Haute école théologique de Reutlingen

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La faculté de théologie méthodiste de Reutlingen a fait l'objet d'un rapport.

D’ici quatre ans, quatre enseignants partiront à la retraite et trois autres plus tard. Ces postes seront à remplacer d’ici là.

La structure de la Haute Ecole doit être révisée pour obtenir une reconnaissance officielle. Une ébauche sera faite dans un premier temps. Le tout sera peaufiné par la suite. Ces changements vont dans le sens d’une plus grande autonomie de l’institution par rapport aux églises.

Reutlingen édite une lettre électronique.

Haute école théologique de Reutlingen

Chers frères et sœurs la Conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord,
il peut arriver, même quand on est avancé en âge, que l’on soit amené à faire quelque chose pour la première fois de sa vie. C’est le cas avec ce rapport. J’espère qu’il vous donnera tout de même un bon aperçu du travail et de la situation de la Haute école théologique de Reutlingen (THR).

1. Développement de la Haute école

1.1 Accréditation

Nous avons soumis à l’agence compétente le dossier de ré-accréditation de nos deux filières d’études en septembre de l’année passée et attendons maintenant l’arrivée sur place de la commission d’experts. La visite aura lieu au cours du se- mestre d’été et nous sommes confiants que, finalement, il en résultera une décision positive qui nous permettra de nous concentrer pendant quelques années sur le cœur de notre métier, sans devoir à tout bout de champ « s’appuyer » une nouvelle procédure d’accréditation.

1.2 Programme d’études

La filière du Bachelor, d’une durée de trois ans, est de plus en plus appréciée. Envi- ron trois quarts de nos étudiants y sont inscrits. Il est également réjouissant de constater que tous les diplômés ont trouvé une possibilité de raccordement – soit en continuant leurs études chez nous ou dans une autre Haute école, soit en s’engageant dans divers domaines professionnels dans le cadre de l’Eglise ou de la société. La filière du Master, d’une durée de deux ans, est principalement fréquentée par des étudiants visant le ministère pastoral dans notre Eglise.

Le programme de Bachelor des pasteur-e-s jeunesse, d’une durée de quatre ans (mené en coopération avec la CA Suisse-France) rencontre un écho de plus en plus favorable. Il est actuellement suivi par cinq personnes. Un cursus d’études similaire, conçu par la Conférence annuelle d’Allemagne du Sud pour la formation de référent-e-s jeunesse, n’a jusqu’ici attiré aucun intéressé à la Haute école. Il semble qu’il faille ici un temps de mise en train.

Spiritualité interculturelle, une filière de Master en cours d’emploi, en est encore au stade de la planification en coopération avec une institution externe. Un groupe de travail du corps professoral en entreprend ces jours la modularisation, qui représente l’un des principaux préalables de l’aptitude à l’accréditation. A ce sujet, il reste également à éclaircir la question des enseignants supplémentaires requis.

La reconnaissance des études effectuées à la THR par les facultés universitaires de théologie (protestantes) allemandes pose problème. On ressent ici, depuis assez longtemps, une nette politique de démarcation. Le problème vient de ce que ces dernières années, des institutions de formation évangéliques ont aussi été accréditées en tant que Hautes écoles spécialisée. De ce fait, l’Eglise protestante allemande (EKD) s’est vue obligée, en liaison avec les facultés universitaires, de réglementer la situation. Ces règles ont été approuvées lors de la Journée des Facultés protestantes de théologie 2011 sous forme de « recommandations relatives à la reconnaissance des études effectuées dans des Hautes écoles spécialisées liées à des églises libres ou des associations libres ... ». Dès lors, les études effectuées dans ces Hautes écoles spécialisées « ne peuvent en principe pas être reconnues ». Mais comme notre Eglise est en communion d’Eglises avec l’EKD, des décisions exceptionnelles sont possibles au cas par cas, surtout pour des étudiants de la THR. L’expérience montre cependant que les facultés appliquent ces directives très rigoureusement. Un entretien à ce sujet aura lieu prochainement entre l’EEM et l’EKD. J’ai également reçu l’assurance d’être invité à une réunion de la commission « EKD et Journée des facultés » compétente. Nous espérons donc parvenir à une pratique bienveillante, du moins à l’égard de la THR. En outre, nous aurons en avril des entretiens avec la faculté protestante de théologie de l’université de Tübingen, dans le but de conclure un accord bilatéral permettant à nos étudiants d’effectuer une partie de leurs études (si cela est souhaité) à Tübingen.

1.3 Relations internationales

Nos nombreuses coopérations et nos contacts variés avec des Hautes écoles inter- nationales (en premier lieu d’inspiration méthodiste) permettent régulièrement des échanges d’apprenants et d’enseignants dont profitent en particulier nos étudiants. Le grand nombre de partenariats (aussi au plan national) pose toutefois problème, en ce sens qu’en raison de nos limites personnelles, nous ne pouvons les remplir de vie que dans une mesure restreinte. Il reste que les possibilités qui nous sont ou- vertes dans ce domaine bénéficient à l’ensemble des participants.

