’Église majoritaire en Ukraine [...] et qu’elle a officiellement affirmé et réitéré son engagement en faveur de l’intégrité territoriale et de l’unité de l’Ukraine, l’Église orthodoxe d’Ukraine a une capacité particulière en la matière et a la responsabilité de montrer la voie», avait indiqué la délégation du COE dans un communiqué après sa visite dans le pays.

«Nous avons été agréablement surpris du bon esprit œcuménique qui règne au sein du Conseil pan-ukrainien des Églises et organisations religieuse», a déclaré l’archevêque Wejryd. Cette organisation est constituée de représentant de quasiment toutes les traditions religieuses présentes en Ukraine, y compris des communautés juive et musulmane.

«Nous avons découvert qu’au sein du Conseil pan-ukrainien, on affirme ses points de vue et on est ouvert au débat», a déclaré la pasteure Karin van den Broeke, présidente du Synode général de l’Église protestante des Pays-Bas et membre de l’équipe œcuménique qui s’est rendue en Ukraine.

«Nous avons estimé que cela contribuait grandement au processus de paix. Les membres du Conseil pan-ukrainien des Églises et organisations religieuses ont fait part de leur souhait d’être en contact direct avec le mouvement œcuménique international.»

Outre les destructions causées par la guerre dans l’est de l’Ukraine, le conflit a eu des répercussions économiques tant sur la Russie que sur l’Ukraine, répercussions qui à leur tour ont eu des effets néfastes sur les gens ordinaires dans les deux pays.

La Banque mondiale a indiqué que l’économie de l’Ukraine s’était contractée de 8% au cours de l’année 2014 à cause de la crise.

Sanctions économiques

Dans le même temps, les sanctions économiques imposées à la Russie par les pays occidentaux ont contribué à la dépréciation du rouble russe.

Les médias font état d’une crise financière en Russie résultant du conflit en Ukraine, tandis que, sur la scène internationale, les relations Est-Ouest se sont dégradées.

La pasteure Van den Broeke a déclaré que le COE avait exposé avec prudence les possibilités qui s’offrent aux communautés religieuses d’Ukraine dans un processus de réconciliation.

«Certaines personnes s’attendaient à ce que le COE vienne avec des déclarations fermes sur la situation politique en Ukraine», a indiqué la pasteure van den Broeke, soulignant que la prudence était de mise de la part d’une communauté fraternelle d’Églises.

Elle a expliqué que l’organisation œcuménique devait maintenir le contact avec les différentes parties et «encourager toutes les personnes de convictions qui partagent l’espoir d’une Ukraine en paix.»

Les membres de la délégation ont souligné que le Conseil pan-ukrainien des Églises et organisations religieuses parle d’une même voix en faveur de la paix et la réconciliation dans le contexte du conflit actuel.

«C’est n’est que la toute première étape d’un processus qui pourrait être couronné de succès», a affirmé l’archevêque Wejryd dans son interview.

L’est en proie à la guerre

L’archevêque Wejryd s’est rendu dans la partie orientale du pays, où la guerre fait rage, pour voir de ses propres yeux le travail mené par une organisation ecclésiale affiliée à l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou).

«J’ai été impressionné par l’esprit d’entreprise et le pragmatisme de l’organisation, qui a fait parvenir près d’une centaine de camions remplis de produits de première nécessité provenant essentiellement de dons d’habitants de l’ouest de l’Ukraine», a indiqué l’archevêque. «Les populations locales de l’est en sont extrêmement reconnaissantes.»

À l’approche de négociations à Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier avait appelé en avril la Russie et l’Ukraine à mettre en œuvre la phase suivante des fragiles accords de paix de Minsk visant à faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine.

Selon des agences de presse, les ministres allemand, français, russe et ukrainien des Affaires étrangères ont, à l’issue des négociations, exprimé leur «vive inquiétude» au sujet des violations du cessez-le-feu dans les régions de l’est de l’Ukraine tenues par les séparatistes, mais ils se sont engagés à poursuivre le dialogue.

Dans la partie occidentale de l’Ukraine, le patriarche Philarète, chef de l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev) – qui a fait scission de l’Église orthodoxe d’Ukraine dépendant du Patriarcat de Moscou en 1992 –, soutient le président ukrainien Petro Porochenko et tient des propos virulents à l’encontre du président russe Vladimir Poutine.

La relation entre les Églises orthodoxe d’Ukraine relevant du Patriarcat de Moscou et du Patriarcat de Kiev a toujours été difficile. Néanmoins, les représentants des deux Églises coopèrent dans le cadre du Conseil pan-ukrainien des Églises et organisations religieuses.

Le Patriarcat de Kiev compte un nombre important de fidèles dans l’ouest du pays, mais il n’a jamais été reconnu par aucune autre Église orthodoxe depuis son schisme d’avec le Patriarcat de Moscou.

Pour la pasteure van den Broeke, «la position de l’Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou) est peut-être la plus difficile dans le pays.»

«Au sein même de cette Église s’expriment différentes opinions sur la situation en Ukraine. Par ailleurs – et c’est le point positif que le COE souhaite mettre en avant – elle dispose d’un potentiel énorme pour aller vers la justice et la paix», a déclaré la pasteure néerlandaise.

L’archevêque Wejryd a exprimé l’espoir que le patriarche Kirill de l’Église orthodoxe russe poursuive et intensifie ses efforts en faveur de la paix et de la stabilité dans la région.

L’archevêque a ajouté: «Je pense que c’est à l’Église orthodoxe d’Ukraine relevant du Patriarcat de Moscou qu’il revient d’exploiter les possibilités.»

Dans la déclaration publiée au terme de la visite de la délégation en Ukraine, il était dit: «Le COE s’efforcera de trouver les moyens et les méthodes qui lui permettront d’accompagner les Églises et la population d’Ukraine dans un pèlerinage de justice et de paix.

«La délégation appelle les Églises membres du COE, dans le monde entier, à prier et agir pour une paix assortie de justice en Ukraine.»

Le COE publie une déclaration sur sa visite en Ukraine (Communiqué de presse du COE du 20 mars 2013)

Berlin, Kiev, Moscou et Paris appellent à la fin des combats en Ukraine

*Peter Kenny est journaliste et consultant en communication. Il écrit pour Ecumenical News, le Wall Street JournalThe Star de Johannesburg et d’autres médias.

19 mai 2015

COE

Déclaration de responsables d’Églises d’Angleterre sur les ‘martyrs chrétiens contemporains'


Déclaration des présidents de « Churches Together in England »

Les présidents des « Eglises Ensemble en Angleterre » (Churches Together in England) ont exprimé leur profonde tristesse à cause de l'augmentation alarmante de la violence et du nombre des assassinats à l’encontre des chrétiens dans de nombreuses parties du monde. Les présidents ont reçu des rapports, des rapports dans certains cas de témoins oculaires, de martyres en Irak, Iran, Egypte, Inde, Pakistan et Indonésie, entre autres. Ils demandent à toutes les personnes de bonne volonté de défendre le caractère sacré de la vie et l'épanouissement de tout être humain. Soulignant le droit fondamental donné par Dieu et la liberté de pratiquer sa foi et de suivre ses convictions religieuses, les présidents appellent à la coexistence pacifique des diverses communautés partout.

Utilisée avec la permission de: www.cafod.org.uk


Les présidents se souviennent de l’archevêque Oscar Romero du Salvador assassiné alors qu'il célébrait la messe le 24 mars 1980 en raison de son engagement centré sur le Christ contre les auteurs d'injustices et d'oppressions. Ils se joignent dans la prière aux habitants d'El Salvador le samedi 23 mai 2015 , jour où l’archevêque Romero sera déclaré «bienheureux», l'avant-dernière étape avant la sainteté dans l'Église catholique romaine.

Mgr Romero se trouve dans la lignée historique de ceux qui ont été martyrisés pour leur foi. Les présidents encouragent tous à travailler et à prier pour que sa mort survenue trente cinq ans en arrière et que les décès d'autres martyrs chrétiens ne soient pas survenus en vain; et que le jour vienne où la paix de Dieu règnera dans nos cœurs et nos vies.

Une prière:

Dieu Tout-Puissant,

Tu as appelé ton serviteur Oscar Romero

À être la voix des pauvres sans-voix,

Et à donner sa vie

Comme une semence de liberté et un signe d'espoir:

Accorde-nous sous l’inspiration de son sacrifice

Et de l'exemple des martyrs d'El Salvador,

De pouvoir sans crainte ni complaisance

Témoigner de ta Parole qui demeure,

De ta Parole qui est la Vie,

De Jésus-Christ même, notre Seigneur,

À qui, avec toi et le Saint-Esprit,

Soient la louange et la gloire, maintenant et pour toujours.

Amen.

Liens: 'Oscar Romero’, la « prière de Romero »et bien d’autres ressources.

Notes

Voici les six Présidents de ‘Églises Ensemble en Angleterre’ (Churches Together in England:)

Archevêque Justin Welby, Archevêque de Canterbury, Église d’Angleterre

Cardinal Vincent Nichols, Cardinal Archevêque de Westminster, Église catholique

Revd Dr Hugh Osgood, Églises libres 

Billy Kennedy, Nouvelles Églises, Religious Society of Friends, Églises luthériennes et germanophones

HE Archbishop Gregorios de Thyatire de Grande Bretagne, Églises orthodoxes

Évêque Eric Brown, Églises pentecôtistes.

Les présidents se réunissent régulièrement pour discuter de questions concernant les Eglises en Angleterre.

‘Églises Ensemble en Angleterre’ ((Churches Together in England) est l'instrument œcuménique nationale pour l'Angleterre.

20/5/15

Traduction eemni

cte.org.uk/

L’UEEL par rapport à la décision de l’EPUdF d’autoriser la bénédiction de couples de même sexe

UEEL

Réaction de l’Union des Églises évangéliques libres (UEEL) à la décision du synode de l’EPUdF concernant la bénédiction de couples mariés de même sexe

Au cours de son récent synode national, l’Eglise protestante unie de France a voté un texte qui « ouvre la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. »

L'UEEL regrette cette décision qui nous semble procéder d'une dilution de la compréhension de la bénédiction et sa dissociation du « bien » défini par Dieu. Si bénir c’est poser un signe de l’amour de Dieu, peut-on pour autant le dissocier du « bien » du projet de Dieu pour les hommes et les femmes ? Nous nous rangeons volontiers aux conclusions proposées par la commission d’éthique protestante évangélique dans son document « Aimer mon prochain homosexuel », refusant à la fois le rejet des personnes homosexuelles et la bénédiction de leur union.C'est pourquoi nous voulons aussi dénoncer fortement toute homophobie. « Aime ton prochain comme toi-même » s’applique à tous et envers tous ! 

Nous craignons enfin que cette décision, qui risque d'être mal comprise au sein du protestantisme français et en dehors, porte un mauvais coup au lien fédératif qui unit les Églises membres de la Fédération protestante de France. Or nous sommes attachés à ce lien fédératif, qui implique la liberté d'interpellation réciproque dans le respect de la diversité des convictions.

Toulouse, le 20 mai 2015

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Des regrets…

Le pasteur Vincent Miéville, président de la commission synodale de l’Union des Églises évangéliques libres, s’est exprimé personnellement sur la décision synodale de l’EPUdF d’autoriser la bénédiction de couples de même sexe. C’était sur le blog de son Église PLV Magazine.

Dimanche dernier, le synode national de l’Eglise protestante unie de France a voté un texte qui « ouvre la possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. »


A l’annonce de cette déclaration, j’ai publié un tweet : « Regret que l’@EPUdF décide d’autoriser la bénédiction de mariages homosexuels. Dénoncer l’homophobie n’est pas se conformer à la société… » Certes, en 140 caractères, il ne permet pas de rendre compte de la complexité du sujet. Ce billet permettra peut-être de préciser ma pensée.

Il me semble que la façon dont les médias se sont emparés immédiatement de cette déclaration, en la relayant souvent mal, traduit la difficulté de comprendre la subtilité proposée par le texte de l’EPUdF. Le site Internet d’un grand hebdomadaire (Le Point) titrait même : « L’Église protestante de France dit oui au mariage gay » ! Si l’EPUdF représente une part importante du protestantisme français, elle n’est pas l’ensemble du protestantisme. Calquer la réflexion théologique sur le calendrier politique et médiatique me semble exposer aux risques d’amalgames. C’est déjà là un regret.

L’autre regret est lié à ce qui me semble être une dilution de la compréhension de la bénédiction et sa dissociation du « bien » défini par Dieu. Il faut certes refuser d’associer une pensée magique à tout geste ou parole de bénédiction. Mais si bénir c’est poser un signe de l’amour de Dieu, peut-on pour autant le dissocier du « bien » du projet de Dieu pour les hommes et les femmes ?

Mon tweet assumait toutefois aussi la dénonciation de l’homophobie. Même si aujourd’hui cette accusation est parfois trop systématique, elle ne me paraît pas toujours dénuée de pertinence à l’égard des Églises et des chrétiens. En témoignent certaines paroles lues ou entendues au temps du débat sur le « mariage pour tous ». Il faut le rappeler avec force : un chrétien ne peut pas être homophobe ! « Aime ton prochain comme toi-même » s’applique à tous et envers tous ! Et jeter au visage de son interlocuteur quelques versets bibliques sortis de leurs contextes n’est pas un gage de fidélité ou de discernement théologique mais peut être perçu, à juste titre, comme une agression.

Je me range donc volontiers aux conclusions proposées par la Commission d’éthique protestante évangélique dans son document « Aimer mon prochain homosexuel » : « La question de l’homosexualité divise aujourd’hui : il nous semble que deux attitudes extrêmes sont à exclure, celles des Églises qui rejettent sans autres considérations les personnes homosexuelles et celles qui bénissent leur union. Pourtant, entre ces deux extrêmes, il existe dans l’Église un espace pour l’accueil et l’accompagnement des personnes homosexuelles »

J’ajouterai encore un mot. Il faut reconnaître à nos frères et soeurs de l’EPUdF le souci du dialogue, la culture du débat et une volonté d’accueil de la diversité. Nos Églises évangéliques devraient sans doute y être plus attentives car le danger de la pensée unique pourrait bien s’y rencontrer parfois (souvent ?). Dans cette optique, je réaffirmerai avec conviction la nécessité du lien fédératif au sein de la Fédération protestante de France, dans le respect de la diversité des convictions… ce qui implique aussi la liberté d’interpellation réciproque. C’est la raison pour laquelle je me permets de le redire : je regrette la décision prise par le synode nationale de l’EPUdF.

 18 mai 2015

PLVMagazine

COE: service funèbre en hommage au méthodiste Philip Potter


L’évêque Wartenberg-Potter rend hommage à son mari décédé. © COE/Albin Hillert

Les formes traditionnelles de prière chrétienne et la musique de Bob Marley se sont parfaitement accordées lors du service funèbre organisé en mémoire du troisième secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), le pasteur Philip Potter, décédé en mars à l’âge de 93 ans. Le service commun, qui a rassemblé de nombreux anciens collègues et admirateurs, s’est déroulé à la chapelle du Centre œcuménique, à Genève, le lundi 18 mai.

Philip Potter a été secrétaire général du COE de 1972 à 1984, mais il avait aussi apporté ses services au Conseil de diverses manières auparavant, notamment tant que jeune représentant à la Première Assemblée, à Amsterdam en 1948. Né à Roseau (Dominique) en 1921, il fit ses premiers pas à l’échelle internationale dans le Mouvement estudiantin chrétien des Églises des Caraïbes. Pendant la Neuvième Assemblée, à Porto Alegre (Brésil), en 2006, il a été présenté comme le seul participant ayant été présent à l’ensemble des neuf premières Assemblées du COE.

Les thèmes du service funèbre étaient inspirés de l’interaction entre la paix et la justice évoquée dans le Psaume 85 et de l’instruction faite en 1 Pierre 2,5: «comme des pierres vivantes, entrez dans la construction de la Maison habitée par l’Esprit...»

L’actuel secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit, était l’un des principaux intervenants au service funèbre. Dans un hommage au pasteur Potter publié à son décès, le pasteur Tveit a rappelé: «Parmi les travaux les plus mémorables du COE pendant le mandat de Philip Potter figurent le document de consensus Baptême, Eucharistie, Ministère (BEM), la poursuite d’une campagne courageuse contre l’apartheid en Afrique australe et contre les autres formes de racisme dans le monde, un vigoureux débat sur la nature de la mission chrétienne post-coloniale, un témoignage coordonné pour la paix sur fond de tensions Est-Ouest et de menace d’annihilation nucléaire, ainsi que l’exploration de nouvelles formes de spiritualité, de prière commune et de musique s’inspirant des diverses traditions des Églises.»

Baldwin Sjollema, premier directeur du Programme de lutte contre le racisme du COE, le père Georges Tsetsis, du Patriarcat œcuménique de Constantinople, Evelyn Appiah, ancienne collègue, et le pasteur Konrad Raiser, 5e secrétaire général du COE, étaient également présents au service pour offrir des témoignages. Un témoignage a en outre été lu au nom du 6e secrétaire général du COE, Samuel Kobia, lui aussi pasteur méthodiste. Enfin, la veuve de Philip Potter, l’évêque émérite Bärbel Wartenberg-Potter, de l’Église évangélique d’Allemagne (EKD), a livré un dernier témoignage.

Plusieurs des intervenants ont loué «le style de direction charismatique et collégial» de Philip Potter: selon les mots de Baldwin Sjollema, «son autorité découlait de la collégialité.» Le père Tsetsis a évoqué le souvenir de dîners décontractés où Philip Potter divertissait des personnes ayant des opinions radicalement opposées et où il favorisait l’entente œcuménique par l’amitié, «réussissant à nous toucher personnellement.» Evelyn Appiah a souligné que le pasteur Potter «inspirait et encourageait particulièrement les jeunes à s’engager dans le mouvement.» Quand son frère est décédé dans un accident, Philip Potter a assumé son rôle de pasteur, lui conseillant de «garder la foi et de continuer à chanter», même dans les moments tragiques.

Konrad Raiser a déclaré que «la vision de Philip Potter a formé toute une génération de compagnons sur la route œcuménique», ajoutant que sa rencontre avec lui, alors qu’il n’était encore qu’un jeune homme, avait été «une rencontre décisive» qui avait déterminé le cours de sa vie en tant que chrétien. Le pasteur Potter faisait bénéficier ses collègues d’une analyse réfléchie des questions internationales et d’une vaste connaissance de la Bible, puis il posait la question suivante à son entourage: «Quels sont le témoignage et la vocation du Conseil œcuménique dans ces circonstances?» Dans sa lettre, le pasteur Kobia a rappelé que «Philip Potter était un orateur éloquent et énergique qui se défilait rarement devant la nature controversée du souci biblique pour le monde et son peuple qui souffre.»

L’évêque Wartenberg-Potter a indiqué quant à elle: «La mort de mon mari a fait de moi une veuve, mais elle a aussi fait de nombreux orphelins. J’ai le sentiment que beaucoup d’entre nous connaissons un même deuil existentiel.» Dans ses dernières années, a-t-elle dit, Philip Potter se voyait comme «un migrant dans la vigne de Dieu», s’émerveillant du sens de l’humour de Dieu, qui l’avait conduit en Allemagne en tant qu’époux d’une évêque. Il avait fini par voir le monde «en portant davantage un regard aimant et moins un regard critique», a-t-elle affirmé. Il se levait souvent le matin en disant: «Donne-moi mes lunettes pour que nous puissions voir ce que nous avons à faire dans le monde aujourd’hui.»

Au programme musical de la célébration figuraient, outre les chants traditionnels et plus modernes du 20e siècle, des chansons de la première épouse de Philip Potter, Doreen Potter (1925-1980), ainsi que des arrangements instrumentaux du chanteur reggae Bob Marley (1945-1981) en prélude (Redemption Song) et en postlude (No Woman No Cry).

Réflexion biblique au service funèbre en l’honneur de l’ancien secrétaire général du COE Philip Potter (en anglais)

Hommage en mémoire du pasteur Philip Potter, chapelle du Centre œcuménique, le 18 mai 2015 (en anglais)

Hommage à Philip Potter par Baldwin Sjollema (en anglais)

Hommage à Philip Potter par Evelyn Appiah (en anglais)

Hommage à Philip Potter par Le pasteur Georges Tsetsis (en anglais)

Le COE rend hommage à la vie et au témoignage du pasteur Philip Potter

Le secrétaire général du COE rend un hommage chaleureux à Philip Potter à Lübeck (en anglais)

18 mai 2015

COE

Réseau FEF: homosexualité et protestantisme

Sur son blog, Reynald Kozycki, président du réseau FEF, a publié une réponse à la décision prise par l’EPUdF dimanche le 17 mai d’autoriser la bénédiction de couples de même sexe. Cette déclaration est faite en concertation avec le comité du Réseau FEF : homosexualité et protestantisme.

