Mise en ligne d’En route - février 2012 - N°83

Le mensuel francophone de l’Eglise Evangélique Méthodiste, En route, de ce mois de février 2012 est consacré à deux figures du proue du pacifisme chrétien : deux femmes toutes deux lauréates du Prix Nobel de la Paix 2011, Johnson Sirleaf, élue à deux reprises président du Liberia, et sa compatriote, militante des droits de l’homme, Leymah Gbowee. Bonne lecture !

Éditorial

Heureux les artisans de paix…

JP Waechter



Le Comité Nobel a attribué le Prix Nobel de la Paix 2011 à trois femmes africaines émérites connues pour leur engagement militant pour l’émancipation des femmes, la paix et la démocratie, espérant qu’il « contribuera à mettre fin à la répression dont les femmes sont toujours victimes dans de nombreux pays et à exprimer le grand potentiel que les femmes peuvent représenter pour la paix et la démocratie ».

Aux côtés de la Yéménite Tawakkul Karman, le comité Nobel distingue deux autres figures de proue, Ellen Johnson Sirleaf, élue à deux reprises président du Liberia, et sa compatriote, militante des droits de l’homme, Leymah Gbowee. En route souligne l’ancrage de leur combat pacifique dans la foi.

Ministre des finances des présidents William Tubman et William Tolbert dans les années 1960 et 1980, Ellen Johnson Sirleaf a cherché à effacer la dette, à attirer les investisseurs pour la reconstruction et à lutter contre la corruption. Ce combat lui a valu d’être envoyée deux fois en prison dans les années 1980 sous le régime de Samuel Doe. Cette Dame de fer africaine ne cache pas son appartenance à l’Église méthodiste unie et sa foi chrétienne. Dans ce monde de brutes, elle offre le visage d’une femme de paix résolue à faire reculer patiemment, petit à petit, le front de la pauvreté et des injustices.

Initiée aux méthodes d’action non-violentes dans un Institut mennonite, Leymah Roberta Gbowee surnommée incidemment « La guerrière de la paix », a su organiser et mobiliser les femmes de toutes ethnies et de toutes religions pour mettre fin à la guerre civile et garantir la participation des femmes aux élections. « La seule manière de changer les choses, du mal vers le bien, était pour nous, femmes et mères de ces enfants, de se lever et d’aller dans la bonne direction », témoigne cette femme, aujourd’hui mère de six enfants, établie depuis 2005 au Ghana. Sans autres atours qu’un T-shirt blanc et pour seul atout la foi persévérante et la prière. Contre les démons de la guerre, elle a eu recours à la prière. Le documentaire tourné sur ces Libériennes s’intitule précisément : Pray the Devil Back to Hell (Prie pour renvoyer le diable en enfer). Elle exhorte les femmes à faire comme elle, à prier pour la paix. Le mouvement prend de l’ampleur pendant le conflit, jusqu’à la grève du sexe, obligeant le régime de Charles Taylor à les associer aux pourparlers de paix. Réagissant à sa récompense, la Libérienne a déclaré que « c’est un Nobel pour les femmes africaines, c’est comme ça que je le décrirais. C’est pour les femmes en général, mais particulièrement pour les femmes en Afrique ».

Dieu veut diriger et façonner chacun de nous pour faire à notre tour de nous des artisans de paix. Telle est notre prière à la veille de la Conférence générale 2012 à Pampa (’50 jours de prière’) pour qu’en définitive le regard que nous posons sur les autres (cf le billet de notre évêque) soit empreint d’amour.

Nos armes sont la prière,
L’amour persévérant.

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