Protestants en Fête : le Défi Michée organise une table ronde sur la pauvreté et la corruption

Quelles espérances dans un monde marqué par la corruption et souffrant de la pauvreté?

Cette table ronde aura pour intervenants Michel Rocard, Martin Hirsch, Irène Frachon et Franck Meyer. Ils aborderont ensemble et de façon pratique, les engagements des politiques, des individus et de la société civile sur les sujets de la lutte contre la pauvreté et la corruption.

Le thème lie à la fois celui de Protestants en fête qui est celui de l’espérance et les thématiques de travail du Défi Michée. L’espérance, à multiples facettes, doit aussi comprise comme une note positive d’espoir avec des témoignages démontrant que la corruption et la pauvreté ne sont pas une fatalité, et qu’il est possible d’y résister, d’y survivre et d’en sortir.

Le Défi Michée est une ONG protestante de plaidoyer sur les questions de lutte contre la pauvreté. Créé en 2004 suite au vote des Objectifs du Millénaire de l’ONU, son action s’articule autour de deux axes : la mobilisation des chrétiens et des églises dans la lutte contre la pauvreté, et l’interpellation des gouvernants à tenir leurs engagements politiques nationaux et internationaux (www.exposed2013.fr).

La campagne « EXPOSED » du Défi Michée pour 2013 est tournée vers les questions de corruption et leur lien avec la pauvreté : la nécessité d’une plus grande transparence financière et politique, notamment en ce que la corruption a un impact non-négligeable sur les plus pauvres. C’est dans cette optique, que le Défi Michée organise cette table ronde dans le cadre de l’événement Protestants en fête 2013 à Paris.

L’événement aura lieu à l’Eglise protestante unie de l'Oratoire du Louvre 145 Rue Saint-Honoré, 75001
Métro : Louvre Rivoli
Entrée libre et gratuite

Présentation des intervenants

Les intervenants à cette table ronde ont pour point commun d’avoir un arrière-plan chrétien, catholique ou protestant, et d’être engagés contre la corruption et la pauvreté. Ils vont nous expliquer les raisons de cet engagement, les moyens qu’ils ont mis en œuvre pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics, mais aussi leurs espoirs pour demain.

  1.   Michel Rocard, ancien Premier Ministre. A écrit des articles et ouvrages pour montrer en quoi la corruption freine le développement. 
  2.   Dr Irène Frachon, médecin, a soulevé le scandale du Médiator faisant la lumière sur les conflits d’intérêts entre ceux des industries pharmaceutiques (en l’occurrence le laboratoire Servier) et ceux de l’agence de réglementation des médicaments (ANAESM) 
  3.   Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux solidarités actives et le président actuel de l’Agence du service civique. En 2011, il a publié l’ouvrage « Pour en finir avec les conflits d’intérêts ». 
  4.   Franck Meyer, député-maire de Sotteville-sous-le-Val et Président du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH). 

Quelques mots maintenant sur la problématique : quels sont les liens entre la corruption et la pauvreté ?

La corruption et la pauvreté sont deux phénomènes qui se renforcent mutuellement. Ils constituent un cercle vicieux : la corruption appauvrit, la pauvreté génère de la corruption.
De nombreuses études montrent que la corruption sous toutes ses formes est un frein considérable au développement: évasion fiscale, mauvaise gouvernance (absence de contrôle, conflits d’intérêts...), blanchiment d’argent, pots de vins, bakchich... De la corruption « à col blanc » à celle du «petit» fonctionnaire, elle appauvrit l’Etat et donc les perspectives de redistribution et de développement, au détriment des personnes démunies. A son tour, cette pauvreté va accroitre la tentation de la corruption. Par exemple, pour réduire la dette d’un Etat, l’on va mettre en place des programmes d’austérité qui vont appauvrir les fonctionnaires et travailleurs...qui seront donc plus vulnérables à la corruption.

Les entreprises nationales et multinationales sont nombreuses à tirer parti de la corruption. Nous trouvons dans ce domaine de nombreux exemples, notamment dans le commerce des ressources naturelles : les industries extractives qui échappent à l’impôt, négocient des accords inégaux avec les Etats, tolèrent et/ou entretiennent des situations d’injustice et de corruption.

Qu’elle soit publique ou privée, à grande ou à petite échelle, la corruption obéit au même principe : le détournement du bien public à des fins personnelles, un problème éthique par excellence qui interroge, pour nous protestants, les notions d’engagement, de convictions et de responsabilité.

Questions :

Engagement

1. Qu’est-ce qui a motivé votre engagement contre la corruption et la pauvreté qu’elle engendre ? Quels sont les événements de votre vie qui vous ont le plus sensibilisés au scandale de la corruption ?

Convictions

2. En quoi vos convictions chrétiennes ont-elles permis ou conforté vos prises de position « risquées » ?

Sous question : comment témoigner qu’une vie sans corruption est une vie pleinement éthique, qui fait passer la Loi et l’intérêt public devant les intérêts personnels et le profit ? Sous question : vous est-il arrivé de « désobéir » pour mieux lutter contre la corruption et la pauvreté ?

Responsabilité

3. Est-il possible d’éradiquer la corruption et la pauvreté selon vous ? Comment ?

Sous question : les solutions sont-elles individuelles ou collectives ?
Sous question : que pensez-vous de la « moralisation » de la vie politique ou économique : est-ce un leurre ou un début de réponse à un problème aussi vieux que gigantesque ?

Défi Michée