Ce fut un scoop pour beaucoup, le 17 mai 2015, lorsque l’une des principales dénominations du protestantisme français (EPUdF) a donné le feu vert à une « bénédiction » des mariages homosexuels. 

Confusion

Depuis, une certaine confusion règne dans les médias. D’abord, par le titre même de cette dénomination. « Église Protestante Unie de France » pourrait donner l’impression qu’elle regroupe l’ensemble du protestantisme. En regardant de plus près, il s’agit de la fusion en 2013 des « ex » Églises Réformées et Luthériennes. Cette union revendique environ 110.000 membres actifs. Pour donner un ordre d’idée, le CNEF regroupant une grande partie du courant évangélique du protestantisme français, revendique 400.000 membres actifs. 

Deuxième confusion, les médias ont souvent simplifié la déclaration détaillée pour ne retenir que la « bénédiction des couples homosexuels ». Le point 4.2.1 de cette déclaration nuance quelque peu les propos en soulignant que cette « bénédiction » ne fera pas l’unanimité dans les Églises. « C’est le témoignage des Écritures qui font de l’amour fidèle d’un couple hommefemme une parabole de la fidélité de Dieu pour son peuple. Mais, nous n’en tirons pas tous les mêmes conséquences : pour certains, seuls de tels couples peuvent être bénis liturgiquement, tandis que pour d’autres, la bénédiction de Dieu ne saurait être liée à l’orientation sexuelle ». 

Décision préparée de longue date

Il n’y a rien de bien nouveau dans ces affirmations.  Par exemple, en 2004, bien avant le mariage pour tous, la Communion Protestante Luthéro-Réformée (CPLR) avait exprimé sa grande ouverture dans l’accueil des homosexuels dans une déclaration, tout en affirmant qu’il n’était pas, à ce moment-là, opportun d'envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel. 

Avons-nous la même Bible ?

Plusieurs personnes se demandent pourquoi le protestantisme peut aboutir à des conclusions si différentes, entre par exemple l’EPUdF et le CNEF, alors qu’il n’y a une seule Bible. La réponse est assez simple, la Bible n’est pas lue de la même façon, selon les « présupposés » des différentes Églises protestantes. 

Une phrase est révélatrice dans la déclaration de mai 2015 : « Sans figer les Écritures dans la lettre d’une loi immuable, elle (l’EPUdF) entend être fidèle à l’Évangile de JésusChrist et à son  exigence, fondement de sa foi et de son espérance » (1.4). Par crainte de « figer les Écritures », une partie du protestantisme se distancie dangereusement du contenu de la Bible. D’ailleurs, que pouvons-nous connaître de « l’Evangile de Jésus-Christ et de son exigence », si nous ne prenons pas au sérieux ces textes bibliques. 

En creusant davantage, on découvre un raisonnement proche de celui des Sadducéens, à l’époque de Jésus, qui ne croyaient ni aux anges, ni à la résurrection (Mc 12.18-27). Leur « raison » et leur « sagesse » étaient placées subtilement au-dessus de la révélation biblique. Pas étonnant que Jésus leur réponde : « N’êtes-vous pas dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu ? ».

Un certain nombre de protestants de renom ont pris du recul face aux affirmations bibliques et leur application dans les débats (bio)éthiques. Denis Müller dans l’Encyclopédie du Protestantisme(article bioéthique) affirme : « Il est toujours sage de commencer avec des principes scripturaires les plus larges possibles, qui sont énoncés tout au long de la Bible. Il n’est pourtant que trop manifeste que le développement de la bioéthique théologique a coïncidé avec des remises en question des écrits bibliques, de leur autorité et de leur interprétation. L’idée d’une unité de la Bible a été sérieusement contestée… ». 

Les approches « pseudo-scientifiques » comme la lecture « historico-critique » ont cherché à contester la dimension divine de l’inspiration biblique, et donc l’unité de ce texte. De ces raisonnements, il est facile de réinterpréter dans la Bible pour la conformer à l’air du temps.

Pour une autre partie du protestantisme, en évitant de glisser dans un littéralisme naïf, la Bible fait autorité. Jésus dit lui-même : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Marc 13.31). Le Christ affirme la cohérence absolue des Écritures (pour l’Ancien Testament) et sa pleine inspiration (Mat 5.18), même s’il en donne une compréhension renouvelée à la lumière de ses paroles et de son œuvre.

Pour faire simple, le protestantisme appelé « évangélique » maintient haut et fort son attachement à la Bible en tant que révélation divine donnée à l'humanité. Ce statut de l'Écriture a été abandonné par une partie significative du protestantisme.  

Faire le bon choix

Comme autrefois, Jésus ne force personne à le suivre, mais comme il l’affirme dans ses paroles d’envoi à ses apôtres : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples… enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mat 28.19-20). On peut difficilement se réclamer du Christ, sans chercher à observer tout ce qu’il nous a prescrit. Si l’enseignement de Jésus nous encourage à l’accueil à la compassion de notre prochain, il n’abolit en rien les repères moraux de la Loi mosaïque, notamment sur le sens du mariage exclusivement entre un homme et une femme (Mat 5.17 ; 19.5). Son enseignement se prolonge dans le reste du Nouveau Testament notamment en Rm 1.26-28, 1 Co 6.9, 1 Ti 1.9, où l’homosexualité, avec d’autres dérives, est condamnée sans ambiguïté. 

En attendant que soit publiés les actes de l’Assemblée Générale de 2014 abordant plus en détail la question de l’homosexualité, nous renvoyons au pertinent communiqué du CNEF suite à la déclaration de l’EPUdF.

Reynald Kozycki 

Président du Réseau FEF

Texte relu et approuvé par l’ensemble du comité national du Réseau FEF qui est une des composantes du CNEF

17 mai 2015

Réseau FEF - Blog de Reynald Kozycki

Réaction de la FEEBF à la décision du Synode de l’EPUdF de bénir des couples de même sexe

FEEBF


Lors de son récent Synode national, l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) a pris, dans le cadre de son vote d’orientation sur la bénédiction des personnes et des couples, une décision autorisant ses pasteurs à bénir des couples de même sexe. Voici la réaction de la Fédération baptiste de France à cette décision.


Ne partageant pas la même interprétation des textes bibliques pour aboutir à une telle conclusion, la Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France (FEEBF) ne peut s’en féliciter. Elle exprime aussi sa tristesse aux soeurs et frères de cette Eglise qui ne se reconnaissent pas dans cette décision.

Marquant sa désapprobation avec ce choix de bénir dans un cadre liturgique des couples de même sexe, la FEEBF rappelle qu’il ne s’agit pas, pour ses églises et ses pasteurs, de stigmatiser les homosexuels­‍ ; notre volonté d’accueil, d’écoute et d’accompagnement est clairement exposée dans le Hors-Série n°15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale, Homosexuel, mon prochain.


Soucieuse de l’unité du Protestantisme que la Charte de la FPF encourage, la FEEBF craint qu’une telle décision, adoptée sans considération pour la position des autres Eglises de la FPF, ne vienne assombrir une communion toujours à préserver, mais ici fortement fragilisée tant au niveau national que local.


Constituée de 125 communautés accueillant jusqu’à 20’000 fidèles dont 7’000 membres baptisés, la Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France est membre de la Fédération Protestante de France (FPF) depuis 1916 et membre fondateur du Conseil National des Evangéliques de France (CNEF).

Paris, le 19 mai 2015

FEEB

CPDH « bénédiction pour tous » : la désunion de l’Église protestante unie

Franck Meyer, président du CPDH (Comité protestant évangélique pour la dignité humaine) sest exprimé ce matin sur la décision de lÉglise protestante unie de France (EPUdF) dautoriser dans ses paroisses la bénédiction de couples de même sexe. 

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Dimanche 17 mai, le synode national de l’Eglise Protestante Unie a « ouvert la possibilité (…) de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu »[1]. Cette décision a été actée alors même que le texte définitif confesse la désunion de cette union d’églises : « Le Synode prend acte des positions diverses qui se sont fait entendre à ce propos » !

Pas de recherche de « commun accord », mais une décision contestable et contestée prise sans dialogue avec les autres églises de la Fédération Protestante de France. Les rédacteurs du texte publié dimanche, probablement conscients des risques de tentions encourus, en appelle donc à la « communion fraternelle » qu’ils définissent comme une « manière de vivre ensemble en Eglise, en valorisant nos différences par l’intérêt que nous leur portons ». Face à cette définition, nous nous contenterons de rappeler celle de l’apôtre Jean : « Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres » (1 Jean 1 v. 7). Or de lumière, la déclaration du Synode en manque assurément car la position prise cherche sa justification avec une volonté et une méthode dont les fondements se définissent par la versatilité des aspirations humaines et le flottement des vents doctrinaux[2] : « L’Eglise Protestante Unie de France (…) se veut attentive aux aspirations de ses contemporains, tout en restant vigilante et critique. Sans figer les Ecritures dans la lettre d’une loi immuable, elle entend être fidèle à l’Evangile de Jésus-Christ». Comment rester fidèle quand le caractère immuable des Ecritures, et la « Sola Scriptura » si chère au protestantisme, se trouvent ainsi battus en brèche ? La « diversité des interprétations » de la Bible pourtant déclarée comme source d’enrichissement de la foi, trouve très vite ses limites auprès de ceux qui semblaient la défendre. En effet, la fin de la déclaration du Synode dit expressément qu’afin « de vivre pleinement la communion fraternelle, il est utile de nous donner les moyens de coordonner nos pratiques, à propos des bénédictions de couples de même sexe ». Les divergences d’opinion empêcheraient donc finalement de vivre « pleinement la communion fraternelle » ?

Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine (CPDH) déplore que cette communion fraternelle pourtant annoncée comme « devant être vécue dans le dialogue avec les autres églises, notamment au sein de la Fédération Protestante de France », n’ait pas été respectée. Aucune réflexion, dans la déclaration du Synode, ne transparait sur les fondements bibliques du mariage, sur sa signification et sa portée humaine et sociale. Pas de réflexion non plus sur les conséquences de la « bénédiction pour tous » ainsi proposée.

Oui l’Eglise reflète l’amour du Christ en priant avec bienveillance et dans la vérité avec tout homme et toute femme quelle que soit son orientation sexuelle. Oui l’Eglise refuse, au nom de l’Evangile, toute discrimination. Oui l’Eglise doit bénir, mais cette bénédiction ne saurait se muer en une confusion, qui empêche de discerner la bonté et la perfection de la volonté de Dieu pour chaque être humain.[3]


[1] Déclaration téléchargeable : https://www.eglise-protestante-unie.fr/prod/file/epudf/upload/nation/Benir, decision du Synode national de l'EPUdF le 17 mai 2015.pdf

[2] Ephésiens 4 v. 14

[3] « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, agréable et parfait » Romains 12 v. 2

Franck Meyer
Président du CPDH

CPDH

Le CNEF déplore la décision de l’EPUdF d’autoriser la bénédiction des couples de même sexe

Bénédiction des couples de même sexe, une décision consternante pour les protestants évangéliques


En ouvrant la possibilité de pratiquer une bénédiction liturgique des couples de même sexe, le synode de l’Église Protestante Unie (EPUdF) a pris, le 17 mai 2015 à Sète, une décision consternante. Le Conseil national des évangéliques de France redoutait un tel choix, mais a été surpris par le vote massif des délégués synodaux en sa faveur.

Précédée par toute une réflexion sur le sens de la bénédiction, cette décision repose néanmoins sur des choix contestables. Le premier d’entre eux, c’est de confondre le souci louable d’accueillir en Église les personnes homosexuelles avec la bénédiction d’une pratique condamnée sans équivoque par la Bible. C’est ensuite de faire de la bénédiction un simple accompagnement de la volonté des personnes demandeuses au lieu d’en faire une occasion pastorale de découverte, avec elles, de la volonté de Dieu. C’est enfin de promouvoir une grâce à bon marché bien éloignée de l’Évangile de Jésus-Christ et de ses exigences en matière d'éthique de vie.

Pour toutes ces raisons, alors qu’il est interrogé par de nombreux médias, le Conseil national des évangéliques de France juge nécessaire de rappeler que tous les protestants n’approuvent pas cette décision, en particulier les protestants évangéliques qui représentent plus de 70% des pratiquants réguliers du protestantisme en France.

« tous les protestants n’approuvent pas cette décision »

Pour autant, ces derniers ont le souci d’accueillir dans leurs Églises toutes les personnes, quel que soit leur arrière-plan social, culturel, religieux voire leur orientation sexuelle.

Mais ils ont soin de préciser qu’accueillir ne veut pas forcément dire cautionner. En outre ils ne veulent pas simplement suivre les tendances de la société, mais exprimer, à l’exemple des premiers Réformateurs, une voix libre. Leur préoccupation est avant tout d’appeler tout homme et toute femme à se convertir à Jésus-Christ, puis de les accompagner, avec sensibilité et respect, en les aidant à vivre selon l’Évangile.

Nul doute que la décision de l’Église Protestante Unie marquera de façon négative les relations qu’elle entretient avec les protestants évangéliques et compliquera aussi les relations avec les autres Églises.

18 mai 2015

CNEF

Suisse: prise de position des commissions de dialogue judéochrétien


Prise de position de la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse (CDJC) et de la Commission de dialogue entre juifs et protestants (CDJP)


Appel inquiet et solidaire en faveur d’une plus grande sécurité pour les communautés juives de Suisse

Nous ne fermons pas les yeux devant les dangers de l’antisémitisme 
: les actes de violence et les menaces contre les Juifs ont considérablement augmenté ces derniers temps en Europe. Même en Suisse, les incidents antisémites se sont multipliés en 2014, comme le montrent les rapports actuels sur l’antisémitisme. Les actes terroristes perpétrés en France, au Danemark et en Belgique ont porté atteinte à la vie et aux droits humains et à une société de liberté, de sécurité et de tolérance.

Nous attendons du Conseil fédéral qu’il prenne directement ses responsabilités et protège les communautés juives de Suisse : au vu des dangers que celles-ci encourent, nous attendons du Conseil fédéral qu’il améliore les mesures concrètes visant à garantir leur sécurité en allouant plus de moyens à leur protection et à celle des lieux qu’elles fréquentent (tels que les synagogues et les écoles) et en coordonnant mieux les actions menées dans ce domaine.

Nous manifestons notre inquiétude par solidarité : la communauté juive fait partie intégrante de la société et de l’histoire de la Suisse. Sa précieuse contribution à la vie politique, économique, culturelle et scientifique de notre pays est une incitation à lui témoigner de la reconnaissance et à faire preuve de solidarité. Les citoyens et citoyennes de confession juive doivent pouvoir se sentir en sécurité en Suisse et savoir que l'Etat assure leur protection.

Nous comprenons le besoin qu’éprouvent les communautés juives de Suisse de se sentir en sécurité : la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse (CDJCR) et la Commission de dialogue entre juifs et protestants (CDJP) s’engagent à ce que juifs et chrétiens coopèrent sous le signe du respect mutuel et des liens à la fois interreligieux et culturels qui les unissent.

Berne, 18 mai 2015

FEPS

FPF: lancement d’un livre encourageant les rencontres entre chrétiens

Bien vivre la rencontre avec d'autres chrétiens - 12 jalons

 La Commission œcuménique de la Fédération protestante de France propose un parcours de réflexions et discussions  "Bien vivre la rencontre avec d’autres chrétiens - 12 jalons" dans le but de permettre au plus grand nombre de découvrir la richesse de la rencontre de l’autre et d’être "renouvelés par la transformation spirituelle de leur intelligence » (Ep 4.23).

Le Document 

La thématique de la « rencontre » se nourrit des textes bibliques où c’est Dieu lui-même qui vient à la rencontre des hommes. L’un des symboles emblématiques de cette réalité fut le nom donné dans le Pentateuque au lieu de réunion entre Dieu et son peuple, « la Tente de la rencontre ». 

Chaque jalon se présente sous la forme d’une béatitude (Heureux…) car une réelle bénédiction, une grâce particulière est attachée à la mise en oeuvre de ces propositions. Cette formulation en « slogan », à la manière de la littérature sapientielle avec ses Proverbes, est, de l’avis des auteurs,  en mesure de susciter davantage le débat et la réflexion.

Le 12 Jalons 

1. Heureux qui ose la rencontre avec l’autre

2. Heureux qui accueille la diversité comme donnée par l’Esprit

3. Heureux qui prie avec et pour les autres

4. Heureux qui distingue l’essentiel du secondaire

5. Heureux qui cultive l’équilibre entre amour et vérité

6. Heureux qui parle de l’autre en des termes où il puisse se reconnaître

7. Heureux qui agit comme témoin d’espéranceavec les autres chrétiens

8. Heureux qui sait faire la part des choses

9. Heureux qui ne résume pas l’identité de l’autre à sa confession

10. Heureux qui sait dépasser ses expériences particulières

11. Heureux qui résiste à la tentation du « deux contre un »

12. Heureux qui exerce la persévérance et la patience

Pour en savoir plus, reportez-vous à

http://12jalons.blogspot.fr/p/home.html


Entre la persévérance et la rencontre,

soyons heureux !


Lancement et présentation du livre 

Jeudi 21 mai 2015 de 9h30 à 16h30

Maison du protestantisme, 47 rue de Clichy 75009 PARIS

M° Trinité (12), Liège (13), bus 68 et 81

Accueil/café à partir de 9h30

Avec la participation de 

  • Valérie Duval Poujol, (présidente de la commission œcuménique de la FPF) méditation et mise en route biblique
  • David Brown,  (responsable du projet Mosaïc en région parisienne) musique
  • Anne-Marie Petitjean, du Centre Sèvres, membre du Groupe des Dombes et du Comité mixte catholique-évangélique.

Une conférence et conversation ouverte sur l’apport de l’autre chrétien à travers l’art, la musique, le dialogue théologique et la spiritualité.

Repas – buffet sur place

Veuillez vous inscrire auprès de charlotte.binet@federationprotestante.org 

Dans l’après-midi :

  • Atelier à la découverte des « 12 jalons » :   - un outil qui donne goût et envie d’aller à la rencontre d’autres chrétiens et d’autres théologies, au sein de nos Églises, et entre nos Églises.
  • Échange d’informations.

FPF

Connexio: l’actualité du mois sur le plan missionnaire et diaconal

Népal

Vue sur la localité dévastée de Gore au Népal. Près de 90% des habitations sont détruites dans les campagnes. (© Deirdre et Mark Zimmermann, Global ministries). 

Le tremblement de terre au Népal a suscité de gros émois dans le monde entier, et les organismes Global Ministries ainsi que l’UMCOR (United Methodist Committee on Relief) de l’EEM se sont mobilisés sur l’ensemble de la planète pour fournir une aide d’urgence ainsi que des moyens logistiques aux sinistrés. UMCOR a notamment déboursé 90'000 Dollars pour la livraison de filtres à eau afin de pouvoir alimenter rapidement la population en eau potable. 

United Mission to Nepal (UMN), une organisation partenaire de Global Ministries qui coopère depuis plus de 60 ans dans le cadre d’une mission sanitaire locale et de projets de formation au Nepal concentre son aide sur le district de Dhading qui est particulièrement touché par la catastrophe. La missionnaire Katherine Parker précise que « l’urgence absolue est la mise sous abri des sinistrés car le monsun est en approche et ce d’autant que l’on estime que près de 90% des habitations ont été détruites. Trois régions très éloignées du district qui ne sont plus accessibles par la route, doivent être approvisionnées à l’aide de moyens aériens, mais comme les hélicoptères disponibles sont prioritairement utilisés pour l’évacuation des personnes sinistrées, les possibilités pour acheminer les marchandises et les biens nécessiteux sont très limitées. UNM travaille étroitement avec les autorités du district et nous espérons que la situation puisse s’améliorer rapidement. » 

Les dons pour le Népal peuvent être adressés à Connexio avec la mention « Aide d’urgence Népal » qui transfère cet argent à UMCOR. 

Rencontres en Pologne 

Dans le cadre du développement des relations avec l’EEM en Pologne et de la préparation du voyage de rencontres prévu en automne, Andreas Stämpfli, Regula Stotz et Carla Holmes ont été amenés à se rendre en Pologne à la mi-avril. 

Rencontre pastorale en Pologne (Varsovie) avec l’évêque Patrick Streiff et des représentants de Connexio. 

