Conférence annuelle 2012

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Présentation CA 2012

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

PHOTOS DE LA CA 2012 SOUS PICASA EN LIBRE TÉLÉCHARGEMENT

AGIR AVEC COURAGE

«Agir avec courage» est le mot d'ordre qui a été retenu pour la prochaine session de la Conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord qui aura lieu à Münsingen et Frutigen.

Le cœur est le lieu où Dieu s'adresse à nous, à partir duquel il nous met en mouvement. Il symbolise notre centre vital, qui nous anime, nous pousse en avant, nous motive, nous enthousiasme et nous sti-

mule à agir courageusement au nom de Dieu.

C'est ainsi que Connexio comprend «agir avec courage» comme un mot d'ordre reliant l'appel de Dieu à l'être humain avec toute son énergie et sa dynamique. Dieu met en mouvement, il anime les personnes à faire preuve du courage nécessaire pour franchir des limites, pour construire la vie avec élan et avec la force de l’amour.  

«Agir avec courage » n'est pas seulement le mot d'ordre de la session de la Conférence annuelle; c'est aussi le mot d'ordre choisi pour cette année par Connexio, le réseau «mission et diaconie» de l'EEM. 

Connexio fête en 2012 ses dix ans d'existence. Là où Dieu anime des personnes à agir avec courage, le monde change. C'est pourquoi le samedi de la Conférence annuelle sera intégralement consacré à ce thème principal.  

Cette année, la Conférence annuelle se déroulera à Münsingen et Frutigen. Les jours de travail et le jubilé de Connexio auront lieu au centre de conférences du Schlossgut de Münsingen, que nous connaissons déjà, tandis que dimanche nous serons invités à la Widi-Halle de Frutigen. 

     Très cordialement                                                     

Claudia Haslebacher                                        Markus Bach

Séance d'ouverture 

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14-17 juin 2012

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SÉANCE D’OUVERTURE

La Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord, l'Eglise méthodiste unie (EEM) s’est tenue du 14 au 16 juin 2012 à Münsingen et le 17 juin 2012 lieu à Frutigen. C'est là que quelque 300 délégués en provenance d'Algérie, de Tunisie, de France et de Suisse se sont retrouvés pour discuter de la marche de l‘Église, planifier et célébrer Dieu. La Conférence a retenu pour thème «agir avec courage».

Jonas Jenzer (flûte de pan) et Christof Fankhauser (clavier) ont ouvert la Conférence Annuelle par un intermède musical.

André Ottersberg et Margrit Bieri d’Interlaken reçoivent des mains de l’évêque Patrick Streiff un coeur pour leur intervention lors du culte d’ouverture.


Séance d’ouverture

La Conférence annuelle de l'EEM s’est ouverte le jeudi 14 juin sur un culte avec Sainte-Cène. Dans leur prédication, les pasteurs André Ottersberg et Margrit Bieri d'Interlaken ont repris le thème de la Conférence et invité l’assemblée d’entrée de jeu à une vie menée «avec courage». Dans la Cène qui célébrée sobrement était palpable le battement du cœur de Dieu.

Salutations

Au nom de tous ses collaborateurs, Markus Bach a adressé la bienvenue à tous les participants à la conférence: «"Nous avons lavé à la Suisse pendant une semaine et abaissé la température de sorte qu’il ne fasse pas trop chaud. Un magnifique arc-en-ciel s’est dessiné dans le ciel de Thoun, signe de la bienveillance de Dieu sur la CA. Le soleil et la chaleur sont de retour, temps idéal pour la Conférence. Depuis il y a eu un magnifique arc en ciel dans le ciel de Thoun, signe de la bienveillance de Dieu sur la CA». A l’évêque, il donne une tasse remplie de cœurs, qu’il sera libre d’offrir à d’autres qu’il entend soutenir et dont il veut saluer le courage en clin d’oeil à la devise de la Conférence « Agir avec courage ». Brin d’humour, les participants ont trouvé sur la table de la confiserie en forme d’ours, rappel que la CA se déroule en pays bernois où l’ours est l’emblème cantonal : «Il n’est pas méchant, il mou et aimant. Et comme le «gummy Baer», nous voulons agir avec coeur et courage», ajoute Markus Bach.


 Salutations de l’évêque

Dans son message d'ouverture, l'évêque Patrick Streiff a souligné  que l’EEM se trouvait à la fin de la deuxième année de son programme stratégique 2010-2018 axé sur le mandat imparti à l’Église : «Conduire le plus de gens possibles à une vie de disciple de Jésus-Christ pour que le monde soit transformé». L’Église se donne 8 ans pour réactualiser localement ce mandat missionnaire.

Toutefois, les statistiques de l’année montrent une baisse des effectifs au sein de l'EEM, fait remarquer l'évêque, signe que la transposition de la stratégie est encore loin d’être réussie :  «Nous sommes loin d’être arrivés au but». Naturellement, la situation varie d’un lieu à l’autre. Dans 43 communautés, aucun progrès n’a été constaté. Dans certaines autres, le déclin est manifeste. Le déclin se poursuit dans 13 communautés, mais en de plus faibles proportions. Dans 16 communautés, le nombre de membres est à l’opposé en augmentation. Il lui paraît par conséquent nécessaire de rester impliqué et appliqué en sachant en particulier apprendre les uns des autres: « Sommes-nous capables d’apprendre les uns des autres ? de tirer des leçons des progrès accomplis selon les lieux ? Qu’apprenons-nous les uns des autres ?»

Si l’on considère la une des journaux à l’occasion de la Conférence générale de Tampa, l’Église se révélerait incapable de changer ses structures. De toutes les manières, le changement de structures même nécessaire ne va pas déclencher le réveil. Le déclin de l’Église est-il alors inéluctable ? Pas si sûr, vu que, tout en bloquant tout changement majeur, l’EEM aux Etats-Unis a plus implanté de communautés locales que jamais (plus de 650 communautés) depuis quatre ans. 

La tendance ici et là est d’engager plus de personnel pour l’implantation de nouvelles communautés et de le restreindre ailleurs. Si renouveau il doit y avoir, il partira de la base de l’Église. Même s’il y a diminution de moyens, la mission qui consiste à conduire localement encore plus de gens à une vie de disciples doit prospérer.

Spontanément, la Conférence a décidé, à la demande d'un pasteur, d’un temps d’échanges informel autour des tables, 15 mn, pour se dire l’un à l’autre ce que chacun a vécu par la grâce de Dieu au cours de l’année écoulée. Suite à ces échanges, la Conférence a été déclarée définitivement ouverte.                                                                      

Message "Agir avec courage"

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MESSAGE PALPITANT

«AGIR AVEC COURAGE»


André Ottersberg, pasteur

Un même vocable donne lieu à diverses interprétations : ainsi le « cœur » désigne non seulement un organe vital et essentiel par son rôle de pompe du sang dans le corps humain, mais aussi un grand symbole lié à l’intelligence, aux sentiments et à la volonté. Le pasteur André Ottersberg va au « cœur » du sujet dans cette méditation présentée d’entrée de jeu à la Conférence Annuelle 2012 à Münsingen.

« Mon cœur est calme… » (Ps 57.8). Est-ce que cela s’applique à nous ?

Une chose est claire, « de tout coeur» - qu’il soit calme ou agité — nous sommes tous arrivés ici. « Avec courage », c’est aussi la devise de cette première journée de Conférence.

L’organe que nous appelons couramment « cœur », nous le portons tous au même endroit. Gros comme un poing logé dans nos poitrines, il est un chef-d’œuvre de créativité ! Le cœur se compose de muscles, de cavités et de vannes. Il a des poches et des clapets. Le cœur est notre station de pompage centrale. S’il s’arrête de battre, rien ne va plus. Combien d’entre nous n’aimeraient pas avoir un cœur tranquille et robuste de manière à vivre avec courage…

Organe vital

« Avec cœur et courage », nous dit encore plus. Il rend compte de cette zone chez l’homme qu’un cardiologue peut examiner et explorer. La Bible utilise également le terme de « cœur » pour rendre compte de la case intérieure où s’opèrent tous nos choix. Tous nos sentiments et nos émotions s’y logent de même que tous nos souhaits, nos désirs et nos capacités intellectuelles telles que la reconnaissance, la compréhension, l’intuition, la conscience, la mémoire, la connaissance, le sens de l’orientation et le discernement.

Ce cœur est le lieu où se forgent notre volonté, nos planifications, nos décisions et nos intentions — et espérons que nous sommes arrivés ici avec un tel cœur. Sinon, dans les jours à venir nous irons au plus mal, sans cœur ni courage à l’ouvrage.


Objet de soins

Après tout, même ce « cœur » peut s’ouvrir ou se fermer. Dans ce cœur, il y a des zones d’ombres et des zones de clarté. Du bien et du mal. Voilà ce que nous enseigne le message biblique qui pose ici un diagnostic sûr, objectif, lucide…

Ce cœur lui aussi est essentiel. De là jaillissent la cordialité, la jovialité et la gentillesse que nous témoignons aux autres.

Parfois la visite d’un cardiologue s’impose à l’humain doté « d’un cœur ». Moi-même, pour la première fois, j’ai récemment rendu visite à un spécialiste du cœur. Et il m’a fait passer l’épreuve d’effort : je pédalais sur un vélo au point d’être tout en sueur. Le résultat était bon. Mais la discussion qui a suivi l’examen avait aussi de quoi secouer. Oui, les médecins s’interrogent sur l’état de nos cœurs. Et nous savons comment prévenir et combattre d’éventuelles attaques cardiaques ou d’autres dysfonctionnements. Une mauvaise alimentation, du stress, un manque d’exercice peuvent avoir pour conséquence le dépôt de cholestérol dans nos artères…


Le grand Cardiologue

On peut transférer cette idée à cet autre cœur, qui est, lui, le centre névralgique de nos pensées, de nos désirs et de nos sentiments. À ce niveau-là, on peut aussi souffrir de constriction vasculaire entravant tout flux d’énergie. Oui, même dans ce cœur-là peut se déposer du « calcaire ».

Le cardiologue qui peut nous le montrer, c’est Dieu Lui-même. Il sonde nos reins et notre cœur, si nous le lui permettons. L’auteur de cette prière du Psaume 139 se déclare disposé à cet examen. Il dit : O Dieu, regarde jusqu’au fond de mon cœur, et sache tout de moi. Mets-moi à l’épreuve, reconnais mes préoccupations profondes (Ps 139.23).

Derrière cette demande, il y a l’idée que tout cœur humain a besoin de renouvellement. Et ce renouveau ressemble à une opération cardiaque majeure, lorsque Dieu annonce à son peuple par le biais du prophète : Je mettrai ma loi dans leur esprit et l’écrirai dans leur cœur (Jr 31.33). Je vous donnerai à tous un même cœur, je vous animerai d’un esprit nouveau ; j’enlèverai votre cœur insensible comme une pierre et je le remplacerai par un cœur réceptif (Ez 11.19).

Ces textes montrent clairement que Dieu éprouve un grand intérêt pour les humains dotés « d’un cœur », en particulier pour ceux dont le cœur est malade. Ce cœur, il veut le renouveler et le guérir. Paul évoque ce processus de guérison du cœur quand il écrit dans sa lettre aux Romains : L’amour de Dieu […] a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint, qui nous a été donné (Rm 5.5).


Palpitons d’amour

L’amour de Dieu, son engagement courageux en Jésus-Christ, permet le renouvellement de nos cœurs, nous rend capables d’une réflexion, de sentiments et d’une volonté qui plaisent à Dieu. Si nous laissons l’Esprit de Dieu dégager le cholestérol de notre vie autocentrée, alors notre cœur dilatera. Alors l’amour de Dieu pourra battre dans les veines de notre cœur enfin dégagées.

Si Dieu impulse son amour dans notre cœur par son Esprit, alors notre cœur battra pour Dieu réduisant ainsi tout risque d’infarctus qui peut nous perturber grandement autant que notre entourage. Un cœur perfusé grâce à l’amour de Dieu nous permet d’aimer Dieu, notre prochain et nous-mêmes et d’être chaleureux et compatissants.

Je nous souhaite d’agir toujours « avec cœur et courage ». Et si nécessaire, que Dieu nous accorde la grâce de l’ouverture quand le danger de vues rétrécies nous guette. Amen.


1 Jeu de mots intraduisible faisant passer du cœur à courage…

D’après l’original.     

Connexio

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Connexio

Connexio resserre ses structures


Une motion adoptée à une très large majorité a pour effet de simplifier la structure de Connexio, le réseau missionnaire et diaconal de la Conférence annuelle de l'Église Méthodiste Unie (EEM) Suisse/France, Afrique du Nord.


En 10 ans le monde a changé, notre Église aussi ; les défis ont évolué. En conséquence de ces changements, Connexio s’interroge sur les orientations à retenir dans le futur.

Depuis un certain temps, le groupe de travail «Avenir Connexio» de même que les différentes commissions composant le département missionnaire et diaconal de la Conférence, Connexio, ont réfléchi aux réformes structurelles à mettre en oeuvre. Par-dessus tout, les structures de l’organisation doivent être simplifiées en faveur du bénévolat.

Suggestion est faite que le département missionnaire et diaconal travaille autrement. Andreas Stämpfli  laisse entrevoir les grandes lignes : «Nous choisirons moins de projets, des projets plus modestes (hôpital en RDC ou travail de développement au Cambodge à une plus large échelle). Connexio aimerait intégrer dans ses commissions des experts, des compétences en matière de développement. On a besoin d’autre part de plus de bénévoles à l’avenir pour des engagements à court terme».

A une très large majorité, la Conférence annuelle adoptera les motions allant dans ce sens. La composition et la taille du conseil d'administration vont changer à compter du 1er Janvier 2013. La composition n'est plus fonction du territoire géographique que la commission était censé couvrir, mais en fonction de l’expertise technique de ses membres dans des domaines tels que la finance, la coopération au développement, la théologie, le réseautage EEM, marketing, etc. Autre nouveauté, les présidents des sous-commissions ne sont plus d’office membres du conseil d'administration.

Le comité directeur de Connexio sera composé d’experts ou de personnes compétentes dans les domaines suivants (finances, théologie, réseautage EEM, marketing, etc...) indépendamment de leur représentativité sur le plan ecclésial.

Le Conseil est réduit de 11 membres à 5-7 membres. Connexio mettra en œuvre cette réforme d'ici la fin de cette année. Les nouveaux membres du conseil seront confirmés par la Conférence annuelle 2013.

Après avoir été présidente du Comité directeur de l’EEM en Suisse, Carla Holmes est engagée à présent au poste de chargée de communication à Connexio.



Connexio: attribution du prix aux lauréats du concours de projets


Encore une fois Connexio a remis les prix aux lauréats du Concours de projets 2012 lors de la Conférence annuelle. Les églises locales ont déposé neuf projets en tout à ce concours lancé par Connexio. Trois d'entre elles ont reçu des prix aujourd'hui à hauteur de 1000 à 3000 FS.

Le premier prix 2012 a été décerné au «Petit-déjeuner pour marginaux» de l’EEM de Soleure. Il a cours depuis plus de 10 ans et des médias locaux et nationaux s’en sont fait l’écho. « Un bon début pour chaque jour, une tradition depuis une dizaine d’années».

La deuxième place revient au «déjeuner», qui a lieu une fois par semaine à la chapelle EEM de Wädenswil «Déjeuner et plus...». Même s’il existe depuis 15 ans, au cours des trois dernières années ce repas s’est élargi à une population plus large et de ce fait a gagné en popularité.

Le troisième prix a été remporté par l’EEM de Lenk pour son cours d’amitié "Unida". Cette initiative partie du culte des jeunes consiste en une préparation de jeunes couples au mariage. Ce programme dure six mois à raison d’une réunion par mois et aborde des sujets clés tels que "la communication", "la sexualité".

