Samedi - Conférence annuelle 2011

Samedi - vie de disciple - évêque Walter Klaiber


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Walter Klaiber, évêque à la retraite

Etude biblique

La vie de disciple


La question que je traite concerne les raisons pour lesquelles Jésus a appelés les disciples à le suivre et les modalités pratiques de ce discipulat. Pour nous demander ensuite comment nous devons à notre tour appeler les autres à devenir les disciples de Jésus-Christ.

Nous écouterons préalablement les Evangiles.
Comme première action de la part de Jésus, il y a eu la vocation des premiers disciples.

Ils laissèrent leurs bateaux et le suivirent. C’est là que Jésus les appelle.

Appeler les hommes à devenir des pécheurs d’hommes prend un accent particulier.

Il les appelle à poursuivre l’œuvre de Jésus. Ils entreront de plein pied dans la mission avec lui avec pour objectif de transmettre son message. Ils partageront la vie et le travail avec Lui comme avec d’autres disciples.

Lc 5 Pierre est pétrifié devant la puissance de Jésus et un sentiment d’indignité le saisit ; Jésus lui accorde le pardon et la mission, la conversion et la vocation tout à la fois. L’appel à suivre le Christ est le modèle d’une acceptation inconditionnelle.

Ce qui était caractéristique, c’était que Jésus appelait des pécheurs : il accueille des gens de mauvaise vie ; cette communion avec Jésus retrouvée est le signe d’une relation rétablie avec le Père en parole et en acte.

Au jeune homme, il enjoint de vendre ses biens, c’est le pas qui lui permet d’apprendre à faire confiance en Dieu. C’est un appel à l’amour, qui lui fait cruellement défaut.

Les candidatures sont semées d’embûches.

La première qualité d’un disciple, c’est d’aller de l’avant malgré les difficultés, ce n’est pas une aventures dénuée de risques. C’est aller de l’avant sans se laisser rebuter par les difficultés. C’est aussi être prêt à partir partager avec les siens ce que Dieu a fait dans sa vie. Des femmes ont renoncé à leurs richesses pour cheminer avec Jésus. Ce sont les seules qui n’ont pas abandonné Jésus à l’heure critique de la croix.

Un disciple amène les autres à Jésus : nous avons trouvé le Messie et «ils le conduisirent à Jésus». «Tu es le Fils de Dieu, du Dieu vivant».

La priorité consiste à se laisser réorienter constamment sur Lui.

Le document complet


Comment et pourquoi Jésus a-t-il appelé des personnes à le suivre?

Exposé présenté lors de la session de la Conférence annuelle Suisse-France 2011

Winterthur, samedi 18 juin 2011

Walter Klaiber, évêque à la retraite

La question qui m’a été donnée pour thème est claire et sans équivoque : Comment et pourquoi – il devrait donc être facile d’y répondre. Dans les Evangiles, on trouve en effet plusieurs récits décrivant la manière dont Jésus a appelé des personnes à le suivre. Quant à savoir si nous pourrons en tirer des instructions sur la manière dont nous pouvons appeler des personnes à suivre le Christ, c’est une autre question. C’est pourquoi j’aimerais prendre le temps qui m’est imparti pour laisser les textes de l’Evangile nous parler et voir ce qu’ils disent sur notre problématique.

1. L’appel irrésistible de Jésus – appel des premiers disciples

La première action de Jésus dont nous parlent Marc et Matthieu est celle de l’appel des premiers disciples (Mc 1,1-20 Mt 4,18-22).

Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter le filet dans la mer: c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit: « Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent.

Avançant un peu, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, qui étaient dans leur barque en train d’arranger leurs filets. Aussitôt, il les appela. Et laissant dans la barque leur père Zébédée avec les ouvriers, ils partirent à sa suite.

Jésus rassemble des gens derrière lui en leur disant simplement: Allez hop, suivez-moi! Il ne dit pas pourquoi ils doivent le suivre, mais dans quel but : Je vous ferai pêcheur d’hommes. Cette formulation est quand même particulière ! D’autant que pêcher des hommes a une connotation négative. Qui pourrait donc avoir envie d’être capturé ! Seul le contexte peut expliquer les paroles de Jésus. Pour ces gens qui ont passé leur vie à pêcher des poissons pour gagner leur vie, il s’agit désormais de consacrer leur vie à gagner des personnes pour le Royaume de Dieu.

L’acte consistant à suivre Jésus s’apparente au comportement des étudiants des rabbins. C’est là raison pour laquelle on a appelé les personnes qui suivaient Jésus les disciples, un ancien mot pour ‘apprenti’, ‘étudiant’. Mais il y a là une différence essentielle. Un rabbin ne lance pas d’appel à ses étudiants. Ils le suivent de leur propre chef. Ils ne sont pas non plus appelés à une tâche, mais suivent un enseignement. L’appel de Jésus ressemble davantage à l’appel d’Elisée par Elie dans 1 Rois 19, 19-21. Il est le fondement d’un envoi à poursuivre l’œuvre de Jésus.

Ce qui est également important, c’est que ce récit vient juste après le résumé du sermon de Jésus, dans Mt 1,15 qui dit : Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle. L’appel des disciples montre donc de manière exemplaire comment la bonne nouvelle de l’approche du Royaume de Dieu peut conduire des personnes à renoncer à leur vie d’avant et à se confier à la Parole de Dieu et de Jésus.