Lors de la rencontre pastorale à Varsovie, Andreas Stämpfli s’est vu interpeller à plusieurs reprises par un « ce serait beau si vous veniez également nous visiter une fois ! » alors qu’il présentait le projet de la Route polonaise qui doit se réaliser en septembre 2015. Au grand regret des polonais, le groupe ne pourra cependant pas visiter toutes les paroisses de district. Une chose cependant est sûre, tous les participants seront très chaleureusement accueillis ! On ressent l’intérêt que portent les polonais pour des rencontres avec des frères et sœurs de Suisse et de France. Certains des pasteurs parlent allemand, d’autres anglais, ce qui facilitera de beaucoup la communication. 

La deuxième raison de la rencontre pastorale a été d’entrer en pourparlers avec les pasteurs pour évaluer comment on pourra construire des liens plus étroits entre l’église EEM polonaise et Connexio, car jusqu’alors, les contacts ont été plutôt rares. Au cours de la Conférence annuelle de 2013, il avait été décidé de rester au sein de l’EEM, suite à quoi une nouvelle direction d’Eglise a été mise en place. Au vu d’un passé plutôt difficile, il n’est pas toujours évident pour la nouvelle direction de respecter les nouvelles charges et devoirs. A cet égard, Connexio voudrait que vous preniez en compte l’EEM polonaise dans vos prières. Les polonais sont très ouverts pour des liens renforcés, et il appartient dorénavant à Connexio et à la direction de l’Eglise polonaise de faire progresser le processus de rapprochement. 

Les visiteurs venant de Suisse ont profité de l’occasion pour aller en reconnaissance vers certaines localités en vue du futur voyage de rencontres. Les partenaires polonais étaient particulièrement accueillants, prêts à aider et plein d’idées ! Cracovie – Breslau – les beaux lacs de la Mazurie avec les localités d’Ostroda, Krapow et Elk, ainsi que Varsovie feront partie des différentes étapes du voyage. 

Environs de la localité de Stare Juchy, en plein milieu des lacs de Mazurie. 

Nouvelles de l’Algérie et de la Tunisie 

En Algérie, le président Bouteflika a été reconduit pour un quatrième mandat. Si la situation économique s’est légèrement améliorée, il reste que seulement une petite partie de la population peut profiter de la richesse du pays. L’éducation est dans un état déso- lant, le chômage est très élevé et les jeunes n’ont pas beaucoup de perspectives. 

Le pasteur Roger Correvon a pris sa retraite l’année passée, et depuis quelques mois l’épouse du consul américain, madame Taylor Denyer-Walter fréquente la paroisse d’Alger. Mme Denyer-Walter est pasteure consacrée de l’EEM et a obtenu récemment l’autorisation du ministère des cultes pour exercer au poste de pasteur à Alger. La paroisse est renforcée et animée par des étudiants en provenance de pays au Sud du Sahara. En Kabylie, les paroisses Laarba et Ouacif connaissent une croissance, et à Oran, une nouvelle paroisse a vu le jour. 

Le foyer des étudiantes en Tunisie a pu être rénové avec succès ; cinq places ont pu être attribuées à de jeunes femmes originaires de pays au sud du Sahara. Ces femmes vivent dans un environnement difficile en Tunisie où elles sont souvent confrontées à une attitude raciste et même exploitées. Grâce au couple Nzambe du foyer, elles se retrouvent dans un environnement protégé qui les soutient et les encourage. Les étudiantes sont accueillies indépendamment de toute considération religieuse, et l’église est elle- même devenue un centre de rencontres pour chrétiens et autres groupes dans un cadre comportant une bibliothèque et des salles de réunion. 

Nous recommandons également pour vos prières nos frères et sœurs en Algérie et en Tunisie, sachant qu’ils vivent leur foi dans un environnement plutôt défavorable. 

Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez au travail de Connexio et pour votre soutien, autant par votre engagement personnel que par votre intercession, ou encore par vos dons financiers. 

Avec mes chaleureuses salutations, 

Carla Holmes, Chargée de communication 

Envoi des dons en France:
Par chèque libellé à l'ordre de l'UEEMF - Connexio adressé à: 

Madame Pascale MEYER,
7 rue de l’Avenir, F- 67800 Bischheim (avec mention expresse: «Connexio») 

Traduction: E. Fath 

 


18. - 29. septembre 2015Voyage de rencontres en Pologne 

Pour tout renseignement ou inscription, se rendre sur le site www.connexio.ch/fr/rencontres/voyages-de-rencontres.html ou auprès du secrétariat de Connexio. 

EEMNI

Mise en ligne du N°115 ENroute


pastorale - 1

Le bi-trimestriel francophone de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) est en ligne. Le numéro revient sur deux temps forts de cette Union, la pastorale nationale regroupant à Landersen, l’espace d’une semaine, l’ensemble des pasteurs en activité de l’UEEMF et aussitôt après à la fin mars son Assemblée générale. Parmi les thèmes principaux, il y a la parole de Dieu avec un éclairage particulier donné par l’intervention du pasteur Richard Gelin, invité de la pastorale et de l’AG et les relations entre les générations, une thématique qui sera reprise à la Conférence annuelle (Aarau CH) à venir (18-21 juin 2015).

Éditorial: retour à la Parole

J.-P. Waechter

Comment se portent nos communautés locales ? À considérer la manière dont elles célèbrent le culte et la part concédée à la Parole de Dieu, nous pouvons parfois déceler une part de pauvreté chez elles.

Sans s’être concertés, l’évêque Patrick Streiff (AG UEEMF 2015) et le pasteur Richard Gelin (Pastorale nationale UEEMF 2015) pointent du doigt quelques faiblesses de l’Église de notre temps : la Parole serait devenue dans bien des cas le parent pauvre des cultes et tout particulièrement des temps de louange souvent vécus comme de simples happenings pour s’échapper du sinistre quotidien. La louange y serait sélective : de Jésus, on ne retiendrait plus que les traits qui arrangent, davantage son Royaume que sa passion à l’image de la foule des Rameaux. Il est en effet si aisé de perdre de vue la croix du Christ. Son évidence est telle que nous pouvons en oublier la saveur, la primauté et même sa nature scandaleuse.

Si l’on n’y prend pas garde, «  la spiritualité chrétienne, tout en revendiquant certains textes bibliques, peut basculer dans un certain radicalisme dangereux et inquiétant**  » .

Et pourtant aujourd’hui comme jamais la croix du Christ s’inscrit au cœur de notre vie de disciple comme du culte de l’Église.

De tout temps, l’Église était tentée de se dérober à la voix de son Maître. A chaque fois, le retour à la Parole s’impose comme une nécessité.

« C'est à l'enseignement et à la parole du SEIGNEUR qu'il faut revenir. Celui qui ne dit pas cela ne verra pas la lumière du matin » (Es 8.20) pour qu’enfin « la parole du Christ habite parmi nous avec toute sa richesse » (Col 3.16).

«  Toi, pauvrette petite Église, n’est-il pas temps que tu entendes à ton époux Christ ?  »*, apostrophe célèbre de Jean Calvin à l’Église de son temps encore valable de nos jours.

* Tiré de « Le visage humain de Jean Calvin », Alain Perrot, p.22

** Thierry Rouquet, Recension de « Au coeur de la louange ». Publicroire

Sommaire

eemni


La lettre de la FPF


Edito par François Clavairoly

Cher(e)s ami(e)s,

Un immense merci à ceux qui se mobilisent.
Mai, le mois des conventions et des synodes, un mois béni. Le mois du Festival de Cannes. Un mois pour un tour du monde en quelques lignes : 
Moscou. Katmandou. Et plus que jamais la Syrie.  
Qui n'a pas vu Moscou sous la neige n'a pas vu Moscou : il a neigé !
La visite à Moscou du 14 au 20 avril a été un moment « fort ».
Une visite effectuée avec le pasteur Bernard Antérion, Président de la CEEFE, préparée au millimètre notamment par Nicolas Delacoste, membre de l'Eglise protestante francophone de Moscou et 1er conseiller de l'Ambassade de France, Monsieur Jean-Stanislas Oyono, Président du conseil et Mme le Pasteur Farah.
Un moment fort de communion entre l'Eglise protestante francophone de Moscou et l'Eglise luthérienne russe qui l'accueille à la Cathédrale Saint Pierre et Paul, grâce à la bienveillance de l'évêque russe Dietrich Brauer.
Un moment de rencontre œcuménique avec le Père orthodoxe Stéfan, Directeur des relations extérieures au Patriarcat de Moscou, et avec l'évêque de l'Eglise pentecôtiste, le pasteur Konstantin Bendas.
Un moment de dialogue à la Douma avec le député en charge des relations avec les religions, dans le but précis de préparer l'enregistrement officiel, enfin, de l'Eglise francophone.
Et puis, des rencontres festives, des discussions avec l'ambassadeur de France et celui d'Allemagne, et bien d'autres interlocuteurs de différents horizons.
Un merci très reconnaissant à Mme Delacoste qui a traduit nos échanges tout au long du séjour.
La communion de nos Eglises n'est en rien un vain mot mais une réalité spirituelle et matérielle qui fait sens.
La communion, une réalité qui ne nous enferme pas mais au contraire qui nous ouvre aussi sur le monde qui nous entoure : Le tremblement de terre au Népal mobilise donc notre solidarité, en particulier à travers les ONG Médair et Le Sel, qui sont partenaires de la FPF dans cette action. A Katmandou, la situation est grave et nous devons poursuivre notre effort.
De même, la mobilisation pour l'accueil en France des réfugiés d'Irak et de Syrie, par l'action de la FEP et de l'ACO, est une réalité tangible, réelle, émouvante, et significative de ce que la foi en acte est une bénédiction pour beaucoup. Des témoignages bouleversants.
Un immense merci à ceux qui se mobilisent.La conférence des responsables des cultes (CRCF) organise au Sénat le 21 mai un colloque sur le thème « Changements climatiques, environnement et Religions », avec des intervenants de qualité. Nicolas Hulot sera présent. Et si vous lisez la première newsletter sur le Climat, vous connaitrez toutes les informations sur les événements. La FPF est désormais membre de la coalition Climat. 
Cannes, enfin, et son festival. Le prix du jury oecuménique 2104 avait  décerné son trophée à Timbuctu, qui a reçu tant de récompenses depuis ! Un jury perspicace, donc. La FPF sera présente : cette année, Aude Millet, chargée de la communication à la FPF montera pour nous les marches, et nous racontera les histoires merveilleuses du 7ème art, et le pasteur Georges Michel, notre secrétaire général, participera à toutes les célébrations. A suivre en direct sur protestants.orgbien sûr !

François Clavairoly

François Clavairoly en visite à Moscou 

Le président de la Fédération protestante de France a participé aux célébrations du 15ème anniversaire de la communauté évangélique luthérienne francophone de MoscouDe nombreuses  rencontres avec les autres communautés chrétiennes et les ambassadesainsi que plusieurs manifestations publiques, cultes, concerts, conférences... ont manifesté la vitalité de cette communauté en lien avec le protestantisme français. > + d'infos
Avec le compte rendu du pasteur Bernard Antérion, président de la Communauté des Eglises protestantes francophones dans le monde (Ceeefe)

Urgence Népal : Médair et le SEL sont nos partenaires 

Le séisme qui a frappé le Népal le 25 avril a fait plus de 7000 victimes. La saison des pluies approchant, les zones rurales seront d'autant plus difficiles d'accès et l'agriculture ne pouvant pas reprendre rapidement, l'insécurité alimentaire va toucher des millions de Népalais. Medair et Le SEL lancent des appels au don. Découvrir les actions du SEL et de MEDAIR sur le terrain.
Medair et le SEL sont membres d'ASAH, réseau d'associations chrétiennes de solidarité, membre de la FPF. > + d'infos

Irak et Syrie : face à l'urgence, le protestantisme se mobilise et risque la fraternité

Face à la situation désastreuse au Moyen-Orient, le comité des appels d'urgence du protestantisme s'est réuni à l'été 2014 pour trouver un moyen de venir en aide aux syriens et aux irakiens. Alors que les associations partenaires MEDAIR et Action Chrétienne en Orient agissent sur le terrain pour venir en aide aux populations les plus démunies, les premiers réfugiés d'Irak et de Syrie arrivent en France, accueillis dans les foyers protestants, une mission confiée à la Fédération de l'Entraide protestante.> + d'infos

 

« COP 21 – le climat : quels enjeux pour les religions ? Colloque CRCF au Sénat, le 21 mai

Comme annoncé dans la 1ère Newsletter Climatla conférence des responsables des cultes en France (CRCF) organise un colloque au Sénat le 21 mai. Le thème retenu : COP 21 – le climat : quels enjeux pour les religions ? En lien avec la Commission de développement durable du Sénat. Au programme de nombreux intervenants, une ouverture par Gérard Larcher, président du Sénat, en présence de Nicolas Hulot, avec un regard croisé des religions sur l'environnement. + d'infos

 

Le Service biblique de la FPF. Kit d'animation biblique sur le climat

Pour se nourrir du texte biblique lors d'échanges au sujet des changements climatiques, trois textes bibliques :Psaume 104, Jérémie 5.20-31, Romains 8.18-25, proposés par Katie Badie, responsable du Service biblique de la FPF.
Qu'ont-ils à nous dire aujourd'hui ?
Télécharger le texte (pdf) 

 

L'UECE devient l'ADFP

Lors de son assemblée générale du 18 avril 2015, l'Union d'Églises Chrétiennes Évangéliques (UECE) est devenue l'Union d'Assemblées de Dieu membre de la Fédération protestante de France (ADFP). 
Le pasteur Daniel Queinnec, président de l'ADPF, nous explique pourquoi l'union a souhaité modifier son nom. 
Lire

Cannes

Le Festival de Cannes 2015 se tiendra du 13 au 24 mai. Découvrez la composition du jury oecuménique 2015, et l'histoire de ce prix qui gagne à être mieux connu. La FPF vous propose de suivre le festival tout au long de cette édition 2015 au travers d'une rubrique dédiée sur protestants.org : vous découvrirez les critiques de film du pasteur Jean Luc Gadreau, le palmarès et suivrez les célébrations "en direct de Cannes" avec le service communication de la FPF. > + d'infos

Agenda

Colloque du centenaire du génocide arménien, les 14-15-16 mai 
Dans le cadre des commémorations du centenaire du Génocide des arméniens, l'Union des Eglises Evangéliques Arméniennes de France organise un colloque international sur le thème « Vérité, Justice, Reconnaissance, Réparation, Réconciliation » à Issy-les-Moulineaux les 14, 15 & 16 mai 2015 à l'Oratoire Saint Nicolas.
+ d'infos


Les événements institutionnels du mois de mai 
Le Synode national de l'Eglise protestante unie de France se réunira à Sète, du 14 mai au 17 mai au centre du Lazaret. 
Le Congrès national de la Fédération des Eglises évangéliques baptistes (FEEBF) se tiendra du 14 au 16 mai dans les locaux de l'Assemblée de Dieu de la Métropole Lilloise.
Le Synode de l'Union des Eglises évangéliques libres de France (UEEL) aura lieu du 14 au 17 mai à Bergerac. + d’infos

FPF

Conseil des évêques de l’Église évangélique méthodiste - Mai 2015 - Lettre pastorale concernant le racisme


Photo de Kay Panovec.

Gregory Palmer, évêque de la région OE Ohio a présenté une motion demandant au Conseil des Évêques d’écrire une lettre sur le racisme durant leur session à Berlin. Cette lettre sera rendue publique le 7 mai 2015.

Berlin:  le Conseil des évêques a publié une lettre pastorale sur le racisme destinée aux quelque 12,8 millions de membres de l'Église évangélique méthodiste (UMC/EMU). Ils y affirment le caractère sacré de toute vie humaine et renouvellent leur engagement à agir pour l’avènement d’une Église antiraciste, pro-humanité. La lettre fut rédigée au bout d’une semaine de réflexion intense et de prière sur le sujet. Plus tôt dans la semaine, le président du Conseil, l’évêque Warner H. Brown Jr. avait déjà publié une lettre appelant à la prière et la guérison.

Que la grâce et la paix soient avec vous au nom de Jésus-Christ !

Nous, évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU), nous nous sommes réunis à Berlin en Allemagne, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l’occasion de cette réunion, nous réaffirmons notre engagement à diriger (l’Église), alors qu’ensemble nous cherchons à devenir la communauté bien-aimée du Christ.

Nous sommes une Église qui proclame l’Évangile de Jésus-Christ au monde. Sur tous les continents, ceux que l’on nomme évangéliques méthodistes vivent avec conviction la mission de faire des disciples de Jésus-Christ pour la transformation du monde. Pourtant, bien des gens dans notre monde souffrent de l’injustice, de la violence et du racisme. Il est plus que jamais nécessaire aujourd’hui d’attester la dignité de toute vie humaine et le règne de Dieu.

Nos cœurs se brisent et nos esprits pleurent lorsque nous voyons des reportages sur les immigrés attaqués et brûlés vifs en Afrique du Sud, lorsque nous remarquons la fuite massive de Juifs hors de l’Europe, lorsque nous observons la détresse des réfugiés en Méditerranée et lorsque nous voyons des manifestations chargées de tensions raciales aux États-Unis qui nous rappellent que le système actuel est défaillant et que le racisme continue.

Le constat est accablant : les problèmes raciaux continuent à être importants et le racisme se glisse dans la vie institutionnelle et pose des problèmes dans le domaine de la santé communautaire. Cette réalité a un impact sur chaque aspect de la vie – dans l’Église et dans le monde.

Le racisme est un préjugé dont l’intention est vraiment de nuire ou d’exercer une discrimination à partir de l’idée de supériorité de certaines personnes sur d’autres ou de l’idée qu’une personne est libre d’exercer du pouvoir sur une autre à partir d’un critère racial. La xénophobie est une crainte ou une haine irrationnelle de l’étranger et de l’immigré ou de ce qui est étranger et étrange.

Le racisme et la xénophobie, comme d’autres péchés, nous empêchent d’être des personnes intègres capables d’atteindre notre plein potentiel. Ces péchés renient la profonde vérité théologique de notre être : nous sommes créés à l’image de Dieu avec la marque de l’amour et de l’égalité divinement implantée en chaque âme.

En tant qu’évêques de l’Église, nous proclamons une vision d’une communauté mondiale dans laquelle la valeur et la dignité de l’être humain rejettent les actes de xénophobie et de racisme. Nous reconnaissons que le silence face au racisme systémique et aux craintes exprimées dans les communautés ne fait qu’empirer la situation.

Nous nous engageons à diriger, à modeler et à établir un dialogue franc et une discussion respectueuse, et nous invitons tous les croyants partout dans le monde à nous rejoindre. Repentons-nous de nos propres préjugés raciaux et de nos abus de privilèges. Aimons Dieu plus profondément, et à travers cet amour, établissons des relations qui rendront honneur au désir de toute personne quelle qu’elle soit de se sentir considérée, appréciée, entendue et protégée.

Lorsque nous proclamons et vivons l’Évangile de Jésus-Christ, ouvrons la voie à la recherche de la justice pour toute personne, en nous appuyant et en faisant confiance à la puissance transformatrice de Dieu de créer un monde sans haine et sans racisme.

En tant qu’évangéliques méthodistes, nous affirmons que toute vie a une valeur sacrée et qu’un monde exempt de racisme et de xénophobie n’est pas seulement imaginable, mais mérite d’être poursuivi. Nous renouvelons notre engagement à travailler pour une Église qui lutte contre le racisme et qui œuvre en faveur de l’humanité, et nous sommes convaincus qu’on ne peut pas devenir une communauté bien-aimée en ignorant les différences culturelles, raciales et ethniques, mais plutôt en célébrant la diversité et en appréciant toute personne.

  • Or, voici le commandement que nous avons reçu de lui : celui qui aime Dieu doit aussi aimer son frère. » 1Jn 4.21 (Segond 21)

RESSOURCES

  • A New Dawn in Beloved Community: Stories with the Power to Transform Us, Linda Lee, ed., Abingdon Press, 2012
  • Pan-Methodist Statement on Racism from the 72nd Consultation of Methodist Bishops
  • Understanding and Dismantling Racism: the Twenty-First Century Challenge to White America, Joseph Barndt, Fortress Press, 2007

umc.org

Allemagne: message de l’évêque méthodiste Rosemarie Wenner à l’occasion de l’Armistice - 8 mai 2015


Photo: Gottfried Hamp, © Relations publiques de l’EmK

70 ans après la fin de la guerre, de vieilles blessures se rouvrent à nouveau lorsque des extraits de films et des discours rappellent les événements du passé. Celui qui a cette guerre, se souvient de détails qu’on aimerait oublier à jamais. Les déportés qui se sont échappés de camps de concentration sont de nouveau confrontés aux atrocités qu'ils ont subies. Et les gens de ma génération qui sont nés après la guerre prennent acte de l’impact de cette histoire sur leur vie, le fait même que leurs parents ont dû relire de façon critique le Troisième Reich et la guerre.

