16e CONFERENCE CENTRALE, BULACH, SUISSE : FLORILEGE DE VOIX - INTERNATIONAL ET MULTICULTUREL

Une centaine de délégués laïques et pasteurs des 14 pays membres de la Conférence Centrale de l’Europe du Centre et du Sud de l’Europe ont fait le déplacement du 11 au 14 mars 2009 à Bülach, Suisse pour la 16e session de son histoire “Cherchez Dieu... et vous vivrez - la voie méthodiste”.

 Photos eemni, emkni, Andy Schindler, Martin Streit

Plus de 100 représentants de 14 pays se sont trouvés, du 11 au 15 mars à Bülach à la 16e session de la Conférence centrale de l’Europe du centre et du sud (CCECS) de l’EEM. Urs Schweizer, assistant de l’évêque Patrick Streiff, a demandé à plusieurs délégués leur avis sur cette importante rencontre méthodiste à l’échelle européenne.

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L’EEM comme pionnière

L’EEM en Bulgarie a été isolée pendant des décennies. Ce furent des années difficiles pour nous, c’est pourquoi nous apprécions énormément aujourd’hui les possibilités qu’offre notre Conférence centrale. Grâce à elle, le modèle de la connexionalité méthodiste devient réalité. Notre Conférence centrale est internationale et multiculturelle. L’évolution politique et économique dans les différents pays est très variable. Il y a des frontières, mais notre église réussit toujours à nouveau à bâtir des ponts par-delà ces frontières. C’est ainsi que la solidarité au sein de notre Conférence centrale fait avancer les relations dans la société. Par exemple, à une époque de fortes tensions entre nos pays, le ministre des Affaires étrangères de Macédoine, Boris Trajkovski, notre frère, a déclaré devant des politiciens bulgares : « Les méthodistes vivent dans nos pays comme des frères. Cela m’encourage à croire que nos peuples peuvent vivre en paix ».

Bedros Altunian, Bulgarie


Diversité enrichissante

Être une partie de l’UMC/EEM et faire partie de la Conférence centrale de l’Europe du Centre et du Sud, est essentiel à notre identité de très  église en Autriche. Nous soulignons toujours à nouveau que nous ne sommes pas une « Église autrichienne », mais une Église mondiale. Dans l’œcuménisme, c’est donc toujours à nouveau l’Église mondiale que nous représentons. Le regard que nous posons au-delà des frontières élargit notre horizon. Nous nous sentons liés aux frères et sœurs des autres pays de notre Conférence centrale. Le partage des préoccupations et des espoirs, les mesures concrètes d’aide et de soutien renforcent nos liens mutuels. Même si les cultures, les mentalités et les conditions de vie sont très différentes d’un pays à l’autre, la Connexio de notre Église constitue un lien fort. Les différences sont pour nous un enrichissement important. La principale difficulté de notre Conférence centrale, je la vois dans sa petite taille, dans le nombre réduit de ses membres, et dans sa dimension géographique, avec de nombreux pays (N.D.L.R. : 14 pays sont représentés dans la Conférence centrale). Presque partout, nous sommes une infime minorité. Les charges administratives sont souvent disproportionnées par rapport à la taille de notre Église. Une deuxième difficulté, je la vois dans la multiplicité des langues que nous parlons. Cela complique la communication et la compréhension mutuelles. Dans nos communautés, on a fortement conscience de faire partie de cette Conférence centrale. Un symbole important dans ce contexte, c’est l’évêque. Il incarne notre Église dans son ensemble et la Conférence centrale.

Lothar Pöll, Autriche, et secrétaire général de la Conférence centrale


Témoignage renforcé

L’appartenance de notre Église à la Conférence centrale prend toujours moins d’imp ortance au cours des dernières années. Notre Conférence centrale est née à la suite des divisions politiques en Europe, — des divisions qui n’existent plus aujourd’hui. L’opportunité de la Conférence centrale, je la vois dans le fait que nous, Conférence annuelle de la Pologne, nous redécouvrions notre appartenance à la grande famille méthodiste et son profil — et que cela ait aussi un impact sur notre service et renforce notre témoignage chrétien en Pologne. Notre Conférence centrale est multiculturelle et multilingue. La liturgie, la théologie et l’ecclésiologie sont parfois très diverses. Il est donc difficile de parvenir à l’unité dans l’Église avec un règlement d’église commun.