Connexio met en place ce concours pour encourager les églises locales à faire du bien selon sa devise.



Départ de Christine Schneider

Andreas Stämpfli a salué l’«ancienne combattante» de la commission Afrique de Connexio: Christine Schneider avait été impliquée durant plus de 20 ans dans le Réseau Connexio. De 1984-1991, elle a été la secrétaire d’un évêque du Congo. De retour en Suisse, elle a été membre de la mission extérieure de la Conférence rebaptisée en 2002 du nom de Connexio et en deviendra la co-présidente en 1999 jusqu’en 2008. Depuis lors, elle a présidé la commission Afrique du réseau. «Sa préoccupation a toujours été le développement de Connexio», déclarait l'évêque Patrick Streiff à l’occasion de ses adieux. Elle a participé à la réflexion en cours sur la restructuration de Connexio: comment Connexio doit-il poursuivre sa mission à l’avenir ? Comme telle, elle a mérité le joli coeur rouge que lui tendait l’évêque sous les applaudissements de l’assemblée. La conclusion lui appartient : «C’était beaucoup de travail, mais c’était passionnant pour moi, je ne peux que le recommander. Celui qui a envie d’apprendre comment on vit l’Église a sa place dans Connexio !»


Connexio : agir avec courage pour faire du bien

Dans le cadre de la Conférence annuelle de l'Église Méthodiste Unie (EEM), le samedi, Connexio, le pendant missionnaire et diaconal de l’EEM a célébré son 10e anniversaire. C’était l’occasion de parler avec des experts de développement et de mission ainsi que de discuter des scénarios futurs en matière de coopération et de développement.

Mario Martinez, évêque de l’évêque du Chilie (à gauche) tout comme les deux surintendants Prak Vuthy et Sok Sovandy du Cambodge racontent ce que Connexio signifie pour eux.

Patrick Streiff, évêque de l'EEM et Co-Président de Connexio a souligné que l’aide au développement atteint ses objectifs en combinant le message chrétien et une aide active sur le terrain. Démonstration en a été faite par exemple dans l’enquête sociologique indépendante menée au niveau des Roms en Europe de l'Est. Dans ce sens, l'évêque a appelé à «nager contre le courant». Parce que la tendance est aujourd'hui plutôt de séparer strictement le religieux de l’engagement social, laïcisme oblige.


Dans son discours, Jacques Matthey, ancien président du Département missionnaire protestant suisse de missionnaire, a souligné les perspectives d'avenir qui se présentent à l’Église en matière missionnaire. Le pasteur Matthey a déclaré que tout partenariat dans la coopération au développement était toujours plus en danger. «Ce sont les pays ou les organismes donateurs qui ont le dernier mot, et qui conditionnent toujours plus souvent l'aide à des conditions et exercent ainsi des pressions». Il préconise donc la création d’espaces de dialogue franc et œcuménique pour traiter du sens du partenariat, de la transparence et de l’usage chrétien des biens et des ressources.


La répartition inégale des ressources est une question importante, selon Bruno Stöckli, responsable de la plate-forme Pain pour le prochain, le deuxième orateur de la matin. «L'accaparement des terres» est hélas une réalité. Toujours plus de sociétés et même de pays - certaines également domiciliées en Suisse - achètent des terres dans les pays en développement, y exploitent les ressources. «Le Développement se passe partout, même dans nos choix quotidiens de consommation», a dit l'expert de l’aide au développement. L'austérité du FMI et de la Banque mondiale a en effet été un échec manifeste. En outre, les avantages des Objectifs du Millénaire pour le développement sont difficilement mesurables. Mais il existe des approches dignes de notre soutien qui placent l’homme et ses besoins à nouveau au centre des délibérations. Que Connexio possède un vaste réseau de contacts et de partenaires, est avantageux dans ce contexte.



La Conférence placé sous le thème «Agir avec courage" à l’occasion du 10e anniversaire de Connexio a donné lieu au cours de cette journée de samedi à des discussions impromptues avec des représentants des Eglises partenaires en provenance du Chili, du Cambodge, d'Europe centrale / Balkans et d'Algérie. Entre deux discussions étaient rapportées de petites histoires montrant comment certains ont pu agir avec courage dans des contextes très différents.

Connexio, réseau de la mission et de la diaconie est la force électromotrice, est née en 2002 de la fusion de trois départements, la mission intérieure, la mission extérieure «l'aide dans le diocèse épiscopal».  


Rapport Connexio 2012 (197 ko)                                                               

La mission aujourd'hui

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Comment comprendre la mission aujourd'hui ?

Jacques Matthey

Exposé prononcé le 16 juin 2010 dans le cadre du 

dixième anniversaire de Connexio


1910 – 2010


Le débat sur le contenu de la mission chrétienne s'est passablement animé ces derniers temps. Les fronts bloqués, les tensions ancestrales, ont cédé la place à de nouvelles formes de collaboration. C'est ainsi que le Conseil œcuménique des Eglises, l'Alliance évangélique mondiale, le Comité de Lausanne, le Conseil papal pour l'unité des chrétiens, les organisations internationales des luthériens, réformés, méthodistes, baptistes, anglicans, l'Organisation des Eglises indépendantes africaines, les orthodoxes, les Eglises pentecôtistes, les adventistes et bien d'autres ont organisé en 2010 une Conférence missionnaire commune marquant le centenaire de la célèbre Conférence d'Edimbourg de 1910.


Il n'est pas inintéressant de commencer par comparer la thématique de 2010 avec celle de 1910. Le mot d'ordre issu du mouvement des étudiants pour la mission: «Evangéliser le monde au cours de cette génération», peut être admis comme un résumé acceptable de la vision de 1910. Cent ans plus tard, la Conférence a eu lieu sous le titre de «Témoigner Christ aujourd'hui». La comparaison montre des décalages et des similitudes:


Parler de témoignage signale un ton moins agressif que la formule de l' «évangélisation du monde». «Témoignage» indique une compréhension holistique de la mission: le témoin est une personne qui ne parle pas seulement, mais qui transmet le message par sa vie tout entière. Finalement, ce choix des mots satisfait la plupart, des orthodoxes aux pentecôtistes, des progressistes aux conservateurs.


Mais de quoi, de qui témoigner ? On a longuement cherché la bonne formulation. Nombreux ont été ceux qui auraient souhaité une mention de la mission de Dieu. Mais dans un monde religieux très diversifié, le rapport à Dieu n'est pas spécifiquement chrétien. Par contre, mettre l'accent sur le Christ crée la clarté.


«Aujourd'hui» est en un certain sens comparable avec le «au cours de cette génération», sans toutefois contenir l'espérance eschatologique qui était dans l'air en 1910. Il s'agit d'apporter un témoignage dans le monde tel qu'il est maintenant– avec un message pertinent. Le message est urgent en raison de son importance pour l'humanité et le monde. Par contre, le temps de Dieu ne correspond pas au calendrier humain. 


Quelles sont dès lors, aujourd'hui, les questions et les thèmes importants de la réflexion sur la mission ?



La mission de Dieu


La mission s'enracine dans le cœur du Dieu trinitaire. La mission est la conséquence et l'expression de la dynamique propre de Dieu. C'est là une conception soutenue par de nombreuses Eglises. La réalisation de l'enracinement de la mission dans l'être même de Dieu a produit la grande mutation de la théologie de la mission au milieu du siècle passé. Mais elle a aussi suscité des tensions considérables entre «évangéliques» et «œcuméniques» en raison des partis pris et des positions extrêmes affichées de part et d'autre. Il est réjouissant de voir comment le rapport à la mission de Dieu est devenu une sorte de consensus grâce aux rapprochements de ces trente dernières années.


Il reste évidemment des questions ouvertes. Tous ne pensent pas la même chose quand ils disent que Dieu est actif et présent dans le monde entier. 

Pour les uns, cela signifie que tous les êtres humains doivent certes être considérés comme des créatures de Dieu et doivent être respectés, mais non qu'ils ont accès à Dieu ou une relation juste avec Lui. 

D'autres en tirent la conclusion que les adhérents de nombreuses orientations religieuses sont en principe en relation, ou peuvent établir une relation avec Dieu et que l'on peut dès lors parler d'une possibilité de salut en dehors d'une confession consciente de Jésus-Christ.   

Selon le point de vue, cela a des conséquences pour la relation avec d'autres religions. 


Dans l'ensemble, le mouvement de Lausanne reste proche de la position telle qu'elle a été formulée dans la Déclaration de 1974: il n'y a pas de salut hors de la foi en Jésus-Christ. Mais il faut dire que des théologiens et théologiennes individuelles, ainsi que des groupes de travail de tendance évangélique, ont franchi des pas en direction d'une appréciation plus positive d'autres religions. 


La question reste controversée au sein des Eglises membres du COE. La position de compromis de la Conférence de San Antonio de 1989 reste à ce jour l'opinion majoritairement admise. 


Brièvement résumée, il y est dit:


1   Nous ne pouvons pas proclamer d'autre voie vers le salut que Jésus-Christ;

2    Nous ne pouvons pas poser de limites à l'action salvatrice de Dieu dans le monde;

3    Il y a une tension entre ces deux affirmations. Nous la reconnaissons et  ne pouvons la résoudre.


Par rapport à ces questions controversées, il est extrêmement important de poursuivre avec des chrétiens de traditions et de cultures les plus diverses le débat quant à l'interprétation de la mission de Dieu 



La création est le nouvel horizon de la mission


Depuis la fin des années quatre-vingt, la pensée missionnaire a connu un élargissement par l'inclusion de la création dans la compréhension du plan et de l'action de Dieu. Ce qui jusqu'alors n'avait été adéquatement reconnu que par certains théologiens et théologiennes ou par des confessions telle l'orthodoxie, est peu à peu devenu un consensus. 


Il s'agit fondamentalement d'une nouvelle définition de ce qu'on entend par spiritualité chrétienne, une spiritualité qui englobe la création comme partie intégrante de la mission de Dieu. Dieu n'agit et ne se révèle donc pas seulement dans l'histoire humaine. Avec une modestie retrouvée, l'humanité doit se comprendre comme partie et non comme le sommet de la création. Le document final d'Edimbourg 2010 déclare ce qui suit au sujet de cet ensemble de questions: 


«Sachant que l’Esprit Saint souffle sur le monde selon sa volonté, rétablissant les liens au sein de la création et apportant une vie authentique, nous sommes appelés à devenir des communautés de compassion et de guérison ( … ) oeuvrant  avec un zèle renouvelé pour la justice, la paix et la protection de l’environnement, et où une liturgie nouvelle reflètera les beautés du Créateur et de la création.»1




Habilités par l'Esprit


La présence et l'action du Saint-Esprit sont comprises comme une habilitation à un témoignage crédible et comme un équipement pour suivre le Christ et servir. La missiologie récolte les fruits du renforcement des contacts avec les représentants et représentantes du pentecôtisme et de la prise en compte de l'orthodoxie. A l'avenir, la réflexion sur la mission devra nettement plus tenir compte du fait que le Saint-Esprit est la présence de Dieu dont on fait l'expérience au quotidien, dans la vie concrète. Ce n'est pas «seulement» une illumination intérieure lors de la lecture de l'Ecriture ou la présence de Dieu dans la Sainte-Cène. Il faut en fait prendre au sérieux l'action dynamique de Dieu dans la vie quotidienne, avec toutes les conséquences qui en découlent pour la compréhension des dons charismatiques, des ministères dans l'Eglise et d'une ouverture à cette action dans le monde et dans la création. 


On constate ici une différence importante par rapport à 1910. A notre connaissance, il n'y avait eu à l'époque aucun contact avec le nouveau mouvement pentecôtiste qui était en train de s'épanouir juste à ce moment-là. Pendant la plus grande partie de 20e siècle, on n'a pas, ou presque pas, noué de contacts fructueux entre les Eglises traditionnelles et le mouvement charismatique – au contraire, on peut même parler de guerre de religion, avec des échanges d'insultes, de caricatures et d'accusations d'hérésie. J'espère beaucoup que malgré les questions difficiles encore ouvertes, nous avons fait dans ce domaine un pas important vers un œcuménisme élargi.  



Le défi du mouvement charismatique


L'expression «mouvement charismatique» englobe les Eglises pentecôtistes traditionnelles, les charismatiques au sein des confessions classiques et les différentes vagues de réveils néo-charismatiques de ces 30 dernières années. Le défi est d'abord d'ordre quantitatif: la dynamique de la croissance de ces nouvelles Eglises, implantées surtout au sein des populations pauvres, a amené la version charismatique du christianisme au deuxième rang, derrière l'Eglise catholique-romaine. Mais le défi est également théologique. Dans nombre de cas, les communautés de ce genre sont, de par l'accent mis sur l'oralité, le concret, sur ce dont on peut faire l'expérience, comme aussi par la prise en compte des émotions, culturellement mieux adaptées que les Eglises traditionnelles. On tient largement compte du sacerdoce universel, puisque l'Esprit peut répandre des dons sur tous, pauvres et riches, femme et homme. Dans cette forme de foi chrétienne, Dieu est ressenti comme un Dieu dont l'intervention peut transformer la vie, très concrètement. 

Toutefois bien des questions restent ouvertes, avant tout en relation avec les développements récents des Eglises néo-charismatiques. Celles-ci travaillent souvent sans égards pour les communautés existantes. Beaucoup de nouvelles Eglises s'assemblent  autour de soi-disant apôtres, qui sont adorés presque comme des dieux. Les gens sont attirés par des promesses matérielles théologiquement douteuses dans le sens qu'il est affirmé que Dieu récompensera ses fidèles en leur donnant le bonheur, la santé et le bien-être (évangile de la prospérité).


Il me paraît important, de ne pas fermer les yeux sur la réalité et, tant que faire se peut, de toujours rechercher le dialogue, tout en étant prêt à se laisser remettre en question. 



Une mission à la manière du Christ


L'accent mis sur la puissance reçue du Saint-Esprit ne doit pas mener à une mission triomphaliste, ce qui doit être compris comme une différence par rapport à de nombreux charismatiques et à 1910. Il s'agit d'une mission qui renonce au pouvoir temporel, dans le sens de l'abaissement du Christ (Philippiens 2). Au début de son ministère, Jésus a rejeté avec véhémence la tentation diabolique d'une mission fondée sur l'exercice du pouvoir. Ceci a de profondes conséquences pour nous. 


Tout d'abord, les Eglises devraient encore, beaucoup plus que dans le passé, garder leurs distances par rapport à des personnages ou des organismes politiquement et économiquement puissants, de manière qu'on ne puisse jamais avoir l'impression que le Royaume de Dieu est identique à certaines formes étatiques ou économiques. Car les critères de l'évangile remettent en question tous les systèmes. Aucun état, aucun système économique n'apporte la justice et la paix telles que voulues par Dieu. Les priorités financières et économiques actuelles vont même en sens contraire, dans le sens qu'elles amènent plutôt la souffrance et l'injustice que la libération et l'équité. Face à un monde majoritairement orienté vers le marché, les Eglises et les communautés missionnaires devraient devenir des communautés alternatives.


Mais, deuxièmement, le refus du pouvoir ne signifie pas le refus du témoignage. Il y a lieu de trouver une tension créatrice entre l'obéissance à Dieu et le respect à l'égard de celui qui professe une autre conviction religieuse. Dans la mission, il est décisif de trouver, selon le lieu et les circonstances, un bon équilibre entre courage de témoigner et vivre les relations interpersonnelles avec humilité. 