Jésus ne semble cependant pas appeler les gens au hasard, mais choisit de manière très particulière ceux qu’il veut intégrer à sa mission. Il est ainsi dit des douze que Jésus les a appelés pour les avoir avec lui et les envoyer prêcher (Mc 3,14). La communion avec Jésus débouche sur la mission consistant à transmettre le message de Jésus et l’action de Jésus. Pour ce faire, Jésus n’appelle pas uniquement quelques individus, mais tout un groupe de gens. Suivre Jésus signifie donc également être en communion de vie, d’apprentissage et de travail avec Jésus, mais aussi avec d’autres disciples.

Luc décrit l’appel des premiers disciples un peu différemment. Après l’histoire de la pêche miraculeuse, il est écrit:

1

A cette vue, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus en disant: « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un coupable. C’est que l’effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui devant la quantité de poissons qu’ils avaient pris; ... Jésus dit à Simon: « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu auras à capturer. » Ramenant alors les barques à terre, laissant tout, ils le suivirent. (Lc 5,8 et s.)

Au plan historique – c'est-à-dire dans la perspective de la question de savoir comment tout cela s’est passé exactement – les deux récits sont difficiles à harmoniser, même si on s’est régulièrement efforcé de le faire. Mais au plan factuel, ils se complètent. Le récit de Luc montre la profondeur de l’appel de Jésus dans l’existence humaine. C’est l’expérience de la présence de Dieu et de l’aide merveilleuse qu’elle signifie pour lui qui secoue Pierre au plus profond de lui. Il sent que sa vie ne peut pas demeurer devant Dieu. La réponse de Jésus, cependant, consiste à l’appeler dans sa communauté et à lui confier une tâche qui remplira sa vie d’une toute autre manière. Lui, qui a été saisi par le miracle des bienfaits de Dieu, doit devenir pêcheur d’hommes, faire en sorte qu’ils orientent leur vie vers la communion salvatrice avec Dieu. Pardon et envoi, acceptation par Dieu et appel à suivre Jésus, don et acceptation de la grâce constituent en réalité un processus.

De même, la rencontre avec le Christ ressuscité a-t-elle été pour Paul à la fois une conversion et un appel.

2. L’appel à suivre le Christ – modèle d’une acceptation inconditionnelle

Mc 2,13-17 raconte aussi comment un homme a été appelé en chemin par Jésus:

Jésus s’en alla de nouveau au bord de la mer. Toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il vit Lévi, le fils d’Alphée, assis au bureau des taxes. Il lui dit: « Suis-moi. » Il se leva et le suivit.

Le voici à table dans sa maison, et beaucoup de collecteurs d’impôts et de pécheurs avaient pris place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux et ils le suivaient. Et des scribes pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les collecteurs d’impôts, disaient à ses disciples: « Quoi? Il mange avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs? » Jésus, qui avait entendu, leur dit: « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades; je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs.

Si l’appel d’un collecteur d’impôts à quitter sa caisse pour suivre Jésus correspond à ce que nous avons entendu dans Mc 1, 16-20 sur l’appel de Jésus à le suivre, il est également écrit que de nombreux collecteurs d’impôts et pécheurs avaient pris place avec Jésus et le suivaient. Jésus explique cela par le fait qu’il est venu pour appeler les pécheurs. Dans quel but les appelle-t-il et comment le suivent-ils ? Luc précise cet élément dans la version de son récit. Jésus dit qu’il est venu pour amener les pécheurs à la repentance (Lc 5,32). Le fait que Jésus le fasse en partageant un bon repas avec eux est considéré comme un scandale ! La rupture avec la vie d’avant ne se voit pas tout de suite. D’où le reproche des pharisiens: « Cet homme accueille des gens de mauvaise vie et mange avec eux » (Lc 15,2). Jésus s’adresse aux personnes qu’il rencontre de différentes manières. Il y a ceux auxquels il montre par sa simple présence que loin de les avoir abandonnés, Dieu les inclut dans son règne salvateur. Et il y a ceux qu’il appelle à le suivre. Ils incarnent le modèle de ce que signifie entendre l’appel de Dieu et se soumettre à son règne. Leur vie et leur communion avec Jésus est l’un des signes du Royaume de Dieu à venir. Leur cheminement n’est pas une condition qu’ils doivent remplir pour pouvoir faire l’expérience du salut de Dieu. C’est parce qu’ils ont été saisis par la proximité de Dieu en la personne et dans l’appel de Jésus qu’ils deviennent les messagers du salut, qu’ils transmettent en paroles et en actes.

2

Dans certains cas, l’appel à suivre Jésus peut aussi être une manière de tester à quel point le désir de se donner à Dieu est sérieux, comme le montre Mc 10,20 et s. En voilà un qui cherche le chemin de la vie éternelle et qui, lorsque Jésus lui recommande de suivre les commandements peut dire : Maître, j’ai suivi tous les commandements dès ma jeunesse. Et il est dit de lui:

Jésus le regarda, et se prit à l’aimer; il lui dit: « Une seule chose te manque; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens, suis-moi. ».

Jésus n’ajoute pas là une condition supplémentaire. Distribuer ses biens aux pauvres et suivre Jésus n’est pas la bonne œuvre qui manque encore à cet homme, mais le pas à franchir pour qu’il confie vraiment sa vie à Dieu. L’appel à suivre Jésus est un appel lancé par amour. A travers lui, Jésus appelle à croire, à mettre toute sa confiance en Dieu. C’est cela qui manque à cet homme.

