LA VOIX DE L'EGLISE SUR LA PAIX

Evêque  Ken Carder, évêque à la retraite, un des orateurs à la Conférence de la Paix de Lake Junaluska, N.C., où il fut discuté de la parole de l’église dans un monde de violence.

Conférence de la paix de Lake Junaluska, N.C. : où l’Église fait-elle entendre sa voix ?

« Quand il fut arrivé tout près de la ville, il l’embrassa du regard et pleura sur elle : Ah, dit-il, si seulement tu avais compris, toi aussi, en ce jour, de quoi dépend ta paix ! Mais, hélas, à présent, tout cela est caché à tes yeux ». Luc 19.41

Des militants pacifistes, des défenseurs de la justice sociale chevronnés et des séminaristes ont passé trois jours à suivre une conférence de paix autour de la question : "Comment l’Église Évangélique Méthodiste pourra faire entendre sa voix dans un monde de violence ?"

Le révérend Peter Storey, célèbre pacifiste et ancien évêque méthodiste d’Afrique du Sud, a donné le ton à cette rencontre de trois jours. Il a accueilli 400 participants à la "conférence des paris impossibles".

À l’ouverture de la session de la Conférence de la paix 2008 à Lake Junaluska, Storey a commencé par demander aux participants de réfléchir sur ce Dieu qu’ils servent. Si votre Dieu est le Dieu de Jésus, a-t-il dit, toute réponse à la violence doit être examinée à la lumière de la croix.

"Comment expliquer notre silence ? Pourquoi l’audacieux défi à relever est tout sauf clair ? Pourquoi le chemin qui conduit vers la paix semble encore caché à notre vue, alors même que nous accrochons des croix un peu partout ?"

La rencontre était faite de tables rondes, d’ateliers et de cultes axés sur la paix de Jésus-Christ. Parmi les autres orateurs figurent le pasteur Richard Hays, et l’évêque Ken Carder, professeurs à la Duke Divinity School, Jan Love, doyen de la faculté de théologie Candler, Jim Winkler, responsable de la commission de l’EEM Église et Société, et Celeste Zappala, Gold Star mère qui a perdu un fils dans le conflit en Irak.

Un groupe local pacifiste dirigé par un militant de 95 ans, le Rev Wright Spears, s’est mis à rêver d’une conférence annuelle de la paix prête à examiner pourquoi l’église garde trop souvent le silence dans un monde de violence. Le groupe planifie déjà des conférences de la paix pour les prochaines années et a déjà commencé à travailler sur le calendrier de l’année prochaine, a déclaré Spears.

"La paix doit venir en ce monde", a déclaré Spears. "L’alternative est impensable… L’anéantissement, la mort pour toute la création." Spears, ancien président du Columbia College et pasteur évangélique méthodiste à la retraite, était assis au premier rang à chaque session de la conférence.

"Nous sommes tous des enfants de Dieu, nous ne devrions pas avoir d’ennemis dans ce monde", a-t-il dit.


Heureux les artisans de paix

Hays dit que les disciples de Jésus sont appelés à ranger leurs épées. De Matthieu à l’Apocalypse, il a déclaré que le Nouveau Testament est un témoignage cohérent de lutte contre la violence.

"Dans un monde déchiré par la violence, la vocation distinctive des disciples de Jésus consiste à renoncer à la violence et à rechercher à établir la paix là même où persistent des troubles", a déclaré Hays. "Aucun autre problème n’est aussi urgent en notre temps que ce problème, et il n’est pas d’autre question où l’église ait aussi massivement échoué à incarner la promesse de l’Évangile."

À partir de l’Écriture Sainte, (Luc, Romains, Matthieu, Hébreux, Apocalypse, et Éphésiens et 2 Corinthiens), Hays a jeté les fondements bibliques du rétablissement de la paix. "Le rétablissement de la paix n’est pas simplement une option ou une priorité politique, c’est une question qui est au cœur même de l’Évangile », a-t-il dit.

Dans son discours, Jan Love a demandé aux participants : "Qu’est-ce que cela signifie pour nous, en tant que chrétiens, de laisser nos armes à la porte au sens figuré ?

« Notre volonté de faire la guerre et de commettre des actes de violence les uns contre les autres est un honteux contre-témoignage à l’Évangile de Jésus-Christ », dit-elle. "Il s’agit d’une horrible trahison de l’Évangile de la grâce, de la paix et de la miséricorde que nous revendiquons en tant que corps du Christ."


Les plus grands défis

"Nous sommes préoccupés par le silence de l’église sur les principaux problèmes que doit affronter le monde », a déclaré Carder. « L’Église a une longue histoire de silence et de chuchotage… Alors qu’elle aurait dû crier et même hurler parfois cela même qui lui avait été chuchoté au creux de l’oreille."

Modérateur d’une table ronde à la fin de la conférence, Carder a demandé à Storey, Love et Winkler de résumer les importants défis auxquels l’Église Évangélique Méthodiste des États-Unis est confrontée.

Storey a suggéré à chaque congrégation évangélique méthodiste de prendre un congé sabbatique de deux ans, c.-à-d., de renoncer aux « programmes » en place et de se livrer à la place à l’étude de la Bible, à une réflexion approfondie et à la prière suivie en toute humilité, et de partager ensemble quatre thèmes : le drapeau et l’autel, la richesse et la pauvreté, La violence et la non-violence, l’inclusion et l’exclusion.

"Le drapeau doit sortir du sanctuaire — non pas parce que nous ne sommes pas patriotiques, mais parce que c’est la maison de Dieu et que le drapeau relève de César.… Nous confondons les deux, erreur malheureuse, et emballons notre théologie des couleurs du drapeau, rouge, blanc et bleu », a déclaré Storey.

La violence et la non-violence sont des questions sérieuses pour les États-Unis — « l’une des sociétés les plus violentes dans le monde", a-t-il dit. « Plus de gens ont été tués dans des émeutes dans ce pays que lors de toutes les guerres que vous avez menées."

Jan Love dit que les Évangéliques Méthodistes ne doivent pas oublier d’aimer Dieu de "tout notre esprit." "Je mets au défi mes étudiants de Candler de ne pas avoir une église bêtifiante, des liturgies bêtifiantes, des réunions bêtifiantes », dit-elle. "Notre église n’est pas en train de faire un très bon travail quand elle forme ses pasteurs et laïcs."

« L’un de nos plus grands défis dans les années à venir est de résister à la peur et la panique devant la réduction du nombre de nos membres," a dit Winkler. "Nous ne pouvons pas nous laisser détruire par ces considérations.… Nous avons besoin de comprendre ce qui se passe réellement dans le monde et de nous tenir nous-mêmes du côté de Dieu."

Le Sénateur Joe Sam Queen de la Caroline du Nord a participé à ces trois jours de conférence, car « il n’y a aucun doute dans mon esprit : la paix et la justice sont les questions les plus importantes de notre temps." Queen, membre de First United Methodist Church, Waynesville, NC, se dit enthousiasmé par la rencontre de pasteurs et de laïcs, des jeunes venus des séminaires.

« Nous devons retrouver notre voix. Nous avons été stupéfaits par les événements du 11 septembre », a déclaré Queen. « Nos églises, nos communautés et nos hommes politiques ont besoin d’entendre notre voix, parce que l’avenir n’est pas une guerre contre le terrorisme, c’est le règne de la paix."


6 février 2008

United Methodist News Service / Service de presse évangélique méthodiste