Il faut encore distinguer entre évangélisation et prosélytisme. Pour moi, le prosélytisme est une forme de témoignage qui exerce un pouvoir sur d'autres personnes par des pressions politiques ou psychologiques ou qui attire les gens par des avantages économiques. L'évangélisation est la transmission de l'évangile et l'invitation à la foi qui laisse aux personnes leur entière liberté de décision, qui compte donc sur la puissance du Saint-Esprit et non sur des méthodes missionnaires «efficaces».


On parle aussi de prosélytisme lorsque des action d'évangélisation visent spécifiquement à attirer des membres d'autres communautés ecclésiales vers sa propre communauté. 


La distinction est claire en théorie, mais elle ne l'est pas toujours dans la pratique. Où se situe la limite entre influence licite et illicite sur d'autres personnes ? Est-il permis, lors d'une action de secours, d'exposer des Bibles ? Qu'en est-il lorsque l'adhésion à une Eglise améliore aussi la situation matérielle de quelqu'un - faut-il toujours parler d'avantage économique illicite ? Qu'appelle-t-on un «membre» d'une communauté ecclésiale ? Est-ce que cela a un rapport avec la foi de ces gens ? Avec leur praxis ? Avec leur participation aux sacrements ?


Même si toutes les questions ne sont pas résolues, chaque Eglise ou communauté missionnaire doit se remettre en question et se demander: quel est le but de mon évangélisation ? Jusqu'à quel point est-ce que je reconnais d'autres Eglises – ici et ailleurs dans le monde – comme étant pleinement des communautés en Christ – des partenaires en mission ? 


Ceci m'amène à mon dernier point. 



Mission et pouvoir – dans l'inégalité Nord-Sud


A mon avis, nous vivons ces derniers temps une période de régression vers des conditions néo-coloniales. Des décisions capitales relatives à des programmes ou des projets sont de plus en plus souvent prises par les donateurs et les pays donateurs. Au sein des Eglises, des communautés qui décident de leurs priorités dans le cadre d'une négociation ardue entre partenaires du Nord et du Sud, sont remises en question. J'espère que ce n'est pas le cas de Connexio. Car en bien des endroits, l'idéologie du marché et de l'efficacité a remplacé la théologie. Pour moi, il faudrait dans le cadre du débat Nord-Sud renégocier les points suivants:    


La création, le renforcement ou la réorientation d'espaces œcuméniques libres pour y  débattre en commun du sens du partenariat, de la transparence et de la gestion chrétienne de la propriété, de la richesse et des ressources. Des Eglises ou des organisations ne dépendant d'aucun autre partenaire de dialogue devraient  elles-aussi participer à ce genre de plates-formes.


Dans le même temps, nous devons travailler au plan interculturel à définir des règles de transparence réellement acceptables par tous, ce dans le cadre d'un dialogue entre théologie de la mission, éthique du développement et économie politique. Les instruments existants devraient être évalués et si nécessaire remis en question, mais en tous cas rester aussi simples que possible, afin de pouvoir fonctionner sans gonflement artificiel des administrations. La transparence devrait au fond consister en un service aux pauvres et aux opprimés et offrir une possibilité de limiter le pouvoir. 


Mais il est urgent de développer en même temps une critique de l'idéologie à la base des méthodes de management. En effet, la recherche de la transparence et de la probité comptable ne peut en aucun cas justifier que les outils créés à cette fin deviennent de nouveaux instruments de pouvoir au nom d'une bonne gouvernance soi-disant objective et soumise à la pression d'écoles de gestion, de bureaux d'audits et des lois de l'état. Que veut dire, p.ex. : vouloir planifier et mesurer l' «impact» d'une mission qui est la mission de Dieu ?

Les meilleures règles sont vouées à l'échec, si elles ne sont pas fondées sur une spiritualité de la «mission à la manière du Christ». En la matière, le texte biblique fondamental se trouve en Phil. 2, où Paul écrit: «Ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres». (Phil 2: 3-4, TOB) Dans la 2e épître aux Corinthiens, Paul réinterprète cet abaissement  du Christ en termes économiques, quand il écrit: «Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus-Christ qui, pour vous, de riche qu'il était, s'est fait pauvre, pour vous enrichir de sa pauvreté.» (II Cor. 8: 9. TOB). Il en résulte son exhortation à organiser la communion entre les Eglises de manière que personne ne vive dans l'excédent et personne dans la pénurie, mais qu'il y ait une égalisation. Je souhaite que Connexio comprenne le mot d'ordre «agir avec courage» de cette manière et s'engage dans ce sens dans l'Eglise et le monde. 


Jacques Matthey


Genève

’Comment comprendre la mission aujourd’hui’ Jacques Matthey (90 ko pdf) ancien directeur de programme du Conseil Oecuménique des Eglises


                                                                      

Rencontre des laïcs

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Rencontre des laïcs : „Agir avec courage“ dans la formation des pasteurs?

Jeudi après-midi, les laïcs ont discuté lors de la conférence annuelle Suisse-France 2012, de l'Eglise méthodiste unie (EEM) sur ce que pouvait signifier «agir avec courage» dans la formation d’un pasteur méthodiste.

Le président des laïques de la Conférence annuelle,  Markus Vögelin ...

... et Ruth Vögelin.

«Le cœur joue un rôle clé dans les écrits de John Wesley», a déclaré le professeur Michael Nausner de la Faculté théologique de Reutlingen. Devant le public des laïques, il a donné un bref aperçu de la formation des pasteurs. L’étudiant soutient notamment une maîtrise à la Faculté de théologie de Reutlingen pour les germanophones et à la Faculté de Théologie évangélique de Vaux-sur-Seine moyennant un stage d’un an préalable. Après les études est prévue une période probatoire de trois ans.


Cette introduction de Michel Nausner a servi de base à la discussion qui a suivi en petits groupes. Ces discussions ont mis en évidence la diversité des attentes des fidèles à l’égard des pasteurs, allant de la cure d’âme à de «bons» sermons. Mais il y avait unanimité dans les rangs pour reconnaître la nécessité pour les pasteurs d’une formation théologique de qualité. Parmi les qualités attendues des pasteurs le sens des relations, du dialogue et du travail en équipe.

Nouveaux pasteurs et collaborateurs

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Nouveaux pasteurs & collaborateurs

Les deux femmes, Sarah Bach et Chae Bin Kim ont commencé leur stage probatoire d’une année en Suisse. En France, ils sont deux hommes à entamer à l’automne prochain leur stage probatoire, Gregory Luna (Alès et Sébastien Schöpperle (Colmar et Muntzenheim).


Après un stage dans le district de EEM-Niederuzwl/Flawil, Christian Hagen démarre ses études théologiques à la Faculté de théologie de Reutlingen dans le cadre de l'Église. L'évangélisation constitue son thème de prédilection.

lors de cette Conférence, Brigitte Hetsch de Munster a été reconnue prédicatrice laïque avec responsabilité pastorale. Elle sera affectée auprès de la communauté de Mont-de-Marsan.

Pareillement Samuel Meyer sera envoyé à  Flaach ZH et Richard Zberg à Chur. 

Les prédicateurs laïques avec affectation pastorale reçoivent une affectation de l’évêque mais ne sont pas tenus aux mutations.

Freddy Nzambe qui achève sa formation théologique à Vaux-sur-Seine est reçu membre à titre probatoire de la Conférence annuelle et s’apprête à partir cet été pour Tunis (Tunisie) pour servir l’Eglise réformée locale suite à un accord entre la  Commission des Eglises Evangéliques d’Expression Française à l’Extérieur (CEEEFE), le DEFAP et l’EEM.

Autres pasteurs reçus membres probatoire de la Conférence annuelle, Christina Forster de Basel Kleinbasel et Stefan Schreiner de Gstaad.

Du côté francophone

Grand jour pour le district francophone, car ils sont quatre pasteurs à être reçus cette année comme membres de plein droit de la Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord : Ait Abdelmalek de Larbaa (Algérie), Jean-Marc Bittner de Metz (France), Roger Correvon de Constantine (Algérie) et Joël Déjardin de Munster (France).

Les trois premiers, Ait Abdelmalek, Jean-Marc Bittner et Roger Correvon, seront ordonnés pasteurs anciens de l’Eglise Evangélique Méthodiste dimanche lors du culte solennel du dimanche 17 juin à Frütigen et le dernier pasteur cité, Joël Déjardin, se verra reconnaître l’ordination qu’il avait reçue plus tôt dans le temps dans le cadre de l’Eglise Réformée Evangélique.

Brigitte Hetsch est reconnue cette année par la Conférence comme prédication laïque avec affectation pastorale (Mont-de-Marsan).

Frédy (Tunisie) est admis dans la Conférence annuelle à titre probatoire.

«Soutenons dans la prière ces personnes qui s’engagent au service du Seigneur et de son Église. Vous aviez déjà de l’expérience dans le ministère; mais votre chemin a croisé celui de l’EEM. Dieu vous accompagnera toujours...»




De nouveaux pasteurs s’engagent au sein de l'Eglise évangélique méthodiste (EEM) Suisse-France-Afrique du Nord. C’est ce qui ressort de la session à huis-clos des pasteurs qui avait lieu le jeudi après-midi de la Conférence annuelle de Münsingen.

Samuel Meyer

Richard Zberg

Christina Forster

Stefan Schreiner









Départs à la retraite

Pendant cette session, on a aussi fait état de deux pasteurs en partance pour la retraite, Robert Budry, qui avait exercé son ministère à Wetzikon-Bäretswil et Bernard Lehmann de Strasbourg, qui, tout en étant officiellement à la retraite, poursuivra son ministère une année supplémentaire à Strasbourg.

Notons en passant la division en deux communautés de la communauté latino-américaine de Genève:

  • L’Église évangélique méthodiste lusophone
  • Et la communauté chrétienne latino-américaine.


Salutations

Salutations de l’évêque Martinez de l’Église méthodiste du Chili


L’évêque Martinez remercie Connexio pour l’accueil qu’il lui a réservé et, en guise de cadeau, porte un symbole du lien qui unit le Chili à Connexio. Il offre un produit artisanal réalisé par un artiste méthodiste chilien. Il prie pour que la bénédiction de Dieu repose sur «votre travail dans le cadre du Royaume de Dieu».

L’évêque Patrick Streiff le remercie pour ce partenariat de longue haleine entre les deux églises et se réjouit de participer à la vie de l’Eglise méthodiste au Chili.


Pologne

Les Méthodistes polonais se sentent très méthodistes.  Ils se souhaitent sagesse et humour. Le surintendant présent à la CA raconte cette histoire : Jésus vient pour être fan de l’Euro 2012. Au bout de 20 mn de match, un but est marqué; Jésus se réjouit, bat des mains. L’équipe adverse marque à son tour un but et Jésus exprime là aussi son enthousiasme. Quand on lui demande comment il peut applaudir les deux camps tour à tour, il répond : «Vois-tu ? Je suis content que les uns et les autres marquent un but quel qu’en soit le bénéficiaire». L’auditeur perplexe émet alors cet avis :  «C’est forcément la démarche d’un athée, car je croyais que Dieu était à nos côtés».


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Esthonie

Une partie de l’église est organisée, l’autre moins. L‘Église tâche de toucher les gens extérieurs à l’Église : «viens, crie avec moi à la gloire de Dieu. Vois-tu, Dieu est grand, nous pouvons louer Dieu ensemble».


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Hongrie

Fils d’une dynastie de pasteurs méthodistes, le délégué de l’église de Hongrie salue la CA au nom de la Conférence annuelle de Hongrie. Il témoigne qu’il se reconnaît privilégié, connaît Jésus depuis sa tendre enfance, lequel l’a gardé au fil des années. La meilleure prévention, c’est encore que ses enfants le connaissent le plus tôt possible.


Marié depuis 16 ans. Sa femme, il l’apprécie comme un véritable cadeau depuis tant d’années et il le lui dit tous les jours comme au Seigneur.  Il a trois enfants.  Rien de plus beau qu’un enfant qui lui dit : papa, je t’aime.


Il y a aussi des difficultés, des retraits.

Il souhaite «la richesse de la grâce et amour de Jésus-Christ, pour que nous puissions croître ensemble»...


Gottfried Locher, président de la FEPS

Non sans humour, le président de la FEPS disait «sa grande satisfaction de pouvoir allonger la session de la CA. On apprend à se connaître, EEM, membre de la FEPS, membre d’importance pour la FEPS.

Il rapporte sa devise: Jn 17,20 : «non seulement pour ceux qui sont ici mais pour ceux qui entendront ta parole pour qu’ils soient un en toi....» Il précise sa pensée : «Ce que nous faisons n’est pas d’abord une affaire de structures à maintenir, nous sommes ensemble entre églises protestantes pour annoncer l’Evangile qui apporte le salut au monde. Nous avons perdu la capacité de bien communiquer l’Evangile au monde et regagner en crédibilité. Devant le trône de Dieu, nous devrons répondre un jour de notre manque d’unité. Vous, vous affichez une unité visible à l’échelle mondiale. Aidez-nous à garder cet aspect à la FEPS. Nous sommes liés les uns aux autres pour donner un témoignage commun crédible face à la société. Nous sommes présents.... en tant que Protestants.... Pour que le monde puisse croire».

Bref, le pasteur Gottfried Locher, président de la FEPS, ne conçoit pas la FEPS sans une contribution de la part des Méthodistes.

Rapport des surintendants

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)


RAPPORT DES SURINTENDANTS

Vive discussion à propos de la stratégie de l’EEM

Joerg Niederer, surintendant, a présenté le rapport des surintendants en fin d’après-midi jeudi devant la Conférence annuelle de l'Église Méthodiste Unie (EEM), Suisse/France/Afrique du Nord. Il s’en suit une discussion nourrie en séance pleinière. Ce rapport recueille le soutien manifeste des délégués.

Jörg Niederer présentait le rapport des surintendants devant la CA.

Le surintendant débute son intervention devant la Conférence annuelle avec trois questions: Comment allons-nous agir avec courage en tant qu’Église pour gagner au Christ les personnes qui nous entourent toutes aimées par Dieu? Comment allons-nous amener courageusement les gens à suivre le Christ? Comment courageusement allons-nous partager l'amour de Dieu en parole et en acte? Il était clair: personne n'est en mesure de transformer la volonté d'un homme, quel qu’il soit, pour le conduire à suivre le Christ. Notre bonne volonté et notre courage ne suffisent pas, encore faut-il que le Seigneur soit à l’oeuvre. C’est Lui qui fait la différence. Avec Lui, nous pouvons «agir avec courage», persuadés que, dans la foi en Jésus-Christ, nous pouvons réaliser l’impossible à vues humaines, même si nos ressources humaines et financières sont réduites.

Joerg Niederer cherche à montrer à toute église locale encore réticente à tout projet émanant du conseil stratégique qu’il découle d’une décision de CA. Si une église n’a toujours pas pris conscience de la nécessité de faire des disciples de Jésus-Christ, elle doit alors s’interroger sur sa compréhension de la nature de l’église et de sa mission.


A côté des ministères classiques tels que le culte dominical, ou l’accompagnement pastoral, pourquoi n’oserait-on pas dans le cadre de l’EEM entreprendre du neuf et sortir des chemins battus ?


L’Eglise méthodiste en Suisse et en France manifeste tout son intérêt pour les expériences que font les districts méthodistes du Royaume-Uni pour atteindre les distanciés de l’Evangile par des voies nouvelles: animations sportives avec des programme spirituels, réunions dans des cafés, diverses offres pour marginaux, missions dans les ghettos. Ce sont des exemples des nouvelles formes de communication que l'Église méthodiste du Royaume Uni est en train d’explorer, ce qu’elle appelle du nom de  «Fresh Expressions of Church». La communauté 3X3 de l’EEM a commencé à Wildenau un tel projet. A Berne, le "Spielfalt" s’est affilié au projet d’implantation d’église de Berne.


