Soudan : la chrétienne condamnée à mort de nouveau en prison, inculpée d'usage de faux

ishag mariam picturealliance ap photo14 01 7801c37d71

Mariam Yahia Ibrahim Ishag avec son fils Martin et son bébé Maya. Photo: picture-alliance/AP Photo


Après sa libération, elle voulait quitter le Soudan avec sa famille

Le soulagement a été de courte durée : Meriam Ibrahim Yahia Ishag, 27 ans, cette chrétienne soudanaise condamnée à mort pour apostasie, libérée lundi, se fait de nouveau arrêter le lendemain. Selon la BBC et d'autres médias, Meriam s’apprêtait à quitter le Soudan le 24 juin avec son mari Daniel Wani et ses deux jeunes enfants. Cependant, après une confrontation avec quelque 40 policiers à l'aéroport de Khartoum, la famille a été à nouveau emprisonnée. Le mari en fauteuil roulant, qui a la nationalité américaine, a apparemment insisté pour accompagner son épouse. Les raisons de cette nouvelle arrestation n'ont pas été nommées, selon un avocat de la famille.


Protestations internationales et appels à la prière

Auparavant, bien des organisations chrétiennes, des politiciens et des militants des droits humains se sont exprimés sur cette libération surprenante. Dans le même temps, ils ont averti que la liberté religieuse devait être protégée dans le monde entier.

À la mi-mai, Ishag avait été condamnée à mort par pendaison à Khartoum en raison de « son apostasie de l’islam" et à 100 coups de fouet. La Cour avait donné trois jours à cette femme alors enceinte de huit mois pour parjurer sa foi chrétienne, mais Meriam refusera de se rétracter. Le 26 mai, elle mettra au monde une fille en prison sans aide médicale, alors qu'elle était enchaînée. Elle est déjà la mère d'un fils de 21 mois, qui était avec elle derrière les barreaux. Après les protestations internationales et les appels à la prière lancés par des chrétiens, une Cour d'appel a infirmé le jugement le 23 juin à la surprise générale et ordonné la libération d’Ishag.

Inculpation de Meriam

A la date du mercredi 25, Meriam a été inculpée d'usage de faux après avoir été empêchée de quitter le Soudan. Les autorités soudanaises l'accusent désormais d'avoir présenté un faux document et fourni de fausses informations lorsqu'elle a cherché à quitter le pays hier avec son mari et son fils de 20 mois et sa petite fille née en détention.

49 agents de la sécurité nationale l'ont retenue ainsi que son mari et ses deu enfants à l'aéroport de Khartoum, alors qu'elle était escortée par des diplomates de l'ambassade américaine. La famille voulait se rendre aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont assuré qu'ils tentaient de faire sortir la famille du Soudan.

Soudan: la jeune chrétienne interrogée

Mariam Yahya Ibrahim, âgée de 27 ans, a été arrêtée hier en compagnie de son mari et de leurs deux enfants alors qu'elle s'apprêtait à monter à bord d'un avion à l'aéroport de Khartoum, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité. Selon deux diplomates, la famille cherchait à gagner les Etats-Unis, via Le Caire ou Juba au Soudan du Sud.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag, 26 ans, n'est pas en état d'arrestation mais est interrogée dans un poste de police sur l'authenticité d'un document de voyage délivré par le Soudan du Sud, a indiqué son avocat Me Mohanad Mustafa à l'AFP. Son mari, qui a la nationalité américaine, et ses deux enfants, dont un nourrisson né en détention, sont avec elle. "On ignore combien de temps l'enquête de la police va durer", a précisé l'avocat, refusant d'indiquer quel était son pays de destination.

La peine infligée au mois de mai à la jeune femme, mariée à un chrétien de nationalité américaine depuis 2011, avait déclenché un concert de protestations dans le monde. Mariam Yahya Ibrahim avait également été condamnée à cent coups de fouet. L'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a déclaré être en contact avec la famille de la jeune femme et suivre de près la situation.

25/06/14

Figaro


Traduction eemni

IDEA / LE SALON BEIGE / Le Figaro