A Bruxelles, on se mobilise pour Meriam et ... pour l'Europe

Meriam Ibrahim. Uncredited / The Associated Press

Les dirigeants de l’UE et dignitaires religieux réclament la libération de la chrétienne condamnée à mort !

Rencontre à Bruxelles – l’évêque méthodiste Rosemarie Wenner parmi les participants

De hauts représentants de l'Union européenne, des Églises et de plusieurs autres religions ont réclamé la libération de la chrétienne condamnée à mort au Soudan Mariam Ibrahim Yahia Ishag. Ils se sont réunis à l'invitation du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Bruxelles le 10 juin.

La réunion a porté sur l’avenir de l'UE et la contribution des communautés religieuses dans le futur. Dans un communiqué, les dirigeants de l'UE et les représentants des chrétiens, juifs, musulmans, hindous, sikhs et Mormons ont adopté, lit-on, de réclamer aux autorités soudanaises l’annulation de la peine de mort contre la chrétienne de 27 ans.

Les signataires - dont Barroso, Herman Van Rompuy président du Conseil européen, et Martin Schulz président du Parlement européen- ont rappelé au Soudan son obligation de protéger la liberté religieuse en vertu du droit international. Ishag a été condamnée à mort par pendaison à la mi-mai dans la capitale Khartoum en raison de « son apostasie de l’islam ».

Les autorités soudanaises avaient donné trois jours à cette femme enceinte de huit mois pour abjurer sa foi chrétienne. Le 26 mai, elle a mis au monde en prison une fille, alors qu'elle était enchaînée. Elle est déjà la mère d'un fils de 20 mois, qui est avec elle derrière les barreaux. L'exécution de la peine de mort est suspendue jusqu'à ce qu'elle ait sevré son enfant nouveau-né, d’ici dans deux ans environ. Avant l'exécution, elle doit être frappée de 100 coups de fouet pour "fornication" pour avoir épousé un chrétien et parce que ce mariage  n'est pas reconnu selon la loi religieuse islamique, la charia.

Schneider: il faut s’engager contre le désenchantement européen

La Croix

« LA PRIÈRE PEUT CONTRIBUER À LA PAIX »

Au cours de cette réunion, représentants religieux et responsables des institutions européennes ont également évoqué les résultats des dernières élections européennes. « Nous poursuivons tous le même objectif, a jugé José Manuel Barroso au cours d’une conférence de presse. Il s’agit de préserver et de renforcer l’Europe, outil de paix. L’intégration européenne et la légitimité démocratique doivent aller de pair. »

Évoquant la récente rencontre entre les présidents israélien et palestinien, organisé par le pape François, il a reconnu que « la prière peut contribuer à la paix ». « Les communautés religieuses jouent un rôle très important dans les sociétés européennes », a-t-il ajouté.

De son côté, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a salué un dialogue « enrichissant » avec les responsables religieux. Il a loué « une conception de l’homme, de son unicité, de sa valeur en soi », sur laquelle est fondée l’Union européenne.

Les responsables de l'UE et les chefs religieux se réunissent une fois par an pour discuter des questions d'actualité. La composition des délégations est différente d'une année à l’autre. Parmi les représentants ecclésiastiques de cette année figuraient le Conseil de l'EKD, Nikolaus Schneider (Berlin), le président de la Conférence épiscopale catholique allemande, le cardinal Reinhard Marx (Munich), et l'évêque de l'ÉEglise méthodiste unie, Rosemarie Wenner (Frankfurt am Main). Schneider les a encouragés à ne pas abandonner l'idée de l’Europe.

M. Barroso a déclaré qu'un dialogue sur l'avenir de l'Europe avait lieu « à tous les niveaux » à travers le continent.

« Une démocratie accrue est le corollaire d'une intégration institutionnelle approfondie dont l'Union a besoin pour pouvoir relever les défis mondiaux actuels. C'est pourquoi il est urgent de consolider les liens entre les citoyens de l'Union et le processus démocratique qui la régit », a-t-il ajouté, rappelant ici la position de la Commission.