Tout ne réussit pas. On travaille à de l’infaisable. L’efficience de la mission relève de Dieu. L'église et ses membres y travaillent d’arrache-pied.


Transmettre l’Evangile avec courage


Les votes des délégués se rapportent avant tout à deux questions: Comment des gens déjà très impliqués dans leur vie professionnelle et vie familiale, peuvent-ils être assez motivés pour s'engager à amener les gens à suivre Jésus-Christ, notre objectif présent? Les gens sont prêts à s’impliquer suivant leurs talents, mais leur initiative ne correspond pas toujours au programme préétabli par l’église locale. Certains seraient prêts à s’engager davantage pour peu qu’on leur laisse une plus grande marge de manoeuvre... A bon entendeur salut ! Alors, comment pouvons-nous encourager les gens à s’engager dans la communication de l’Evangile avec enthousiasme? Comment pouvons-nous motiver et enthousiasmer  les uns les autres à accomplir dans leur créneau respectif la mission évangélique en fonction de leurs talents ?

La suite de la discussion a souligné que les pasteurs ne sont pas là seulement pour la communauté, mais présents aussi avec la communauté pour renforcer le témoignage de l’église vers l’extérieur. Un pasteur a raconté comment son implication dans un club a changé son approche de la prédication de l'Evangile. Son église locale a prononcé sur lui une prière de bénédiction à l’issue du culte. Elle reconnaissait à son ministère une dimension missionnaire: «nous sommes missionnaires à plein temps qui que nous soyons dans notre vie quotidienne. De cette manière, nous pouvons prendre en ligne de compte les perspectives des non-croyants qui nous entourent et chercher à les gagner».

Le rapport présenté par le conseil stratégique a été compris dans l’ensemble comme un encouragement.

Que répondre à ceux qui viennent à l’église épuisés dans l’espoir de puiser des forces nouvelles ? C’est de fait la réalité pour beaucoup: pour certains, il est difficile de donner de soi quand ils sont à bout de force. Il est légitime de venir à l’église pour se ressourcer, surtout que la fréquentation du  culte dominical a pour conséquence une amélioration de la situation: «ça fait du bien au croyant qui éprouve peurs et peines de repartir bon pied bon oeil dans la nouvelle semaine avec de nouvelles forces».

Le ministère n’est pas seulement synonyme de peine et de labeur mais aussi source de  bénédictions et d’enrichissement. «J’espère que nous ne nous contentons pas de gémir mais que nous apprendrons aussi à nous réjouir dans la tâche qui nous incombe». L’objectif que se fixe l’Église est de conduire davantage de personnes à la suite de Jésus-Christ pour transformer le monde, voilà ce que la CA entend mettre en oeuvre !


Les statistiques en légère baisse

Les statistiques pour 2011 montrent des chiffres en légère baisse pour les différents districts de la Conférence annuelle. En Suisse, il y avait 6027 membres professants (-135 par rapport à 2010), 3609 Amis (-69) de l’Église à la fin de 2011. La fréquentation moyenne au culte adultes était de l’ordre de 4940 personnes (-76), pour l’école du dimanche de l’ordre de 1083 enfants (-45). On compte à ce jour 115 paroisses, à savoir quatre en moins par rapport à l’année précédente.


Pour la première fois, les valeurs statistiques de l’EEM en Suisse étaient représentées dans une pyramide des âges: Le nombre d'enfants atteint une pointe avec les jeunes de 14 ans (plus de 300 enfants de 12 ans et 260 de moins de 14 ans). Puis, le nombre de personnes de 35 ans régresse fortement (60), avant de commencer à nouveau à se relever au niveau moyen (190 de 50 ans), et le nombre de personnes de 80 ans diminue de manière significative de nouveau. Dans l’EEM, les jeunes adultes précédant la phase familiale forment un groupe relativement restreint.

 


Document 

Rapport des surintendants 

Agir avec courage 

Le thème de la Conférence annuelle, «agir avec courage», met l'accent sur les actions courageuses et risquées entreprises par amour pour Dieu, pour les humains et pour toute la création. II en va de même de l'objectif pluriannuel visé par la stratégie de l'EEM et fortement inspiré par l'ordre de mission donné dans Mathieu 28,18-20: «Par le biais des églises locales de l'EEM Suisse-France, de plus en plus de personnes sont amenées à devenir des disciples de Jésus-Christ.» Les stratégies sont des déclarations d'intention qui n'acquièrent un sens qu'une fois mises en œuvre. De quel courage sommes-nous prêts à faire preuve lorsqu'il s'agit d'êtres aimés par Dieu? Qu'est-ce qui nous motive à amener des personnes à devenir des disciples du Christ? Les affirmations du profil de l'EEM s'appliquent-elles vraiment à nous, méthodistes de Suisse, de France et d'Afrique du Nord? «En chemin avec le Christ, animés par Dieu, tournés vers les humains ... nous transmettons son amour en paroles et en actes.» 

1. Façonner l'infaisable 

Avec la stratégie de l'EEM, nous avons axé l'action de l'Eglise sur la dimension salvatrice de la conversion au Christ. Nous voulons amener de plus en plus de personnes à devenir des disciples de Jésus-Christ. Avec le thème de la conférence de cette année, ce même axe est placé dans le contexte de l'action, une action courageuse. Chaque communauté EEM et chaque circuit l'interprète et le vit d'une autre manière. C'est bien ainsi; la stratégie n'a en effet jamais voulu ni l'uniformisation ni la synchronisation, mais vise un objectif commun dont la réalisation doit être adaptée aux circonstances locales.

A cet égard, il existe de nombreuses offres et instruments comme la Foi pas à pas, les cours Alphalive, mais aussi le concept du développement naturel de l'Eglise (DNE) et le livre de l'évêque Robert Schnase «Les paroisses qui portent du fruit et leurs caractéristiques». Pour ce qui est de l'ouvrage de Schnase et de certaines autres offres, il vaut la peine de s'y replonger à plusieurs reprises. 

De nouvelles offres ont par ailleurs été développées spécifiquement pour aider les églises locales et les circuits à amener des personnes à suivre le Christ. 

-     Le cours de Turnaround démarrera bientôt un deuxième cycle, légèrement remanié. Son but est d'aider les circuits et les églises locales qui ont perdu de la substance et du volume au fil des années à prendre un «virage». Marc Nussbaumer vous fournira volontiers des renseignements à ce sujet. 

-     Avec les «Fresh Expressions» (pendant un certain temps, l'EEM appelait ce domaine d'activité «f. i. s.ch»), l'Eglise méthodiste britannique, en particulier, a trouvé une réponse diversifiée qui touche de plus en plus de personnes éloignées de l'Eglise. Nous voulons en tirer des enseignements pour la Suisse et la France. Les «Fresh Expressions» sont des églises implantées par des laïques sous une forme innovante et inhabituelle. Une formation pour fondateurs d'églises analogue au cours de Turnaround verra bientôt le jour, sous la houlette de Matthias Faukhauser. 

-     Formation et Conseils a adapté son offre de formation et de coaching à la stratégie. 

L'équipe chargée du processus stratégique accompagne le processus de mise en œuvre de la stratégie dont la durée prévue est de huit ans et aide ainsi les circuits et les églises locales à poursuivre leurs efforts consistant à amener des personnes à suivre le Christ. Dans le même temps, elle analyse l'évolution et l'application concrète de la stratégie, motive les églises locales et les circuits et pilote la mise en œuvre par le biais de thèmes prioritaires. Dans un proche avenir, des équipes adaptatives pourront également intervenir dans les églises, les circuits et éventuellement au niveau de la conférence pour moduler et promouvoir la réalisation de la stratégie. Actuellement, trois personnes de l'EEM suisse suivent à cet effet une formation aux Etats-Unis destinée à leur permettre de devenir des multiplicateurs de cette méthode de travail au sein de notre conférence. 

Quiconque agit avec cœur et courage dans ce monde en se laissant guider par l'action de Dieu est prêt à façonner l'infaisable, c'est-à-dire à entreprendre un projet sans avoir l'assurance qu'il aura l'effet escompté et aboutira au but visé. Personne n'est en mesure de modifier la volonté de quelqu'un pour le conduire à décider sans autre de suivre le Christ. Et même si nous pouvions manipuler des personnes de la sorte, nous ne le voudrions pas. Agir avec courage implique de faire confiance et d'instaurer la confiance. L'essentiel dans tout cela découle de l'action de Dieu qui se produit, sans, voire malgré notre intervention. Agir avec courage signifie placer notre confiance en Jésus-Christ et nous atteler avec une grande sérénité à façonner ce qui est humainement infaisable. 

Lorsque nous agissons avec cœur et courage nous pouvons appeler des personnes à suivre le Christ, même si nos ressources en personnel et en finances sont plus limitées. Chaque année, il nous manque des pasteur-e-s pour pourvoir tous les postes vacants dans les circuits. Des lieux de prédication sont fermés ici et là. De nombreux amis et membres confessants sont tellement sollicités au quotidien qu'ils trouvent de moins en moins la force d'investir de l'énergie dans l'Eglise. Quand ils se rendent à l'église, ils n'ont surtout pas envie d'être sollicités une fois de plus, mais aspirent au contraire à y puiser des forces et à se ressourcer. 

II convient de relever que notre situation financière est encore confortable en comparaison avec d'autres Conférences annuelles d'Europe. Les économies ne nous font pas encore vraiment mal. 

Donc: Pourquoi ne pas agir avec courage et ainsi façonner l'infaisable, autrement dit appeler des hommes et des femmes à suivre le Christ? Dans ce domaine, Dieu ne nous lâchera jamais. 

Agir avec courage en tant qu'intermédiaire entre le monde et le Christ 

La stratégie de l'EEM met l'accent sur la tâche fondamentale inhérente à l'existence chrétienne. L'Eglise, c'est la mission. Les pasteur-e-s et les communautés ont un mandat commun. Le pasteur n'est pas là uniquement pour sa communauté, il est là avec sa communauté pour le monde. Cela semble évident, mais ça ne l'est pas tant que ça. Lorsque tout se passe au mieux, les pasteur-e-s et les membres de la communauté travaillent main dans la main pour servir avec cœur et courage d'intermédiaires entre le monde et Jésus-Christ. Il existe cependant aussi des circuits où les pasteur-e-s ne bénéficient pas du soutien de la communauté et défendent une cause perdue. Ou à l'inverse, certaine-s pasteur-e-s sont des «freins» pour leur communauté. Enfin, il arrive parfois que le pasteur et la communauté semblent s'accorder sur le fait qu'amener des personnes à suivre le Christ n'est pas de leur ressort. 

Lors de la rencontre européenne des surintendants, à Braunfels, nous nous sommes demandé comment des personnes pouvaient trouver le chemin qui mène à Jésus et dans l'Eglise. Où les personnes extérieures à l'Eglise peuvent-elles trouver des stations d'accueil où faire dialoguer leur projet de vie avec le message de Jésus-Christ? 

Pour les personnes qui se tournent vers Dieu au beau milieu de leur vie, le «programme» normal de l'Eglise, avec des cultes dominicaux et la présence d'un pasteur apte à faire de la relation d'aide est particulièrement important. Il convient donc de ne pas sous-estimer cette offre de base du ministère pastoral «traditionnel». 

Il faut toutefois aussi de plus en plus avoir le cœur et le courage d'innover, sinon, il en ira de nous comme des puces qui se sont tellement habituées à rester dans les limites de leur bocal, qu'elles ne cherchent même pas à en sortir une fois le couvercle ouvert (voir la vidéo sous 

http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&v=uKR4tmd8TNg)! Comment nous encourager les uns les autres à ne pas nous confiner à notre cadre habituel? 

Il faut, notamment, surmonter l'inertie propre à l'Eglise pour pouvoir inventer et créer quelque chose de nouveau. L'Eglise méthodiste britannique y est parvenue grâce aux Fresh Expressions. Sous des formes créatives, elle a réussi à faire découvrir l'Evangile à plus de 30 000 personnes. Ce résultat est le fruit du travail de femmes et d'hommes qui ont donné une chance à des projets nouveaux, inhabituels et les ont concrétisés. C'est ainsi que sont nées des nouvelles communautés ou branches d'activité; pas des méga-églises, mais des communautés comme nous les connaissons bien, avec une moyenne de 60 personnes. Il ne s'agit cependant pas de communautés établies, centrées sur les cultes, et force est de constater que nous manquons encore de la disponibilité nécessaire pour introduire dans l'EEM des formes et des structures inhabituelles et faire cohabIter de manière constructive diverses façons d'être église, que ce soit sous des formes connues ou en tant que Fresh Expressions. 

En Grande-Bretagne, certains circuits méthodistes se sont unis pour lancer ensemble des Fresh Expressions: des salles de sport proposant un programme spirituel, une Eglise de surfers, des rencontres dans des cafés, des activités pour les marginaux, des missions dans des ghettos. Contrairement à ce qUI se passe chez nous, les circuits britanniques comptent souvent entre 10 et 18 communautés. Il pourrait donc valoir la peine, dans notre Conférence annuelle, Que des circuits voisins se mettent ensemble pour démarrer un travail de Fresh Expression ou une implantation d'église. Il est en effet plus facile de se défaire de ses habitudes lorsque l'on est ensemble. Et ensemble, il est plus facile de monter une équipe prête à se lancer dans un tel projet. 

L'essentiel est et demeure de changer d'angle de vue, de se placer dans la perspective des gens extérieurs à l'Eglise et de les rencontrer là où ils se trouvent. En tant que surintendante et surintendants, nous tenons toujours compte de la situation des églises et des immeubles appartenant à l'Eglise. Nous considérons ainsi que lorsqu'une chapelle de l'EEM est entourée d'écoles, c'est peut-être un signe, par exemple, qu'il faudrait proposer des activités dans ce sens. De fait, il n'est pas rare que des communautés de l'EEM se trouvent déjà au cœur de la société. 

Une nouvelle forme d'église peut déboucher sur une toute nouvelle communauté, mais aussi sur des activités spécifiques nous permettant de parler du Christ aux personnes qui nous entourent. En Suisse, par exemple, nous trouvons de véritables Fresh Expressions à Wildenau (église 3x3) ou à Berne, avec le café «Spielfalt», qui fait désormais partie du projet d'Implantation d'église. Agir avec cœur et courage peut aussi consister en une activité isolée, comme par exemple le Musical proposé par le circuit d'Interlaken ou la troupe de théâtre laïque mise sur pied à Sevelen. Relevons encore les projets lancés par les trois communautés EEM de Codognan, Caveirac et Agde, dans le Sud de la France. Alors que Codognan organise chaque été, depuis quelques années, un festival d'évangélisation, l'église méthodiste de Caveirac, qui diminue régulièrement, a initié un nouveau programme destiné à l'aider à trouver une nouvelle orientation vers Dieu, vers son mandat et vers les personnes de son entourage. Agde se trouve au bord de la Méditerranée. Dans cette ville de 35 000 habitants, l'EEM a l'intention d'implanter une Eglise en collaboration avec un circuit des Etats-Unis. 

Tout n'aboutit pas toujours. Certains projets ne vont jamais au-delà de la phase de lancement. Nous pouvons certes investir notre créativité, notre don d'organisation et y associer notre amour des gens, mais cela se limite en fin de compte à façonner l'infaisable, cela reste la mission de Dieu. Nous avons le privilège d'y participer. 

