Histoire de l’Église méthodiste en Algérie


pasteur Daniel Nussbaumer, coordinateur

Un regard sur l’histoire de l’Église méthodiste en Algérie.


Fr 0340

Pasteur Daniel Nussbaumer

La colonisation de l’Algérie par la France eut lieu en 1830. L’acte de capitulation signé entre le pays d’Alger et le maréchal français de Beaumont comportait une clause acceptant l’installation des églises mais interdisant officiellement le prosélytisme et garantissait par là la sauvegarde de la religion musulmane.

C’est dès 1857 que les Méthodistes wesleyens cherchent à s’établir en Algérie en la personne d’un Lelièvre. Celui-ci réussit à convaincre la Conférence méthodiste siégeant à Lausanne en 1877 à fonder une oeuvre missionnaire en Kabylie. Et à partir de 1886 Thomas Okardt s’installe à Bouji Dejaïa et fonde la station méthodiste d’El Maten en 1888 en Petite Kabylie. Il sera suivi de Charles Cook et d’Emile Brès bien connu dans le milieu francophone. Ce dernier exerce une forte influence sur la population en procurant du travail aux femmes grâce au développement de l’artisanat. Il crée des écoles, ouvre un hôpital. Et même si le souci principal reste l’évangélisation, Emile Brès s’engage beaucoup pour fournir du travail aux autochtones avec sa devise « Évangile et travail ».

Dès 1910, nous découvrons la présence et l’engagement de l’Église méthodiste épiscopale en Algérie avec la création de plusieurs stations méthodistes missionnaires, à Alger en 1908, (Tunis, la même année), Constantine suit en 1910, Oran en 1911, puis Fort National, aujourd’hui Larbaa Nath Iraten et une annexe aux Ouadhias.

Dans toute cette période, il est intéressant de voir tout l’effort effectué pour faire la traduction de la Bible vers l’arabe et le kabyle, ainsi que des cantiques, comme aussi du matériel pour l’école du dimanche.

Pendant quelques années, ces églises constitueront même la Conférence annuelle provisoire de l’Afrique du Nord avant de connaître les années difficiles et l’expulsion de la majorité des missionnaires.

Devant la pression du gouvernement algérien, qui ne veut pas avoir face à lui plusieurs églises d’obédience protestante, et sous l’impulsion de l'évêque Franz Schaeffer, se constitue alors l’EPA, l’Église protestante d’Algérie. En 1972, elle sera reconnue par l’État algérien. Jacques Blanc, pasteur réformé, en est le premier président. Puis dès 1975, c’est Hugh Johnson qui en assure la présidence. Celui-ci, en tant que missionnaire américain de l’Église méthodiste, s'installe à Alger, après avoir été responsable pendant de nombreuses années de la station de Larbaa. 

Le rapport des surintendants à la Conférence annuelle de cette année titre : « Succès et échec dans l’Église ». Nous pourrions aussi parler de lumière et ténèbre, de joie et peine. Quelquefois, particulièrement quand nous oublions la tâche qui nous est confiée, celle de vivre la réalité des promesses de l’Évangile dans un contexte qui n’est certes pas facile, nous nous trouvons totalement démunis, comme livrés avec l’impression de se trouver dans une impasse. C’est là que nous sommes toujours à nouveau rappelés à cette autre réalité de l’Évangile : le salut ne vient pas de ce que nous pouvons faire, mais de ce que Dieu fait. Et alors que nous vivons des faits où l’Évangile est bafoué, qu’aucune issue ne semble possible, l’énorme faiblesse, une grande fragilité, c’est dans ces situations-là que l’impossible se réalise. C’est dans ces situations-là que nous vivons ce que l’apôtre Paul a si bien exprimé quand il écrit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse, car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ! ».