CA16 Reutlingen: la fin de l'attente


C’est avec un grand plaisir que la Faculté de théologie de Reutlingen a reçu une lettre du ministère des sciences du Baden-Württemberg qui confirmait la reconnaissance officielle et illimitée des autorités de l’instance de formation théologique de l’EEM à Reutlingen.

Roland Gebauer, recteur de la Faculté de théologie de Reutlingen

413 Haute école théologique de Reutlingen 

Chères sœurs et chers frères de la Conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord.
Par le présent rapport, je souhaite vous donner un aperçu des activités et de la situation de la Haute école théologique de Reutlingen (HER) au cours de l’année écoulée. 

1. Nouvelle structure 

La nouvelle structure de la Haute école, décidée par le conseil d’administration en 2014, a été mise en place avec effet au 1er août 2015. Encore qu’il soit trop tôt pour un bilan d’ensemble, on peut tout de même dire, au terme d’un peu plus de six mois, que la nouvelle structure, composée du Conseil de la Haute école, du Sénat et du Rectorat, a fait ses preuves. Sur le plan, relevons que le Conseil de la Haute école (= l’organe au travers duquel l’Église dirige la Haute école) se réunit bien plus fréquemment que l’ancien conseil d’administration, ce qui accroît la rapidité et la souplesse de la direction stratégique. Au Sénat, la participation paritaire des étudiant-e-s (aux côtés des chargé-e-s de cours et du personnel non scientifique) s’avère extrêmement utile pour la direction de la haute école dans les domaines de l’enseignement, des études et de la recherche. Afin que le Rectorat, chargé du fonctionnement de la haute école au quotidien et auquel appartiennent trois des sept professeurs titulaires, soit bien relié au reste du corps enseignant, l’ensemble du corps enseignant (qui forme également la commission des examens) se réunit à intervalles réguliers pour débattre de toutes les questions pertinentes. Bien que les directions stratégique (conseil de la haute école) et académique (sénat) opèrent désormais de manière strictement séparée, il a été jugé utile que le recteur soit membre du conseil de la haute école à titre consultatif, ce qui garantit une bonne liaison entre ces deux organes. On sent nettement ici qu’un « esprit d’union » anime ces deux organes qui collaborent au bien de la haute école et des mandats confiés par l’Église. 

La question de la reconnaissance étatique de durée illimitée, qui devait être accordée par le ministère de la science, de la recherche et de l’art en lien avec la nouvelle structure, n’est par contre pas réglée. En dépit de démarches répétées et de plus en plus insistantes de ma part, rien ne se passe. Selon les informations du ministère, cela est dû essentiellement à des mutations structurelles et personnelles internes. Une décision prochaine a cependant été annoncée. Peut-être pourrai-je en faire l’annonce verbalement à la Conférence annuelle. 

2. Ré-accréditations des cycles d’études 

La ré-accréditation de nos deux cycles d’études (Bachelor et Master) a été achevée avec succès en juillet de l’an passé. L’« agence pour l’assurance de qualité par l’accréditation de cycles d’études », compétente en la matière, nous a octroyé la (nouvelle) accréditation pour une durée de sept ans (jusqu’en 2021) sous réserve. Le travail sur ces réserves (révision des manuels modulaires, révision et examen juridique du règlement d’études et d’examens) est presque achevé, à l’exception de l’examen juridique (qui aura été effectué à l’heure des sessions de la plupart des Conférences annuelles). Outre ces remarques, quelques recommandations ont également été formulées. Tout ceci a permis de découvrir des points faibles jusqu’ici ignorés et de les éliminer. Le processus de ré-accréditation a ainsi abouti non seulement à une assurance de qualité, mais à une amélioration de la qualité. 

3. Nouveaux cycles d’études 

«La spiritualité chrétienne dans une perspective interculturelle» est un cycle d’études en cours d’emploi que nous préparons depuis assez longtemps et qui devrait si possible démarrer au début de l’année académique 2017/2018. Il se déroulera essentiellement sous forme de séminaires-blocs en fins de semaines. Ce cours devant s’autofinancer, nous prévoyons un coût total de 5000 Euros par personne étudiante. Les professeurs s’y impliqueront en partie également, aux côtés des chargés de cours. Une fois achevé l’actuelle préparation du manuel modulaire et des règlements d’études et d’examens achevée, nous soumettrons la demande d’accréditation pour ce cycle. 

À l’initiative de l’EEM en Suisse et avec la participation de représentant-e-s des Conférences annuelles allemandes, nous avons mené en janvier de cette année une discussion sur la mise en place à la HER d’une autre filière de Master en cours d’emploi. Elle devrait en particulier permettre à des personnes venues d’autres horizons professionnels et ayant reçu une « vocation tardive » ou se trouvant en phase de « reconversion », qui pour diverses raisons ne peuvent plus entreprendre des études de théologie régulières, d’accéder au ministère pastoral dans notre Église. Autrement dit, cette filière devrait contribuer à motiver des personnes à suivre des études de théologie et à s’engager dans le ministère dans l’Église. Les commissions pour le ministère et les cabinets sont actuellement en train d’évaluer l’ampleur des besoins dans nos églises. Cette filière serait susceptible d’intéresser aussi la EKD (ou ses Églises membres), qui s’attendent à devoir faire face à un manque aigu de pasteursces deux prochaines décennies. Au cours de premiers contacts à ce sujet, les représentants de la EKD ont indiqué qu’ils seraient en principe prêts à entrer en matière. Si cette filière devait se faire, ce ne pourrait cependant être qu’au prix d’un élargissement des ressources personnelles et financières de la HER ainsi qu’en synergie avec le cycle sur la spiritualité précité, la filière de Master régulière et la Methodist E-Academy. Tout ceci demande à être mûrement réfléchi. 