Le 8 mai 1945 a été un jour de libération. Heureusement, on a admis et confessé par la suite sa propre culpabilité en sorte que la réconciliation a pu gagner du terrain. Ainsi quand la guerre froide a été surmontée il y a 25 ans, la co-existence pacifique en Europe et dans le monde s’est étendue. Le fait qu'éclatent de nouveau maintenant des conflits armés en Europe, que des gens ne voyant aucune chance de survie dans leur pays d’origine, se noient dans la Méditerranée et que nous avons du mal à nous montrer solidaires avec les populations de régions économiquement plus faibles, tout cela montre la fragilité de la paix sur notre continent.

Nous ici en Allemagne, nous avons été richement bénis par Dieu et avons connu que de nombreux États et individus étaient et sont prêts à prendre un nouveau départ avec nous. Ce don (Gabe) comprend également notre devoir (Aufgabe) du jour, à savoir nous lever pour la réconciliation, pour promouvoir la paix et la justice et accorder l’asile aux personnes fuyant les zones de conflit.

Au cours de leur réunion à Berlin, les évêques du monde entier de notre Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) ont adopté le 7 mai 2015, au regard de la violence raciste une lettre aux églises du monde entier, qui stipule notamment : "Il est plus que jamais nécessaire aujourd’hui que nous attestions la dignité de chacun et le royaume de Dieu !"

Et les évêques d’ajouter : « Comme Église évangélique méthodiste (UMC/EMU), nous affirmons que toute vie est sacrée. Un monde dans lequel il n'y a ni racisme ni xénophobie est non seulement concevable, mais il vaut la peine de le poursuivre ». Cela nécessitera des mesures concrètes, confesser ses fautes, approcher des étrangers et établir des relations bénéfiques en sorte que puisse grandir la paix. Prions et travaillons pour cet objectif.

Évêque Rosemarie Wenner

Traduction EEMNI

EmK De

Berlin: les évêques méthodistes en session du 1er au 7 mai 2015


Photo: © Volker Kiemle, EmK-Relations publiques

La foi est un mouvement centrifuge

Le Conseil international des évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) a démarré sa session annuelle par une célébration oecuménique.

Le coup d'envoi à la session du Conseil international des évêques de l'Eglise méthodiste unie (UMC/EMU) a été donné par un service oecuménique dans l'église du Souvenir Kaiser Wilhelm (die Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche) à Berlin. Quelque 100 évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) originaires des quatre continents, en présence des invités œcuméniques en provenance d'Allemagne et d'Europe ainsi que des méthodistes berlinois, ont célébré ensemble l'ouverture de cette première session du Conseil des évêques en Europe.

« Nous sommes un en Christ, même si nous appartenons à différentes confessions », a déclaré Rosemarie Wenner, évêque de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) en Allemagne, au début du service en accueillant ses hôtes et souligné ainsi les liens œcuméniques de l’EEM (UMC/EMU). « Nos dons se complètent mutuellement afin de témoigner du Christ dans le monde et d'inviter les gens à la foi».

Martyn Atkins, secrétaire général de l'Église méthodiste britannique, a souligné dans son sermon que le Nouveau Testament avait initié un « mouvement centrifuge ». « L’Esprit de Dieu pousse les gens à se joindre à ce mouvement et à aller dans le monde entier ». Les chrétiens n’ont pas été « invités à rester confinés au chaud chez eux », mais devraient se tenir prêts et « prendre la porte ».

Dans son allocution de bienvenue aux évêques, l’évêque Karl-Heinz Wiesemann, président du Groupe de travail des Églises chrétiennes (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen) en Allemagne et représentant de la Conférence des évêques catholiques allemands fit référence au choix du lieu: Berlin est synonyme « de réconciliation et de paix », mais aussi du défi auquel les communautés et les Églises en Allemagne sont confrontées.

Martin Germer, pasteur à l'église du Souvenir Kaiser Wilhelm (Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche), a fait remarquer qu’en 1961 la nouvelle église conçue par un architecte allemand et un artiste français avait été inaugurée. « Cela a été jadis un message fort de paix et de réconciliation », a-t-il dit. Le culte a pris un cachet particulier par la signature officielle d'une déclaration de communion ecclésiale entre l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) et l'Église unie de Suède, fruit d’une fusion en 2011 des Églises baptiste, méthodiste et Mission (Missionskirche).

Par la suite, d’autres responsables d’Églises et d’institutions oecuméniques ont adressé leurs salutations aux évêques: le pasteur Gottfried Locher, Berne (Suisse), président de la Communion des Eglises Protestantes en Europe (CEPE) et la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS); le pasteur Guy Liagre, Bruxelles (Belgique), secrétaire général de la Conférence des Églises Chrétiennes (CEC/KEK); Dr Martin Illert, Hannover, responsable de l’Église évangélique d’Allemagne (EKD); l’évêque Matti Repo, Tampere (Finlande), de l'Église évangélique luthérienne de Finlande; le pasteur Lasse Swensson, de l’Église Unie de Suède; le pasteur Johannes Welschen, Zeist (Pays-Bas), de la branche continentale européenne de l’Église morave; le pasteur Peter Joergensen, Berlin, de la Fédération des Églises évangéliques libres (Vereinigung Evangelischer Freikirchen).


Photo: UM news

Le Conseil des évêques élit une nouvelle direction qui entrera en fonction en 2016

À partir de 2016, l’évêque Bruce R. Ough de Chicago va prendre la présidence du Conseil international des évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU).

Lors de la session du Conseil  international des évêques de l'Église évangélique méthodiste unie (UMC/EMU) à Berlin, une nouvelle direction a été élue qui prendra ses fonctions en 2016. Le président en sera alors l’évêque Bruce R. Ough. Il est depuis 2012 évêque de la région du Dakota-Minnesota. Kenneth H. Carter de Lakeland (Floride, Etats-Unis) a été élu vice-président à partir de 2016. En tant que secrétaire a été réélue l’évêque Cynthia Harvey, Baton Rouge (Louisiane, Etats-Unis).

L’évêque Christian Alsted de Copenhague reprend la présidence de la Table connexionnelle, une sorte de table ronde mondiale pour l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU). Le Secrétaire exécutif est l’évêque Marcus Matthews, Washington, et le secrétaire pour l'œcuménisme est l'évêque Michael B. Watson, en Géorgie (États-Unis). La durée du mandat du Secrétaire pour l’œcuménisme comme du Secrétaire exécutif et du Président de la Table connexionnelle est de quatre ans. Le président, le président élu et le secrétaire du Conseil des évêques sont élus pour deux ans.

Photo: © KUR, EmK-Relations publiques

»Nous avons besoin de vous, les jeunes«

«Pourquoi y a-t-il tant de mal dans le monde » Telle était une des questions que les jeunes ont posée aux évêques en rendant visite au Conseil épiscopal.

Au cours de sa session à Berlin, le Conseil international des évêques de l'Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) a accueilli quelques groupes de catéchumènes issus d’églises méthodistes de la région de Berlin qui n’ont pas manqué de leur poser des questions. Les jeunes ont rapidement perdu leur timidité des jeunes quand est venu le temps des questions. Ils ont posé des questions qu'«ils ne posent d’habitude jamais au cours du catéchisme », dit Joachim Georg, pasteur à Berlin-Oberschöneweide. Avec d'autres pasteurs, il en a profité pour donner aux jeunes une idée de ce que cela signifie pour des méthodistes d’« être partie intégrante d’une Église globale », mondiale.

« Vous êtes différents de nous », a déclaré Neil Irons, évêque à la retraite de Pennsylvanie (USA), en s’adressant aux jeunes. « Mais notre Église a besoin de vous. Posez vos questions! Apportez du vôtre ! Nous avons besoin de votre différence », par ces mots, il a encouragé les jeunes. Vous devriez introduire vos questions et votre façon de croire dans l'Église.

Ils ont suivi avec une très grande attention la réponse à la question du mal et de la souffrance persistant dans le monde : «Nous nous posons aussi beaucoup de questions et nous n’avons pas des réponses à tout », a déclaré John Innis, évêque du Libéria (Afrique de l'Ouest), avec une franchise étonnante.

Quand les gens sont libres de leurs décisions, ils sont également capables de faire le mal. « Mais avec l'aide de Dieu et par notre implication personnelle, nous sommes en mesure  de réduire la souffrance », a ajouté l’évêque à la retraite Sharon Rader qui vit à Chicago (USA). « Pour cela nous avons besoin de vous », telle était son invitation aux jeunes. « En fonction de vos moyens, vous devriez également vous impliquer pour changer le monde », même si c’est de petites choses ».

« Il était impressionnant de voir la rapidité avec laquelle les jeunes ont posé des questions théologiques profondes et le soin des évêques à leur répondre », a commenté Thomas Steinbacher, pasteur à Berlin-Friedrichshain. « Cela », a impressionné les jeunes. Cette réunion unique en son genre a été non seulement eu un "jeu de questions-réponses", mais une véritable discussion où les évêques se sont également enquis du devenir et de la foi des jeunes. « Cette réunion a vraiment ouvert l’horizon des adolescents - et aussi le mien », a résumé Steinbacher.

L’Église, modèle en matière de réconciliation et de vérité

Photo: © Diane Degnan, UMCom

« Il y a réconciliation quand nous disons la vérité et assumons nos responsabilités », écrit Warner Brown dans un appel à la prière adressé à tous les méthodistes.

À la session du Conseil international des évêques de l'Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) à Berlin, Warner Brown, président du Conseil des évêques, a appelé à la prière l’ensemble des méthodistes à travers le monde. Dans une lettre adressée à toutes les églises de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU), a-t-il souligné, « que les nouvelles du jour nous rappellent constamment à quel point les gens sont touchés par des catastrophes et souffrent suite à des événements tragiques ».

Étant donné la montée du racisme en particulier dans les États-Unis mais aussi dans d'autres régions du monde, il a souligné, « qu'une société juste ne peut pas se fonder sur la violence ». La réconciliation est par conséquent nécessaire, mais cette réconciliation ne sera possible que « si nous disons la vérité et que nous assumons la responsabilité de nos actions ».

Sur la base du message de la résurrection de Pâques, les évêques sont convaincus « qu’en tant que disciples de Jésus, nous sommes appelés à indiquer la voie à suivre, à identifier et à confesser nos propres préjugés raciaux et notre utilisation abusive d’avantages ». « Si nous engageons ensemble pour la justice et la paix, nous ne serons plus des étrangers », écrit l’évêque Warner. Inspiré par l'appel du président du Conseil des évêques, un groupe de travail prépare lors de cette session une lettre pastorale sur le racisme, qui doit être entérinée à la fin de la réunion et envoyée dans les communautés.

Dieu conduit par des détours

Photo: © Klaus Ulrich Ruof, EmK-relations publiques

Il a été question de détours et de raccourcis dans le message de Walter Klaiber, l’ancien évêque de l’Église évangélique méthodiste en Allemagne (UMC/EMU), qui a pris sa retraite à Tübingen.

L'exode des Israélites hors d’Egypte (Exode 13,17-22) a été à la base de la méditation matinale apportée par l’évêque retraité Walter Klaiber aux évêques méthodistes réunis dans leur session annuelle à Berlin. Cette histoire de l'Ancien Testament montre que, s’il est tentant de prendre des raccourcis, cela demeure pour le moins dangereux et souvent trompeur.

Autre leçon qui se dégage de ce texte, l'histoire passée ne peut pas être facilement mise de côté. Il ne peut pas non plus question seulement de glorifier le passé, il s’agit plutôt de promouvoir une culture du souvenir. Une telle culture du souvenir pointe du doigt également ce qui était erroné dans le passé et notre part de culpabilité. Il y a aussi lieu ici de louer Dieu, le louer de ce qui sait écrire droit sur des lignes courbes.

Au siècle du GPS qui permet de circuler d’un lieu à l’autre avec une certaine facilité, il serait tentant d’en transposer le principe sur le plan spirituel. Mais Walter Klaiber met en garde contre une telle conduite « automatique ». Il recommande plutôt le retour et l’apprentissage tout à nouveau d’une « lecture de cartes avec carte et compas ». « Je suis convaincu », a-t-il dit, « si nous suivons Jésus et écoutons le message de la Bible, nous aurons alors des indications claires du chemin à suivre ».

Tout comme les Israélites pendant l'Exode hors d'Egypte, ont disposé de la colonne de feu, les chrétiens ont aussi disposé de leur « colonne de feu », qui « prend les contours de la croix ». Cela leur donne le sens de l’orientation, l’orientation de l ‘«amour au milieu de l'obscurité, de la haine et de la culpabilité, de la souffrance et du désespoir humains ».Tous les problèmes ne vont pas se résoudre sur le champ. Les prochaines étapes seront évidentes, « même si tout ne se passe pas selon nos attentes ». « Mais », dit Klaiber pour finir, «Dieu conduit parfois par des détours ! »

Méditation de l'évêque à la retraite Walter Klaiber en téléchargement (en anglais)

Vaincre le racisme et défendre la diversité

La session du Conseil international des évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) à Berlin s’est achevée avec un appel pressant contre le racisme en pleine recrudescence dans le monde.

Photo: UM news


Le Conseil international des évêques de l'Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) a eu lieu du 1er mai au 7 pour la première fois en Europe. Nous avons délibérément choisi Berlin, a dit le chef du bureau du Conseil des évêques, l’évêque Peter Weaver. « La ville est un symbole de l'unité et de la réconciliation après une période de division et de souffrance ». C’est aussi la raison pour laquelle les évêques ont réfléchi pour l’essentiel au cours de leur session à la nécessité de s’engager à l’échelle du monde pour les peuples opprimés et en faveur de la réconciliation.

« Nous avons affaire ici avec la puissance des ténèbres », expliquait  le président du Conseil des évêques, l’ évêque Warner Brown, compte tenu de la violence raciale aux États-Unis et ailleurs. « Voilà pourquoi nous ne pouvons plus garder le silence ». Aux États-Unis, un certain nombre de jeunes afro-américains non armés ont trouvé la mort au cours des derniers mois venir suite à l'intervention violente de la police. Habituellement sans conséquences pour les policiers.

De nombreux évêques de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) ont déjà publiquement appelé à des manifestations pacifiques. Mais quand l'ensemble des évêques publient une déclaration, c’est autrement plus efficace, a déclaré l'évêque Gregory W. Palmer de l'Ohio. Le Conseil partage sa conviction que le silence face au racisme et à la peur ne fait qu’empirer la situation.

Dans leur Déclaration contre le racisme, les évêques exhortent tous les membres de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) du monde entier à se repentir « de leurs propres préjugés raciaux et de leurs utilisation abusive d’avantages »". Il est également précisé dans la déclaration: « En tant qu'église, nous réitérons notre engagement à lutter contre le racisme et pour l’humanité ». On ne peut parvenir à « vivre ensemble, tant qu’on demeure aveugle aux différences culturelles et ethniques », mais le vivre ensemble n’est possible que s’il y a respect de la diversité et  estime de chacun ».

L’immigration, un autre sacré défi pour l’Europe

«La violence et les troubles sont le langage des sans-voix », déclare l’évêque Julius Calvin Trimble (Iowa). Dans de nombreuses villes américaines, les relations entre la police et les jeunes noirs sont depuis longtemps perturbées. Les églises locales ont dû intervenir et servir de médiation pour que les uns et les autres se parlent. L’Europe est confrontée aux mêmes défis que les Etats-Unis. « Il y a de plus en plus d'immigrants, et cela fait peur aux gens ». « Ici, les églises devraient aider les gens à comprendre les différences », pense Trimble.

Les évêques ont également abordé quatre domaines sur lesquels l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) concentrera ses efforts dans les prochaines années:

  • l’implantation de nouvelles communautés et
  • la revitalisation des communautés existantes,
  • la formation des responsables,
  • la promotion de programmes sanitaires mondiaus et
  • la lutte contre la pauvreté.

Les évêques ont discuté et développé ces plans d’action.

S’engager pour l’unité dans la diversité

L’évêque Wenner a dressé un bilan positif de la première réunion du Conseil épiscopal de l’Église évangélique méthodiste (UMC/EMU) en Allemagne. Elle s’est présentée très différente des précédentes réunions, « parce que la plupart des évêques étaient dans un autre continent que le leur et dans une zone linguistique qui leur était étrangère ». Les rencontres avec les églises de Berlin et les partenaires œcuméniques ont été tout particulièrement « très enrichissantes », et notamment la commémoration de la fin de la guerre il y a 70 ans, qui « nous a rappelé la division de l'Allemagne, mais aussi la réussite des processus de réconciliation ».

« Tout cela a contribué à des changements positifs et nous porte à lutter avec détermination contre le racisme et pour l'unité dans la diversité. « C’est ainsi que notre Église par ses communautés locales peut-elle appeler le monde à suivre le Christ et contribuer à des changements pour le mieux »

Le CPDH face à la laïcité dévoyée

Laïcité dévoyée

Lundi 4 mai 2015, le député-maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, a donné une conférence à l'église Saint-Pierre, la paroisse de sa commune. Son sujet : « La joie de l’Évangile ». Franck Keller, un conseiller municipal UMP, a trouvé « terriblement choquant de voir un élu de la République faire des sermons religieux dans des lieux de culte » et a dénoncé une atteinte à la laïcité : « C'est un mélange des genres très contestable qui porte atteinte à la laïcité », a-t-il déclaré au journal Métronews. Ce conseiller municipal aurait-il oublié l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi ».

On se souvient d’ailleurs de la décision du tribunal administratif de Nantes, en décembre 2014, qui avait obligé le Conseil Général de Vendée à retirer une crèche de Noël exposée dans le hall d’entrée après une contestation de Jean Regourd, le président de la fédération de la Libre Pensée de Vendée : "il s'agit d'une crèche de la nativité, donc c'est un emblème religieux, d'une religion particulière. Elle ne respecte pas ce que doit être la neutralité des bâtiments publics, de l'État donc, et ne respecte pas la liberté de conscience d'un citoyen qui, rentrant au conseil général, se voit quasiment imposer un emblème religieux et caractérisé comme tel." Le président du conseil général avait d’ailleurs fait appel, ce qui avait suspendu la décision du tribunal administratif : "Le Conseil général considère en effet qu'il n'a absolument pas contrevenu au principe de laïcité, car la crèche fait partie depuis des siècles des traditions populaires et de l'imaginaire des Français, avait expliqué Bruno Retailleau, président du Conseil généralLe débat qui agite notre pays montre d'ailleurs à quel point le laïcisme intégriste pervertit l'esprit de la laïcité à la française. La laïcité a été inventée pour assurer la concorde entre les français, pas pour les diviser dans des querelles d'un autre temps ". Le recours du Conseil Général a été suspensif de la décision du tribunal administratif.

De même, le 1er avril dernier, la RATP avait retiré une affiche promotionnelle des murs du métro parisien portant l'inscription "au bénéfice des chrétiens d'Orient", au nom du "principe de neutralité du service public". La société de transport en commun a finalement fait marche arrière, le 6 avril, après que de nombreux usagers et personnalités politiques se sont indignés de cette décision.

« Pour trop de gens, la laïcité est devenue une annexe d'un principe de neutralité. C'est faux ! Dans la laïcité, la neutralité est un instrument de l'Etat au service de la liberté de conscience, contre toute discrimination. Cette absolutisation du principe de neutralité rabougrit le principe de laïcité, l'appauvrit et mène à un contresens » a déclaré avec raison Jean Baubérot[1] dans une interview accordée à France TV info, en précisant que « la laïcité, ce n'est pas supprimer toute référence au religieux dans l'espace public. La loi de 1905 doit pouvoir protéger des cas de discrimination religieuse. Les mots "chrétien", "musulman" ou "juif" ne doivent pas devenir des tabous. Ce n'est pas parce que les chrétiens d'Orient sont des victimes à cause de leur croyance religieuse qu'ils perdent leur statut de victimes. Ils ont le droit de bénéficier d'une campagne de soutien financier dans le métro, au même titre qu'après une catastrophe naturelle, par exemple. »[2] 

La laïcité est à la fois une modalité et un principe d’organisation de la puissance publique qui doit garantir au mieux l’intérêt général, ainsi que la liberté de conscience, d’opinion et de religion. 