Ceux qui suivent cet appel ne forment pas une catégorie particulière d’ « hommes parfaits », comme on l’a pensé sur la base de Mt 19,21 (Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi). Par leur obéissance, ils représentent le sérieux de la foi qui s’applique en principe à tous les chrétiens.

3. Les candidatures sont semées d’embûches

Jésus appelle à le suivre. Présenter soi-même sa candidature ou négocier les conditions dans lesquelles on aimerait entrer à sa suite est plutôt difficile. Les événements décrits dans Lc 9,57-62 sont parlants à cet égard:

Comme ils étaient en route, quelqu’un dit à Jésus en chemin: « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui dit: « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où poser la tête. »

Il dit à un autre: « Suis-moi. » Celui-ci répondit: « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus lui dit: « Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu. »

Le caractère radical de ces paroles est plus décourageant qu’accueillant. Il n’est pas écrit ici : ‘Viens à Jésus et tous tes problèmes seront réglés’. Suivre le Christ n’est pas synonyme de bien- être ou de détente. Ceux qui suivent Jésus doivent savoir qu’ils risquent de se retrouver apatrides et d’entrer en conflit avec les règles de la piété. Ils ont pour tâche de ne plus regarder que vers l’avant, vers le chemin qu’ils empruntent avec Jésus.

D’autres exemples montrent que suivre le Christ peut aussi se passer très différemment. On le voit tout particulièrement dans la fin du récit du possédé libéré, qui demande à Jésus en prenant congé de lui (Mc 5,18-20), la permission de rester avec lui.

Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: « Va dans ta maison auprès des tiens et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. ». L’homme s’en alla et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui.

Pendant son temps sur la terre, déjà, Jésus indique une nouvelle manière de le suivre qui ne consiste plus à tout quitter pour lui emboîter le pas, mais à transmettre à son entourage ce que Dieu a fait dans notre vie personnelle.

3

Mais il y a également des gens qui suivent Jésus sans qu’il soit question d’un appel. On trouve ainsi une brève remarque, rarement prise en compte, mais importante dans notre contexte, dans Mc 15,40 et s.:

Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, et parmi elles Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé, qui le suivaient et le servaient quand il était en Galilée et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

Ces femmes aussi ont entendu l’appel de Jésus et se sont jointes à lui. Il y a donc également des manières moins spectaculaires et moins remarquées de suivre le Christ. Il est d’autant plus frappant de constater que ces femmes sont les seules qui n’ont pas abandonné Jésus!

4. Amener des hommes et des femmes à Jésus

Seul Jésus peut appeler à le suivre. Mais le chemin qui mène à sa suite peut être préparé par le témoignage d’êtres humains. C’est ce que montre l’Evangile de Jean qui présente déjà sa version de l’histoire de l’appel dans une perspective post-pascale de la situation (Jean 1,35-51). Jean Baptise envoie deux de ses disciples à Jésus en leur disant :

« Voici l’agneau de Dieu. » Les deux disciples, l’entendant parler ainsi, suivirent Jésus. ... André, le frère de Simon Pierre, était l’un de ces deux qui avaient écouté Jean et suivi Jésus. Il va trouver, avant tout autre, son propre frère Simon: « Nous avons trouvé le Messie! » Il l’amena à Jésus. Fixant son regard sur lui, Jésus dit: « Tu es Simon, le fils de Jean; tu seras appelé Céphas. » ...

Le lendemain, Jésus résolut de gagner la Galilée. Il trouve Philippe et lui dit: « Suis-moi. » ... Philippe va trouver Nathanaël et lui dit: « Celui de qui il est écrit dans la Loi de Moïse et dans les prophètes, nous l’avons trouvé: c’est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. » - « De Nazareth, lui dit Nathanaël, peut-il sortir quelque chose de bon? » Philippe lui dit: « Viens et vois. » ... Nathanaël reprit: « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. » ... Jésus lui répondit: « ... vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.

Chercher et être trouvé, tel pourrait être le titre de cette histoire. Ce qui est impressionnant, c’est que les différentes réponses à la question de savoir qui est Jésus renferment le secret de la présence de Dieu en lui et ne peuvent pourtant la décrire que de manière temporaire. L’élément déterminant demeure la rencontre personnelle. On ne peut pas convaincre quelqu’un de suivre Jésus par des arguments. Quiconque amène quelqu’un à Jésus ne peut que lui dire : « Viens et vois ! »

5. Le prix et le salaire de qui le suit

Dans plusieurs des affirmations de Jésus reprises dans les Evangiles, il apparaît clairement que suivre le Christ n’est pas seulement un modèle de cheminement que certains sont appeler à suivre de manière particulière, mais un concept de vie déterminant applicable à tous. Suite à la confession que fait Pierre après l’annonce des souffrances que va endurer le Christ et à leur refus par Pierre, il est écrit dans Mc 8,34 et s.:

4

Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit: « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera. »

Cela ne s’applique pas uniquement à ceux que Jésus à appeler à le suivre de son vivant. Suivre le Christ signifie ici mener notre vie en tant que disciples de Jésus dans l’église post-pascale. Pour suivre le Christ d’une manière authentique et cohérente, il faut répondre aux trois conditions suivantes:

(1) Se renier. Cela ne signifie pas renoncer à soi-même ou détruire son Moi, mais regarder au-delà de soi, prendre du recul par rapport à soi-même et se détacher de ses propres préoccupations.