4. Étudiants, enseignants 

Pour la première fois depuis une dizaine d’années, l’effectif des étudiant-e-s s’est à nouveau réduit au cours de l’année écoulée, pour passer de 67 à 60. Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses quant à ce qui pourrait en être la cause, certainement très complexe. S’il y a quelque chose que nous pouvons entreprendre à ce sujet en tant que haute école, nous ne manquerons évidemment pas de le faire (cf. le cycle d’études sur la spiritualité). Il faut toutefois bien admettre qu’il ne serait pas « normal » que les effectifs des étudiants croissent indéfiniment, alors que dans le même temps les candidatures au ministère pastoral ont tendance à reculer dans notre Église. Nous attendons donc avec intérêt les inscriptions pour la prochaine année académique. 

En ce qui concerne les chargé-e-s de cours, il y a eu deux mutations au cours de l’année passée. Åsa Nausner occupe désormais un poste en Suède ; elle sera remplacée par Gabriele Mayer, une chargée de cours tout à fait compétente en matière de communication interculturelle. Le pasteur Matthias Kapp a repris le poste de chargé du cours de théologie pastorale du pasteur Stefan Herb. 

5. Relations internationales 

La collaboration dans le cadre des MTSE (Methodist-related Theological Schools in Europe) a été renforcée. L’Église méthodiste britannique ainsi que les Nazaréens sont désormais solidement intégrés au réseau MTSE. Des démarches sont en cours à divers niveaux pour consolider encore le réseau des institutions de formation méthodistes en Europe. Michael Nausner a été élu vice-président du MTSE. Une rencontre d’étudiants ainsi qu’une assez grande conférence théologique sur le thème de la réconciliation ont eu lieu en lien avec la rencontre bisannuelle du MTSE de février 2016. Cinq étudiants de la HER ont pris part à la rencontre estudiantine en présentant chacun une communication en anglais. C’est Tina Manuelli, titulaire d’un MA de la HER, qui a organisé cette rencontre, à laquelle ont participé des étudiants d’Angleterre, du Congo, du Liban, de Russie et du Zimbabwe. Nous avons aussi eu la possibilité de soutenir nos étudiants internationaux dans le cadre du programme STIBET-I du DAAD (service allemand d’échanges académiques). Enfin, nous avons saisi l’occasion de participer à un autre programme du DAAD, intitulé « Welcome – des étudiants s’engagent pour les réfugiés ». Ce programme vise à permettre à des étudiants germanophones de soutenir des réfugiés présentant les aptitudes requises pour étudier, de manière à ce qu’ils puissent entamer le plus rapidement possible des études en Allemagne. 

6. Immeubles 

L’année passée, nous avons pu procéder à la rénovation des parties non encore rénovées du plus ancien de nos deux logements d’étudiants ; d’autres projets immobiliers nous attendent maintenant. Il s’agit en priorité du chauffage et de la partie non encore rénovée du dernier bâtiment de logement des étudiants (y compris la cafétéria). Il faudrait cependant aussi rénover d’urgence le bâtiment des cours (et y inclure un accès dépourvu d’obstacle pour les personnes en situation de handicap) et agrandir (voire construire un nouveau bâtiment pour) la bibliothèque, qui est arrivée dans l’intervalle aux limites de ses capacités. Suite à la vente en 2014 de la propriété léguée en son temps à la haute école, nous disposons de certains moyens financiers, qui devront toutefois être complétés en cas de nouvelle construction de la bibliothèque. Le groupe de travail pour la planification des constructions, institué récemment et composé pour moitié de membres du conseil de la haute école et du sénat, a commencé à s’occuper activement de ces questions. 

7. Assistant du rectorat 

Le conseil de la haute école a décidé de créer un poste d’assistant du rectorat. La personne qui sera engagée cet automne devra décharger la direction de la haute école de tâches requérant de grandes compétences professionnelles dans des domaines spécialisés et notoirement chronophages, tels que les appels de fonds, l’information publique, l’économie financière, l’accréditation et la gestion des filières d’études, pour n’en citer que quelques-uns. Le poste est pour l’instant limité à trois ans et devra être évalué au terme d’un an et demi. 

8. Semaine théologique 

Au moment de conclure, je souhaite renouveler notre chaleureuse invitation à la semaine théologique organisée à la haute école du 2 au 6 octobre de cette année. Nous avons pu réunir un groupe de personnalités de renom pour nous parler du sujet très actuel de « Vivre la foi dans un monde de diversité religieuse ». Les détails figurent sur le papillon qui devrait dans l’intervalle avoir atteint tous les circuits. Mais vous pouvez aussi l’obtenir chez nous ou vous informer en consultant notre site (www.th-reutlingen.de) 

Roland Gebauer, recteur