Le mot « laïcité » a une double origine. Il faut remonter aux textes bibliques rédigés en grec pour en trouver la première trace. Le mot « laos » désignait le peuple en le distinguant des prêtres. Plus tard, à l’intérieur de l’église catholique, « laïcus », « laïque » désignera, en opposition à « clerc », toute personne qui n’est ni dans l’Église ni dans les ordres. C’est en 1871 que le mot « laïcité » apparaît semble-t-il dans la langue française : le lexicographe Émile Littré le recense dans une citation tirée du journal La Patrie.
Ce bref rappel permet de recentrer la signification de la laïcité à la fois en direction « du peuple » - elle doit être au service des individus et de leur vie en société – mais aussi en direction de l’indépendance et de la liberté de l’Etat à l’égard de toute religion ou idéologie qui voudrait imposer son hégémonie, y compris celle d’une pseudo « laïcité » qui viendrait s’autoproclamer « seule religion d’Etat ».

[1] Jean Baubérot est chercheur au Groupe sociétés, religions, laïcités du CNRS, auteur de l'essai Les 7 laïcités françaises (Editions de la Maison des sciences de l'homme).

[2] Cf. http://cpdh.org/index.php/vie-de-la-cite/laicite-et-liberte-religieuse/item/1386-la-france-va-t-elle-trop-loin-avec-la-laicite.

Franck Meyer
Président du CPDH

PRIER

Mercredi 13 mai, la laïcité reviendra à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale. Après avoir sommeillé trois sans les tiroirs du Parlement français, le projet de loi Laborde, va ressurgir contre l’avis de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) qui a demandé le retrait, le 19 mars dernier, de cette proposition de loi « visant à étendre l'obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité »; la CNDH s'inquiétant des "lourdes imperfections juridiques" du texte et de ses conséquences politiques "désastreuses".

Le texte, porté par les Radicaux de gauche, a été adopté au Sénat il y a plus de trois ans, en janvier 2012. Il visait, dans sa version initiale, à interdire aux salariés tout signe religieux ostentatoire dans les structures accueillant des enfants de moins de six ans et «bénéficiant d’une aide financière publique », au premier rang desquelles les crèches, les centres de loisirs, les centres sociaux. Pour les structures ne bénéficiant pas d’aides publiques, le texte proposait de graver dans le marbre la possibilité « d’apporter certaines restrictions à la liberté d’expression religieuse des salariés au contact d’enfants ».

La proposition de loi allait même plus loin en proposant l’interdiction des signes religieux aux assistantes maternelles, y compris travaillant chez elles : « À défaut de stipulation contraire inscrite dans le contrat qui le lie au particulier employeur, l’assistant maternel est soumis à une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfants » (article 3).
Selon Maire-info (édition du 7 mai 2015), le quotidien d’information destiné aux élus locaux, d’ultimes calages auraient eu lieu le 6 mai dernier entre les députés radicaux et socialistes et des membres du cabinet de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Les défenseurs du texte auraient accepté de supprimer les références aux centres de loisirs et envisageraient la réécriture de l’article portant sur les crèches et les haltes-garderies. Le texte qui sera débattu mercredi prochain devrait néanmoins affirmer la possibilité de « restreindre » (dans les limites définies par l'article L 1121-1 du Code du travail) la liberté religieuse des salariés, au contact des enfants, dans les structures privées.

Le CPDH avec d’autres associations suivra avec vigilance l’évolution des débats et interviendra auprès de parlementaires avec d’autres associations si besoin, car de dangereux glissements liberticides s’annoncent clairement.

  • Demandons à Dieu que les calculs politiciens et les intentions perverses, visant à restreindre la liberté de religion, soient révélés au grand jour. Prions pour que la liberté de religion, d’opinion et de conscience ne recule pas davantage en France.
  • Prions pour que de nombreuses voix de parlementaires s’élèvent pour défendre la liberté d’opinion, de religion et de conscience.
  • Rendons grâce pour les élus locaux qui témoignent par leurs actes et leurs paroles de la joie et de l’amour de l’Evangile.
  • Intercédons pour l’Eglise de Jésus-Christ afin qu’elle n’ait pas honte de l’Evangile, car « c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1 v. 16).

RECONNAISSANCE

Nigéria : il y a un an le CPDH lançait, avec d’autres organisations de défense des droits de l’homme, un appel à la prière pour les jeunes lycéennes enlevées à Chibok, au Nigéria. 
Nous avions prié « pour que l’Etat Nigérian ait le courage de défendre la population ». En l'espace de quatre jours, entre le 25 et le 28 avril, près de 700 femmes et enfants ont été libérés dans le cadre d'une offensive militaire menée par l'armée nigériane dans la vaste forêt de Sambisa, devenue bastion du groupe islamiste Boko Haram. 
Selon le site : fait-religieux.com, alors que le Président sortant Goodluck Jonathan a été accusé de ne pas avoir assez agit pour libérer les jeunes filles et les femmes kidnappées, son successeur Muhammadu Buhari, « s’est engagé à vaincre le groupe islamiste qui, depuis 2009, a fait plus de 15 000 morts au Nigéria ».

11 mai 2015

CPDH

Irak et Syrie: face à l’urgence, le protestantisme se mobilise

Face à la situation désastreuse au Moyen-Orient, le comité des appels d’urgence du protestantisme se réunissait à l’été 2014  pour trouver un moyen de venir en aide aux syriens et aux irakiens.

Aujourd’hui, alors que les associations partenaires MEDAIR et Action Chrétienne en Orient agissent sur le terrain pour venir en aide aux populations les plus démunies, les premiers réfugiés d’Irak et de Syrie arrivent en France, accueillis dans les foyers protestants.

La FPF et l’Entraide protestante proposent un retour sur la mobilisation et sur les actions menées grâce à la générosité protestante. Ils focalisent l’attention sur les enjeux actuels de l’accueil des réfugiés en France et sur les actions à venir pour faire face à cet état d’urgence qui, malheureusement risque de durer.

Retour sur la mobilisation protestante et focus sur les actions à venir. 

1. CONTEXTE 

Syrie 

En raison de la violence, plus de 7,6 millions de personnes ont été déplacées sur le territoire et plus de 12,2 millions de syriens sont désespérément en quête d’une aide dans le pays.
En 2014, les violences ont coûté la vie à plus de 76 000 personnes. Le nombre de victimes depuis le début de ce conflit dépasse les 250 000 morts.

 

Irak 

Plus de 5,2 millions de citoyens ont besoin d’une aide humanitaire urgente et plus de 2,1 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. 2,2 millions d’autres personnes vivant dans des zones contrôlées par l’État islamique ont également besoin d’une aide d’urgence. 

LE COMITÉ DES APPELS D’URGENCE DU PROTESTANTISME LANÇAIT, EN SEPTEMBRE DERNIER, UN APPEL A LA SOLIDARITÉ EN FAVEUR DES POPULATIONS D’IRAK ET DE SYRIE 

En 2014, les violences ont coûté la vie à plus de 15 000 personnes. 

Dans ce contexte et face à l’urgence de la situation, le comité des appels d’urgence du protestantisme1 se réunissait en septembre 2014 et lançait un appel auprès des protestants à la solidarité en faveur des populations d’Irak et de Syrie. Cet appel initial au don et à la prière fut suivi d’un appel à l’accueil des réfugiés en France. La Fédération de l’entraide protestante (FEP) était spécifiquement chargée de recueillir les propositions de logements formulées suite à cet appel et de coordonner l’accueil des réfugiés. 

2. UN APPEL ENTENDU 

Cet appel a été entendu par le monde protestant qui s’est largement mobilisé et continue de le faire. Ainsi, la Fédération protestante de France a collecté près de 50 000 euros qui ont été reversés aux associations partenaires MEDAIR et Action Chrétienne en Orient (ACO) qui agissent en Irak et en Syrie. La Fédération de l’entraide protestante a quant à elle recueilli plus de 150 propositions d’hébergement. 


« Je voudrais exprimer ma fierté et ma reconnaissance. Fierté, car le protestantisme s’est mobilisé en exprimant sa solidarité tant financièrement que dans l’accueil et la prière. Reconnaissance, car je remercie les protestants qui ont pris leur part de responsabilité face à cette situation comme je l’avais assuré au Premier ministre en septembre 2014. Le protestantisme français a risqué la fraternité et a tenu parole. Mais nous savons aussi que la situation au Proche-Orient reste difficile et que l’issue des conflits semble bien lointaine. Il s’agit probablement et malheureusement d’une situation qui va durer. Nous ne devons donc pas relâcher nos efforts, poursuivre nos actions de solidarité et inlassablement risquer la fraternité. » Pasteur François Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France 


« L’appel à la solidarité a été entendu par le monde protestant. Les paroisses comme les associations ou les particuliers font preuve de quantité d’initiatives pour permettre l’accueil des populations réfugiées et tenter d’inventer avec elles un meilleur avenir ! Remercions chacun d’entre eux pour cet accueil fraternel, que nous constatons comme offert totalement sans condition ni jugement... Aujourd’hui, notre grand défi reste de trouver des solutions d’hébergement dans les grandes villes comme Marseille, Lyon et Paris qui sont très demandées par ces réfugiés qui tentent de se rapprocher des familles ou relations déjà arrivées en France. » 

Jean Fontanieu, Secrétaire général de la Fédération de l’entraide protestante 

QUELQUES CHIFFRES CLÉS 

•50 000 € DE DONS COLLECTÉS

150 PLACES D’HÉBERGEMENT PROPOSÉES

90 DOSSIERS EN COURS D’INSTRUCTION

35 PERSONNES DÉJÀ ACCUEILLIES EN FRANCE

2 ASSOCIATIONS PARTENAIRES QUI AGISSENT SUR PLACE GRÂCE AUX DONS (Médair et Action Chrétienne en Orient ) 

3. AIDE AUX POPULATIONS SUR PLACE :
MEDAIR ET ACO AGISSENT GRÂCE AUX DONS COLLECTÉS 

Les 50 000 euros collectés suite à l’appel à la solidarité du comité des appels d’urgence du protestantisme ont été répartis entre deux organisations partenaires : l’ONG MEDAIR et l’ Action Chrétienne en Orient (ACO). 

> DÉCOUVREZ EN VIDÉO L’ACTION MENÉE PAR MEDAIR SUR LE TERRAIN 


Crise Irakienne: les familles qui ont fui vivent dans des conditions effroyables

L’action de MEDAIR en Irak est un projet dénommé « Soins de santé aux déplacés en camps et hors camps dans le gouvernorat de Duhok » à destination de 24 000 déplacés. Il s’agit d’un programme d’urgence avec pour objectifs d’améliorer l’accès aux services de santé primaires à Shariya et dans le camp qui y est installé. 


Grâce à son réseau protestant local, l’Action Chrétienne en Orient (ACO) redistribue à des paroisses qui assurent l’accueil de réfugiés en Irak et en Syrie (Bagdad et KirKouk) la fourniture de produits de première necessité, l’aide alimentaire et l’accès aux soins. 

Les deux organisations rendent régulièrement compte de leurs actions à la Fédération protestante de France via la Fondation du protestantisme


L’appel à la générosité se poursuivra 

Le comité des appels d’urgence du protestantisme relancera régulièrement ses appels de fonds en 2015. Ces collectes, comme la précédente, seront assurées par la Fondation du protestantisme : www.fondationduprotestantisme.org


4. ACCUEIL DES RÉFUGIÉS EN FRANCE : UNE MISSION CONFIÉE À LA FEP 

Quelles sont les personnes accueillies ? 

Les personnes accueillies sont des personnes qui, fuyant les guerres d’Irak et de Syrie, demandent l’asile en France. La Fédération de l’entraide protestante (FEP) identifie en priorité les personnes en situation de grande vulnérabilité : personnes nécessitant des soins médicaux urgents ou encore les minorités persécutées. 


Mise en place avec les pouvoirs publics 

Suite à l’appel à la solidarité, la Fédération protestante de France (FPF) a confié à la Fédération de l’entraide protestante (FEP) une mission consistant à dresser une liste d’hébergement pour l’accueil des réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie. Grâce à la mobilisation des communautés protestantes de France, la FEP a pu transmettre dès décembre une première liste de 92 places au ministère de l’Intérieur. Cependant, l’extrême lenteur de traitement des dossiers et la difficile coordination entre le ministère de l’Intérieur, les services de l’asile et les consulats d’Irak ont fortement ralenti l’arrivée en France des réfugiés. Le 16 février dernier, une réunion avec le préfet et les services de l’asile a permis de faire évoluer les procédures et la FEP a obtenu de gérer directement les dossiers avec les consulats d’Erbil, de Mossoul et de Bagdad. 

Coordinateur national 

La coordination de cette opération d’accueil a été confiée à Adrien Sekali, président de la Maison Verte2 qui a constitué un réseau de correspondants au sein des Églises orientales et des différentes associations et ONG sur place. En lien avec elles, il identifie les personnes les plus vulnérables et les accompagne dans leurs démarches jusqu’à leur arrivée en France. « C’est un travail de fourmi, explique-t-il, qui se fait au cas par cas. Une fois les personnes identifiées, il faut prendre contact avec elles et les aider à constituer leur dossier. Cette étape est souvent rendue difficile du fait de l’impossibilité, notamment pour les Syriens, de s’adresser aux services administratifs du pays pour obtenir les pièces nécessaires comme les passeports par exemple. » 

Toutefois, c’est un travail payant puisque 35 personnes ont pu être accueillies à ce jour et 90 dossiers sont en cours d’instruction. 

Dans un deuxième temps, M. Sekali assure la mise en relation avec les accueillants. « J’identifie parmi les places d’hébergement proposées celles qui sont les plus appropriées à la situation des familles. Plusieurs paramètres sont à prendre en considération, explique-t-il. S’il y a des enfants, il faut pouvoir trouver un hébergement à proximité d’une école. De même, les personnes nécessitant des soins doivent pouvoir accéder facilement aux structures adéquates. » Adrien assure enfin la liaison entre les accueillants et les réfugiés lors de leur arrivée en France. 

Comités d’accueil locaux : trouver des solutions et inventer l’avenir 

Chaque hébergeur est invité à constituer un comité d’accueil regroupant, le plus souvent, bénévoles et associations locales susceptibles d’apporter leur aide sous des formes diverses : accompagnement administratif, aide alimentaire, vestiaire, dons de matériel, etc. « Lorsque nous avons lancé cette opération, nous n’avions pas de solution ‘‘toute prête’’ à proposer aux hébergeurs, reconnaît Jean Fontanieu, secrétaire général de la FEP. Les comités d’accueil ont donc fait preuve d’initiatives pour imaginer des solutions et inventer l’avenir ! » (Cf. focus : Comité d’accueil de Vinsobres). 

L’ AVENIR SE LIMITE POUR LE MOMENT À L’OBTENTION DE L’ASILE, À L’INSERTION SCOLAIRE DES ENFANTS ET À L’ ACQUISITION DES 

DROITS 

Les hébergeurs témoignent d’un réel engagement qui va bien au-delà de la mise à disposition d’un logement. L’accueil de famille de réfugiés implique un accompagnement au quotidien et sur le long terme pour permettre aux familles de s’intégrer progressivement en France et d’accéder à l’autonomie. Une autonomie qui passe notamment par la capacité à subvenir à leurs besoins. C’est pourquoi les premières démarches entreprises par les comités sont la constitution des dossiers auprès de l’OFPRA3 et de l’OFFI4 qui permet l’obtention du statut de réfugié (au titre de l’asile). Ce statut conditionne l’ouverture des droits sociaux (CMU, RSA, prestations familiales, aides au logement ... ) et autorise les réfugiés à travailler en France. « Cette marche vers l’autonomie ne peut être que progressive, confie Martine Chauvin, coordinatrice du comité du consistoire et du diaconat du Plateau5 qui a accueilli en mars dernier, une famille de six réfugiés syriens. Les projets à long terme sont encore difficiles à imaginer pour la famille. L’ avenir se limite pour le moment à l’obtention de l’asile, à l’insertion scolaire des enfants et à l’acquisition des droits. Ce premier temps d’accueil reste avant tout un temps pour se poser et commencer à se reconstruire. Les projets viendront sans doute progressivement, avec le temps. » 

FOCUS : COMITÉ D’ACCUEIL DE VINSOBRES 

Organisation d’un concert de soutien pour l’accueil d’une famille de réfugiés à Vinsobres 

Parmi les initiatives mises en place par les comités locaux, nous pouvons citer le concert de soutien organisé par le comité d’accueil de Vinsobres, un petit village de la Drôme, qui s’apprête à recevoir une famille de réfugiés. Le concert qui s’est tenu le 6 avril dernier était destiné à récolter des fonds qui seront redistribués à la famille accueillie. « Cela lui permettra de faire face en attendant qu’elle puisse percevoir les aides auxquelles son statut de réfugié
lui donne droit », explique Jean-Claude Boudeaux, président du comité
d’accueil de Vinsobres. 

Une initiative couronnée de succès puisque la petite salle des fêtes du village était tout juste assez grande pour accueillir les 120 personnes qui avaient fait le déplacement. 

Un second concert est prévu le 14 juin prochain. 

Quelles suites pour l’action de la FEP ? 

L’accueil des réfugiés va se poursuivre tout au long de l’année 2015. Dès la fin du mois de mai, une famille de 12 personnes irakiennes sera accueillie à Strasbourg, suivie par 20 réfugiés d’origine kurde. Parallèlement, la FEP constitue une seconde liste d’hébergement de 55 places qui sera prochainement adressée au ministère de l’Intérieur. Les places disponibles dans les grandes villes telles que Lyon, Marseille ou Paris font défaut, la FEP va donc se concentrer sur la recherche d’hébergements dans ces villes très demandées par les réfugiés, car ils y ont le plus souvent de la famille. Enfin, la Fédération va renforcer son plaidoyer et continuer à œuvrer pour obtenir des pouvoirs publics qu’ils s’engagent à accueillir un plus grand nombre de réfugiés syriens que les 500 annoncés pour 2015 par le président de la République et qui semble bien peu, compte tenu de l’ampleur de la crise.

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Notes

1 Le comité des appels d’urgence du protestantisme : cellule d’urgence qui se réunit en cas de crise majeure frappant un pays (catastrophe naturelle, guerre, famine, épidémie, etc.) pour mettre en place un soutien financier, institutionnel, humanitaire d’urgence et spirituel. Le comité des appels d’urgence est composé des responsables de la FPF, du Defap - Service protestant de mission, de la FEP et de la Fondation du protestantisme. 

2 Mission populaire évangélique de France (MPEF), membre de la FEP 

Office français de protection des réfugiés et apatrides
Office Français de l’Immigration et de l’Intégration
Le comité du Plateau regroupe le diaconat et le consistoire de Chambon-sur-Lignon, Le Mazet et Saint-Agrève 

CCEE-KEK: pour une Europe de la liberté

La liberté et les libertés : une approche chrétienne

The CEC-CCEE Joint Committee stands with His Holiness Pope Francis at the Vatican 7 May 2015. Photo: L'Osservatore Romano


La réunion annuelle du Comité Conjoint CCEE-KEK a eu lieu cette année à Rome  du 6 au 8 mai à l'invitation du cardinal Angelo Bagnasco, Président de la Conférence épiscopale italienne et Vice-président du CCEE.

Les participants se sont réunis pour discuter du thème: La liberté et les libertés : une approche chrétienne. Des réflexions du point de vue catholique, protestant et orthodoxe ont été offertes.

Un point culminant de la réunion a été l'audience avec le Pape François, jeudi 7 mai. Le Saint Père a souligné la nécessité pour les Eglises en Europe de trouver « des réponses communes aux problèmes que la société contemporaine pose à nous, chrétiens ».

Les participants ont également rencontré l'ambassadeur britannique auprès du Saint-siège, Sir Nigel Baker, qui a souligné que les Etats et les églises partagent un intérêt commun dans la préservation des valeurs chrétiennes pour le bien et la promotion de la démocratie et la paix en Europe.

Le cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, a salué les participants le vendredi matin.

La réunion de Rome a été marquée par des moments de prière selon les différentes traditions des confessions chrétiennes présentes à la réunion.

Les participants ont conclu leur réunion en adoptant le message suivant sur le thème de la réunion:

Pour une Europe de la liberté 

Message du Comité Conjoint 

du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) et de la Conférence des Eglises Européennes (KEK)

Rome, 6-8 mai 2015

Nous, les européens, nous jouissons d’une immense liberté dans notre vie quotidienne. Nous avons une dette à l’égard des générations précédentes qui ont lutté pour construire un ordre social dans lequel le bien commun et la liberté des personnes puissent coexister harmonieusement. 

A l’occasion du 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, nous faisons mémoire de notre lutte intense et, parfois même violente, contre les idéologies porteuses de mort. Cette lutte pour la liberté a mené à la Convention pour la Protection des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, qui souligne le fait que la liberté est toujours associée à des devoirs et à des responsabilités. 