Edward Puslecki, Pologne


Partie d’un tout

Nous, petite église, nous sommes une partie de la Conférence centrale, j’en suis reconnaissant. Nous avons conscience de participer ensemble à un tout. C’est exactement l’identité mondiale de la United Methodist Church, sa taille et sa force, qui renforcent localement notre réputation. Les membres de notre Conférence centrale sont différents et mettent des accents différents dans leur travail. Il faut dire aussi qu’on a de la peine à comprendre les difficultés qui se présentent dans d’autres lieux. Et des choses qui sont acceptées dans une culture, sont impossibles ailleurs. Tous les programmes et tous les projets ne sont donc pas également utiles dans tous les pays. C’est pourquoi il est bon que, dans la Conférence centrale, on ait la liberté de reprendre ce qui est utile. Les communautés vivent la Conférence centrale notamment comme une occasion de rencontres personnelles. Nous essayons aussi d’informer les communautés des changements importants et de les aborder dans les conférences de district.

Ana Palik-Kuncaj, Serbie


Joie et encouragement

Personnellement, je vis l’appartenance à la Conférence centrale comme une joie et un encouragement. Comme membre précisément d’une petite église dans un pays majoritairement catholique, je constate à plusieurs reprises que les gens autour de moi ont aussi besoin d’un autre témoignage. La Conférence centrale est pour moi aussi une exhortation à ne pas devenir tiède.

On ne comprend pas toujours au premier coup d’œil que la Conférence centrale soit une bénédiction. Au cours de la vie, on finit par le voir et le percevoir :

. Quand nous nous enrichissons les uns les autres,

. Quand nous apprenons les uns des autres — en partageant des expériences semblables ou différentes,

. Quand nous nous prêtons mutuellement assistance dans une situation d’urgence,

. Quand nous obtenons de l’aide pour assumer un service ecclésial dans la société dépassant nos propres moyens,

. Quand je peux aider personnellement un homme en un lieu éloigné.

Toutefois, je vois également des défis. Nous sommes nous-mêmes petits en tant que Conférence centrale, nous vivons loin les uns des autres, nous parlons plusieurs langues et il est nécessaire de surmonter bien d’autres obstacles — notamment celui de la diversité des niveaux de vie.

Josef Cervenak, Tchéquie


Solidarité tangible

Pour nous, petite EEM en Hongrie, pouvoir faire partie d’une plus grande communauté internationale, c’est quelque chose de très précieux. À bien des égards, nous y trouvons du soutien et ne sommes pas laissés seuls face aux défis dépassant nos possibilités — par exemple la réalisation de projets de construction. Mais nous avons de ce fait également l’occasion de nous montrer solidaires — par exemple dans les Carpathes-Ukraine ou en Voïvodine. La fraternité existant entre nous nous permet de collaborer fructueusement sur les questions de mission et d’évangélisation. La Conférence centrale est aussi l’occasion de nouer des relations personnelles avec des gens de nombreux pays, c’est un beau cadeau. Nous avons des amis partout. Par la visite de l’évêque, ou d’autres hôtes internationaux, les communautés vivent aussi quelque chose de la Conférence centrale, comme la prise en charge de différents projets (par exemple la mission parmi les Roms ou les camps d’été), et font l’expérience de la solidarité de l’Église avec eux. Par ce biais comme par la publication de nouvelles de la Conférence centrale, les membres de nos communautés sont encouragés à prier pour leurs frères et sœurs dans d’autres pays.

Istvan Csernak, Hongrie


La richesse de rencontres

La Conférence centrale est en fait une construction artificielle, et on ne peut donc pas aussi facilement s’identifier avec elle. Pour moi, l’appartenance à une église mondiale est bien plus importante que l’appartenance à cette Conférence centrale. La Conférence centrale a toutefois l’avantage de constituer un vaste espace où les rencontres sont plus faciles à planifier et à vivre. Je rencontre beaucoup de personnes différentes tout particulièrement à travers mon engagement de coordinatrice pour le Carrefour des femmes au sein de notre Conférence centrale. Quand je vois et ressens comment ces personnes vivent leur foi, je me retrouve enrichie. Quand non seulement ces pays prennent un « visage  » à travers ces personnes, mais que nos relations aussi s’approfondissent, alors mon intercession personnelle gagne en qualité. La Conférence centrale, avec ses nombreuses langues et cultures présente aussi des défis. Mes vues comme mes sentiments ne peuvent pas s’appliquer automatiquement à mon interlocuteur d’un autre pays. Je ne dois pas penser trop vite avoir bien compris mon interlocuteur — ou à l’inverse qu’il m’a bien compris. C’est un risque de piéger les autres ou de les blesser. Nous devons donc nous efforcer consciemment de nous comprendre vraiment correctement.

Regula Stotz, Suisse


Traduction eemni

  • Publié précédemment dans Kirche und Welt N°3/2009