TROUBLES INTER-RELIGIEUX AU NIGERIA

"C’est une situation inadmissible car nous avons introduit la religion dans la politique et seuls les médiocres le font”, déclaration de l’évêque méthodiste Sunday Ola Makinde.

Nigeria : protestation de l’évêque méthodiste après des troubles inter-religieux et inter-ethniques

Les violences post-électorales de la fin novembre 08, entre chrétiens et musulmans, ont fait au moins 376 morts selon certains témoins.


Des violences ont éclaté vendredi le 28 novembre 2008 au lendemain d’élections locales dans 17 circonscriptions remportées par le Parti démocratique des peuples (PDP, au pouvoir). L’annonce des résultats, samedi le 29 novembre, a suscité la colère des partisans du Parti de tous les peuples du Nigeria (ANPP, opposition). On déplore 376 victimes. Leurs corps ont été enterrés dans des fosses communes à Jos, capitale de l’Etat de Plateau et ses environs, au nord du Nigeria. 4000 personnes ont été déplacées par ces violences.

Dans cette ville où la mixité religieuse et ethnique s’avère difficile, la violence politique, déclenchée par des allégations de fraude, a rapidement dégénéré en crise ethnico-religieuse, marquée par des luttes inter-religieuses, des incendies contre des mosquées et des églises, des commerces et des immeubles d’habitation.

Le gouverneur de l’Etat de Jos, Jonah Jang, a imposé un couvre-feu sur les zones affectées et ordonné aux agents de sécurité de tirer à vue sur les fauteurs de troubles.

Les leaders politiques et religieux ont appelé au calme, tandis que la sécurité est en train d’être renforcée dans les Etats voisins pour empêcher la propagation de la violence.

Malgré les appels au calme, la tension reste forte ; l'armée a renforcé sa présence. 

L’association des chrétiens du Nigeria s’en prend au gouvernement de l’Etat du Plateau, qui « n’aurait pas su prendre des mesures préventives nécessaire avant le début des opérations de vote. » Le secrétaire général de l’association note que « de telles mesures auraient pu limiter les dégâts et sauver de nombreuses vies ».

Le chef de l’église méthodiste du Nigeria, Sunday Ola Makinde, lui emboite le pas auprès du président de l’Assemblée et du Sénat nigérian : il réclame du gouvernement « qu’il retrouve et punisse les commanditaires, sauf de quoi les crises politico-religieuses auront toujours de beaux jours dans le futur ».

"C’est une situation inadmissible car nous avons introduit la religion dans la politique et seuls les médiocres le font. Je conseille au président de prendre, dès maintenant, des mesures très sérieuses et drastiques contre cela. Faisons en sorte que ça soit la dernière fois, car c’est la deuxième fois que cela se produit à Jos. Beaucoup de gens innocents ont perdu la vie et beaucoup de lieux de culte ont été brûlés. Nous devons mettre un terme à cela. Laissons faire la justice", a-t-il enfin déclaré.

1er décembre 2008


Afric.com/rfi /eemni