À l’ombre de ce moment obscur de l’histoire, nous souhaitons renouveler notre engagement pour une vision de la liberté qui soit avantageuse pour tous. 

Dans une Europe pluraliste nous sommes convaincus de la nécessité d’une vision chrétienne de la liberté humaine. A nos yeux, cette liberté fait partie de notre être car Dieu nous a crées libres. Notre liberté chrétienne est un don de Dieu enraciné en Jésus Christ et il nous appelle à une vie de service réciproque. Le Christ nous pose un défi : utiliser notre liberté pour réaliser le Royaume de Dieu ici et maintenant. Il n’y a pas d’autre liberté que la liberté avec et pour les autres. 

Il n’est pas rare que la liberté, qui se base sur la vérité, s’oppose à celles que l’on retrouve si souvent ailleurs dans nos sociétés. Trop souvent nous faisons face à des interprétations de la liberté entendue comme satisfaction individuelle et consommation vidée de sens.

Dans le cadre de notre rencontre de Rome, nous avons abordé un certain nombre d’aspects de la liberté adressée à la responsabilité envers Dieu et envers notre prochain :

•Nous souhaitons une liberté qui dénonce l’oppression et la violence contre les femmes, opérée au nom de toute religion.

• Nous souhaitons une liberté qui sauve les migrants dans la Méditerranée, qui s’engage à mettre un terme aux causes de la migration désespérée et qui permette à tous de vivre en paix dans leur propre pays d’origine. 

• Nous souhaitons une liberté qui exprime des paroles de solidarité contre les préjugés sur les Roms.

• Nous souhaitons une liberté qui s’engage à mettre un terme à l’esclavage et au trafic des êtres humains des temps modernes dans le monde entier, conformément à la demande des leaders religieux du 2 décembre dernier sur l’abolition de l’esclavage.

• Nous souhaitons une liberté qui définisse la Création comme don sacré, surtout en ce moment, alors que les communautés religieuses souhaitent partager leur réflexion sur les questions environnementales et désirent accompagner les colloques de Paris (COP21) sur le changement climatique qui aura lieu en décembre.

• Nous souhaitons une liberté qui choisisse l’espérance au lieu du désespoir, et qui vive dans la solidarité avec les jeunes qui s’efforcent de s’approcher du monde du travail et de fonder une famille. 

Nous souhaitons pouvoir faire appel à nos cœurs libres et à nos esprits libres pour soigner les blessures et pour promouvoir l’espérance dans notre monde affligé, mais pourtant béni!

Soixante-dix ans après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, nous prions pour la paix en Europe et dans le monde ; une paix qui doit toujours être le fruit de la justice. 

Dans tout ce que nous faisons, nous devons toujours entendre l’éco du cri qui se dégage des Ecritures : « Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres » (Galates 5, 13).

KEK*

  • Rt. Rév. Christopher Hill, Evêque de Guildford et Président KEK
  • Très Révérende Karin Burstrand, Église de Suède, Vice-présidente KEK
  • Métropolite Emmanuel de France, Métropolie Grecque-Orthodoxe de France (Exarchat du Patriarcat Œcuménique), Vice-président KEK
  • Révérende Adriana Florea, Église Évangélique A.B. en Romania
  • Révérende Silke Tosch, Union des Eglises Evangéliques Libres en Allemagne 
  • Métropolite Joseph, Métropolie Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale 
  • Rév. Archimandrite Ignatios Sotiriadis, Église de Grèce
  • Rév. Guy Liagre, Secrétaire général KEK

CCEE**

  • Cardinal Péter Erdő, Archevêque de Esztergom-Budapest, Président CCEE
  • Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes, Vice-président CCEE
  • S.E.R. Mons. Angelo Massafra (OFM), Archevêque de Scutari-Pult, Vice-président CCEE
  • S.E.R. Mons. Ján Babjak (S.J.) Archevêque de Prešov
  • S.E.R. Mons. Roland Minnerath, Archevêque de Dijon
  • S.E.R. Mons. Kevin McDonald, Archevêque émérite de Southwark
  • Père Patrick Daly, Secrétaire général de la Comece
  • Mons. Duarte da Cunha, Secrétaire général CCEE

*La Conférence des Eglises Européennes (KEK)

**Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE)

8 mai 2015

KEK/CCEE

EPUdF: Publication d’un livre sur les relations entre Juifs et Protestants

Juifs et Protestants Une fraternité exigeante


Alors que la France a commémoré les 70 ans de la fin de la Shoah, l’Eglise protestante unie de France a décidé de publier un volumineux dossier, sous forme d’un livre : Juifs et Protestants. Une fraternité exigeante.

On a entendu crier « Mort aux Juifs ! » dans les rues de Paris il y a quelques mois. Ce ne sont pas seulement des mots. En 2012 et début 2015, des Juifs ont été froidement ciblés et assassinés parce que Juifs. L’antisémitisme sournois, évolutif et parfois meurtrier qui se développe n’est certes pas la seule forme d’intolérance et de fanatisme dans notre société, mais l’histoire nous enseigne qu’il en est la pire expression.

Les Juifs et les Chrétiens protestants sont en effet liés de multiples manières. Leurs sources spirituelles, les Ecritures auxquelles ils se réfèrent, leur vision de l’être humain ou de l’histoire sont très largement convergentes. En France, l’histoire, la culture et la sociologie ont créé depuis longtemps entre eux des affinités parfois méconnues et pourtant presque structurantes.

Pour autant, les affinités n’excluent pas les différences, voire les désaccords. La fraternité n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Et le livre n’esquive pas des débats parfois difficiles.

On trouvera les principales caractéristiques de l’ouvrage au verso. Le contexte préoccupant dans lequel l’Eglise protestante unie a choisi de le publier ne doit pas faire oublier qu’il est le fruit d’un travail long et attentif, mené par une équipe de personnalités aux compétences remarquables. Il est marqué par le choix, délibéré et assumé, d’exposer – dans tous les sens de ce terme – des points de vue protestants.

Après la réception de l’ouvrage, pourra venir le temps d’un colloque, pour débattre, et approfondir un dialogue entre protestantisme et judaïsme qui, à la vérité, ne s’est jamais interrompu à travers l’histoire de France et qui demeure vif, notamment sous les auspices de la Fédération protestante de France.

Laurent SCHLUMBERGER, pasteur, président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France

JUIFS ET PROTESTANTS

Une fraternité exigeante

Sous la direction du pasteur Jean‐Charles TENREIRO Date de parution : septembre 2015, 300 pages

Auteurs

  • David BOUILLON, pasteur, Union de prière à Charmes sur‐Rhône, Patrick CABANEL, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse, membre de la Commission d’histoire de la
  • Fondation pour la mémoire de la Shoah, ElianCUVILLIER, professeurdeNouveauTestamentàl’Institut
  • protestant de théologie à Montpellier,
  • André ENCREVÉ, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris‐ Est Créteil,
  • Alain MASSINI, lauréat du prix de l’Amitié judéo‐chrétienne de France, président (1996‐2008) de la
  • Commission de la Fédération protestante de France pour les relations avec le judaïsme,
  • Roland POUPIN, docteur en théologie et philosophie, président en exercice de la Commission de la
  • Fédération protestante de France pour les relations avec le judaïsme, Patrice ROLIN, docteur en théologie, animateur de L’atelier protestant,
  • Thomas RÖMER, professeur au Collège de France,
  • François SCHEER, Ambassadeur de France,
  • Laurent SCHLUMBERGER, président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France, Danielle VERGNIOL, pasteure, responsable en France du Programme œcuménique d’accompagnement en Israël Palestine (EAPPI),
  • ainsi que des documents du pasteur Alain BLANCY, d’organisations internationales...

Aperçu du sommaire

Après trois textes introductifs, le livre se présente sous forme d’un dossier en quatre parties :

  • ‐  Jalons bibliques

Il s’agit d’éclairer quelques notions fondamentales (Israël, le messie, la Terre, les Ecritures, etc.)

  • ‐  Juifs et chrétiens en dialogue

Quelques étapes essentielles du dialogue contemporain entre juifs et chrétiens sont présentées.

  • ‐  Juifs et protestants en France : une histoire particulière

Cette partie constitue le cœur du dossier. Elle évoque l’histoire, les sources spirituelles et théologiques, et quelques‐unes des réalités qui tissent l’ancienne et profonde fraternité entre juifs et protestants en France.

  • ‐  Questions politiques autour de l’Etat d’Israël

Sont ici évoquées les affinités mais aussi les questions et les contestations autour de la réalité politique contemporaine que constitue l’Etat d’Israël et la politique de ses gouvernements.

L’ouvrage s’achève par une bibliographie et des parcours proposés à des personnes et des groupes qui voudraient se saisir de ce dossier.

Le livre est complété par d’importantes ressources documentaires qui seront accessibles, dès la publication, sur les sites www.eglise‐protestante‐unie.fr et www.editions‐olivetan.com 

 7 mai 2015

EPUdF

COE: message de la Pentecôte 2015


Chers frères et sœurs dans la foi,

En cette période, nous nous remémorons ces mots des Écritures hébraïques:

Demandez la paix pour Jérusalem: que tes amis vivent tranquilles; que la paix soit dans tes remparts et la tranquillité dans tes palais! À cause de mes frères et de mes compagnons, je dirai: «La paix soit chez toi!» (Psaume 122,6-8)

Et du Nouveau Testament:

Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. (Actes des Apôtres 2,1)

«Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix» a été le thème de la Dixième Assemblée du Conseil œcuménique des Églises (Busan, République de Corée, 30 octobre – 8 novembre 2013). À cette occasion, le COE nous a appelés à rejoindre toutes les personnes de bonne volonté dans un pèlerinage de justice et de paix.

Le monde ne peut offrir la paix qu’avec des mots vides, en disant «“Tout va bien! Tout va bien!” et rien ne va» (Jérémie 6,14). La justice peut-elle exister sans la paix? Et la paix peut-elle exister sans la justice? Trop souvent, nous recherchons la justice aux dépens de la paix et la paix aux dépens de la justice. Shalom (שָׁלוֹם) n’est pas qu’une expression pour se saluer. Quand nous disons les uns aux autres «Que la paix du Seigneur soit avec toi», nous nous souhaitons en effet bonheur, intégrité, épanouissement, bien-être, santé, qualité de vie, sécurité, sagesse, tranquillité, prospérité, perfection, plénitude, repos et harmonie, ainsi qu’absence d’agitation ou de discorde. Notre paix, notre shalom, a été payée dans sa totalité par notre Seigneur Jesus Christ sur la croix au Golgotha.

Tous ceux et celles qui croient en Christ sont ainsi libérés pour se faire entendre quand on recherche la paix sans se préoccuper de justice ou quand la quête de justice se trouve prise dans une spirale de violence. Comme les anciennes paroles du psalmiste continuent de rendre témoignage, le statut de Jérusalem demeure la plus grosse pierre d’achoppement dans les négociations entre Israéliens et Palestiniens. Tant que continuera l’occupation, Jérusalem ne sera pas en paix. Les lieux saints des juifs, des chrétiens et des musulmans sont encore loin d’être des signes de paix et de réconciliation entre les différentes communautés.

Les Actes des Apôtres nous disent: «Quand le jour de la Pentecôte [ten hemeran tes pentekostes] arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble» (Actes 2,1). Le jour de la Pentecôte tire son nom du mot grec pentekostos, qui signifie «cinquantième» et fait référence à la «fête des Semaines», cinquante jours après Pessah et Pâques. Les premiers disciples de Jésus étaient tous réunis ensemble. Non seulement les apôtres, mais aussi les cent-vingt disciples, hommes et femmes, qui priaient et attendaient ensemble le Christ ressuscité. Le mot grec signifie qu’ils étaient tous dans les mêmes dispositions. Tout à coup, un bruit comme un violent coup de vent (grec, pneuma) emplit la maison. Le vent était une manifestation physique de la présence de l’Esprit Saint. Toutes les personnes présentes furent remplies d’Esprit Saint et se mirent à parler dans les langues des différents pays d’où les Juifs pieux étaient venus en grand nombre pour assister à la Pentecôte.

L’Esprit Saint est offert par Dieu comme un don de foi à tous ceux et celles qui croient en le Christ ressuscité. À travers les âges, les chrétiens ont continué de participer à la transformation interne que symbolise la Pentecôte. Le matin de la Pentecôte, Pierre est sorti de la chambre du haut où les disciples s’étaient réunis pour déclarer publiquement que Dieu avait ramené Jésus à la vie et qu’ils en étaient tous témoins. Le Christ est ressuscité! Il est vraiment ressuscité! Notre Sauveur a vaincu le péché, la mort et la tombe. Pierre a proclamé le don salvateur de Jésus Christ au monde (Actes 2,1-41). Il a pris la parole en public pour proclamer que Jésus est réellement le Prince de la paix (Sar shalom).

Depuis deux millénaires, les chrétiens célèbrent «l’anniversaire de l’Église», comme on appelle souvent la fête de la Pentecôte, et ils se manifestent dans la sphère publique pour proclamer que Jésus est le Seigneur de toutes et tous. Nous sommes conscients que, dans le passé, cette proclamation était souvent marquée par un esprit de supériorité sans respect pour la dignité de tous les êtres humains, quels que soient leur religion, leur race, leur sexe ou leur appartenance ethnique. Ce genre d’arrogance n’a rien à voir avec l’Esprit Saint manifesté à la Pentecôte, l’Esprit du Christ qui surmonte les murs de séparation, murs de haine, et qui affirme la riche diversité de toute vie. L’Esprit de la Pentecôte nous appelle sur le chemin de la justice et de la paix en tant que disciples suivant le Christ, aux côtés d’autres pèlerins.

Ainsi, nous en sommes certains:

Le Dieu Trine nous accordera la paix dans la perspective de la mort et du monde à venir; la paix parmi les orages et tempêtes de la vie. Frères et sœurs, demandez la paix, la prospérité et la bénédiction de Dieu non seulement pour Israël, non seulement pour Jérusalem, mais aussi pour le monde entier; priez non seulement pour votre paroisse, Église, quartier ou pays, mais aussi pour la paix en Israël Palestine, pour la paix en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Égypte, en Libye, au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, en Afghanistan, en Birmanie/Myanmar, au Pakistan, aux Philippines, en Thaïlande, en Ukraine, en Irak, en Syrie, au Yémen, en Colombie et au Mexique. Plus de 10 000 personnes sont tuées chaque année dans les conflits armés en cours sur la planète. Priez pour la paix de notre monde.  La paix est une question de vie et de mort pour les gens qui y aspirent. Priez pour la paix du monde. Le Prince de la paix nous envoie pour témoigner de ce que nous avons vu et entendu dans la pièce du haut, pour devenir dans la sphère publique ce que nous avons vu et vécu pendant la Pentecôte, pour être une bénédiction dans et pour le monde bien-aimé et brisé de Dieu.

Que la grâce du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint Esprit, soit avec nous toutes et tous.

Les présidents du Conseil œcuménique des Églises

  • Pasteure Mary-Anne Plaatjies van Huffel, Église réformée unifiante d'Afrique australe
  • Pasteure Sang Chang, Église presbytérienne de la République de Corée
  • Archevêque Anders Wejryd, Église de Suède
  • Pasteure Gloria Nohemy Ulloa Alvarado, Église presbytérienne de Colombie
  • Évêque Mark MacDonald, Église anglicane du Canada
  • Pasteure Mele’ana Puloka, Église wesleyenne indépendante de Tonga
  • S.B. Jean X, patriarche de l'Église orthodoxe grecque d’Antioche et de tout l’Orient
  • S.S. Karékine II, patriarche suprême et catholicos de tous les Arméniens

COE: sur le chemin d’Emmaüs - Pèlerinage en Terre Sainte et en Suède


Salam M. Qumsiyeh, dont le prénom signifie «paix», comptait parmi les participants au pèlerinage. 

*Par Peter Kenny 

Cette marche pacifique s’est inspirée du récit biblique d’Emmaüs, en sillonnant la Terre Sainte sur les traces de Jésus.

L’Évangile selon saint Luc décrit la rencontre, dans le village d’Emmaüs, entre le Christ ressuscité et deux hommes qui retrouvent ainsi l’espoir.

Emmaüs a inspiré un groupe de 60 jeunes provenant de lieux tels que la Palestine, l’Afrique du Sud, l’Allemagne et la Suède à faire un pèlerinage de paix en deux phases.

Tout au long de ces marches, qui ont chacune duré une semaine, les jeunes se sont raconté leur vécu et leur foi. Ils ont marché, dansé, chanté, parlé et voyagé ensemble en bus, sur un territoire en paix et un autre en conflit.

L’imposant mur de séparation entre Israël et la Palestine et les champs de blé doré de l’ouest de la Suède sont très éloignés de Qunu, en Afrique du Sud, où Yolanda Ngxishe a grandi sur les mêmes collines vallonnées que Nelson Mandela.

À l’instar de l’artisan de paix sud-africain, champion de la lutte contre l’apartheid, Yolanda Ngxishe appartient au clan Madiba, qui parle xhosa.

Yolanda Ngxishe fait partie de la génération postapartheid des «Born free», ceux et celles qui sont nés libres, mais, pour lui, «bon nombre de Sud-Africains ne ressentent pas la liberté pour laquelle nos ancêtres se sont battus».

Une pensée pour Nelson Mandela

«J’ai pensé à Nelson Mandela. Il a combattu pour la liberté et cela m’a fait penser au film "Un long chemin vers la liberté". Cela a été un moment idéal pour penser à Nelson Mandela. Nous pouvons à présent nous déplacer librement, mais ce n’est pas le cas ici», a-t-il raconté.

Notant que l’apartheid économique perdure en Afrique du Sud, Yolanda Ngxishe a déploré la situation des Palestiniens: «Ils ne sont pas égaux sur le plan économique. Ils n’ont pas accès à l’eau en quantité suffisante. Mais l’eau, c’est la vie», a-t-il dit, ajoutant qu’il est difficile pour les Palestiniens de circuler aisément.

Le groupe lui a beaucoup apporté; la musique était un dénominateur commun. «Je peux penser à des choses positives. Mon esprit est plus ouvert», a-t-il affirmé.

Yolanda Ngxishe explique: «La principale chose que j’ai apprise, c’est que le groupe prend l’éducation très au sérieux; ce qui n’est pas notre cas en Afrique du Sud. La plupart de nos jeunes ne sont pas scolarisés. Ceux qui bénéficient d’une éducation deviennent de meilleures personnes.»

Au moment de bénir la première phase de la marche, l’évêque palestinien Munib A. Younan a déclaré: «Vous êtes à présent les missionnaires d’un pèlerinage mondial en l’honneur du Seigneur ressuscité, Jésus Christ!»

«Quand nous parlons de paix, nous parlons d’un concept qui dépasse les pays où les habitants vivent dans des conditions dangereuses, comme c’est notre cas à nous, sous l’occupation», a expliqué l’évêque Younan. «C’est parce que la xénophobie ou le racisme se développent parfois très facilement au sein des sociétés confortables et démocratiques.»

Munib Younan est évêque de l’Église évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte, qui appartient au Conseil œcuménique des Églises (COE), et président de la Fédération luthérienne mondiale.

Le pèlerinage a débuté en août 2014, à l’occasion du millième anniversaire du diocèse de Skara de l’Église de Suède. Dans le cadre des célébrations de son jubilé, le diocèse a accueilli des jeunes issus d’horizons divers pour une semaine de pèlerinage à pied.

La deuxième phase de «Sur le chemin d’Emmaüs» s’est poursuivie en Terre Sainte du 4 au 12 avril 2015, avec la participation de 60 jeunes accompagnés de trois évêques et des responsables d’Église d’Allemagne, de Palestine, d’Afrique du Sud et de Suède.

En Terre Sainte, ils ont séjourné dans des lieux bibliques emblématiques tels que Bethléem, Jéricho et Nazareth.

Un étudiant allemand, Mario Münsterer, a établi un parallèle avec l’histoire de son pays: «Rencontrer des personnes en Suède et en Palestine, ça a été pour moi une expérience nouvelle et formidable. Je suis né après la chute du mur», a-t-il précisé, en référence au mur de Berlin qui divisait la partie orientale de la partie occidentale de l’Allemagne durant la guerre froide.

Après la chute du mur, en 1989, les individus ont pu circuler librement dans une Allemagne réunifiée, ajoute-t-il. Toutefois, ce n’est pas le cas en Terre Sainte, où Israël a érigé un mur et une barrière de séparation avec la Palestine.

