PRIX DE LA PAIX DU CONSEIL METHODISTE MONDIAL A JOY BALAZO

JOY BALAZO – DE LA NONNE A LA MEDIATRICE DE PAIX INTERNATIONALE


Le Conseil méthodiste mondial a décerné le prix de la paix 2012 à Joy Balazo. Cette australienne originaire des Philippines l'a reçu pour son travail en faveur de la paix dans la région Pacifique-Asie.


Balazo est la fille cadette d'une grande famille fortunée. Lors d'une interview avec une radio australienne, elle a raconté que la religion tenait une place importante dans sa famille. Son père était maire de sa ville natale située sur l'île de Mindanao, au sud des Philippines. Elle a fréquenté des écoles catholiques et est ensuite devenue nonne. Comme novice, elle a entre autres eu à travailler dans un quartier pauvre de la capitale Manille, ce qui l'a confrontée à un dilemme: d'une part le luxe relatif du couvent et celui qu'elle avait connu dans sa famille et d'autre part les pauvres du bidonville, qui manquaient de tout. «Je me suis dit que je n'étais pas à ma place» raconte Balazo. Elle a quitté le couvent et étudié la psychologie. Elle a d'abord travaillé avec des personnes riches. «Puis Dieu m'apparut en rêve. »  Cela a donné une nouvelle orientation à sa vie. Depuis ce moment, elle a travaillé pour la paix, d'abord au sein du mouvement œcuménique Justice et Paix aux Philippines, puis pendant plus de 20 ans en Australie, dans le cadre d'une œuvre d'entraide de la Uniting Church (Eglise unie d'Australie, qui comprend un important composant méthodiste). Le président de cette Eglise, le pasteur Andrew Dutney a salué la distinction décernée à Balazo: «Ce prix est une reconnaissance fantastique du travail de Joy Balazo comme combattante pour la paix.» 


En 2001, Balazo a fondé les Young Ambassadors for Peace (YAP, jeunes ambassadeurs pour la paix). Elle-même ou ses collègues organisent avec des jeunes ou de jeunes adultes membres de groupes ennemis des ateliers de rencontres d'une durée de 7 jours. La première phase consiste à faire connaissance – un temps où règnent encore la méfiance et le refus de s'ouvrir. Puis on passe à des jeux, au cours desquels les jeunes commencent à se "dégeler". C'est souvent très ludique et l'on rit beaucoup. Ce n'est qu'alors qu'est abordé le conflit. On note les besoins et les craintes de toutes les personnes qui sont parties au conflit. Les jeunes gens rapportent ensuite leurs expériences et ce dont ils ont pris conscience dans leurs milieux respectifs et deviennent ainsi des ambassadrices et ambassadeurs de paix. Il y a des stations YAP dans l'Est de l'Indonésie, en Thaïlande pour le Myanmar, ainsi qu'en Papouasie-Nouvelle Guinée. Dans ce dernier pays, les ateliers ont mené à un accord de paix entre 32 tribus. Balazo a aussi travaillé pour la paix et la réconciliation aux Iles Salomon (Pacifique)et aux Philippines. 


En 2011, Joy Balazo a quitté son travail en Australie. Elle voulait "mettre les mains dans le cambouis" dans sa patrie. Une guerre civile larvée entre chrétiens et musulmans, qui a causé jusqu'ici  160'000 morts, déchire l'île de Mindanao depuis des décennies. Des populations montagnardes indigènes ont également été entraînées dans le conflit. C'est là que Balazo entend désormais exercer sa médiation.


Le prix de la paix lui sera remis en 2013. 


12 septembre 2012

Original: allemand / traduction F. Schmid

Source: EMKNI