« L'implication active des églises et des communautés religieuses peut contribuer de façon décisive à cette réflexion »,  a-t-il poursuivi.

Les églises et les communautés religieuses ont la responsabilité de promouvoir la réalité de l’Europe comme un foyer et une maison spirituelle. Elles ont également la chance de pouvoir encourager les gens à suivre la voie de l’Europe grâce à la foi capable de briser les frontières et d’unir les peuples. La réunion des chefs religieux a eu lieu pour la dixième fois.

La chrétienne soudanaise peut-elle encore espérer échapper à la mort ?

Soudan: trois juges doivent vérifier la régularité du procès

Ça bouge dans le cas de cette chrétienne soudanaise Mariam Ibrahim Yahia Ishag condamnée à mort. Un comité de trois juges vérifie actuellement si des erreurs de procédure ont été commises au cours du procès, a dit Eman Abdul Rahim, avocat de ce médecin de 27 ans. On ne sait pas encore quand le comité fera connaître sa décision.

Ishag avait été condamnée à mort par pendaison à la mi-mai dans la capitale Khartoum en raison de « son apostasie de l’islam ». La femme enceinte de huit mois avait refusé d’abjurer sa foi chrétienne.

Le 26 mai, elle a mis au monde une fille en prison, alors qu'elle était enchaînée. Elle est déjà la mère d'un fils de 20 mois, qui est avec elle derrière les barreaux. L'exécution de la peine de mort est suspendue jusqu'à ce qu'elle ait sevré son enfant nouveau-né, d’ici dans deux ans environ.

Avant l'exécution, elle doit être punie de 100 coups de fouet pour "fornication" parce qu'elle a épousé un chrétien et que ce mariage n’est pas reconnu par la loi religieuse islamique, la charia. Son mari, le médecin en fauteuil roulant Daniel Wani, a dit qu'il ne pouvait que prier pour sa femme et ses enfants. Le sort de sa famille a provoqué consternation et protestations dans le monde entier.

Déclaration conjointe sur Meriam Yahya Ibrahim, une croyante soudanaise condamnée à mort pour apostasie

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, 

le président du Conseil européen Herman van Rompuy et 

le Président du Parlement européen, Martin Schulz 

avec tous les dirigeants religieux participant à la réunion de haut niveau de cette année

font part de leur plus profonde consternation et préoccupation quant au sort de Mme Meriam Yahya Ibrahim, qui a été condamnée à cent coups de fouet et condamnée à mort par pendaison pour apostasie et adultère. Elle a récemment donné naissance à une petite fille en prison. Les présidents ci-dessus mentionnés des institutions européennes ainsi que tous les responsables religieux présents à la réunion de haut niveau qui comprennent des chrétiens, des musulmans, des juifs, des hindous, des sikhs et l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, soulignent l’obligation internationale du Soudan de protéger la liberté de religion et de conviction. À l’unanimité, nous appelons les autorités soudanaises et la cour d’appel à révoquer ce verdict inhumain et à libérer Meriam immédiatement.

Les participants à la réunion d'aujourd'hui se félicitent que la Cour d'appel a accepté le recours et demandent au gouvernement soudanais - en ligne avec les droits humains universels - à abroger toute disposition légale qui pénalise et discrimine les individus

  • pour leurs croyances religieuses ou
  • quand ils changent de religion ou
  • pour leurs convictions ou
  • quand ils poussent les autres à changer de religion ou de conviction, particulièrement dans les cas d'apostasie, d'hétérodoxie, ou de conversion passibles de la peine de mort.

Ceci correspond à la Charte des Nations Unies sur les droits de l’homme dont le Soudan est au courant. 

La liberté de religion et de conviction est un droit humain universel qui est placé en haute estime par l’Union européenne, et a besoin d’être protégé partout et pour tous. Pour souligner l'engagement fort de l'Union pour la protection de la liberté de religion et de conviction, l'Union européenne en juin 2013 a adopté des directives sur la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction

europa.eu


10/06/14

Traduction eemni

IDEA / La Croix / europa.eu