(2) Prendre sa croix. A l’époque, cela avait une signification concrète. Celui qui était condamné à la mort sur la croix devait porter la lourde poutre transversale sur laquelle il allait être cloué jusqu’au lieu de son exécution. Être prêt à prendre sa croix implique donc aussi d’être disposé à accepter la mort comme une conséquence de son choix de suivre Jésus. Comme le montre Lc 9,23 où le terme « chaque jour » est ajouté, on a cependant aussi compris ce terme au sens figuré. Il s’agit d’être prêt à supporter les inconvénients, les résistances et les difficultés qui découlent de notre décision de suivre Jésus jusqu’au bout.

(3) Suivre Jésus. Alors que dans l’introduction, suivre Jésus, signifie en gros être disciple, il s’agit ici pratiquement de mener sa vie dans les « traces » de Jésus (1Pierre 2,21 : Et c’est à cela que vous avez été appelés parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces). Suivre Jésus comme il a vécu est encore possible aujourd’hui pour ceux qui entendent l’appel de sa résurrection. Il a ouvert la voie pour une vie avec et pour d’autres. Nous n’avons donc plus à le faire. Notre rôle est de suivre ses traces. « Que ferait

Jésus ? » demandent certains de nos jeunes, et ils portent un bracelet sur lequel sont inscrites les lettres WWJD (What Would Jesus Do?), pour avoir cette question présente à l’esprit en permanence.

Cela ne ressemble pas vraiment à une invitation à une vie heureuse et comblée. Pourtant, l’objectif positif reste à l’esprit, même si ce n’est que d’une manière paradoxale (v. 35). Sauver sa vie fait partie des instincts basiques de toute créature. Mais les humains se rendent régulièrement compte que lorsqu’ils ne se préoccupent que de leur propre vie et veulent la conserver à tout prix, ils perdent la vraie vie. A force de se préoccuper de leur propre sécurité, ils se barricadent et étouffent la vie véritable : la vie communautaire, la vie pour les autres et la vie pour Dieu. Seuls ceux qui sont prêts à risquer leur vie découvrent ce qu’elle est vraiment. Après Pâques, Jésus est devenu présent dans le message de l’Evangile. Il s’agit là d’une nouvelle description de ce que signifie suivre Jésus. Il s’agit d’embrasser la cause du Christ, de témoigner de la présence de Dieu parmi les hommes pour qui il s’est investi dans la vie et dans la mort. Toute personne qui met sa vie en jeu pour cette cause la sauvera et la gagnera. Car cela crée une communion avec Dieu. Elle est la vie, ici et pour l’éternité.

Les Evangiles parlent cependant aussi du salaire que l’on reçoit lorsque l’on suit Jésus. Dans Mc 10,27 il est écrit après l’histoire de l’homme riche qui ne voulait pas suivre Jésus:

Pierre se mit à lui dire: « Et bien! Nous, nous avons tout laissé pour te suivre. » Jésus lui dit: « En vérité, je vous le déclare, personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause l’Evangile, sans recevoir au centuple maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et dans le monde à venir la vie éternelle. »

5

Le gain d’une nouvelle communion, solide, n’est pas la raison, mais la conséquence de la décision de suivre Jésus. La rupture d’avec sa famille d’origine, qui demeure souvent inévitable aujourd’hui encore dans de nombreuses cultures religieuses, conduit à une nouvelle famille et à une richesse d’une toute autre sorte. Mais attention, cette culture de contraste, à contre-courant, qui est appelée à naître ne doit pas devenir une sous-culture qui se coupe de l’autre.

6. Amener des hommes et des femmes à suivre Jésus - contenu de notre mission

L’instruction enjoignant à amener des hommes et des femmes à suivre Jésus, tel que nous la connaissons de Mt 28,18-20, n’est pas la seule manière dont le Nouveau Testament évoque le mandat missionnaire de l’église, mais c’est l’une des formulations les plus efficaces de « l’ordre de mission ». Dans ce passage, le ressuscité dit aux disciples:

Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc: de toutes les nations faites des disciples les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

Le mandat confié aux disciples s’inscrit ainsi dans la promesse de la présence et du règne du Christ. L’appel à suivre le Christ ne peut se faire par ses propres forces. Reste la question de savoir comment faire pour amener des personnes à suivre Jésus. Dans le texte grec, le mot faire, qui nous pose tant de problèmes dans les traductions allemande, française et anglaise, n’existe pas. Amener des femmes et des hommes à suivre Jésus est donc une bonne manière de décrire ce que « faire des disciples » ou « Making disciples » signifie réellement. Il s’agit de conduire des hommes et des femmes dans une communauté de vie et d’apprentissage avec Jésus et de les accompagner sur le chemin avec le Christ. Pour y parvenir, il faut franchir deux étapes:

1. Le baptême au nom du Dieu trinitaire : les personnes sont alors placées dans la réalité de l’action de Dieu en Jésus-Christ. Cet acte reflète la situation post-pascale : la porte vers la communion avec Dieu et le chemin avec le Christ s’ouvre lorsque des hommes et des femmes se laissent emporter par ce que Dieu à fait en Christ et par ce qu’il continue à faire à travers son esprit. Ce qui est déterminant pour que des personnes suivent Jésus n’est pas ce qu’elles font, mais ce qui se produit en elles.

2. L’enseignement de ce que le Christ a ordonné. C’est l’accent que met Matthieu sur le mandat missionnaire : suivre le Christ, c’est s’orienter vers les paroles et l’œuvre de Jésus et laisser sa vie être déterminée par le chemin que Lui nous montre. Il n’est pas dit que cela nous sauvera. Quiconque a lu l’Evangile sait que : vivre ainsi est le chemin de la vie. Le salut n’est pas la récompense d’une manière d’agir. Le salut c’est être emmené par Jésus sur ce chemin et être conduit par lui vers le but.