3. Appelés au ministère pastoral dans une Eglise et un monde en mutation 

Dans l'Eglise Evangélique Méthodiste Suisse-France, de nombreux pasteurs vivent leur vocation au ministère pastoral. Les actes de la conférence 2011 font état de 75 membres pastoraux de plein droit (en 2005, il Y avait 74 pasteurs en activité), 12 membres pastoraux probatoires (11 en 2005), 1 membre pastoral extraordinaire (1 en 2005) et 23 prédicateurs et prédicatrices laïques avec responsabilité pastorale. Les actes de la conférence 2005 sont les premiers à mentionner 4 prédicateurs et prédicatrices laïques avec responsabilité pastorale et une assistante de paroisse, qui figurera également l'année d'après parmi les prédicateurs laïques avec responsabilité pastorale. Au cours des sept dernières années, le nombre de prédicateurs et prédicatrices laïques avec responsabilité pastorale actifs a donc plus que quadruplé. 

En tant que président de la Commission des ministères, Walter Wilhelm s'est donné la peine d'étudier les changements survenus au sein du corps pastoral durant ces dix dernières années. Ses conclusions sont les suivantes: il ya eu 47 nouveaux engagements depuis 2002. 50 % d'entre eux sont des pasteur-e-s en activité dont 29 viennent de l'extérieur de l'EEM et 18 sont issus de l'EEM. 

Plus d'un tiers des personnes venues de l'extérieur de l'EEM (12 des 29) ont quitté le ministère après une périOde relativement courte. 18 personnes issues de l'EEM (relève interne) ont dans l'intervalle quitté le ministère après une période généralement assez longue. 

La constellation des affectations a donc nettement changé. Ce qui frappe le plus est l'importante augmentation de prédicateurs et prédicatrices laïques avec responsabilité pastorale qui ne sont pas contraints d'être entièrement disponibles pour les affectations mais n'ont pas non plus de garantie d'engagement. On remarque en outre le taux de fluctuation élevé des membres pastoraux. Malgré la progression des engagements de prédicateurs et prédicatrices laïques avec responsabilité pastorale, il s'est avéré impossible ces dernières années de pourvoir tous les circuits. 

Les conditions de travail et de vie des membres pastoraux et de leurs familles se sont elles aussi modifiées. Aujourd'hui, les pasteur-e-s ont plus de possibilités de trouver une place en dehors de l'EEM. L'EEM se trouve donc en concurrence avec d'autres employeurs dans sa quête de personnes compétentes, ce qui explique que les candidats expriment davantage d'exigences en termes de conditions d'engagement et de logement. Il n'est plus évident de la part d'un pasteur et de sa famille qu'il accepte d'emménager dans un logement donné. Certains pasteurs vivent même dans leur propre maison. En particulier pour les personnes engagées à temps partiel, il ne va plus de soi d'habiter sur leur lieu de travail. La plupart des partenaires des pasteur-e-s exercent aujourd'hui une activité professionnelle, ce qui rend les affectations d'autant plus difficiles et accroît la pression sur les familles pastorales. Les pasteur-es de l'EEM ne sont par ailleurs pas épargnés par les divorces et les ruptures biographiques. Tout comme dans les secteurs professionnels de la société, le rythme de travail et les exigences au sein de l'EEM ont augmenté et engendrent régulièrement des maladies et des conflits. 

Cela dit, le travail en tant que collaborateur ou collaboratrice pastorale dans l'EEM est intéressant et varié. Travailler avec des gens peut procurer beaucoup de plaisir. Savoir qu'on leur offre davantage que des biens terrestres, qu'on donne un sens à leur vie, peut être très satisfaisant. Les pasteurs sont en outre conscients d'être appelés à servir le Christ et beaucoup d'entre eux ne peuvent pas s'imaginer vivre cet appel à l'extérieur de l'EEM, comme l'illustre cette citation extraite d'un rapport présenté lors d'une assemblée de circuit: «Je suis heureux de faire partie de cette Eglise. Je ne vois loin à la ronde aucune Eglise et aucune école théologique qui arrive à la cheville de l'EEM. C'est là t'une des raisons pour lesquelles je souhaite travailler dans cette Eglise et dans aucune autre à l'édification du royaume de Dieu.» 

Le Cabinet aimerait stimuler ce plaisir à travailler dans l'EEM et, dans la mesure du possible, le renforcer. Pour ce faire, il a intégré à la gestion et au développement du personnel une application plus réfléchie des entretiens d'évaluation et de motivation. Le système des affectations prescrit par le Règlement de l'Eglise est et demeure une caractéristique de l'EEM qui a certes changé dans sa forme, mais continue à faire partie intégrante de notre vision du service et de la vocation. Nous recherchons des personnes qui se laissent appeler à venir non pas dans une communauté bien précise, mais dans l'Eglise dans son ensemble. Nous rappelons notamment à cet égard l'idée de l'alliance des personnes ordonnées. A travers la Commission collaboration pasteur-église, les circuits recherchent des collaborateurs et collaboratrices pastoraux appropriés. 

Il est important que les pasteur-e-s se sentent appréciés et sachent que l'église locale s'efforce dans la mesure du possible de répondre à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Au vu du manque de pasteur-e-s et des difficultés liées aux affectations, le Cabinet a réfléchi à la manière de donner envie à des gens de s'engager à plein temps pour l'EEM et de les soutenir durablement dans leur ministère. Parmi les mesures évoquées figurent les bonnes possibilités de formation continue et les tâches professionnelles intéressantes au sein des organes de l'Eglise, deux éléments existant depuis longtemps déjà. 

Outre ces mesures «réalistes», le remue-méninges du Cabinet a fait naître des idées comme il en surgit bien souvent, vite suggérées et aussitôt rejetées. 

Les mesures nouvelles ou récemment mises en place sont les suivantes: 

  • les entretiens d'évaluation et de motivation. Ils constituent une bonne base pour identifier rapidement les besoins des pasteur-e-s et motiver plus concrètement le personnel; 
  • la planification à plus long terme des affectations; 
  • cinq semaines de vacances en cas de changement d'affectation; 
  • l'extension de la période de recherche de collaborateurs et collaboratrices sur toute l'année et non plus uniquement durant l'automne. Un poste vacant dans un circuit peut ainsi être pourvu à n'importe quel moment. les stages de durée déterminée peuvent également servir de préparation au ministère pastoral au sein de l'EEM;
  • l'identification rapide des circuits vacants. Les pasteur-e-s qui ne font pas encore partie du système des affectations peuvent s'annoncer de leur propre chef lorsqu'ils sont prêts à accepter une nouvelle affectation. 

Le Cabinet est ouvert à d'autres propositions, sans pour autant garantir qu'elles seront mises en œuvre. L'objectif de ces réflexions reste de faire en sorte que les pasteur-e-s aient du plaisir à travailler dans l'EEM et puissent y vivre leur vocation avec d'autres chrétiens, aussi bien au sein des églises locales et des circuits qu'en tant que communauté de service pour l'ensemble de l'Eglise. Nous avons été envoyés ensemble au cœur de la société moderne à la place du Christ. 

Rapport des surintendants (117 ko pdf)


Implantation d'église

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Implantation d’églises : sans radicalité, aucun Turnaround n’est possible

En tant que président du groupe de travail chargé de l’implantation d’églises, Marc Nussbaumer défend son rapport devant la Conférence annuelle de l’Eglise évangélique méthodiste (EEM) à Münsingen.

Marc Nussbaumer présente le programme de formation „Startklar“


Le ministère d'implantation d'église à Berne placé sous la direction de Matthias Fankhauser est d’ores et déjà actif. Il se présente sous la forme d'un réseau dans divers environnements sociaux. L'accent est mis sur trois projets: un groupe de quartier, Spielfalt et une chorale pour enfants. Pour aucune église installations sont nécessaires. Pour aucun de ces projets, des locaux d’église ne sont nécessaires.

Le travail est basé sur les principes de „Fresh Expressions of Church“ (fraiches expressions de l'Église). Fresh Expressions visent à l’implantation de nouvelles communautés par des laïcs sous des formes inhabituelles qui permettent d’atteindre les non-croyants. Ce qui explique aussi le démarrage de projets interecclésiaux. La première Journée Fresh-Expressions aura lieu en coopération avec l'Eglise réformée de Zurich, l'Institut pour l’implantation d'églises et la mission mondiale (IGW) et l’EEM, le 3 novembre 2012 à Zurich.

En plus de Berne, d’autres projets d’implantation d’église sont sur le point de démarrer. Ils seront présentés tout au long de l'année dans la revue "Kirche und Welt».



Cours de formation pour implanteurs d’église

Si le monde est ma paroisse, alors il paraît à Marc Nussbaumer nécessaire pour l’Église de penser autrement son implantation dans le pays ! Devant la Conférence, il présente la brochure „Startklar“, qui introduit le nouveau programme de formation conçu pour implanteurs et dirigeants d'églises. Conçu d’abord pour les pasteurs, le cours est maintenant aussi destiné aux laïcs. Le rapport du groupe de travail «Implantation d'églises» que, parmi les personnes déjà employées par l’Église, rares sont les personnes engagées directement dans un travail d'implantation d'église. Par conséquent, le Groupe de travail cherchera à recruter au-delà de ce cercle de personnes des personnalités répondant à ce profil.

 

Cycles de vie également pour les églises locales

 

Dans le domaine «Fondation de nouvelles communautés», il s'agit de restaurer des communautés existantes. Il appartient à ces communautés de comprendre qu'une église locale - comme tout organisme - passe par des cycles de vie différents. Elle s’interrogera: où en est-elle ? Au début, à la phase du plateau ou en phase de déclin ? A chaque stade, il faut envisager des changements radicaux (qui s’attaquent à la racine des problèmes). Ces changements radicaux sont nécessaires pour réussir à nouveau atteindre les distanciés de l’Église. Cette réorientation radicale d'une communauté est toujours une opération risquée, a déclaré Marc Nussbaumer devant la Conférence.


A moins de procéder à cette réorientation radicale, aucun redressement (turnaround) n’est possible. Au cours de cette année écoulée, une poignée de paroisses a fait appel à la commission Conseil-Turnaround.

Le premier Cours-Turnaround se terminera en septembre. Le second, bien sûr révisé, débutera en octobre 2012. Il travaille avec les trois principes de base du leadership spirituel: formation d’équipes de direction spirituellement mûrs, création d’un espace et d’une culture favorisant la transformation par Dieu, initiation et promotion de processus productifs.

Le groupe de travail Implantation d'églises stipule explicitement dans son rapport: «les processus-Turnaround ne sont pas seulement nécessaires dans les petites communautés. Là où des communautés remarquent une perte d’influence sur leur environnement social, elles sont concernées par le processus-Turnaround. Ce programme vise à favoriser l’entraide fraternelle et des initiatives communes et nouvelles. «Il faut savoir oser du neuf que l’on n’a jamais tenté et soutenir ces initiatives nouvelles», déclare Marc Nussbaumer et d’ajouter que les finances ne devraient pas être un problème : «si l’église  locale prend en charge un tiers des frais engagés, le reste pourrait être pris en charge par l’Église», assure-t-il.


RAPPORT Implantation d’églises 2012 (127 ko)                                                           


Veillée entre francophones

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Veillée entre francophones


Situation de l’église en Algérie

Les délégués algériens présents à la Conférence annuelle sont invités par le surintendant Etienne Rudolph à communiquer des nouvelles de leur église au pays. Ces délégués ne notent pas de problèmes particuliers à ce jour avec les autorités locales.

Par contre les relations avec l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA) sont loin d’être normalisées. L’EPA a expulsé l’Eglise protestante d’Alger de ses locaux historiques. L’EPA s’est emparée des locaux de l’Eglise réformée d’Alger, en jouant sur le nom de l’Association, EPA. L’EPA a obtenu des Tribunaux algériens l’expulsion de l’église protestante d’Alger et depuis cette expulsion, n’a quasiment plus de relations avec les Méthodistes.

Des efforts sont entrepris à ce jour pour réunir les communautés protestantes non affiliées à l’EPA dans l’intention de créer les Communautés protestantes d’Algérie.

Laabra

80 baptêmes sont célébrés par an à Laarba. Une femme s’échappe de chez elle pour demander le baptême avant de disparaître. De la part du pasteur, il faut de la souplesse et une grande capacité d’adaptation.
La persécution, quand elle survient, ne vient pas de la police, mais de l’intérieur de la famille : «certaines personnes sont chargées de vous identifier et du coup certains croyants vivent sous pression. On évite de les rencontrer, sinon d’échanger avec eux».


Ouassif

A Ouassif, Saïd et Hourria continuent  de travailler et vivent un renouveau spirituel. Le Seigneur est à l’oeuvre, il y a des guérisons et des délivrances. Un islamiste malade est venu à l’église et a accepté que l’on prie pour lui. Résultat: le Seigneur l’a guéri. Cet homme est rentré chez lui complètement changé. Il a parlé de son expérience à sa femme, à ses enfants et à sa famille. Depuis, toute sa famille vient à l’église. Par le biais de cette personne, le pasteur a réussi à obtenir des services qu’il avait cherché jusqu’alors sans succès. «Même si le témoignage n’est guère facile, cela vaut la peine, car le Seigneur est à nos côtés».


Daniel Nussbaumer, surintendant pour la partie Afrique du Nord confirme ce témoignage : «à Ouassif, c’est assez impressionnant : au départ, c’était une assemblée de 12/15 personnes adultes, aujourd’hui, c’est une assemblée de 50/70 personnes ; il y a une école du dimanche et des mariages, on voit que l’église grandit, et il est important de souligner que des familles entières viennent au culte. En Kabylie, le travail se développe.


Alger

Pour l’heure, l’église d’Alger rame à contre courant. C’est la situation que l’on connaît à Alger. L’église d’Alger a été expulsée de ses locaux historiques et hébergée par une église catholique. Le pasteur a pu se retirer dans la maison d’une paroissienne.


Pour l’église, c’était une souffrance dirable. La communauté est composée pour moitié d’Algériens et pour l’autre moitié de Subsahariens et de Français.


A cause de la défection d’Hamid, c’est le pasteur Roger Correvon a rejoint Constantine qui dispose de locaux importants.

La pasteure Zorha est rattachée actuellement à l’église d’Alger tout en faisant simultanément un DEA sur l’histoire de l’Eglise réformée à Alger de 1920 jusqu’à nos jours. 

Constantine

A Constantine, il y a une trentaine de Subsahariens, 6 Algériens et quelques Chinois. Les Subsahariens participent activement au culte. Des étudiants de l’université voisine devant étudier sur le christianisme viennent par deux ou trois poser leurs questions. Le pasteur leur répond, Bible en main. Surpris et parfois étonnés, ces étudiants reviennent souvent. La bibliothèque montée sur place facilite le contact avec les étudiants. Le pasteur a des coups de fil de jour comme de nuit. «C’est très réjouissant».


Conclusion

Le travail en Algérie reste difficile, parce que soumis à des aléas. Le départ d’Hamid marié depuis peu avec une Suissesse complique les choses. Il faut néanmoins continuer sur place, dans les difficultés, chercher des chemins, attendre des vocations. 

L’église méthodiste s’organise en circuit. Petit à petit. Elle attend toujours des autorités la reconnaissance officielle.


Tunisie

Sur Tunis, Jacqueline Agré, la veuve du pasteur Isaac Agré, décédé en 2011, signale que le projet d’un home pour jeunes filles est toujours poursuivi. L’église dispose de locaux dans sa propriété, mais pour l’heure ces locaux sont délabrés et ont besoin d’être restaurés.