Un partenariat d’un type particulier a été établi l’an passé avec l’Agence générale pour la formation supérieure et le ministère (General Board for Higher Education and Ministry – GBHEM) qui met à notre disposition des moyens financiers tirés du Methodist Global Education Fund for Leadership Development (fonds méthodiste global pour la formation et le développement de leaders) qu’elle gère. Ces fonds doivent permettre de renforcer la collaboration entre les institutions méthodistes de formation en Europe dans la perspective d’une « formation méthodiste globale ». Au plan européen, des premiers pas concrets ont été élaborés et mis en place début février dans le cadre d’une rencontre des Methodist-related Theological Seminaries in Europe (MTSE) (Séminaires théologiques méthodistes européens) à Tallin.

1.4 Evaluation

L’outil d’évaluation basé sur les normes de la European Foundation for Quality Ma- nagement (EFQM), que nous avons introduit en collaboration avec le Séminaire théologique d’Elstal (baptistes) et la Haute école théologique Ewersbach (églises évangéliques libres) a été utilisé pour la première fois l’an passé pour une évaluation d’ensemble de tous les aspects de la Haute école.

De manière générale, le résultat est positif, malgré le grand potentiel d’amélioration, d’importance et d’urgence variées, constaté. Il s’agit ici de procéder avec prudence, car la qualité de nos tâches fondamentales, à savoir l’enseignement et la recherche, ne doit pas être altérée par des changements dans d’autres domaines.

2. Enseignement et recherche

2.1 Enseignement

L’enseignement est notre fonction primaire. Pendant l’année écoulée, tous les professeurs et chargés de cours ont pu remplir leur mission d’enseignement sans aucune restriction. Ce qui semble une évidence est en réalité un sujet de reconnaissance, car on peut imaginer des situations (et il y en a déjà eu) au cours desquelles des obstacles importants et de toutes natures ont notablement perturbé l’enseignement. J’aimerais souligner ici la joie à enseigner et la passion pour leur tâche que j’observe sans cesse chez tous les collègues – même si surgissent par- fois, ici ou là, des situations moins réjouissantes. Dans ce sens, nous avons l’impression que les accréditations déjà reçues nous ont bien aidés à arriver où nous sommes, puisqu’elles ont aussi entraîné des améliorations de la conception et de la pratique de notre système d’enseignement. C’est pourquoi nous attendons de nouvelles impulsions positives de la ré-accréditation qui est en route. Il convient toute- fois également de signaler que la modularisation des filières exerce une forte pression sur les apprenants qui doivent constamment subir des tests. Cela se traduit par une certaine scolarisation des études, qui rend très difficile l’initiation ouverte et approfondie à un thème théologique. Il n’y a pourtant pas d’alternative à cette forme d’études de la théologie – sinon au prix de l’isolement au sein du paysage national et international des Hautes écoles.

En tant qu’enseignants, nous avons participé avec reconnaissance et profit à une formation continue en didactique de haute école organisée en février dans le cadre des journées de rencontres bisannuelles des professeures et professeurs des Hautes écoles d’Elstal, Ewersbach et Reutlingen. Et comme la compétence didactique de- vient un facteur toujours plus important de l’enseignement dans les hautes écoles, tous les participants ont décidé de multiplier ces sessions dans le cadre de nos rencontres régulières. Cet objectif - et de nombreux autres points – figurent dans un contrat de coopération avec les Hautes écoles de Elstal et Ewersbach qui sera signé prochainement.

Enfin, nous avons actualisé notre matériel de manière à l’adapter à un enseignement moderne. C’est ainsi que deux de nos salles de cours vont être équipées ces jours de nouveaux beamers, tableaux blancs et équipements sonores. Nous sommes donc techniquement au point et avons créé les conditions voulues pour optimiser notre enseignement aux plans didactique et audio-visuel.

2.2 Recherche

La recherche contribue dans une large mesure à l’optimisation de l’enseignement pour ce qui est des contenus scientifiques. Nous sommes très reconnaissants pour la possibilité des semestres de recherche, qui permettent de se consacrer entièrement à la recherche pendant tout un temps. Après Achim Härtner, qui a pu bénéficier de cette institution l’an passé, c’est maintenant Jörg Barthel qui va en profiter cet été pour continuer à travailler sur son commentaire de Isaïe 1-12 (ce qu’il n’avait évidemment pas pu faire pendant ses années de rectorat). D’autres thèmes et domaines de recherches sont en cours : l’étude internationale sur le catéchisme, la coopération avec la société internationale pour la spiritualité et la santé, la relation entre nature et sciences morales, théologie et migration, Women in European Methodist Missions, le commentaire des Actes des Apôtres.