Reste le défi consistant à conduire toutes les nations à suivre le Christ. Le chemin avec Jésus ne peut-il pas être emprunté uniquement par des individus ? C’est vrai. Mais ces individus ne sont jamais seuls sur ce chemin, ils sont toujours en communion avec d’autres. Et ils le font dans la certitude que l’appel s’adresse à tout le monde et que leur exemple invite toutes et tous à cheminer avec Jésus.

6

7. Que signifie amener des hommes et des femmes à suivre Jésus?

1. Suivre Jésus c’est s’orienter vers le Christ. En lui, nous découvrons non pas une méthode qui nous montre comment nous pouvons amener des gens à le suivre, mais bien une personne à travers laquelle Dieu interpelle et anime des femmes et des hommes à lui remettre la direction de leur vie.

2. Suivre Jésus c’est se mettre en mouvement. Jésus ne dit pas pourquoi il est avantageux de le suivre, mais à quoi il emploie ceux qu’il appelle. Acceptation et envoi ou – en d’autres termes – justification et sanctification sont indissociablement liés.

3. Suivre Jésus c’est regarder vers l’avant. Quiconque suit Jésus est accueilli par les personnes qui ont besoin de l’amour de Dieu. Suivre Jésus c’est se rassembler autour de lui et de sa cause et en même temps être envoyé vers ceux vers qui Jésus se savait envoyé: vers les pauvres, les marginaux, les malades et ceux qui sont asservis au péché et aux forces du mal.

4. Suivre Jésus c’est entrer dans la communauté de tous ceux qui suivent le Christ. Vivre avec Jésus dans cette communauté de vie et d’apprentissage signifie aussi apprendre ensemble et les uns des autres. Suivre Jésus veux dire partager la vie de ceux qui sont également en chemin, mais avant tout de ceux que nous aimerions emmener sur ce chemin.

5. Suivre Jésus c’est viser l’horizon du Règne de Dieu à venir. La foule des disciples n’est pas identique à la foule des rachetés. Suivre Jésus a toujours quelque chose d’exemplaire et reste pourtant pour ceux qui sont appelés une vocation inéluctable. Pour une Eglise et des communautés de tradition méthodiste, il est évident que le critère ultime du travail ne saurait être une large influence et la croissance de la communauté, mais bien l’appel à « répandre la sanctification sur le pays » par un service fidèle.

6. Suivre Jésus est vécu de façons différentes. Le rôle de ceux qui ont reçu un appel particulier est aussi important que le service de ceux qui vivent avec Jésus au quotidien. C’est précisément dans cette diversité que suivre Jésus devient une réalité vivante et concrète pour les autres.

7. Amener des femmes et des hommes à suivre Jésus, ne peut réussir que si nous nous orientons nous-mêmes constamment vers lui, si nous nous laissons contaminés par son amour et si par notre action et notre inaction, par nos paroles et nos actes, nous attirons l’attention sur lui : viens et vois!

Walter Klaiber

 (fichier pdf 174 ko)



  Powerpoint étude biblique de l’évêque Walter Klaiber (74 ko)

Samedi - étude "l'EEM et l'avenir des Réformés"

Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Théo Schaad

L'Eglise Evangélique Méthodiste

et l'étude sur 

"L'Avenir des Réformés"


Exposé présenté lors de la Conférence annuelle Suisse-France

de l'Eglise Evangélique Méthodiste

le 18 juin 2011 à Winterthur


1.  Introduction


Il y a un an paraissait aux Editions théologiques de Zurich (TVZ) l'étude sur "L'Avenir des Réformés". Elle avait été commandée à l'Observatoire des religions en Suisse de l'Université de Lausanne dans le cadre de la discussion sur une révision de la constitution de la Fédération des Eglises Protestantes en Suisse (FEPS). Les deux auteurs, le prof. Jörg Stolz et son assistante Edmée Ballif, ont noté dans une première partie huit tendances générales du changement social qui, du point de vue de la sociologie des religions, influencent le travail des Eglises. Le 26 mars 2011, le professeur Stoltz a présenté les résultats de cette étude à un public méthodiste dans le cadre d'une journée de "Théologie en débat avec le quotidien" (TiG). A cette occasion, on m'avait demandé d'exposer brièvement les effets exercés par ces tendances sur le travail de l'EEM. J'ai le plaisir de pouvoir vous présenter aujourd'hui une version un peu plus élaborée de ces réflexions. 


La publication de la version française de cette étude est prévue pour le mois de juillet de cette année aux Editions Labor et Fides à Genève. 



2.  Huit tendances générales du changement social et les occasions qu'elles 

     présentent pour l'EEM


Les auteurs énoncent dans leur étude huit tendances sociales auxquelles l'Eglise doit se confronter. Ils indiquent que ces tendances participent d'un développement général de la société et que l'Eglise – même si celle-ci se conçoit encore comme socialement normative – ne peut pas les influencer:


-  La dissociation entre la religion et les sous-systèmes sociaux

-  L'individualisation

-  Les nouveaux modes de vie et les milieux sociaux

-  Le changement des valeurs

-  Les concurrents séculiers de l'Eglise

-  La pluralisation religieuse et l'augmentation de la part des personnes sans

   confession

-  La société de l'information et les nouvelles technologies

-  Le "retour" de la religion


Les changements qui influencent négativement une institution, voire la remettent en question, sont généralement jugés négativement par celle-ci. Elle "prend connaissance avec regret" de ce que les conditions se modifient. Mais si nous regardons ces tendances d'un peu plus près et les mettons en relation avec le mandat de l'Eglise, qui est d'appeler des hommes et des femmes à suivre Jésus, nous apercevons alors de véritables occasions. Et c'est celles-ci que j'aimerais examiner aujourd'hui.