Les délégués du district francophone ont fait la connaissance de Frédy admis dans la Conférence cette année. Après des études théologiques à Vaux-sur-Seine, il s’apprête à repartir en famille cet été à Tunis pour s’occuper comme pasteur de l’Eglise réformée de Tunis en coopération avec le DEFAP, la Commission des Eglise Evangéliques d’Expression Française à l’Extérieur (CEEEFE) et l’EEM qui assure le financement du poste.Frédy a été plusieurs années de suite responsable des GBU au Maroc d’abord, en Tunisie ensuite avant d’être pasteur de l’église réformée de Tunis pendant quatre ans. Le couple a deux petites filles. 


Sur le circuit


A Codognan se tient cet été le 4e festival chrétien de musique. Pascal Maurin signale la présence du capitaine de l’équipe de foot de Brest, Evelo. Il souhaite faire venir plus de groupes gospel. Après le festival, les retombées ne sont pas des moindres : une jeune fille s’est convertie l’année dernière... Cette année, elle participe à la campagne.
Il rappelle le besoin impératif de 40 personnes par jour pour assurer l’organisation du festival avec succès.


Lausanne

Béatrice présente la situation de l’église de Lausanne: «l’église est stable, mais ses membres vieillissent. Les gens s’interrogent sur l’avenir de notre paroisse. Combien de temps encore, l’église pourra-t-elle supporter un si grand bâtiment ?»
Plusieurs dans l’église ont envie d’aller de l’avant. Les locaux se situent en un lieu stratégique. Quatre communautés se réunissent dans ces locaux avec quatre langues à la disposition. La Riponne, c’est aussi un lieu de rendez-vous des alcooliques et des drogués. Cette faune suscite la peur. Ces personnes à la dérive suscitent chez Béatrice une grande interrogation: que faudrait-il entreprendre à leur endroit?

Pierre Bertololy, actuellement en charge de l’église, fait remarquer la nécessité pour l’église d’envisager dans les 5 ans à venir des travaux de restauration importants (1 000 000 FS). 


Strasbourg

L’église est placée devant grand chantier: la restauration de ses locaux de Sion, dans la Petite France. Les travaux vont commencer dès la mi août et s’étaleront sur un an. Les cultes auront lieu pendant ce temps-là à Emmanuel. Après avoir planché sur les travaux à entreprendre, l’église doit définir son projet d’église pour demain.

Une commission de vie spirituelle a été créée pour travailler sur cette question, de même qu’une commission d’évangélisation. Autrement dit, comment l’église de Strasbourg retrouvera-t-elle le courage de témoigner de l’Evangile ?

IKT

C’est devenu une tradition en Alsace d’organiser un WE en Alsace pour les catéchumènes. Il a semblé judicieux à Robert Gillet de mettre en place un camp de 15 jours. Pour l’instant, il déplore pas ou peu d’inscrits. Il se donne encore 10 jours. 7 inscriptions au minimum sont nécessaires pour lancer le camp. Il concerne des jeunes de 12 à 17 ans.                                                                   

Méditation Mc 12.41-44

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Marc 12,41-44 - 1R 19,1-8

Méditation

MATTHIAS BÜNGER

CA du 14 au 17 juin 2012

Méditation : Elie & la veuve à la générosité infinie


Elie déprimé dans le désert & La veuve à la générosité infinie... (Mc 12)

Voici une veuve qui sut donner au-delà du raisonnable. Du coeur, de tout son coeur. 

Tout l’indispensable qu’elle avait pour vivre et survivre. Des pièces de monnaie insignifiantes. Elle a plus donné que les riches avec les fortes sommes qu’ils ont offert en offrande: tout ce qu’elle avait, sans rien retenir pour elle. Elle donne sans calculer, sans se demander quels vêtements acheter... Elle donne sans contrainte, sans devoir avoir honte. Sans l’ombre d’une hésitation. Elle avait constaté que Dieu veillait sur elle. Elle avait fait l’expérience que Dieu s’occupe d’elle comme des oiseaux dans les cieux et des lys dans les champs. Il nous donne effectivement le pain quotidien. Elle n’a plus rien en réserve, mais elle sait pertinemment que Dieu ne l’oublierait pas.

Calculons-nous comme les riches qui veillent à ne manquer de rien ou faisons-nous confiance en Dieu comme les lys dans les champs ou les oiseaux dans les cieux ? Faisons-nous confiance en Dieu avec la certitude que Dieu pourvoira à nos besoins ?

Elle va de l’avant en femme libre de toute inquiétude, confiante en Dieu comme en sa providence. Elle est libre de donner tous ses revenus, toute sa vie.

Dieu ne laisse pas sans ressources son homme Elie, Il est libre, pour aider Elie à sortir de son désert et le ramener dans le champ des vivants. Cette pauvre veuve est libre d’agir en dehors de tout codex, loi ou tradition, dans la générosité de l’amour. Cette femme a plus donné que tous les autres.... Dieu donne ce qu’il a de plus cher, son Fils Jésus-Christ, pour nous...

Cette histoire est un défi à agir avec courage. Cette femme a agi sans réserves, elle a fait l’expérience que l’amour ne déçoit pas. Aussi a-t-elle pu agir sans prévention ni prétention. Et nous ?


LA PRÉDICATION


Chère communauté,

Il est normal que le thème de la CA « Agir avec courage » soit repris au cours des temps spirituels, et ce matin, tout particulièrement au cours de cette méditation.

Au pied levé, je remplace Hostettler Andreas qui est en congé de maladie et ne peut donc pas être ici.

Par conséquent, les réflexions qui suivent n’ont pas été rédigées en fonction de la Conférence Annuelle. Elles trouvent leur origine dans mon sermon de dimanche dernier.

Quand est-ce que pour la dernière fois les autres ont-ils eu un haussement d’épaule au regard de ce que vous avez pu faire ou entreprendre ? Vous êtes passé outre et vous vous êtes dit : je suis donc libre ! À quand remonte la dernière fois ?


Dans la première lecture, il était question d’Élie et de son expérience avec Dieu dans le désert. On peut dire de Dieu qu’Il était vraiment libre !

Je vous rapporte une autre histoire en rapport avec cet épisode. Voici une pauvre veuve dont on peut dire précisément : Cette femme est libre !


Mc 12,41-44

Le don offert par une veuve pauvre


« 41Puis Jésus s’assit en face des troncs à offrandes du temple, et il regardait comment les gens y déposaient de l’argent. De nombreux riches donnaient beaucoup d’argent. 42Une veuve pauvre arriva et mit deux petites pièces de cuivre, d’une valeur de quelques centimes. 43Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : cette veuve pauvre a mis dans le tronc plus que tous les autres. 44Car tous les autres ont donné de l’argent dont ils n’avaient pas besoin ; mais elle, dans sa pauvreté, a offert tout ce qu’elle possédait, tout ce dont elle avait besoin pour vivre. »

Jésus a observé la manière dont les gens jetaient leur offrande dans les corbeilles du temple à Jérusalem. Pour ce faire, il ne faisait pas preuve d’une grande curiosité. Parce qu’en ce temps-là vous n’aviez pas à lancer à la volée quelques pièces de monnaie dans le panier réservé à l’offrande, comme on le fait aujourd’hui. Mais on donnait l’argent à un prêtre qui vérifiait et contrôlait l’opération. Probablement même qu’on annonçait alors le montant du don. Les dons à cette époque étaient une affaire publique. Quand on se tenait à proximité des paniers d’offrande, on pouvait donc savoir qui donnait quoi et combien. Jésus n’a pas eu d’effort particulier à faire.


Et Jésus a vu de nombreux riches venir mettre beaucoup d’argent dans la boîte. L’argent était destiné assurément au temple — il y avait toujours quelque chose à construire et à rénover — ou au prêtre et au fonctionnement du temple. Peut-être pour aider les pauvres. En tout cas, c’était un don fait à Dieu. Et les riches donnaient beaucoup à Dieu.

Jésus a aussi vu venir une pauvre veuve. Et il l’a vue mettre deux des plus petites pièces de monnaie dans la boîte. Une contribution très modeste destinée à Dieu.


À côté de tout l’argent des riches, les petites pièces de monnaie de la pauvre veuve étaient données négligeables, ou presque. Pour l’entretien du Temple, sa petite contribution ne jouait pratiquement aucun rôle. Et les riches, quand ils ont vu son geste, ont esquissé un léger sourire, avec une pointe de condescendance.

Jésus lui aussi a remarqué la grande différence entre ce que les riches donnaient, et ce que donnait la pauvre veuve. Et il attire l’attention de ses disciples sur ce qu’il vient de voir. Cependant — il chamboule les idées reçues.

La pauvre veuve a donné le plus, dit-il. Les deux petites pièces de monnaie qu’elle a données, représentent beaucoup plus que l’argent des riches. Et Jésus a dit : Les riches ont donné beaucoup d’argent de leur superflu. Et donc, de l’argent dont ils n’avaient pas besoin. En revanche, la femme, elle, a donné tout ce qu’elle avait pour vivre. Elle a donné tout ce qu’elle avait, et n’a rien gardé pour elle-même.


Jésus pense-t-il que nous devrions tout donner, non seulement ce que nous avons en trop ? L’exemple de la pauvre veuve n’est pas cité pour être reproduit tel quel. Jésus ne dit pas : « Allez et faites comme elle ».

La femme donne sans mesure. Sans réfléchir à ce qu’elle doit manger, aux vêtements qu’elle doit porter, à la manière dont elle doit payer le loyer de sa maison, de son appartement ou de sa chambre. Et je m’imagine : elle donne, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Non pas parce qu’elle y était contrainte ou forcée. Non pas par convenance sociale ni parce qu’elle aurait honte de ne rien jeter dans le panier. Tout naturellement, elle donne tout ce qu’elle avait. Sans hésiter un instant.

Je suppose qu’elle avait remarqué dans sa vie que Dieu se souciait d’elle. Elle fait une totale confiance en Dieu. Sinon je ne peux pas, on ne peut pas bien expliquer son geste. Au cours de sa vie, elle a fait l’expérience que les paroles de Jésus sur les oiseaux du ciel et les lys des champs étaient exactes.

Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit !

De la même manière prendra-t-il soin des gens qui valent beaucoup plus que les oiseaux.

Observez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas, elles ne se font pas de vêtements. 29Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs. 30Dieu habille ainsi l’herbe des champs,…. Alors ne vous habillera-t-il pas à bien plus forte raison vous-mêmes ?


Ou comme il est dit plus tard dans le Sermon sur la Montagne dans l’Évangile de Matthieu :… Donne-nous notre pain quotidien.…

La femme n’a rien en trop. Mais elle donne tout ce qu’elle avait. Elle connaît notre Père dans les cieux. Et elle lui fait confiance. Elle sait qu’il ne l’oubliera pas. S’il se soucie des oiseaux et des lys, alors certainement se souciera-t-il d’elle.


Et qu’en est-il de nous aujourd’hui ? Cherchons-nous à savoir comme les riches si nous en avons assez pour nous et s’il nous reste du superflu dont nous pouvons faire don ? Ou faisons-nous confiance en Dieu, notre Père céleste ? Confiance qu’il prendra soin de nous comme il se soucie des oiseaux du ciel et des lys des champs ?


Et est-ce vraiment aussi simple que cela, est-il si facile de faire ce genre de calcul ? Ne pourrions-nous pas calculer comme cette pauvre veuve et laisser Dieu assurer nos moyens de subsistance ? Comme Église, ne devrions-nous pas tenir le même raisonnement que cette femme ? Ou tout simplement ne pas tenir ce genre de raisonnement, mais espérer plutôt que notre Père céleste s’occupe de nous ?

Je pense que cette pauvre veuve nous montre quelque chose d’important. Elle voit au-delà d’elle-même, au-delà de son environnement et de son bien-être. Elle est vraiment libre !

Il n’est pas question d’abord de montant, mais de l’attitude sous-jacente. Elle est donc libre de tout donner. Elle donne son gagne-pain, autant dire qu’elle donne tout ce qu’elle avait pour vivre. La pauvre veuve donne donc tout ce qu’elle avait, sa vie en intégralité ! Elle est vraiment libre ! Elle ose et en franchissant cette étape, elle se dépasse !


Cet épisode rappelle la manière dont Dieu avait agi avec Élie dans le désert. Dieu ne laisse pas Élie mourir de faim, il ne le laisse pas seul dans son désert. Dieu se montre là bien plus que celui dont on peut dire : Il est vraiment libre ! Il donne tout à Élie. Il est donc libre, et aide Élie à sortir de son désert intérieur et extérieur. Dans cette rencontre avec Dieu, Élie renoue avec la vie. Dieu est vraiment libre !

Est-ce Dieu ici, est-ce là la pauvre veuve dans cette petite histoire de l’Évangile de Marc, qui se dépasse ? Elle est si libre ! Mais ce n’est pas aussi simple, son comportement ne résulte pas d’une morale ou d’une éthique, il ne résulte pas d’un code qui lui prescrirait : Tu as tout à donner ! Ce sont ses expériences avec Dieu, son Dieu, qui l’ont conduite à tout donner à Dieu, son gagne-pain tout entier, et ainsi à donner sa vie à Dieu. En vérité, je vous le dis, cette femme a donné plus que quiconque !, déclare Jésus, c’est ainsi qu’il juge son comportement.


Et maintenant, Jésus se tourne pour partir. Il entre dans la ville. Il poursuit son chemin vers la souffrance et la mort. Il se concentre sur l’essentiel avant d’emprunter son chemin de souffrance. Dieu ne donne pas seulement de la nourriture et des boissons pour 40 jours dans le désert, mais il donne bien plus. Il donne tout, son Fils bien-aimé. En Jésus-Christ, il se donne lui-même à nous !

Le thème de la CA « agir avec courage ». Cette histoire nous invite à « agir avec courage ».

La femme se confie en l’amour de Dieu, en ses soins et en sa proximité. Et sa confiance ne sera pas déçue : cette femme en fera l’expérience. Ainsi peut-elle tout mettre dans la « corbeille d’offrande », sans compter. Voilà pourquoi elle peut agir avec courage !

Elle est si libre ! Dans toutes les questions de la vie ! Et toi ?

AMEN

                              

Prédication (pdf 57 ko)                                        

Conseil stratégique

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Le Conseil stratégique a élaboré les critères pour les services centraux 

Le surintendant Joerg Niederer a présenté le rapport du Conseil stratégique à la Conférence annuelle de l'Eglise Méthodiste Unie (EEM) à Münsingen. Cela a suscité des discussions animées.

Jörg Niederer devant la Conférence annuelle à Münsingen

L'objectif de «conduire de plus en plus de gens à suivre le Christ» a besoin de stratégie comme d’un outil, mais demeure une préoccupation spirituelle, est-il écrit dans le rapport du Conseil stratégique de l'EEM. Selon Marc Nussbaumer, les deux vont de pair et répondent à des critères spirituels.


Le Conseil stratégique lui-même est une organisation ‘apprenante’ et plusieurs de ses membres ont rencontré lors d’une retraite, Craig Robertson et son Institut pour la direction spirituelle de la EEM aux États-Unis. Cette initiative a poussé trois membres de la Conférence annuelle, à suivre un module de formation pour les «coaches».


Le Conseil de Stratégie espère que de cette formation surgiront les impulsions dont l’Église a besoin: chercher à orienter l’Église dans la bonne direction. La suite du débat le mettra en évidence quand se posera la question de la mise en œuvre de la stratégie dans le domaine des services centraux dont les coûts doivent être plafonnées. Lors des Conférences annuelles 2009 et 2011, Jörg Niederer a rappelé que la Conférence avait défini des normes,- limitation des coûts des services centraux et mise en œuvre de la stratégie.


Les services centraux doivent être conçus de manière à ce qu'ils répondent aux nouvelles exigences. Matthias Buenger, président du comité directeur, a fait remarquer, qu’en raison de la seule perte de membres à la Conférence annuelle 2011 la limite convenue de 400 FS par membre et par année sera probablement déjà dépassée cette année, sinon l'année prochaine. C’est pourquoi le Conseil stratégique demande à la Conférence de lui reconnaître la compétence de «déterminer les priorités et le pourcentage des services centraux».



