SUISSE, GENEVE : HOMMAGE AU PASTEUR METHODISTE EMILIO CASTRO

Le gouvernement chilien reconnaît la grandeur de l’engagement du pasteur méthodiste Emilio Castro aux côtés des résistants à la dictature instaurée par le général Pinochet.

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Les décennies de 70 et 80 furent très difficiles pour la démocratie et les droits de l’homme dans la majorité des pays d’Amérique Latine. Des coups d’Etat donnèrent naissance à des dictatures militaires qui supprimèrent des libertés et des droits de l’homme. Les prisons et les camps de concentration se remplirent avec des opposants à ces régimes, des dizaines de milliers de personnes disparurent, beaucoup d’autres encore furent obligés d’abandonner leur pays et la torture devint une arme habituelle dans les mains  des militaires.

Le Chili ne fut pas une exception à la règle. En septembre 1973, les militaires placés sous le commandement du Général Pinochet se rebellèrent contre le gouvernement constitutionnel du Président Allende initiant  une longue période de dictature sanglante. Dés le début du coup d’Etat, les Evêques luthériens et méthodistes se mirent en action pour essayer de protéger les nombreux persécutés, en créant avec l’Archevêque catholique de Santiago le Comité Pro Paz et, à la dissolution de celui-ci par la dictature, le Vicariat de la Solidarité.

Notre éminent pasteur  Emilio Castro déploya un gros effort pour  obtenir le soutien international en faveur de ceux qui luttait contre la dictature. Il le fit principalement depuis le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) où il remplit de hautes fonctions y compris celle de Secrétaire Général. Pour cette raison, le Gouvernement du Chili lui décerna le 14 octobre 2009  au cours d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Ambassade du Chili en Suisse, la décoration de l’Ordre «  Bernardo O’Higgins » la plus haute distinction que le Chili attribue aux étrangers pour éminents services .

L’Ambassadeur chilien auprès  des organismes internationaux de Genève, Monsieur Carlos Portales, exprima dans son discours que le Pasteur Emilio fut «un infatigable combattant pour la Vérité et la démocratie » et qu’« il hissa le drapeau de l’opposition aux injustices et le Chili souhaite à travers cette décoration  exprimer  à Emilio Castro qu’ «il reste dans nos mémoires et reconnaître ce qu’il a fait pour tant de personnes qui ont souffert pendant la dictature ». Ce travail aurait été impossible « sans le travail des Eglises, sans l’esprit de solidarité de tant de croyants et non-croyants qui ont su s’unir dans leurs valeurs sur les droits de l’homme, et sans le soutien depuis 1973 du Révérend Emilio Castro, qui au travers de ses importantes fonctions dans le Conseil Oecuménique des Eglises se rapprocha des personnes et des institutions qui travaillaient  avec les persécutés ».

Le  Pasteur Castro apprécia cette distinction et le fait qu’elle lui soit remise dans le cadre du Conseil Oecuménque des églises (COE) pour la cause de la justice et de la paix. Entre autres aspects, il ajouta que celle-ci est aussi une expression de gratitude  aux relations humaines, avant, pendant et après les évènements qui  entraînèrent l’exil de tant de Chiliens et de Chiliennes. Devant la crise provoquée par le coup d’Etat, il fut normal que beaucoup de chrétiens fassent appel  au  Conseil, sachant que leur cause faisait l’objet d’attention avant même leur appel.

 Par respect  pour le Chili, l’éminent  Pasteur de la Communauté Chrétienne latino-américaine de Genève ajouta que depuis sa tendre enfance il apprit à aimer le Chili – d’où son père était originaire- et à connaître le pays » le plus long et le plus étroit du monde », ses praticiens et ses leaders politiques. « Aussi à Genève, nous avons trouvé un foyer naturel dans la Communauté des réfugiés chiliens ». Notre Pasteur Emilio conclut son intervention en exprimant » sa reconnaissance pour  la distinction qui  lui est faite à cause de l’affection qu’elle exprime et pour l’occasion  qu’elle lui donne  de se souvenir de tant de gloire, tant de luttes, tant d’amitié ».

Nous félicitons Emilio pour cette distinction  bien méritée,  décernée par le Gouvernement du Chili et nous sommes reconnaissants  au Seigneur  pour l’opportunité qu’Il nous a donnée de recevoir sa précieuse coopération au sein de la  communauté méthodiste latino-américaine de Genève.

Pour terminer, nous voulons seulement manifester le malaise de la colonie chilienne genevoise parce que cette cérémonie s’est tenue dans un lieu aussi exigu que l’Ambassade et avec un nombre restreint de participants. Un  évènement de cette nature aurait du avoir lieu dans un endroit qui aurait permis une participation plus importante, comme,  par exemple l’Université de Genève où se sont déroulées des manifestations  similaires. De cette façon, la colonie chilienne et latino-américaine de Genève aurait pu se joindre à cet émouvant hommage.

Francesc  J.Vendrell 

Traduction Maïté Loché


Eemni