Mario Münsterer a expliqué que les jeunes avaient pris leurs distances avec leur téléphone portable: «Durant le pèlerinage, nous avions du temps pour nous-mêmes, pour réfléchir, nous avons pu communiquer directement entre nous lors de nos déplacements et nous avons pu comprendre le fond des problèmes. C’était bien mieux.»

Salam M. Qumsiyeh, dont le prénom signifie «paix», est une Palestinienne originaire de Beit Sahour. Elle a pu raconter, puis montrer, aux marcheurs pacifiques comment elle vit avec la barrière.

«J’ai été déçue que tous les contrôles se soient déroulés normalement», a-t-elle confié.

«Cela ne se passe pas comme ça pour les Palestiniens: nous devons nous mettre en rang et subir des fouilles corporelles. Il nous faut un permis pour pénétrer en Israël. Notre groupe ne pourra pas comprendre cela s’il ne le vit pas.» Elle a ajouté que même si le groupe a fait l’expérience des barrages routiers, en aucun cas il n’a pu mesurer ce qu’endurent réellement les Palestiniens.

«J’aime marcher, et cette marche a un but: rallier Emmaüs. Des personnes ont appris à se connaître, elles ont découvert ce que nous faisons et comment nous vivons», a dit Salam Qumsiyeh au cours du voyage.

Elle a évoqué les questions que lui ont posées ses compagnons de voyage dans le bus: «Vous vivez les réponses», leur a-t-elle répondu.

«Je voulais raconter un tas de choses sur ce que nous vivons», a-t-elle expliqué. «Pour moi, lutter pour la Palestine c’est passer le message au monde entier et parler aux autres de notre réalité. Leurs connaissances se limitent à l’information diffusée par les média, or celle-ci ne reflète pas notre réalité.»

Des jeunes Israéliens et Palestiniens divisés

Elle a évoqué le fossé entre jeunes Palestiniens et Israéliens, qui vivent si près les uns des autres mais mènent pourtant des existences totalement différentes.

«Je n’ai rien contre l’idée d’être amie avec des Israéliens s’ils comprennent ce que je ressens, mais s’ils montrent une forme de racisme ou d’extrémisme, pourquoi voudrais-je entretenir des liens amicaux avec eux?», demande-t-elle.

«Selon moi, la plupart d’entre eux sont comme ça. Parce qu’ils ne comprennent pas ce que sont les Palestiniens; ils nous prennent pour des terroristes. Ils n’ont reçu aucune éducation sur la question palestinienne», déplore Salam Qumsiyeh.

L’étudiante palestinienne poursuit: «La réponse, c’est d’accepter. Si vous vous bornez à croire que vous seul avez raison, alors vous niez le fait que les autres puissent avoir des idées différentes ou vous niez l’existence d’autres ethnies.

«Si vous comprenez et voyez ce qu’ils représentent par rapport à vous, je pense qu’on pourra parvenir à la paix.»

Marcher, échanger, réfléchir

«Marcher ensemble, c’est un bon moyen d’échanger et de réfléchir ensemble, et c’est là toute l’idée», a expliqué Daniel Uddling, responsable du projet à l’Église de Suède.

Marika Griehsel, journaliste à la télévision suédoise, et son époux Simon Stanford, caméraman pour la télévision sud-africaine, ont également pris part au pèlerinage. Simon Stanford a filmé le voyage en Suède et en Terre Sainte. Il avait déjà filmé pour les médias internationaux la fin de l’apartheid dans les années 1990 et la lutte contre cette politique dans les années 1980.

«Le fait de me trouver au cœur de ce groupe et de découvrir comment les gens peuvent en apprendre plus sur la paix en partageant leurs expériences a été pour moi une source d’inspiration», déclare Simon Stanford.

Goran Rask, président et initiateur du projet, s’est entretenu avec les jeunes à l’issue de leur pèlerinage et les a remerciés.

«Une longue marche»

«Nous l’avons fait! Nous avons marché jusqu’à Emmaüs! Le voyage a été long.

«Nous arrivons d’Afrique du Sud, d’Allemagne, de Suède et de Bethléem, Beit Sahour, Beit Jala, Ramallah et Jérusalem en Palestine pour cet "Emmaüs". Cela a été une longue marche, surtout après un détour par Skara, en Suède, et Flämslätt, Husaby, Forshem, Kungslena, Gudhem et Varnhem.»

Reprenant les propos qu’un membre du groupe, Khaleed, avait tenus à Flämslätt: «La danse semble être notre langage commun».

«Chanter et danser nous a permis de partager notre foi et de parler de notre vie d’une façon spéciale», a déclaré Goran Rask.

Il souligne que, plus important encore que la marche elle-même, les participants ont évoqué ce qu’ils attendent de la vie et fait part de leurs rêves, de leur quotidien, de leurs peines et des difficultés auxquelles ils se heurtent. Ils se sont penchés sur les effets de l’injuste souffrance causée à leurs amis vivant en Palestine et sur la manière dont cette occupation illégale affecte leur existence.

De même, ils ont partagé leur foi par la vie de Jésus et l’Évangile de Luc, ainsi que par des textes bibliques portant sur les cinq thèmes phares du pèlerinage, à savoir la durabilité, le baptême, la mission, le pluralisme et la paix. Ils ont écouté les témoignages de leurs compagnons et partagé leur foi jour après jour.

«Je rêve que vous compreniez que votre mission est de continuer à rêver et œuvrer pour la paix et la justice, de plaider en faveur d’un monde pluraliste et durable», leur a dit Goran Rask.

Il a rappelé au groupe: «Dieu est avec nous et Jésus marche à nos côtés, comme il l’a fait avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs, et par notre baptême, Dieu nous montre que Jésus est à nos côtés.»

Le projet a été mené en étroite coopération avec l’Église évangélique luthérienne de Bavière, le diocèse du sud-est de l’Église évangélique luthérienne d’Afrique du Sud, l’Église évangélique luthérienne de Jordanie et de Terre Sainte, les Jeunes de l’Église de Suède (Church of Sweden Youth) à Skara, l’organisation de jeunesse Sensus, ainsi que le département international de l’Église de Suède.

*Peter Kenny est journaliste et consultant en communication. Il écrit pour Ecumenical News, le Wall Street JournalThe Star de Johannesburg et d’autres médias.

Billet sur le blog par une participante palestinienne, Salam M. Qumsiyeh

Billet sur le blog par un participant sud-africain, Bandile Vukani Ndaba

12 mai 2015

COE

COE: le secrétaire général prêche à Washington lors des commémorations du génocide arménien


Prédication du secrétaire général du COE à la Cathédrale nationale de Washington. Image: Kris Connor/Getty Images pour NCAGC 


Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), a fait une prédication lors du service œcuménique organisé le 7 mai à la Cathédrale nationale de Washington, aux États-Unis, pour les commémorations du centenaire du génocide arménien.

L’événement, intitulé «Les saints martyrs du génocide arménien: une prière pour la justice et la paix», a rassemblé des milliers d’invités et de responsables de différentes religions en souvenir des personnes emportées par le génocide et en signe de gratitude pour la régénération de la vie pour les rescapés et les personnes qui les ont aidés.

Présidé par Sa Sainteté Karékine II, catholicos de tous les Arméniens, et Sa Sainteté Aram Ier, catholicos du Saint-Siège de Cilicie, l’événement s’est déroulé en présence du vice-président des États-Unis, Joe Biden, et du président arménien, Serge Sargsian.

L’année 2015 marque le centième anniversaire du début du génocide arménien, qui, selon les estimations, aurait coûté la vie à 1,5 million d’Arméniens sur le territoire de l’Empire ottoman entre 1915 et 1923. Avec un message de sensibilisation, de gratitude et d’unité, le service œcuménique a été le point d’orgue de trois jours de services religieux, d’expositions et de concerts, avec une cérémonie de remise de prix, sous l’égide de la Commémoration nationale du centenaire du génocide arménien, projet des Églises apostoliques arméniennes d’Amérique.

Le pasteur Tveit a profité des célébrations du centenaire pour appeler à «faire front commun pour combattre et nommer les crimes contre l’humanité» aujourd’hui dans le monde.

Exhortant son audience et les gouvernements du monde entier à dépasser le débat sur le nom que l’on donne à la violence, le pasteur Tveit a dit: «Avec ces commémorations, nous devrions avoir passé le stade où les États – y compris mon propre pays, la Norvège – débattent pour savoir si ce qui est arrivé aux Arméniens en 1915 devrait porter le nom que notre sens moral commun lui donne: un génocide.»

Nous devrions voir les victimes du génocide sous l’angle de leur importance globale pour l’ensemble de l’humanité, a-t-il ajouté.

«Nous les commémorons non seulement en tant que témoins d’une mort cruelle, mais aussi en tant que témoins de la vie. Ils ont rendu un témoignage de la dignité et du sens de la vie avant de mourir. Aujourd’hui, leurs témoignages nous appellent nous à devenir des témoins de la vie parmi le péché et la mort à notre époque», a-t-il dit.

Attirant l’attention sur la violence généralisée en Syrie et au Moyen-Orient, au Soudan du Sud et ailleurs, le pasteur Tveit a noté que «nous vivons dans un monde qui est confronté à un degré inégalé de brutalité, de crimes contre l’humanité, de systèmes injustes, de pauvreté et de manque de capacité et de volonté à surmonter les conflits par des processus politiques et diplomatiques.»

Pourtant, faisant allusion aux récentes violences aux États-Unis, le pasteur Tveit a déclaré que tous les pays, même celui qui est devenu «un foyer pour de nombreux individus qui, venus du monde entier, cherchaient un abri», sont mis en demeure de témoigner de la vie et de l’espérance. «Nous entendons les mêmes espoirs de justice et de paix provenir de ce pays, de villes comme Ferguson et Baltimore. Toutes les vies comptent!»

Pour le pasteur Tveit, l’histoire devrait nous avoir appris à assumer nos responsabilités: «Il est temps pour nous d’être bien plus que de simples spectateurs observant le péché et la cruauté dans ce monde, et de nous tenir aux côtés de ces martyrs et saints pour être des ambassadeurs de la justice et de la paix. En cette période où de nombreux pays dans le monde commémorent aussi les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, explorons et célébrons ensemble, avec toutes les personnes de bonne volonté, quelles que soient leurs origines ethniques, croyances ou identités, la signification profonde et la richesse de la paix.»

La prédication du secrétaire général du COE à Washington (en anglais)

Le service œcuménique en vidéo

Le discours du secrétaire général du COE lors de la commémoration du centenaire du génocide arménien à Erevan (Arménie) le 23 avril.

Cathédrale nationale de Washington

Églises membres du COE en Arménie

Plus d’informations sur les célébrations du centenaire du génocide arménien (en anglais)

08 mai 2015

COE

COE: rencontre entre le secrétaire général du COE et le président de la Banque mondiale


COE/Rudelmar Bueno de Faria

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE), et Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, se sont entretenus au sujet d’éventuelles collaborations en vue de mettre fin à l’extrême pauvreté, à l’occasion d’une rencontre qui s’est tenue à Washington le 4 mai.

Leur réunion s’est déroulée dans le sillage d’une déclaration sur l’obligation morale et spirituelle de mettre fin à l’extrême pauvreté, signée par des responsables religieux du monde entier en février 2015. M. Kim a invité le COE à étudier les possibilités de collaborations, dans l’idée d’un engagement mutuel des deux organisations.

Le pasteur Tveit a félicité le président de la Banque mondiale pour ses efforts en vue de mettre un terme à la pauvreté à l’horizon 2030 en s’attaquant aux questions de l’inégalité, de la dignité humaine et des changements climatiques. «Le pèlerinage de justice et de paix s’emploie à résoudre des problématiques structurelles, morales et politiques et le COE travaille en collaboration avec d’autres organisations partageant cet état d’esprit pour promouvoir des solutions durables en vue de porter un coup d’arrêt à la pauvreté», a-t-il déclaré.

Parvenant au même constat au sujet de la pauvreté dans le monde, Jim Yong Kim a déclaré que les communautés et organisations religieuses jouent un rôle indispensable pour combattre et éradiquer l’extrême pauvreté. La Banque mondiale travaille déjà avec des communautés religieuses dans plusieurs pays par l’intermédiaire de leurs gouvernements, a-t-il indiqué.

«Les Églises, les organisations œcuméniques et les membres de l’Alliance ACT œuvrent depuis longtemps à mettre fin à la pauvreté», a rappelé le pasteur Tveit. «Les Églises et les membres d’ACT dans le Sud sont actives dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agriculture durable, des services de santé et de l’éducation dans une perspective holistique.»

Il a ajouté: «l’intégration de l’Alliance œcuménique “agir ensemble” au sein du Conseil œcuménique des Églises témoigne également de notre approche œcuménique et holistique de ces questions.»

M. Kim a de son côté souligné que la Banque mondiale avait investi environ 11 milliards de dollars É.U. dans des activités liées au climat l’an dernier, la raison essentielle étant que les populations les plus pauvres seront sans aucun doute celles qui seront les plus touchées par l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, pour ne citer qu’un exemple.

Le travail même de la Banque mondiale a par ailleurs changé, a expliqué Jim Yong Kim lors de cette rencontre, ajoutant que ce genre de changement est phénoménal. Pour mettre fin à l’extrême pauvreté, il est essentiel d’investir dans les individus à court et moyen termes.

Il a en outre dit qu’il était crucial de travailler sur les questions de la protection sociale, de l’assurance maladie et de tous les services qui auront des effets positifs sur la vie des gens. La Banque mondiale ne dictera pas ce que les pays doivent faire pour lutter contre les inégalités, mais les pays doivent néanmoins élaborer des propositions visant à toucher 40% des populations les plus pauvres.

Le pasteur Tveit s’est félicité de sa rencontre avec le président de la Banque mondiale: «C’est une perspective remarquable et notable pour une institution comme la Banque mondiale, qui dispose de tant de moyens, et nous espérons que leurs objectifs pourront être atteints grâce à leurs nombreux efforts.»

Le secrétaire général du COE et le président de la Banque mondiale ont discuté des manières de travailler plus efficacement. Des propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l’inégalité et les changements climatiques ont été abordées. Le président de la Banque mondiale a été encouragé à voir le COE à la fois comme une plate-forme et comme un réseau.

«Nous sommes représentés dans la société civile; nous sommes des partenaires solides pour établir le contact avec les communautés de base, pour délivrer des messages importants en faveur de la vie avec la justice», a expliqué le pasteur Tveit à l’issue de la rencontre.

À la réunion entre le secrétaire général du COE et le président de la Banque mondiale étaient également présents le pasteur Adam Russell Taylor, chef de l’Initiative d’inspiration religieuse au sein du Groupe de la Banque mondiale, et M. Rudelmar Bueno de Faria, représentant du COE auprès des Nations Unies à New York.

Déclaration: Mettre fin à l’extrême pauvreté – Une obligation morale et spirituelle

Le COE appelle et s’engage à mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030 aux côtés d’autres religions et organisations d’inspiration religieuse

06 mai 2015

COE

COE/CETA: appel au dialogue au Burundi après les violentes manifestations


Le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA) ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet des manifestations violentes et de grande ampleur qui ont été signalées au Burundi. La communauté fraternelle d’Églises représentée par ces deux organisations est alarmée par la violence des affrontements qui ont eu lieu récemment en lien avec la tenue prochaine d’élections présidentielles.

Dans une déclaration publiée à Genève et Nairobi le 5 mai et signée du pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, et du pasteur André Karamaga, secrétaire général de la CETA, les deux responsables soulignent que «ces manifestations sont de loin les plus intenses que le Burundi ait connues depuis 2005 et la fin de la guerre civile. Nous pleurons ceux et celles qui ont perdu leur vie pendant cette période troublée et, ensemble, nous appelons à un dialogue pacifié.»

La déclaration poursuit: «Nous appelons les Églises et les responsables religieux du Burundi à renouveler leur attachement à la paix et à décourager activement toute forme de violence. Nous appelons les responsables de toutes les religions à apporter leur soutien à un dialogue à l’échelle du pays, qui serait fondé sur le respect mutuel entre toutes les parties.»

Le Conseil œcuménique des Églises et la Conférence des Églises de Toute l’Afrique invitent les fidèles de leurs Églises membres et toutes les personnes de bonne volonté à prier pour la population du Burundi, pour la justice et pour la paix.

Lire la déclaration conjointe du COE et de la CETA

Églises membres du COE au Burundi

05 mai 2015

COE

COE/ONU: une initiative interreligieuse appelle 191 États à interdire les armes nucléaires


Emily Welty, Commission des Églises pour les affaires internationales. © Daniela Varano


«Les armes nucléaires sont incompatibles avec les valeurs que défendent nos traditions religieuses respectives», ont affirmé les représentants d’une cinquantaine d’organisations issues des traditions chrétienne, bouddhiste, musulmane et juive. La déclaration interreligieuse constitue un appel commun adressé aux 191 États parties au plus grand traité de désarmement au monde. L’appel, présenté entre autres par le Conseil œcuménique des Églises (COE), a été lancé lors de la séance d’interventions de la société civile à la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), à New York.

«C’est au nom des valeurs communes de l’humanité que nous nous faisons entendre. Nous dénonçons l’immoralité inhérente au fait de tenir des populations entières en otage», peut-on lire dans la déclaration présentée aux Nations Unies par Mme Emily Welty, vice-présidente de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE. «Aucun impératif ne saurait être opposé à l’existence, encore aujourd’hui, des armes nucléaires ni, a fortiori, à leur utilisation», a déclaré Emily Welty.

Les signataires, originaires d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, s’engagent à faire en sorte que leurs communautés religieuses respectives soient davantage conscientes de la nature inhumaine des armes nucléaires. Ils exhortent les gouvernements à entendre les voix des rescapés de la bombe atomique et à entamer des négociations pour interdire les armes nucléaires «dans le cadre d’un forum où tous les États seraient les bienvenus, sans qu’aucun d’eux ne puisse le bloquer.»

Le 70e anniversaire du bombardement atomique de Hiroshima et de Nagasaki plane cette année sur la conférence du TNP. Lors de séances plénières et de séminaires ainsi qu’à l’occasion d’un grand rassemblement public, des survivants de la bombe atomique aujourd’hui âgés – la plupart ont plus de 80 ans – ont réitéré leurs appels à l’abolition des armes nucléaires. Beaucoup d’entre eux risquent de ne pas pouvoir participer à la prochaine conférence d’examen du TNP, en 2020.

Depuis le dernier examen du TNP, en 2010, de nouvelles données sur les catastrophiques conséquences humanitaires, environnementales et autres des armes nucléaires ont creusé le fossé entre les quelques puissances mondiales disposant d’armes nucléaires et les 186 États qui se sont engagées à ne jamais s’en doter. Le mouvement prend de l’ampleur, avec un soutien actif de la société civile – dont les Églises – à l’idée que la majorité non nucléaire impose une interdiction. Les Églises membres et les partenaires du COE sur six continents ont demandé à leurs gouvernements de démontrer leur soutien à cette interdiction à l’actuelle conférence sur le TNP.

L’appel aux parties au TNP, intitulé «Les communautés religieuses préoccupées par les conséquences humanitaires des armes nucléaires», peut être consulté à l’adresse suivante:http://www.reachingcriticalwill.org/images/documents/Disarmament-fora/npt/revcon2015/statements/1May_Faith.Communities%20.pdf (en anglais). Il s’agit de la dernière déclaration interreligieuse en date appelant à une interdiction des armes nucléaires pour des raisons humanitaires, à l’instar des autres armes de destruction massive, déjà interdites.

Plus d’informations sur le Bureau du COE auprès des Nations Unies

Plus d’informations sur la Commission des Églises pour les affaires internationales

04 mai 2015

COE

COE: journée de prière en faveur du Soudan du Sud

Le COE appelle à une journée de prière spéciale pour le processus de paix au Soudan du Sud

© Paul Jeffrey/COE

Alors que la situation tragique de conflit au Soudan du Sud entre dans son 17emois, le Conseil œcuménique des Églises (COE) invite ses Églises membres à une journée de prière spéciale, le dimanche 10 mai, pour les personnes affectées par le conflit dans le pays, pour une reprise de pourparlers de paix constructifs et pour de nouvelles solutions.

Le COE accompagne les Églises du Soudan du Sud depuis plus de quarante ans. En avril cette année, le COE a, avec la collaboration du Conseil des Églises du Soudan du Sud, réuni à Addis Abeba une vingtaine de responsables et représentants d’Église du Soudan du Sud et d’Éthiopie, ainsi que des agences concernées, pour réfléchir à la situation tragique de conflit que connaît le Soudan du Sud, au récent échec des négociations entre les parties au conflit et à de nouvelles solutions.