  1. La dissociation entre la religion et les sous-systèmes sociaux 


On constate que "les différents domaines dont se compose la société (droit, politique, instruction publique, éducation, santé publique, science, de même que la religion, justement), suivent chacun de plus en plus une direction autonome". L'étude montre en particulier la dissociation entre l'Eglise et l'Etat, l'Eglise et le système éducatif, l'Eglise et le système de santé et d'autres sous-systèmes dans le domaine économique. Rappelons-nous qu'au Moyen-Âge, tous ces aspects de la vie humaine étaient compris comme une seule grande entité imprégnée par l'Eglise et la théologie. Ce processus de dissociation, qui dure depuis des siècles, semble maintenant plus ou moins parvenu à son terme. 

En fait, ces dissociations sont d'ores et déjà présentes dans le système de l'Eglise libre. Celle-ci entretient avec l'Etat une "non-relation" affirmée et doit s'organiser, comme tout autre groupement moral, dans le cadre du droit associatif. 


Et lorsque de telles relations ont existé, c'était plutôt dans le cadre de systèmes sociaux utilisés pour la proclamation de l'Evangile en paroles et en actes. Souvenons-nous des nombreuses institutions de l'Eglise dans les domaines de l'hébergement, de l'imprimerie et de l'édition, de la formation (école ménagère), du social (foyer pour enfants) et de la santé (diaconats gérant des hôpitaux). Il est intéressant de noter que ces dernières années, presque toutes ces relations ont été dissoutes par l'Eglise. Elles ont été perçues comme ne répondant plus à leur objectif.


Mais la dissociation, telle que décrite par l'étude, offre aux Eglises – et pas seulement aux Eglises libres – une réelle occasion. Quand l'étude affirme: "Les scientifiques aspirent surtout à la reconnaissance de leurs pairs (renommée), les politiciens veulent être élus et réélus, les journalistes recherchent des sujets inédits et sensationnels, etc., et ce faisant deviennent (relativement) indifférents aux critères et aux objectifs des acteurs des autres sous-systèmes", cela donne une toute nouvelle liberté au message chrétien. Les anciens concurrents des Eglises sur le fond, la philosophie et les sciences naturelles, ont largement quitté le terrain de la confrontation avec l'Eglise. La philosophie s'est retirée au loin et la dispute entre les sciences naturelles et la théologie n'a plus lieu que dans la tête d'enseignants et de journalistes qui, sans prendre connaissance de la position actuelle de la théologie évangélique de la création, persistent à décrire l'Eglise comme arriérée. 


La dissociation entre la religion et les sous-systèmes sociaux a dès lors pour conséquence que le message évangélique peut être proclamé comme le "tout autre" sans entrer en collision avec les systèmes existants. L'Eglise libre en particulier, qui adresse son message à l'individu, sans se préoccuper de savoir à quel sous-système social il appartient, retrouve une toute nouvelle liberté pour sa proclamation. 


Mais cette nouvelle situation comporte également des dangers. L'Eglise – et particulièrement les Eglises libres – tendent à considérer qu'à côté de leur propre existence et du message qu'elles ont à diffuser, les autres sous-systèmes sociaux sont secondaires et ne méritent guère de considération. L'hostilité face à la science menace toujours de refaire surface. Dans le cadre de sa théologie de la création et de la grâce, l'EEM doit pourtant prendre connaissance des réalisations de ces sous-systèmes – qu'il s'agisse de la science, de la technique, de l'économie ou autres, les reconnaître et examiner comment le message libérateur de la grâce de Dieu parle à l'être humain dans son appartenance au système. En la matière, l'un des grands débats à venir pourrait bien porter sur les affirmations des neurologues au sujet du libre arbitre humain. 


.2 L'individualisation


"L'individualisation signifie que les personnes sont de plus en plus libérées des structures  sociales traditionnelles. Les gens, selon leur sexe et leur milieu familial, ne sont plus fixés pour toute leur vie à un seul milieu social, à une seule confession, à un seul rôle social possible, à un seul domicile."


Cette tendance, l'EEM la ressent douloureusement. Le nombre de jeunes qui ont vécu l'essentiel de leur socialisation dans la communauté locale et y restent a dramatiquement diminué. L'EEM ne peut tout simplement plus compter sur les générations suivantes issues de ses propres rangs; elle doit constamment trouver de nouveaux membres.



L'un des forces du méthodisme venait de ce qu'il ne se contentait pas de prêcher aux gens la grâce libératrice de Dieu, mais qu'il offrait en même temps aux hommes et aux femmes qu'il touchait une forme de communauté au sein de laquelle ils pouvaient vivre, fortifier et approfondir leur foi. Il mettait à disposition de ces personnes une structure sociale au sein de laquelle celles-ci se sentaient comprises et soutenues. L'étude constate que dans le domaine séculier, l'offre de telles structures sociales a grandi et que de fréquents changements ne posent plus une question de fidélité au sens éthique du terme.