L'Assemblée a décidé de transférer les pouvoirs au conseil stratégique à la condition que ce Conseil soumette à la prochaine Conférence annuelle 2013 les critères qu’il aura retenus pour définir les priorités dans les services centraux. Ces critères à la base de ses décisions à venir seront réfléchis, valables, mesurés... Pour éviter l’arbitraire, dommageable à toute gestion humaine. Il était aussi rappelé que tout démantèlement de services centraux aurait des conséquences sur l’ensemble de l’Église et mérite au préalable une réflexion poussée. On ne peut retirer une dizaine de postes sans entraver la marche de l’ensemble.

De cette manière, le Conseil stratégique reçoit-il entre deux Conférences la compétence pour changer le pourcentage des services centraux et de s'adapter ainsi aux changements. La Conférence annuelle a manifesté ainsi sa confiance au Conseil stratégique pour user de façon responsable de ces compétences. Les postes du service central de l’Église qui étaient fixés jusqu’ici par la CA seront dorénavant transférés au Conseil stratégique.

La réduction de postes pourrait, devrait permettre, note-t-on au cours de la Conférence, la réalisation de projets innovants à dimension locale: «fresh expressions» par exemple. L’assemblée invite aussi à ne pas perdre de vue la dimension spirituelle du don: en donnant une partie de nos revenus, nous signifions à Dieu son droit de regard sur la totalité de nos biens, cf l’offrande de la veuve. «Avec notre argent, nous pouvons bâtir le Royaume de Dieu». A ne pas oublier: nos donateurs déjà généreux butent sur leurs limites et d’autres ont peu de revenus. «Ils donnent ce qu’ils peuvent, et ils donnent toujours plus». Un voeu était exprimé en conclusion à ce débat animé : «que les coeurs soient embrasés localement pour qu’ils soient portés à donner».



Motion additive:

Dans les 5 ans, la partie B fera l’objet d’une réduction de 1/4. Le Conseil stratégique fera des propositions concrètes à la CA 2013.

+

A partir de 2013, les communautés financeront le fonds fresh expressions pour des projets locaux, chaque année davantage de 25 FS en 2013 à 100 FS en 2017.

Rapport du Conseil Stratégique (pdf 130 ko)

Reutlingen - jeunesse - jubilaires - Tampa

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Une Connexio vécue à la Faculté de théologie de Reutlingen

Le professeur Michael Nausner de la Faculté de Théologie de Reutlingen, a fait état dans son rapport à la Conférence annuelle de l'Église Méthodiste Unie (EEM) Suisse-France-Afrique du Nord d’une coopération croissante avec d'autres établissements d'enseignement.

Professeur Michael Nausner de Reutlingen

La Faculté de théologie de l'EEM va élargir de manière ciblée sa coopération avec d'autres établissements d'enseignement supérieur. Elle veut intensifier la mise en réseau des chrétiens, de l’institution avec l’extérieur. Le dialogue de fond et surtout l'échange transnational d'étudiants reflète les caractéristiques de l'EEM comme Église internationale. «C'est ainsi qu’est vécue la Connexio mondiale», a déclaré le professeur Michael Nausner à la Conférence annuelle à Münsingen selon son leit-motiv déjà cité l’année dernière : «La théologie doit se traduire dans la foi vécue».


Il a souligné en particulier les nouveaux contacts noués avec les Facultés de Théologie nazaréenne et des Vaudoise. Un accord a été signé cette année avec la plus ancienne école méthodiste de Corée. En Corée, l’église méthodiste est bien implantée avec moins de 1,5 millions de membres, fait qui demeure largement ignoré ici. Il y avait aussi une conférence cette année à la Faculté de théologie avec les représentants de plus de 60 communautés de migrants.

Soit dit en passant, pour les étudiants issus de la migration, Reutlingen est prêt à dispenser les cours en anglais.

Michael Nausner était déjà invité à intervenir lors de la session pour les laïcs lors de la conférence annuelle. Le débat avait porté sur les compétences nécessaires des pasteurs. «Savoir travailler en réseau est apparu vital pour toute direction aujourd’hui», at-il dit.

 

Enfin, il a invité cordialement la CA au Congrès EEM, en date du 4 à 7 Avril 2013 dans le nouvel hôtel de ville de Reutlingen. Sous le thème: «Celui qui croit demeure différent».

Un site est consacré à ce congrès. Il offre une palette de témoignages, des réflexions sur le plan social et éthique.

 La voix des jeunes

Le Conseil de la jeunesse nouvellement élu de l'Eglise Méthodiste Unie (EEM) s’est présenté à la Conférence annuelle à Münsingen. Les membres sont revenus sur la  première Conférence jeunesse qui s’est tenue à l'automne 2012.

Les membres du nouveau Conseil de la jeunesse: (de g à d) Damaris Bach, Stephanie Nussbaumer, Salome Wilhelm, Sarah Bach, Rafael Burkhalter et Martin Hintermann.

Damaris Bach (Präsidentin), Salome Wilhelm (Vize-Präsidentin), Sarah Bach, Rafael Burkhalter, Martin Hintermann und Stephanie Nussbaumer sind die frisch gewählten Mitglieder des neuen Jugendrates der Evangelisch-methodistischen Kirche der Schweiz. Der Jugendrat wurde anlässlich der ersten Jugendkonferenz ins Leben gerufen. Er hat unter anderem die Aufgabe, der Jugend in den verschiedenen Gremien der EMK eine Stimme zu geben.

Damaris Bach (présidente), Salomé Wilhelm (vice-présidente), Sarah Bach, Rafael Burkhalter, Stephanie Martin Hintermann et Nussbaumer, membres nouvellement élus du Conseil de la jeunesse de l'Eglise Méthodiste Unie en Suisse. Le Conseil de la jeunesse a vu le jour lors de la Conférence de la jeunesse. Il doit permettre aux jeunes de se faire entendre dans les autres comités de l’EEM.

Ils étaient quarante jeunes et jeunes adultes à avoir échangé lors de la Conférence de la jeunesse sur leurs préoccupations et leurs idées quant à la façon dont l'Église devrait se présenter à leurs yeux. Ils ont parlé de l’engagement comme membre au sein de l’EEM. Ils ont constaté qu'il y avait chez les jeunes une forte demande d'information sur l’EEM et l’engagement comme membres. L'objectif n’était de ne pas conduire les jeunes à devenir membres de l’EEM, mais de leur donner la possibilité de bien s’informer sur l’EEM.

Cette Conférence a entre autres choses travaillé sur différents projets à mettre en œuvre. Un projet porte sur l'enseignement de l’allemand à des mères immigrantes, autre idée, celle d'un camp de jeunes pour des familles financièrement défavorisées, un festival de musique et une appli-EEM. Quatre projets ont été sélectionnés et seront financés et soutenus par Connexio, le Réseau pour la mission et la diaconie.

La prochaine Conférence pour la jeunesse a lieu le 23 septembre 2012. D’autres informations : www.takano-online.ch


Des jubilaires avec du coeur

La soirée des anniversaire traditionnelle dans toute Conférence annuelle était chargée d'émotions et de souvenirs vendredi soir, le 16 Juin 2012, lors de la Conférence annuelle de l'Église Méthodiste Unie (EEM), Suisse-France-Afrique du Nord.

Ils ont été salués chaleureusement, les deux pasteurs en partance à la retraite: Robert et Dora Budry de Wetzikon tout comme Bernard Lehmann de Strasbourg.


Le pasteur Klaus Fietkau et la surintendante Claudia Haslebacher ont animé la soirée jubilaire avec à la fois et humour, mettant la syllabe «coeur» à toutes les sauces et dans toutes ses combinaisons à cause du thème de la Conférence «agir avec courage». La Conférence dans son entier et les familles concernées qui ont fait le déplacement se sont réjouis de fêter chaleureusement les jubilaires.


Des pasteurs qui avaient à leur actif 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans et 60 ans de ministère au sein de l’EEM ont été à l’honneur. Et deux pasteurs ont terminé leur temps de service actif et s’apprêtent à partir à la retraite.

Entre autres interventions que l’on retiendra dans les annales de l’EEM, il y a eu le «Jimmy Hendrix de l’EEM» avec sa guitare Fender pour un morceau de rock bien enlevé, chapeau !

Le nouveau personnel de l'Église ont été brièvement présenté. Il leur a été dit qu’il allaient poursuivre leur route «dans le saint Royaume de l'incertitude». Musicalement la soirée a été enrichie par Christophe Fankhauser et Jonas Jenzer.

 

 

Anniversaires:

 

10 ans: Marcus Da Rugna, Sylvia Minder, Ait Abdelmalek Abdenour

20 ans: Sven Buchmeier, William Hanna, William Walter, Werner Eschler, Toni Lüthy, Anne-Marie Roser, Barbara Schär

30 ans: Markus Schoeni, Lisbeth Brupbacher

40 ans: Bernard Lehmann, Albert Waechter

50 ans: Joshua Buchmüller, Michael Weyer

60 ans: René Blanc


Compte rendu CG TAMPA


La Conférence générale s’est déroulée du 24 mai au 4 juin 2012 à Tampa (Etats-Unis). 

1000 délégués venus de X pays, aux multiples langues. Avec des arrière-plans tellement différents.

Les structures devaient être révisées ; trop de points ne concernaient que les Etats Unis. Force est de constater qu’il manque aux Etats Unis une instance qui gère les affaires spécifiquement américaines. Qui est gagnant ou perdant avec ces réformes ? Les avis sont partagés. Une forme de conseil stratégique a été mis sur pied. 

L’attention est portée vers le Africains qui représentaient 30%. Ils ont été un lobby très convoité, pour gagner des voix. C’est aussi un combat entre «conservateurs» et «libéraux» sur les thèmes les plus différents.

Le débat tel qu’il a été mené n’aide pas à trouver de solution immédiate. La réforme, sous cette forme, n’aura pas de suite. On éprouve un choc quand on constate que les décisions prises à la fin de Tampa ne valent rien parce qu’elles ne sont pas conformes au Règlement.
Ce furent deux semaines astreignantes, mais les déléguées sont rentrées au pays reconnaissantes....

Église et Société - théologie

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Eglise et société

Un flyer était distribué sur «Etrangers, amis»


Le droit d’asile a encore été davantage limité en Suisse. Notre voix devrait se faire entendre beaucoup plus fort. Il faudrait agir avec plus de courage et de motivation sur cette thématique : savoir refuser une pareille évolution en raison de notre engagement vis-à-vis de Jésus-Christ.

Sur l’hospitalité, il importe d’exercer l’hospitalité. Qui sait, peut-être hébergeons-nous un jour des anges sans le savoir ! Peut-être faut-il aussi encourager des prises de position d’ordre politique ?! Peut-être parce que nous ne sommes pas toujours aussi d’accord entre nous sur ces sujets de société dans nos communautés.... Nous abordons ensuite les sujets d’actualité souvent trop tard... Nous avons besoin sur ces sujets d’un grand professionnalisme si l’on veut être pris au sérieux au parlement. Etre une voix qui se fait entendre jusqu’au Parlement. Marc Nussbaumer rappelle la présence de deux Méthodistes au Parlement. Ces personnes doivent faire l’objet de notre soutien.

Joerg Niederer, surintendant, rappelle que la commission s’est toujours positionnée clairement sur le chapitre de l’immigration. «Nous nous élèverions toujours contre toute atteinte au droit et à la dignité de l’être humain. En tant qu’église internationale, nous sommes conscients de l’importance de la vie de tout être humain, d’où qu’il vienne».


EEM participe à l’Alliance du dimanche Suisse

La commission "Eglise et Société" a attiré l’attention de la Conférence annuelle de l'Eglise Méthodiste Unie (EEM) sura la marchandisation croissante du dimanche. Elle a donc demandé à la CA de rejoindre l'Alliance du dimanche Suisse. qui vient de rendre publique sa position.

Le but de l'»Alliance du dimanche» est de préserver le dimanche comme un jour à partager en famille, un jour de congé, protégeant ainsi la vie familiale et sociale des personnes, écrit la commission dans son rapport

Heiner Studer, ancien membre du Conseil national et membre de la commission, a expliqué le but de l'Alliance sur la base de la déclaration fondatrice: «Dimanche et jours fériés sans travail sont un atout précieux. Ce sont des jours de paix, de communion, de liberté réservés à la famille. Le dimanche, c’est du loisir (Musse), et non pas une obligation (Muss). Le jour de repos hebdomadaire un cadeau. «Il crée un espace pour l'âme et l’approche solidaire. C’est là que se vit l’engagement de nombreuses personnes dans la sphère culturelle, religieuse, sportive, sociale ou politique. Le dimanche sans le travail est un acquis social de longue date et un pan de notre culture».

Avec beaucoup de conviction, la Conférence a approuvé son adhésion à la déclaration  de l’Alliance du dimanche.

Voici le communiqué que la FEPS + les églises chrétiennes + la communauté juive viennent de  publier le 13 juin 2012 sur la question du jour du repos. Si les chrétiens et les entrepreneurs se donnent la main, cette protestation portera des fruits.

Communiqué du collectif Alliance du dimanche, 13 juin 2012


Rapport Commission Eglise et Sociéé (76 ko pdf)


Questions théologiques et ecclésiales : l’EEM analyse son niveau de communication

La Commission pour les questions théologiques et ecclésiales aborde les questions de fond touchant l'Eglise méthodiste unie (EEM): la collaboration avec les autres Églises, la contribution à la société, à la musique et les questions structurelles. Elle se penche également sur les questions théologiques. Dans le cadre de la Conférence annuelle, la Commission présente un rapport sur ses activités.

Stefan Moll et ...

Theo Schaad ont initié ce projet et le défendent devant la Conférence annuelle


L’EEM s’intéressait puis son origine aux délaissés de toute époque avec succès, ce fut sa réussite. Elle avait trouvé les mots pour annoncer l’Evangile qui libère et sauve. L’EEM ne cesse de perdre ses membres. Pourquoi ? Par défaut de stratégie ? A cause du message clé trop peu travaillé, mal communiqué ? Stefan Moll, président de la commission sur les questions théologiques, demande en effet explicitement dans son rapport: «L'église a-t-elle perdu sa capacité de communiquer quand il s'agit du salut? Qu’apporte la foi en Jésus-Christ? Que pouvons-nous attendre de Dieu? Comment se caractérise un homme racheté? Qu’est-ce que le Christ changé dans la vie des gens? Qu'est-ce que le péché et comment le surmonte-t-on?»

Les médias donnent une image négative des «glises. L’Evangile n’est pas pris au sérieux; Beaucoup sont pourtant prêts à prendre l’Évangile au sérieux, mais nous faisons-nous assez comprendre des autres, notre langage est-il suffisamment adéquat ?

Sur cette problématique, la commission lance un projet destiné à renforcer la capacité de l’EEM à communiquer sur les questions clés de la foi. Comme Stefan Moll le souligne, la commission n’entend pas produire un document théologique de plus, mais plutôt déclencher un processus dans l'Église à partir de la pratique quotidienne des croyants.  Perdition, salut et sanctification sont par exemple des notions à actualiser.

La commission est à la recherche de trois à cinq partenaires - des églises locales, des oeuvres ou des aumôniers - prêts à collaborer à ce projet. Cette proposition vise à mettre en place un processus d’échanges entre partenaires qui permette d’apprendre les uns des autres. L’expérience des uns et des autres est à recueillir avant de passer au témoignage. Les partenaires de ce projet creuseront, réfléchiront ensemble à de nouvelles formes d’expression. A travers ce processus, les participants à ce projet seront saisis par le contenu et chercheront à le transmettre eux-mêmes. «Vous êtes lettre du Christ, voilà ce que vous êtes appelés à être». Ce programme vise les gens situés en dehors de l’église.

