Un mot sur la crise post-électorale ivoirienne

Pasteur Philippe Adjobi,

Surintendant du District d’Abidjan Sud,

Eglise Méthodiste Unie-Côte d’Ivoire

Pour aider les chrétiens à prier non pour la seule Côte d’Ivoire, mais pour l’Afrique et le monde.

La crise post-électorale ivoirienne, déclenchée au début du mois de décembre 2010 et non résolue à ce jour, ne manque pas d’intérêt. Au fur et à mesure que le temps s’écoule, les analyses s’affinent et trahissent une simple élection présidentielle qui, finalement, ne sert que de prétexte. Avec tout le déballage médiatique depuis l’annonce des deux résultats contradictoires et opposés, l’un, à mi-chemin et de manière isolée par le Président de la Commission Électorale Indépendante, l’autre, au bout du rouleau par le Conseil Constitutionnel, la Côte d’Ivoire s’est offerte comme un champ de bataille des « rapaces » politiques. Avec tout l’intérêt que le monde entier porte à cette affaire, les Ivoiriens se surprennent grandement de l’importance de leur petit pays, objet de tant de convoitises.

Il y a tellement à dire, non seulement de la part des Ivoiriens eux-mêmes, mais surtout des observateurs étrangers. D’une manière générale, tous s’accordent à dire que derrière Laurent Gbagbo, candidat « nationaliste », adossé aux institutions de la République, et Alassane Ouattara, candidat de « l’étranger », adossé à la communauté internationale, se cachent deux Afriques opposées qui se font la guerre : une Afrique aspirant à l’indépendance totale, à la liberté de vie et d’action, qui veut être l’égal des autres pays et continents, contre une Afrique asservie aux appétits coloniaux insatiables avant et après cinquante ans d’indépendance factice. Le prix à payer pour une victoire de l’une sur l’autre est lourd, difficile et encore imprévisible. Les années de crise de 2002 à 2010 n’ont pu en amoindrir le coût. Encore plusieurs morts, et la pauvreté, la misère, qu’une bonne élection présidentielle était censée venir combattre, continuent de sévir ; et c’est le peuple, le pauvre peuple, ignorant et naïf, pris en otage, qui continue de payer les factures des dérives politiques politiciennes.

La crise est ardue et l’horizon toujours coloré. La situation est telle que l‘Église (de Jésus-Christ, toutes confessions et dénominations confondues), qui ne veut pas prendre parti pour l’un contre l’autre, joue à l’équilibriste avec un message flou, parfois qui fâche ou qui envenime. Que faire ?

Dans cette société ivoirienne, devenue perpétuellement une société à risque, avec les bruits de bottes et de guerre qui constituent l’essentiel de son actualité, les Ivoiriens confient leur sort à Dieu. Il n’y a que lui seul, le Dieu de la Justice et de la Vérité qui peut confondre les adversaires et rétablir l’ordre et la paix. Depuis 1999 jusqu’en cette nouvelle année 2011, Dieu a beaucoup fait. Les Ivoiriens, tout comme bien d’acteurs et d’observateurs étrangers, ont été témoins des exploits de Dieu. C’est en se fondant sur ce récent passé fort miraculé, encore vivace dans les esprits, que les Ivoiriens ont appris à ne plus rien craindre. Leur confiance et leur espérance sont en celui qui a dit un jour à Moïse : « L’Éternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence » (Ex 14.14).

Le silence, c’est la prière à genoux. Aidez-nous à prier pour la Paix, pour l’Amour, pour la Justice et pour la Vérité en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde, afin que vienne le règne du Seigneur, et que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel.


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