Le projet de coopération en matière de recherche avec les Hautes écoles de Elstal et Ewersbach n’a par contre pas encore pu être réalisé. Ce n’est pas faute d’idées, mais de moyens de les concrétiser. Car en dehors du semestre de recherche, la re- cherche n’est possible à la THR que dans des limites très étroites. Cela tient d’une part aux nombreuses activités et tâches relatives au développement et à l’administration de la Haute école, qui en général sont assumées par les professeur- e-s eux-mêmes (du fait du manque d’assistants dans le cadre académique moyen), et d’autre part aux nombreuses activités des professeur-e-s au sein de notre Eglise. Ces deux facteurs font partie du caractère de la THR. La participation et l’engagement dans l’EEM, en particulier, sont importants pour nous. Il ne saurait être question de changer cela. S’il devait y avoir des changements des conditions de recherche, ils devraient intervenir en priorité dans le « cadre académique moyen ». Pour l’heure (et sûrement aussi à l’avenir), les fonds manquent. Il faut être réa- liste : nous allons devoir vivre avec le statu quo - qui depuis l’introduction des semestres de recherche n’est d’ailleurs pas si mal !

3. Etudiant-e-s, corps enseignant, personnel

3.1 Etudiant-e-s

Le nombre des étudiant-e-s a constamment augmenté ces sept dernières années (d’env. 60 % au total). Au semestre d’été, nous compterons sans doute au moins 63 apprenants inscrits à la THR. Cette réjouissante évolution s’explique, selon nous, par plusieurs causes. La plus importante est sans nul doute la reconnaissance étatique en qualité de haute école spécialisée accordée en 2005 (l’accroissement du nombre des étudiants a commencé avec l’année académique 2007/08). La possibilité de conférer des diplômes de Bachelor et de Master internationalement reconnus a visiblement amené toujours plus d’apprenants de notre Eglise ou d’autres Eglises libres chez nous. Le nombre d’étudiants de votre Conférence s’est aussi notable- ment accru. L’élaboration de lignes directrices et d’un profil, ainsi que la présentation Internet nettement améliorée et la « publicité » que nous font nos diplômé-e-s y sont aussi pour quelque chose. Enfin, le THR offre les avantages d’une petite haute école de style campus, avec une communauté de logement et de vie, et notre formation constitue une alternative très claire par rapport à des études universitaires.

Pour réjouissante qu’elle soit, cette évolution représente aussi un défi considérable pour nous, notamment en raison du faut que l’hétérogénéité du corps estudiantin s’accroît aussi bien du point de vue de l’origine ecclésiastique que de l’aptitude à entreprendre des études de théologie. Si cela est enrichissant, ce n’est pas toujours simple à gérer du point de vue didactique. Notons aussi que la filière Bachelor est numériquement très importante (voir point 1.2 ci-dessus) tandis que la filière du Master comporte un effectif relativement réduit – ce qui n’est pas nécessairement un désavantage, car ainsi les candidat-e-s au ministère pastoral de notre Eglise, qui sont presque seuls à suivre cette filière, bénéficient d’une formation très intense au cours de cette étape théologiquement marquante de leurs études.

3.2 Corps enseignant, personnel

Une modification est intervenue au secrétariat. Après le départ à la retraite en jan- vier de notre fidèle secrétaire, Katja Funk, nous avons augmenté le temps de travail de Gabriele Fix, jusqu’ici comptable, qui assume désormais toutes les tâches du secrétariat (et que sa formation qualifie amplement pour ce poste).

Des changements radicaux se profilent au sein du collège professoral : à partir de 2020, quatre collègues partiront à la retraite en l’espace de trois ans. De 2025 à 2030, trois autres suivront, ce qui fait qu’en dix ans, nous devrons renouveler l’ensemble du corps professoral à plein temps. Nous sommes donc appelés à rechercher dans toutes nos Conférences annuelles des « jeunes pousses » dotées des qualifications académiques voulues, et à nous demander si des personnes paraissant qualifiées ne devraient pas être encouragées à faire un travail de doctorat.

Le changement au rectorat a eu lieu. Michael Nausner (en qualité de pro-recteur) et moi avons bien pris en main nos nouvelles tâches, notamment grâce à l’appui de l’ensemble des collègues et en particulier de mon prédécesseur Jörg Barthel.

4. Immeubles et finances

L’immeuble abritant les salles de cours et l’administration a vieilli et nécessite désormais d’importants travaux de rénovation. De son côté, la bibliothèque a atteint les li- mites de sa capacité. L’actuel transfert des périodiques dans un autre local ne sera qu’une solution provisoire ; nous ne pourrons éviter d’agrandir la bibliothèque au cours de ces prochaines années. Un certain nombre de chambres ou de logements de l’ancien bâtiment (maison Schemp) doivent aussi être assainis, de manière à préserver le gros œuvre. Le conseil d’administration a nommé un groupe de travail pour étudier ces problèmes et les questions qui en découlent.

Pour ce qui est des finances, la vente de la propriété voisine, léguée en son temps à la Haute école, aura lieu en août. Nous en retirerons d’importants moyens financiers, mais devrons compenser la perte de revenu annuelle de plus de 60 000 Euros (due à la fin du versement de la rente de superficie). Des premières mesures ont été prises pour résoudre le problème. Pour le reste, la situation financière de la Haute école est relativement stable, même si la perte d’une partie des contributions des Conférences annuelles allemandes nous contraint à réduire nos coûts. Nous prenons ainsi part à des nécessités qui touchent l’ensemble de notre Eglise.

Roland Gebauer, recteur

HAUTE ÉCOLE THÉOLOGIQUE DE REUTLINGEN (fichier pdf 81 ko)