Mais la tendance à l'individualisation vient aussi à la rencontre de l'Eglise. Elle concerne en effet aussi ces personnes que l'Eglise devrait identifier comme groupe-cible: la personne qui cherche dans la religion des réponses aux questions du sens de la vie et un appui et qui veut vivre sa spiritualité. Une telle personne n'est plus fortement ancrée dans sa structure sociale et le transfert vers l'Eglise est plus facile qu'il ne l'était naguère.


Ceci nous mène directement à la prochaine tendance sociale.



  1. Les nouveaux modes de vie et les milieux sociaux


"Lorsque, sous l'effet de l'individualisation, l'appartenance, jusqu'alors relativement stable, à une classe sociale s'estompe, et qu'éclatent les milieux traditionnels formés en fonction de la morale sociale et du territoire, la question surgit de savoir comment les gens peuvent désormais se catégoriser les uns les autres. Comment savoir à qui l'on a affaire, avec qui l'on doit se mettre en rapport, avec qui "cela vaut la peine" de lier connaissance ou amitié ? On peut se servir pour cela des "milieux définis par le style de vie". Ces milieux se définissent non seulement par les différences dans l'accès aux ressources, mais justement aussi par un style de vie, avec les valeurs, les normes, les aspirations, les activités de loisir, les préférences esthétiques, etc. qui le constituent."


Jetons tout d'abord un bref coup d'œil à l'histoire de l'EEM. En 1968, en Suisse, deux Eglises libres se sont réunies pour former l'Eglise Evangélique Méthodiste: l'Eglise méthodiste et la Communauté évangélique (Evangelische Gemeinschaft). Rétrospectivement – et en fonction des expériences de l'auteur dans des communautés locales des deux Eglises d'origine – je dirais aujourd'hui qu'il y avait une différence fondamentale entre les compréhensions d'elles-mêmes de ces deux Eglises, différence qui n'a jamais été abordée sur le fond. L'Eglise méthodiste englobait des personnes des milieux de vie les plus divers. Elle leur offrait un lieu où elles pouvaient fortifier leur foi pour pouvoir ensuite la vivre dans leur milieu. La Communauté évangélique essayait d'être elle-même un milieu de style de vie, avec ses "valeurs propres, ses normes, ses objectifs typiques, ses activités de loisirs, ses préférences esthétiques, etc." (voir ci-dessus). Ce tableau est peut-être caricatural, mais il décrit le problème.


Par principe, il faut partir de l'idée que le message biblique vaut pour tous les êtres humains, dans tous les milieux. Les journaux de John Wesley montrent très clairement qu'il s'est adressé à tous ceux qui voulaient entendre la prédication du salut en Christ. Reste qu'une Eglise peut bien entendu décider d'adresser le message à un segment particulier de la population, comme le fait l'Armée du Salut (qui ne se conçoit justement pas comme Eglise). Mais l'EEM devrait discuter la question de savoir si elle ne devrait pas prendre hardiment le risque d'oser reformuler son message de manière telle que des personnes des milieux de vie les plus divers y trouvent des réponses à leurs questions et puissent vivre leur foi sans devoir quitter leur milieu. 


Une telle voie présenterait des contraintes considérables pour l'élaboration des programmes des communautés locales. Car d'une part, il ne faudrait pas que se perde au sein de la communauté la possibilité de développer une structure sociale. Mais d'autre part, il devrait aussi être possible que des personnes venant des milieux de vie et des milieux sociaux les plus divers puissent s'y retrouver – avant tout pour célébrer ensemble les cultes et les sacrements, mais aussi pour échanger sur des questions relatives à la foi ou encore pour la catéchèse des adultes – sans avoir nécessairement à adopter cette communauté comme leur propre milieu défini par le style de vie.


Il serait catastrophique que l'EEM devienne elle-même un milieu de style de vie, dans lequel 

seuls des gens de même tendance trouveraient place. On peut évidemment aussi être église de cette manière-là - mais pas une Eglise proclamant la grâce universelle de Dieu



.4 Le changement des valeurs


"Si, sous l'effet de l'individualisation, les gens sont obligés de décider de plus en plus par eux-mêmes, et si de ce fait ils se différencient toujours plus les uns des autres, ils ont besoin de valeurs qui soient adaptées à cette réalité. …Dans la première moitié du XXe siècle encore, la discipline, l'obéissance, l'accomplissement du devoir, la fidélité la maîtrise de soi, la tempérance, etc. étaient des valeurs tenues en haute estime par une bonne partie de la société occidentale. Depuis les années soixante surtout, les valeurs liées à l'épanouissement individuel ont pris le dessus. Il s'agit selon Klages d'une part de valeurs hédonistes (recherche de la jouissance, de l'aventure, du suspens, de l'émotion) et d'autre part de valeurs individualistes (créativité, spontanéité, accomplissement personnel, tolérance, liberté individuelle)".


Le remplacement des valeurs du devoir et de l'adhésion par les valeurs de l'épanouissement individuel place les Eglises devant un défi considérable. Que signifie ce changement pour l'éthique chrétienne ?


Il faudrait rappeler ici la distinction faite habituellement en théologie méthodiste entre "essentials" et "opinions", soit entre ce qui est essentiel pour la foi chrétienne et ce qui en découle. La proclamation essentielle de la grâce de Dieu doit aussi pouvoir atteindre la génération post-68, sans la contraindre à s'enserrer dans le corset des valeurs du devoir et d'adhésion de la 1ère moitié du XXe siècle. Ce qui est essentiel, c'est pour une personne d'être saisie par la grâce de Dieu, ce sont la naissance et le développement de ce que nous appelons une relation de disciple entre cette personne et le Christ.  Les opinions sont alors la diversité, qu'il faut découvrir, de ce que la proclamation essentielle produit dans des personnes aux personnalités différentes. Ou, en d'autres termes: l'EEM n'a pas à déterminer les glissières de sécurité des valeurs chrétiennes, mais à comprendre le Christ comme la ligne conductrice que peuvent suivre des croyants issus des milieux et des structures sociales les plus diverses. 