Une équipe de croyants motivés portent ce programme. Ils sont prêts à en découdre sérieusement et à tester en pilote tels ou tels propos. Ce projet a un début et prendra fin un jour. Il ne doit pas devenir une source de problèmes ni de charges. 

Les propositions de la commission ont été discutées en séance plénière. La discussion a surtout porté sur le financement de ce projet. Gottfried Locher, présent à cette discussion, a annoncé que la FEPS verserait 5000 FS pour ce projet. Une autre personne, elle annonçait un don de 500 FS pour financer ce projet. La CA donne son accord de principe à ce projet mais sans qu’il y ait unanimité.

Pour un délégué, le problème est moins de ne pas savoir parler la langue des distanciés de l’église mais de savoir prendre le temps de rencontrer cet autre et de prendre en compte ses questionnements.


Article sur livenet.ch / jesus.ch

Reportage sur Radio Life Channel

Rapport Questions théologiques et ecclésiales (pdf 123 ko)


Rapport inter-églises (109 ko pdf)

Mission - possible

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

MISSION: POSSIBLE 

Avec le dimanche de la Conférence dimanche le 17 juin à Frutigen a pris fin la Conférence annuelle de l'Eglise Méthodiste Unie (EEM). Le culte d’ordination encourageait tous les participants venus de près et de loin à témoigner de l'Évangile de façon claire et à éveiller chez les autres le désir de suivre Jésus.

L’évêque Patrick Streiff bénit le pasteur Abdenour Aït Abdelmalek.

Différents styles musicaux dimanche à Frutigen


Les fidèles ont été accueillis dimanche matin au culte d’ordination clôturant la Conférence Annuelle 2012 avec les sons harmonieux de la fanfare de Frutigen Achseten en face de la Frutigen Widihalle. A juste titre, la surintendante Claudia Haslebacher chargé de l’animation du culte suggérait que la diversité de l’EEM se reflétait dans les différents styles de musique. Le culte d'ordination de la matinée était était encadré par la chorale de gospel „AnChor“ encadrée. Il possédait un répertoire de musique et de pièces vocales fort variées allant du rock aux cantiques les plus classiques. La chorale de gospel était constituée de chanteurs issus des églises méthodistes d’Adelboden, Achseten, Frutigen et Aeschi et était dirigée par Nadja Lauwiner.


Dans sa prédication, l’évêque Patrick Streiff a montré les conditions à remplir pour que la mission soit possible à partir du récit de la rencontre entre Philippe et le ministre de la Reine de Candace (Ac 8). Son thème majeur : "Mission: possible". Il a souligné que Dieu rendait souvent possibles des rencontres entre personnes par des voies inhabituelles. «Dieu ne nous envoie pas tant des gens sur nos chemins habituels que sur des chemins détournés, de façon à ce que nous puissions les rencontrer sur leur chemin à eux», a déclaré Patrick Streiff.

Dans un deuxième point, il a montré avec quelle sensibilité Philippe a répondu à son homologue. Il a d'abord entendu les questions et les préoccupations de son interlocuteur: un exemple à suivre aujourd'hui, car c'est seulement ainsi que la mission est «possible». On ne peut annoncer clairement à quelqu’un l'Évangile qu’à l’instant où son intérêt est éveillé, mais sans le harceler. L’évêque Streiff conclut: «Quand on présente Jésus à quelqu’un, c’est certainement pour susciter chez lui le désir de suivre Jésus, mais il n’en demeure pas moins que la décision finale incombe à l’intéressé en toute liberté», et conclut: «La mission est possible» lorsque nous avançons avec courage, quand nous discutons avec d'autres personnes et que nous leur témoignons de Celui qui a saisi nos vies, Jésus-Christ. L'Esprit de Dieu vous guidera dans cette voie».


Ordination de pasteurs

Par la suite, plusieurs personnes ont été installées dans leurs fonctions: Brigitte Hetsch et Samuel Meyer comme nouveaux pasteurs locaux (Richard Zberg était absent pour cause de maladie). Christina Forster, Stephen Carpenter et Freddy Nzambe ont été introduits comme nouveaux membres de la Conférence à titre probatoire. Des pasteurs ont été ordonnés anciens de l'Église méthodiste, Roger Correvon, Jean-Marc Bittner, Aït Abdelmalek Abdenour. L’évêque Patrick Streiff était d’autant plus heureux de procéder à l'ordination de ce pasteur algérien que c’était manifestement une première.

L’Eglise méthodiste a reconnu l’ordination de Joël Déjardin au sein de l'Eglise réformée évangéliques (UNEPREF) en France. 

Suivant la tradition méthodiste, tous les pasteurs se sont vu attribuer leur affectation pour une nouvelle année.

Le dimanche après-midi a conjugué sur tous les tons le thème: «Allez-y!» Hug Ernst, pasteur à Frutigen a développé ce thème, et Daniela Aeschlimann a animé la rencontre. La chorale Anchor a encadré l'après-midi par différents morceaux de musique. Jasmine Tanner, Damaris Eschler et Jeremy Mason ont raconté leurs courtes incursions en mission et les expériences ils y ont faites.

Au cours du deuxième temps de discussion, Monica Ammann (Centre d’accueil de jeunes à Aeschi), Franz Wäfler (père adoptif Gampelen), et Luc Wäfler (MSD-camps) ont fait part de leurs expériences à la fois positives et difficiles dans leurs divers emplois. Dans son message, Hug Ernst a souligné la croissance et le développement du Royaume de Dieu en faisant des analogies avec le jardinage. L'après-midi s’est achevé sur la bénédiction et l’envoi en mission par l'évêque Patrick Streiff.

Message de l'évêque - Actes 8.26-40

Conférence Annuelle

14-17 juin 2012

         à Münsingen et Frutigen  (Suisse)

Mission possible – Agir avec courage
CA CH-FR 2012 Frutigen

Lectures: Esaïe 53, 1-12; Jean 12, 35-46
Prédication: Actes 8, 26-40

Le thème général de la Conférence annuelle est "agir avec courage". C'était, en particulier, le fil conducteur de la journée d'hier, consacrée au dixième anniversaire de Connexio. Ce dimanche, nous poursuivons cette démarche sous le titre de "mission possible". La mission consistant à "amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ, pour transformer le monde" est possible. Il serait stupide de demander quelque chose d'impossible. Que le mandat d' "amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ" soit possible ne signifie pourtant pas qu'il est facile. Cela demande de la confiance en Dieu et une action courageuse. Nous trouvons ces éléments dans l'histoire biblique que nous voulons écouter ce matin: 


    Lire Actes 8, 26-40.


1) Philippe se laisse envoyer sur une route inconnue 

La rencontre entre Philippe et le haut-fonctionnaire éthiopien anonyme a lieu dans d'étranges circonstances. Philippe en effet reçoit d'un ange un ordre de mission et plus tard dans le cours de cette histoire, il reçoit des directions du Saint-Esprit. Sans doute n'y en a-t-il que peu d'entre nous à avoir jamais reçu des directions aussi précises et aussi extraordinaires que Philippe. Mais le Saint-Esprit peut aussi nous parler par l'intermédiaire de cette voix intérieure qui nous dit de téléphoner à telle ou telle personne ou de lui rendre visite ou encore d'avoir du temps pour quelqu'un. Pour nous, Européens de l'Ouest plutôt raisonnables – cela vaut en tout cas pour moi – c'est souvent une voix intérieure disant d'avoir à faire ceci ou cela, sans pouvoir dire avec certitude que c'est le Saint-Esprit qui l'a inspiré. Ce n'est qu'après coup que je reconnais l'action de l'Esprit de Dieu. Reste qu'au départ, il y a le fait d'être prêt à s'engager sur une route inhabituelle, resp. à faire un détour, sans savoir où cela mène. Il faut agir avec  courage.  

Revenons à l'histoire de Philippe. Le dignitaire éthiopien n'a pas simplement croisé la route de Philippe. Ce serait plutôt le contraire. Philippe a dû quitter sa route habituelle pour croiser la route de l'Ethiopien. Il a même dû agir à rebours du bon sens. Car aucun individu sensé ne s'engagerait en plein midi sur le chemin désertique menant de Jérusalem à Gaza. C'est peut-être bien pour cela que Philippe a eu besoin d'un ange. A quoi s'ajoute qu'il n'a pas été envoyé dans un endroit où il aurait pu rencontrer beaucoup de monde, mais sur une route déserte. Il ne lui a pas été annoncé qu'il allait rencontrer un personnage de haut rang. Il ne lui a pas non plus été dit qu'il rencontrerait une personne riche, occupant un poste politique important et qui de plus serait ouverte aux questions de foi. Philippe n'a pas reçu de justification motivante, telle que nous l'attendrions tout naturellement aujourd'hui quand quelqu'un nous donne un ordre de mission inhabituel. Et pourtant, il a été prêt à s'engager à faire un détour extra-ordinaire. Cela nécessite une action courageuse. 

Quand nous souhaitons "amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ", c'est une "mission possible". Mais il faut bien voir le premier pas: Dieu ne va pas tant nous envoyer des gens qui vont croiser notre route, que nous envoyer faire des détours pour rencontrer d'autres gens sur leur chemin. Est-ce qu'en tant qu'individus ou que communautés, nous sommes prêts à cela ?  La personne que nous allons rencontrer vivra sans doute une situation très différente de la nôtre, sans points de contacts naturels. Sommes-nous ouverts à cela ? Dieu ne nous dira pas d'avance ce qui préoccupe cette autre personne, ce qu'il faut lui dire et quelle pourrait bien être l'utilité de cette rencontre. Cette incertitude est sans doute  l'une des plus grandes difficultés à surmonter quand aujourd'hui on veut s'engager dans une entreprise aussi hasardeuse, surtout quand la voix intérieure qui nous appelle est faible et discrète, ce qui est souvent le cas. Il y faut une action courageuse: l'écoute de la voix intérieure du cœur, la flexibilité pour l'inhabituel et la capacité à être prêt à agir en conséquence.

    

2) Philippe ne saute pas les étapes

Allons plus loin dans notre histoire biblique. Dans un premier temps, Philippe s'était embarqué pour l'inconnu, sans savoir encore à quoi cela pouvait servir. Nous découvrons maintenant un deuxième élément important. 

L'histoire raconte que Philippe a reçu du Saint-Esprit l'ordre de rejoindre le char qui passait – il y avait apparemment là quelqu'un d'un rang social très élevé qui n'avait pas besoin d'aller à pied. Philippe a entendu que l'occupant inconnu de ce char lisait le livre du prophète Esaïe (le passage que nous avons entendu tout à l'heure). A ce moment-là, Philippe aurait pu penser: "Quelle magnifique occasion de parler de l'Evangile. Je dois absolument dire à cet étranger qu'il est ici question de Jésus". Mais pas du tout. Philippe n'a pas sauté les étapes. Il a été très attentif. Il a écouté. Avez-vous remarqué qu'il n'a même pas proposé son aide; il n'a même pas mentionné qu'il connaissait l'Ecriture Sainte. Philippe a simplement demandé: "Comprends-tu vraiment ce que tu lis ?" C'est une question qui témoigne d'une grande sensibilité, qui permet à l'autre personne de dire où elle en est et comment elle se sent. C'est une question qui reste d'abord adressée à l'autre personne et qui ne sous-entend pas d'avance "MOI JE sais ce dont l'autre a besoin". La question montre aussi que dans la Bible, tout n'est pas toujours si simple et si clair. On peut et on est en droit d'avouer tranquillement que l'on ne comprend pas tout dans l'Ecriture Sainte. La question sensible de Philippe a ainsi permis un véritable dialogue, qui a pris l'autre personne au sérieux et ne l'a pas vue comme un simple "objet de conversion".   

L'exemple de Philippe peut nous aider à atteindre notre objectif d' "amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ". C'est une "mission possible". Ce deuxième élément de l'exemple donné par Philippe nous montre le rapport entre une action courageuse et notre discours. Il n'est en effet pas indispensable, quand nous parlons, de partager de but en blanc notre propre expérience dans la foi. Il faut d'abord écouter l'autre personne avec sensibilité: Comment vois-tu la chose ? Quelle est ton expérience avec Dieu ? Quelles sont les questions qui te préoccupent ? Ce n'est qu'à partir de là que peut s'engager une conversation au cours de laquelle je puis à mon tour partager mon expérience. Est-ce qu'en tant que communautés ou qu'individus, nous y sommes prêts ?  


3) La liberté de décision de l'autre 

Revenons une fois encore à Philippe pour découvrir un troisième élément de cette histoire. Philippe a témoigné de l'Evangile de Jésus, mais il n'a pas invité le dignitaire éthiopien à une conversion immédiate ni au baptême. Il a laissé à son vis à vis la pleine liberté de sa décision. En cela, sa démarche ressemble à celle de Pierre le jour de la Pentecôte. Ce jour-là en effet, Pierre avait répondu à l'effarement des gens qui se demandaient si les disciples étaient ivres par un discours exposant ce qui s'était passé avec Jésus. De prime abord, il ne s'agissait que de présenter les faits relatifs à Jésus. Ce n'est que lorsque cette explication a suscité chez les auditeurs la question de savoir ce qu'ils devaient faire pour être sauvés que Pierre s'est remis à parler, en les invitant à se convertir et à croire au Seigneur Jésus. Les choses se sont passées de manière similaire chez Philippe. Philippe a expliqué ce qu'il avait compris de la voie de Jésus. Il n'a pas exercé de pression quant à ce que son interlocuteur devrait faire maintenant. Présenter la voie de Jésus peut et doit susciter chez l'autre le désir de suivre lui aussi ce Jésus, mais il appartient à chacun de prendre lui-même cette décision, en toute liberté.

„Amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ“, est une  „mission possible“. Il y faut une action courageuse. Et il y faut aussi, et c'est le troisième élément, la manière de parler de la foi: en respectant l'autre personne; en invitant, mais sans exercer de pression; en témoignant de sa connaissance personnelle de Jésus et de sa propre expérience avec Dieu, mais en laissant à l'autre la liberté de décider par lui-même 


De nos jours, accompagner d'autres personnes sur de telles routes, et ce jusqu'au moment où quelqu'un reconnaît qui est Jésus et tire les conséquences de ce qu'il/elle a compris, exige probablement plus de temps que dans le cas de l'Ethiopien. Bien qu'aujourd'hui, les choses aillent plus vite (et sont par conséquent moins durables), les chemins de la foi se développent en général plus lentement (et l'on peut espérer qu'ils sont plus durables).  

„Amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ, pour transformer le monde“, n'est pas une mince affaire. Il y faut la confiance en Dieu  et une action courageuse. Le mandat s'adresse aussi bien à ceux qui sont consacrés à des ministères pastoraux, qu'à chaque membre individuel d'une église locale. En tant que chrétiens et chrétiennes, nous sommes appelés, a l'exemple de Philippe, (1) à rester disponibles pour nous engager dans des détours où Dieu nous appelle pour y rencontrer d'autres personnes; (2) à écouter avec sensibilité ce qui préoccupe d'autres personnes et dans quel sens vont leurs questions au sujet de Dieu; et enfin (3), à partager dans le cours de la conversation notre expérience de disciple du Christ, tout en laissant à notre vis-à-vis l'entière liberté de décider de sa position à cet égard. 

C'est une „mission possible“, quand nous agissons avec courage et parlons de nos expériences dans la foi. L'Esprit de Dieu vous y guidera. Amen.


Message de l’évêque (pdf 76 ko)