La déception de Rio+20 motive des jeunes à promouvoir l'éco-justice au niveau local

Les jeunes en première ligne pour promouvoir l’éco-justice au niveau local/ L'atelier Criatitude s'est tenu au Sommet des peuples à Rio, où les jeunes ont pu s'informer sur la consommation durable et le souci de la création. © Alex Reblim

Par Susan Kim (*)


Pendant la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), Raquel Kleber a passé une semaine très intense. À Rio, cette étudiante en affaires internationales a mis en exergue les réalisations du projet pédagogique «Criatitude», mis en place au niveau national afin d'encourager les chrétiens luthériens, entre autres, à adopter des «attitudes créatives» pour promouvoir le développement durable et l'éco-justice.


Raquel Kleber est membre de l'Église évangélique de la confession luthérienne au Brésil. Aux côtés d'autres jeunes, elle a présenté un compte rendu du projet dans l'espace interreligieux dénommé «Les religions en faveur des droits».


Les défenseurs de l’environnement et de la justice sociale du monde entier s'accordent à dire que Rio+20 n'a pas su rentrer dans le détail et a manqué d'ambition, suscitant une grande déception, y compris pour Raquel Kleber. Mais l'étudiante met à profit l'expérience qu'elle a acquise à Rio+20 pour transformer l'inaction politique en action au niveau local.


«C'est vrai, Rio+20 nous a déçus», reconnaît-elle. «Cependant, les jeunes de Criatitude ont entre leurs mains l'espérance et le pouvoir de changer les choses et de façonner concrètement l'avenir que nous voulons. Les quarante jeunes de Criatitude sont vraiment motivés pour mettre en œuvre des projets d'éco-justice au niveau local.»


Raquel Kleber est devenue une figure de proue du mouvement pour l'éco-justice et elle travaille continuellement à étendre ses connaissances. En mai, avant de participer à Rio+20, elle avait pris part à la conférence virtuelle «Juste et vert», organisée par la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Cette manifestation virtuelle faisait intervenir des conférenciers en temps réel par Internet. De leur côté, les participants pouvaient poser leurs questions en direct à l'aide d'un système de messagerie instantanée.


Raquel Kleber a tiré parti des connaissances acquises lors du projet «Les jeunes pour l'éco-justice», mis en place conjointement en 2011 par le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la FLM. Après deux semaines d’initiation à la théologie et à la politique de la justice écologique, Raquel Kleber s'est engagée, comme d'autres jeunes chrétiens, à lancer dans son propre contexte des initiatives visant à promouvoir les nouvelles perspectives acquises.


«Le renforcement des capacités offert par le COE et la FLM a été déterminant pour la mise en place de ce projet», a-t-elle indiqué.


Le travail du COE en faveur de l'éco-justice est mis en œuvre par l'intermédiaire du Réseau œcuménique de l'eau, du projet sur la création et la justice climatique, ainsi que du projet Pauvreté, richesse et écologie.


Images de justice de l'eau


Marcelo Leites, secrétaire de la Fédération universelle des associations chrétiennes d'étudiants (FUACE) pour la région Amérique latine et Caraïbes, fait aussi partie de ces jeunes qui s'efforcent de laisser une marque sur le plan de l'éco-justice au niveau local.


Marcelo Leites a participé à des projets diversifiés d'éco-justice à long terme ayant pour objectif de renforcer le mouvement œcuménique, le leadership des jeunes et les organisations sociales en Amérique latine sur les questions de justice environnementale. À Rio+20, il a mis en place une exposition photographique intitulée Acción Creación présentant toute une série de scènes fascinantes en lien avec la justice de l'eau.


«L'exposition met en lumière des problématiques locales en racontant ce que vivent au quotidien certaines des communautés victimes d'injustices vis-à-vis de l'eau», explique Marcelo Leites.


L'exposition sera présentée en Argentine, au Pérou, en Bolivie, en Équateur, au Paraguay, en Colombie et au Brésil. «Nous offrons un espace où la société civile peut participer à des initiatives artistiques et de défense des causes mises en place par des centaines de jeunes pour illustrer les problématiques liées à la justice de l'eau auxquelles leurs communautés sont confrontées», poursuit Marcelo Leites.


À l'instar de Raquel Kleber, Marcelo Leites a participé à la formation «Les jeunes pour l'éco-justice» en 2011 et il affirme que cette expérience a marqué pour lui un tournant, lui permettant de conceptualiser et de créer le cadre de ses efforts en faveur de l'éco-justice.


«J'ai été très inspiré par ce que m'ont apporté le COE et la FLM», a-t-il affirmé. «De plus, j'ai appris à planifier efficacement le processus dès le départ et ma formation continue à influer mes progrès au niveau local.»


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Cet article fait partie d'une série de reportages s'intéressant aux initiatives lancées à la suite du projet «Les jeunes pour l'éco-justice».


(*) Susan Kim est une journaliste indépendante basée à Laurel, dans le Maryland (États-Unis).


À lire également:


Les jeunes ont leur mot à dire sur les changements climatiques (Reportage du COE, 1er mai 2012, en anglais)


Des jeunes promettent de s’engager activement en faveur de la justice environnementale (Reportage du COE du 14 décembre 2011)


La FLM et les jeunes pour la justice écologique


Plus d’informations sur le COE et l’éco-justice


18 juillet 2012

COE