Allocution du pasteur Dr Hugh Johnson, lauréat du Prix de la Paix 2014 du Conseil méthodiste mondial


Fr 0421

Pasteur Dr Hugh Johnson, lauréat du Prix de la Paix 2014 avec son épouse Shirliann

Il est intéressant que beaucoup, foudroyés par un désastre pour lequel ils étaient mal préparés, voire pas préparés du tout, se demandent pourquoi il leur arrive telle ou telle chose. 

Si l’événement était attendu ou non, s’il était bienvenu ou malvenu, l’interrogation semble invariable et inévitable : pourquoi nous ? Pourquoi moi ?  

En effet, c’est bien notre première réaction. Qu’avons-nous fait de remarquable ? Sans même chercher à comprendre pourquoi quelqu’un pouvait penser du bien de ce que nous avons fait, parce ce que cela semblait normal. Plus exactement penser que nous n’avons pas fait telle ou telle chose, ou telle bêtise notable, dans un cas comme dans l’autre, nous pouvons plutôt penser à ce que les autres ont fait ou n’ont pas fait, pour qu’on s’en souvienne. Nous voici ensemble ce soir pour fêter ce que nous avons effectivement fait ensemble. 

La comparaison faite entre nous et les lauréats précédents semble ridicule, dérisoire. Nous avons souvent remarqué devant diverses assemblées que nous avons marché dans les pas ou dans les souliers des géants qui nous ont précédés. C’est à eux aussi d’être reconnus, mais c’est presque trop tard. Cette réflexion nous permet de penser que nous pouvons en fait accepter l’honneur actuel au nom et au lieu de tous ceux qui nous ont précédés dans ce même chemin ou encore ceux qui sont en train de marcher dans ce chemin actuel en Algérie et en Tunisie (salve d’applaudissements).

Nous avons dessiné ce soir le chemin à suivre au service de Dieu et de l’Église et du champ de travail. Ce n’est pas à la poursuite d’une reconnaissance quelconque …, pour mettre en pratique l’amour de Dieu pour le salut des enfants de Dieu, quelle que soit la condition ou la description de ces enfants de Dieu que nous trouvons la mission qui nous avait été confiée, aimer, aimer Dieu, aimer les enfants, aimer le lieu où Dieu nous envoie. 

Nous pensons aussi à cette ribambelle de témoins qui nous ont précédés ou qui vont nous suivre, à l’oeuvre de Dieu en Afrique du Nord, aux chrétiens et musulmans de tous horizons.

Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir compter parmi nous les représentants de l’Église méthodiste venant de l’Algérie, venant de la Tunisie, venant d’autres pays musulmans.

Au moment où nous recevons cette reconnaissance de cette collaboration en obéissance et fidélité, en étant présent dans l’Église là où l’Église était nécessaire. 

Plusieurs textes bibliques nous incitent à poursuivre ce service collectif :

il s’agit de l’épître de Paul aux Romains chapitre 12 et de  la 1e Épitre aux Corinthiens, chapitre 9, 9-23.

Nous sommes appelés à l’ouverture à tous, afin que quelques uns soient sauvés.Tous les chrétiens passés, présents et futurs mettent en pratique l’amour de Dieu pour tous les hommes. Nous sommes réconciliateurs au nom de Dieu, mais cela de maintes façons. Durant une vie de service, on peut être beaucoup de choses : on peut être comme moi pasteur, on peut être comme Henri Teissier évêque ou bien d’autres choses comme vous tous. 

Comme l’apôtre Paul le déclare, on se fait tout à tous afin que quelques uns soient sauvés. Je m’adresse à vous tous : je plaide pour que vous tous, vous vous ouvriez à la grandeur de Dieu en vous investissant dans les projets de Dieu pour le monde, un monde où notre vie au nom de Dieu est vécue sans ambition personnelle, mais aussi sans ambiguïté pour que la joie de Dieu en nous et en tous soit complète.