«Alors que ce violent conflit entre dans son 17e mois, les Sud-Soudanais attendent dans une douleur insoutenable le retour de la paix», écrit le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, dans son invitation aux Églises.

Le pasteur Tveit souligne que «les responsables d’Église jouent un rôle essentiel pour apporter la paix au Soudan du Sud. Les Églises représentent le peuple et la société civile et elles pourraient unir le pays. C’est pourquoi le COE invite ses Églises membres et les chrétiens du monde entier à prier spécialement pour restaurer l’espérance de toutes les personnes affectées par cette situation de conflit et pour renforcer toutes les initiatives bien intentionnées.»

Le COE invite maintenant les Églises à prier ensemble le dimanche 10 mai pour le processus de paix au Soudan du Sud à l’aide des matériels liturgiques – une prière, un chant et un diaporama sur le thème de la vie au Soudan du Sud – disponibles sur le site web du COE.

Prière, chant et diaporama: la vie au Soudan du Sud

Des responsables d’Église du Soudan du Sud appellent de concert à une paix immédiate

Le secrétaire général du COE et Ellen Margrethe Løj discutent du processus de paix au Soudan du Sud (en anglais)

Églises membres du COE au Soudan du Sud

04 mai 2015

COE

Musée virtuel du Protestantisme : un parcours sur la Réforme pour les collégiens de 5e


Musée virtuel du Protestantisme

Le Musée virtuel du Protestantisme propose aux professeurs d’histoire enseignant au collège, un parcours en ligne spécialement conçu pour le cours sur la Réforme.

Une navigation simple et interactive, des notices adaptées à la pédagogie TICE, avec du texte, des images, des vidéos, des éléments sonores, des documents destinés aux enseignants et un questionnaire de validation pour les élèves.

Rendez-vous sur :

www.museeprotestant.org/parcours/la-crise-religieuse- au-xvie-siecle-naissance-du-protestantisme

A propos du Musée virtuel du Protestantisme

Créé en 2003, le Musée virtuel du Protestantisme propose plus de 1000 notices (grandes dates, personnalités, art-patrimoine...) illustrées par 3000 images. Elles sont enrichies de vidéos, de documents et de références bibliographiques, et sont accessibles en français, en anglais et en allemand. Le Musée est réalisé en collaboration avec la Société de l’Histoire du Protestantisme Français.

Meromedia

La FEPS opposée à la révision de la Constitution (DPI)


Le peuple suisse se prononce le 14 juin sur une révision de l’article 119 de la Constitution. Cette révision est un préalable à l’introduction du diagnostic préimplantatoire (DPI) dans la loi. La FEPS dont l’Église évangélique méthodiste fait partie y est opposée : le DPI ne devrait être autorisé que dans des cas exceptionnels à préciser. La vie humaine ne saurait être soumise à un contrôle de qualité.


Non à la révision de la Constitution le 14 juin (DPI)

La Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) est opposée à la révision de l’article 119 de la Constitution fédérale soumise au peuple et aux cantons le 14 juin prochain. Cette modification ouvre grand la porte à l’utilisation du diagnostic préimplantatoire (DPI) lors de procréation médicalement assistée. La sélection génétique d’embryons touche à un domaine extrêmement sensible, celui de l’eugénisme, soit la sélection artificielle d’êtres humains. Le recours au DPI doit être soumis à une réglementation légale stricte et claire. La révision constitutionnelle soumise au vote ne remplit pas ces conditions. La FEPS a par ailleurs produit un court film pour lancer la réflexion sur la thématique.


La votation populaire du 14 juin 2015 porte sur neuf mots en apparence anodins, intégrés à la 3è phrase de l’alinéa 2, lettre c de l’article 119 de la Constitution fédérale. Cette phrase fixe le nombre d’embryons qu’il est permis de produire en laboratoire dans le cadre d’un traitement de la stérilité.

De trois aujourd’hui, il serait dorénavant possible d’en produire le nombre « nécessaire » à la procréation médicalement assistée – le chiffre de douze étant fixé dans la loi sur la procréation médicalement assistée. Cela permet de produire suffisamment d’embryons pour sélectionner celui qui sera implanté dans le corps de la femme ou pour un cycle de traitement ultérieur.

La FEPS estime qu’il faut permettre aux parents porteurs d’une maladie héréditaire grave de bénéficier d’un examen génétique dans le cadre de la procréation médicalement assistée. La sélection génétique d’embryons touche toutefois à un domaine extrêmement sensible, celui de l’eugénisme, soit la sélection artificielle d’êtres humains. Il est donc indispensable d’élaborer ici une disposition légale stricte et claire. La révision constitutionnelle proposée au vote ne remplit pas ces conditions et la FEPS y est donc opposée. La vie humaine ne saurait être soumise à un contrôle de qualité. La question du traitement à réserver aux embryons « surnuméraires » – produits en éprouvette mais non implantés – reste par ailleurs sans solution.

Pour lancer la discussion sur un enjeu qui semble anodin, la FEPS a produit un bref film, invitant chaque citoyenne, chaque citoyen à s’informer sur la question éthiquement complexe du DPI avant de se rendre aux urnes le 14 juin.

Position de la FEPS

Texte de l’arrêté fédéral
Arrêté fédéral du 12 décembre 2014 concernant la modification de l’article constitutionnel relatif à la procréation médicalement assistée et au génie génétique dans le domaine humain.

On ne choisit pas ses enfants
Cinq arguments contre la révision de la Constitution

… und das ist sehr gut so!
Prise de position plus détaillée (en allemand seulement)

Comité national pour un non le 14 juin

Eglise et Société : l'EEM contre le diagnostic préimplantatoire (prise de position de lEEM dès 2014 - CA)

Berne, 05.05.2015

FEPS

Le COE en réunion pour renforcer le "pèlerinage de justice et de paix"

Participants et participantes à la réunion du Réseau des responsables œcuméniques de COE, à Genève. © COE/Albin Hillert

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) a accueilli la réunion annuelle d’un groupe international de responsables des relations œcuméniques de plusieurs Églises membres du COE. La session de printemps de la réunion du Réseau des responsables œcuméniques a repris le thème de «pèlerinage de justice et de paix» comme inspiration pour apprendre, étudier dans la réflexion et discuter les dynamiques actuelles au sein du mouvement œcuménique.

Cette réunion s’est tenue du 29 avril au 1er mai à l’Institut œcuménique de Bossey.

Le pèlerinage de justice et de paix est un appel qui a été lancé au mouvement œcuménique lors de l’Assemblée du COE à Busan (République de Corée), fin 2013. La réunion à Bossey a été en grande partie consacrée à l’exploration du pèlerinage, afin d’étudier la signification de celui-ci pour le COE, ses Églises membres et la vie personnelle des membres du groupe.

Le programme couvrait de nombreux thèmes, permettant de donner un coup de projecteur sur les programmes du COE, parmi lesquels «les jeunes dans le mouvement œcuménique», «coopération et dialogue interreligieux» et «diaconie et témoignage public».

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a rejoint le groupe le 29 avril pour faire part de ses réflexions sur les activités et le rôle actuels du COE, inspirés par le pèlerinage de justice et de paix.

«Depuis Busan, nous avons développé nos collaborations dans le contexte du pèlerinage de justice et de paix. Nous n’avons pas entamé ce cheminement mais nous l’avons rejoint en cours de route avec d’autres. Il offre néanmoins au COE un point de mire et un cadre à notre vocation en tant que communauté fraternelle mondiale», a déclaré le pasteur Tveit.

Pour le pasteur Tveit, le réseau des responsables œcuméniques est crucial pour favoriser «un niveau essentiel de relations entre le Conseil et les Églises membres.»

Tout au long des quatre jours de la réunion, de nombreux membres du personnel du COE sont venus apporter leurs contributions au programme. Le 30 avril, une quarantaine de participants ont été invités à passer la journée au Centre œcuménique, à Genève, où les employés du bureau du culte et de la vie spirituelle du COE les ont guidés dans la prière.

Les participants à la réunion ont en outre bénéficié d’un éclairage sur le Forum chrétien mondial (FCM). Larry Miller, secrétaire général du FCM, a rencontré le groupe au Centre œcuménique et a présenté la vision du FCM et un grand nombre des thématiques sur lesquelles le FCM travaille, ainsi que sa place vis-à-vis du COE et ses contributions au mouvement œcuménique.

La réunion du Réseau des responsables œcuméniques visait quatre objectifs: donner l’occasion d’en savoir plus sur les activités actuelles dans la vie du COE, recevoir les suggestions des participants concernant les plans de programme, la vision et le travail visant à veiller à l’épanouissement de la communauté fraternelle d’Églises, proposer un espace favorisant les débats sur les questions auxquelles nos Églises sont confrontées aujourd’hui, et motiver un réseau fort et bien équipé de responsables des relations œcuménique dans les Églises membres du COE, offrant ainsi la possibilité de vivre la communion et de construire des relations professionnelles.

Martina Viktorie Kopecká, de l’Église hussite tchécoslovaque, est la plus jeune participante à la réunion. Elle a apprécié la «très bonne atmosphère de la réunion» et souligné les difficultés de réception du concept du pèlerinage dans différents contextes.

«Bien que la réception du concept de pèlerinage de justice et de paix soit un peu complexe pour certains ministères, paroisses et Églises, ce genre de réunion nous donne des moyens de mettre en pratique l’appel lancé par la Dixième Assemblée du COE», a-t-elle dit.

Martina Viktorie Kopecká est membre du Comité exécutif du COE et de la commission ECHOS du COE.

La réunion s’est refermée le 1er mai sur plusieurs séances consacrées à des thèmes tels que la coopération et le dialogue interreligieux, le travail de la Commission de Foi et constitution du COE et l’importance de la communication pour transmettre le message œcuménique.

Plus d’informations sur le pèlerinage de justice et de paix du COE

30 avril 2015

COE

Deux nouveaux sites web dédiés au pèlerinage de justice et de paix

Le COE lance deux nouveaux sites web consacrés au pèlerinage de justice et de paix


pelerinage coe


Deux nouveaux sites web interactifs ont été lancés par le Conseil œcuménique des Églises (COE) afin d’encourager la mobilisation des Églises autour du «pèlerinage de justice et de paix».

Le pèlerinage de justice et de paix est une initiative des Églises membres du COE invitant les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté à travailler ensemble sur les questions de justice et de paix afin de guérir un monde rongé par les conflits, les injustices, les violences et la douleur.

Le nouveau site web www.wccpilgrimage.org (en anglais) propose aux paroisses, organisations et groupes des ressources qui leur permettront de déterminer quel sera le chemin qu’ils prendront dans ce pèlerinage. Le site web encourage chacun à partager ses expériences avec les autres et à en tirer des enseignements.

Guidés par neuf questions, comme «Qu’est-ce qu’un pèlerinage?» et «Que sont la justice et la paix?», les visiteurs du site web peuvent apporter leurs commentaires, soumettre leurs propres documents relatifs aux thèmes en question ou faire part de leurs idées au moyen de vidéos ou d’enregistrements sonores.

Le site renvoie en outre à des débats sur les médias sociaux, à l’aide d’un ensemble de mots-dièse (hashtags) spécifiques.

Le concept de «pèlerinage de justice et de paix» est un thème général pour les divers programmes et activités du COE, organisation qui représente 345 Églises membres et plus d’un demi-milliard de chrétiens à travers le monde. Il a été élaboré à la 10e Assemblée du COE, qui s’est tenue en 2013 à Busan, en République de Corée.

Le deuxième nouveau site, http://blog.oikoumene.org, est consacré aux réflexions sur le thème du pèlerinage et à ses liens avec la vie des Églises dans diverses régions du monde ainsi qu’avec les questions de justice et de paix auxquelles les chrétiens sont confrontés au quotidien au niveau local.

Le premier billet publié sur le blog, écrit par le secrétaire général du COE le pasteur Olav Fykse Tveit, a été publié le 29 avril. Dans son billet, le pasteur Tveit explique que, pour le COE, «le pèlerinage de justice et de paix constitue un cadre clair et une motivation pour prendre de nouvelles initiatives à tous les échelons».

Dans sa réflexion, le pasteur Tveit met en avant le «droit à l’espérance» et son importance pour le mouvement œcuménique. Il y fait part de son expérience suite à sa participation, récemment, à une réunion au Vatican sur les changements climatiques. «Toute l’humanité doit être unie autour d’une bonne intendance, en réalisant les changements nécessaires qui contribueront à instaurer la justice pour les pauvres et pour tous ceux et celles qui sont vulnérables aux conséquences du bouleversement climatique», écrit-il.

Des personnes activement engagées dans le mouvement œcuménique et dans les luttes des Églises pour la justice et la paix apporteront leurs contributions écrites sur le blog. D’autres blogueurs seront invités à refléter la riche diversité de points de vue sur le pèlerinage de justice et de paix, parmi les Églises membres du COE et au-delà.

Les deux sites web sont des forums où les «pèlerins» pourront explorer ensemble ce que signifie faire un pèlerinage et dans quelle mesure il approfondit leur spiritualité.

Site de ressources: www.wccpilgrimage.org

Blog: http://blog.oikoumene.org

Le billet du secrétaire général du COE sur le blog 

Plus d’informations sur le pèlerinage de justice et de paix du COE

29 avril 2015

COE

Le COE revient sur les attaques xénophobes en Afrique du Sud

Le COE appelle le gouvernement sud-africain à faire preuve d’autorité après les récentes attaques xénophobes


Le Conseil œcuménique des Églises (COE) a clairement pris position contre les récentes attaques qui ont violemment ciblé des migrants en Afrique du Sud, réaffirmant ainsi l’opposition des Églises au racisme, à l’ethnocentrisme et à la violence xénophobe.

Soulignant que les migrants et travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables, le secrétaire général du COE a, dans une déclaration publiée à Genève le 24 avril, exhorté les dirigeants de l’Afrique du Sud et des autres pays de la région à créer les conditions propices au respect des droits humains à tout instant.

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a indiqué que «les attaques violentes à l’encontre des migrants en Afrique du Sud suscitent une émotion toute particulière, compte tenu du rôle historique de premier plan qu’a joué l’Afrique du Sud dans la lutte contre la discrimination et l’exclusion raciales.»

«Les victimes de ces attaques représentent les mêmes pays et peuples voisins qui ont été solidaires de la majorité marginalisée d’Afrique du Sud pendant les jours sombres de l’apartheid», a fait remarquer le pasteur Tveit, avant de demander: «Où sont la reconnaissance de cette solidarité africaine et l’attachement à la philosophie de l’ubuntu

«Nous appelons le gouvernement sud-africain à faire preuve d’autorité pour reprendre le contrôle de la situation et établir les conditions propices au respect des droits de la personne et des règles et normes énoncées dans les instruments internationaux relatifs aux droits humains», a déclaré le pasteur Tveit.

«Nous sommes solidaires de toutes les personnes touchées et de leurs familles et nous demandons à ce que leur protection soit assurée, qu’elles reçoivent des compensations et que les auteurs des attaques dont elles ont été victimes répondent pénalement de leurs actes», a-t-il ajouté.

Texte intégral de la déclaration du secrétaire général du COE (en anglais)

Églises membres du COE en Afrique du Sud

24 avril 2015

COE

COE: commémoration du génocide arménien

Service de canonisation des victimes du génocide arménien. COE/Marianne Ejdersten

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) a commémoré le 24 avril les 1,5 millions de victimes arméniennes – enfants, femmes et hommes – qui sont mortes il y a un siècle.

Des représentants du Conseil œcuménique des Églises étaient présents aux côtés de responsables politiques et spirituels et de représentants de pays ayant subi un génocide, lors des commémorations publiques du génocide arménien qui se sont tenues du 22 au 24 avril à Erevan, en Arménie.

En 2013, la 10e Assemblée du COE à Busan (République de Corée), avait demandé à ses Églises membres d'observer le centenaire du génocide arménien comme il se devait.

Un service spécial de canonisation des victimes du génocide arménien célébré par S.S. Karékine II, catholicos de tous les Arméniens et président du COE pour le Moyen-Orient, et par S.S. Aram Ier, catholicos du Saint-Siège de Cilicie, a eu lieu le 23 avril au Siège-Mère de la Sainte Etchmiadzine.

Des membres du Comité exécutif du COE ont participé à la procession, dont l'archevêque Vicken Aykazian, du Siège d'Etchmiadzine de l'Église apostolique arménienne, et l'archevêque Nareg Alemezian, du Saint-Siège de Cilicie de l'Église apostolique arménienne. Étaient également présents au service le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, ainsi que l'archevêque émérite de l'Église de Suède Anders Weyryd et S.B. Jean X, patriarche grec orthodoxe d'Antioche et de Tout l'Orient, tous deux présidents du COE, mais aussi de nombreux représentants des Églises membres du COE.

Les cloches ont sonné cent fois dans quasiment toutes les églises arméniennes le 23 avril au soir, à la fin de la cérémonie de canonisation des victimes du génocide, premier rite ainsi célébré par l'Église apostolique arménienne en 400 ans.

De nombreuses autres églises ont fait retentir leurs cloches de par le monde, dont les cathédrales Notre-Dame de Paris et de Strasbourg, la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, la cathédrale de Buenos Aires ou la cathédrale Saint-Patrick de New York.

Le secrétaire général du COE avait été invité à prononcer un discours lors de la commémoration du centenaire du génocide arménien à Erevan, en Arménie, le 23 avril.

«Nous nous souvenons aujourd'hui en premier lieu des 1,5 million de victimes, enfants, femmes et hommes arméniens. Nous nous souvenons aussi des centaines de milliers d'autres chrétiens et chrétiennes, d'origine araméenne, chaldéenne, assyrienne, syrienne et grecque, et de tous les autres – dont beaucoup représentaient des religions vivantes, comme la religion musulmane – qui ont trouvé la mort pendant cette période de violence brutale et de guerre», a déclaré le pasteur Tveit dans son discours.

Le pasteur a renchéri: «Ceux et celles qui ne reconnaissent pas ou attaquent la vie et la dignité d'une sœur ou d'un frère s'attaquent et portent atteinte non seulement à l'humanité de la victime, mais aussi à leur propre humanité. Aujourd'hui, nous sommes conscients de cette réalité mutuellement destructrice. Nous nous souvenons ensemble et nous rendons hommage aux victimes. Nous nous souvenons aussi ensemble que ces agissements inhumains se sont réellement produits. Il s'agit là de deux étapes qui peuvent et doivent nous conduire à la réconciliation et à la guérison des mémoires après les hostilités du passé. En tant qu'humanité une, nous avons besoin à la fois de justice et de paix.»

Le pasteur Tveit a poursuivi en disant que «"Notre vie et notre mort dépendent de notre prochain". Il s'agit là d'une affirmation spirituelle de la tradition chrétienne que nous devons à saint Antoine, moine qui vivait en Égypte aux troisième et quatrième siècles. Il s'agit de l'héritage commun qui nous vient des premières années de l'Arménie et de son histoire chrétienne.»

Durant la session de 1979 de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, le Conseil œcuménique des Églises avait publiquement appelé à la reconnaissance, par l'ONU, du génocide arménien.

Le pasteur Tveit a en outre rappelé qu'en 1983, la Sixième Assemblée du COE à Vancouver avait soutenu cette requête, soulignant que «le silence de la communauté mondiale et les efforts délibérés pour nier des faits pourtant historiquement prouvés ont été des sources permanentes d’angoisse et de désespoir croissant pour le peuple arménien, les Églises arméniennes et beaucoup d’autres.»

«Toutes les Églises chrétiennes ont récemment célébré la résurrection du Christ», a rappelé le pasteur Tveit. «Pendant la joyeuse période de Pâques, nous gardons en souvenir dans nos prières les victimes du génocide, en participant à la mort et à la résurrection du Christ. Dans nos symboles, nous confessons notre espérance – en tant que communauté une de saints – du pardon des péchés et de la résurrection des morts à la vie éternelle. L'injustice, la violence, le péché et la mort n'auront pas le dernier mot.»

«Aujourd'hui, le souvenir des victimes nous incite à prendre des mesures préventives pour faire cesser toutes les attaques contre l'humanité et contre notre dignité», a affirmé en conclusion le pasteur Tveit.

Le Conseil œcuménique des Églises a organisé un service de prière extraordinaire le 24 avril au Centre œcuménique à Genève. Par ailleurs, le secrétaire général du COE prêchera à la cathédrale de Washington, lors de la commémoration nationale du centenaire du génocide arménien, le 7 mai.

Texte intégral du discours du secrétaire général du COE lors de la commémoration du centenaire du génocide arménien à Erevan (Arménie) le 23 avril.

Églises membres du COE en Arménie

Commémoration nationale du centenaire du génocide arménien (États-Unis)

24 avril 2015

COE