L'étude dit: "Les individus ne sont plus disposés à se laisser prescrire quoi que ce soit de la part de l'Eglise en tant qu'institution. Les Eglises peuvent stimuler la réflexion, mais non plus imposer des vérités". Lorsque la fonction de l'Eglise est réduite à imposer des vérités devant être crues, cela est insuffisant. La première vérité qu'elle a à proclamer est la fiabilité de la grâce de Dieu. Pour ce qu'en font les croyants, elle s'en tient à "penser et laisser penser".



.5 Les concurrents séculiers des Eglises  


"Comme dans toujours plus de domaines, les individus deviennent des «demandeurs» et des «fournisseurs» qui se considèrent comme libres dans tous leurs choix; l'affiliation à une Eglise, la pratique religieuses et la diaconie deviennent elles-mêmes des «offres» que l'on peut solliciter comme «demandeur» et auxquelles on peut offrir du temps et de l'énergie. Dans les sociétés modernes, les Eglises offrent des  «produits»  qui sont exposés à une rude concurrence séculière". 


Ici, l'étude habille les tâches et les activités des Eglises du langage de l'économie, parle de concurrence et de compétition. On peut rejeter cette forme et rompre le dialogue. Mais on peut aussi entrer en matière. Il s'agit alors du produit que l'Eglise a à offrir. 


Mais là aussi, il ne suffit pas de voir le produit en termes de grandeurs formelles telles que pratique religieuse, communion et diaconie. La "unique selling proposition / USP", donc la caractéristique qui, dans le cadre de la compétition, place l'Eglise clairement au-dessus du lot des autres offres, n'est pas simplement affaire de formes au sein desquelles elle est Eglise, mais bien du contenu avec lequel elle remplit ces formes. Il s'agit du message que l'Eglise a à diffuser. 


Une des questions que la Conférence annuelle de l'EEM doit traditionnellement se poser, est: "que prêchons-nous ?" Ce qui démontre clairement que l'Eglise se définit en grande partie par le contenu de sa prédication. Le thème central a toujours été celui de "la grâce vécue".


Mais il faut tout de même se poser la question de savoir quels sont, aujourd'hui, les points d'accrochage dans l'existence humaine, à quels besoins de l'être humain le message biblique répond en premier lieu. Il s'agit sans aucun doute des moments de transition et de rupture: naissance (baptême), transitions (confirmation, mariage) et mort (service funèbre). A ces moments-là, l'Eglise a l'occasion d'apporter son message comme réponse à la question du sens. Les entretiens de relation d'aide et de conseil sont du même ordre. Ces événements et ces possibilités doivent par conséquent être spécifiquement préparés en vue de répondre aux questions des personnes quant au sens de ce qu'ils vivent. 


Pour ce qui est du contenu du message, l'Eglise n'a pas à craindre l'apparition d'une concurrence séculière, pour autant qu'elle soit prête à effectuer le travail théologique consistant à orienter ce contenu en fonction des besoins des gens – sans pour autant renoncer au cœur du message. Mais il faut prendre l'étude très au sérieux quand elle dit que la façon de transmettre le message doit être très soigneusement réfléchie. Nous reviendrons dans le dernier chapitre sur la question du contenu et de la forme du message qu'il s'agit de diffuser. 



.6 La pluralisation religieuse et l'augmentation de la part des personnes sans

       confession


En Suisse, de 1970 à 2000, le nombre de personnes sans confession a crû de 1 % à 11 %; le nombre des musulmans a passé de 0.3 % à 4.2 %. Il est certain que ces chiffres augmenteront encore significativement quand seront connus les résultats du recensement de 2010. 


Ces chiffres touchent à l'existence des Eglises libres dans la mesure où le nombre croissant de personnes sans confession est aussi un indice du fait que la religion n'est plus nécessairement liée à l'appartenance à une institution. L'EEM vit cette "dés-institutionna- lisation" en ce que l'effectif des membres s'amenuise constamment par rapport au nombre de ceux qui, certes, sont atteints par l'Eglise, mais n'en sont pas formellement membres. 


Dans ce contexte, il y a lieu de se poser la question de savoir si la modification du nombre des membres est le critère le plus important du développement de l'EEM. On disait naguère que les effets du méthodisme ne se manifestaient que pour une petite part à l'intérieur de l'Eglise, mais qu'ils se faisaient largement sentir à l'extérieur de celle-ci – une réflexion dont il serait également bon de tenir compte pour l'avenir.


Il est un domaine dans lequel l'EEM a relevé positivement le défi du pluralisme religieux: les églises de la migration. Des immigrants venus d'autres continents et d'autres cultures forment leurs propres communautés au sein desquelles ils vivent leur religiosité. Nombre d'églises locales ont non seulement mis des locaux à disposition de ces communautés, elles ont aussi recherché la collaboration. Les formes d'organisation de l'EEM s'avèrent propices pour aider ces communautés à s'intégrer tout en leur laissant leur identité culturelle propre



  1.   La société de l'information et les nouvelles technologies 


"L'entrée dans l'ère de l'information n'est pas sans conséquences pour les Eglises réformées. Les paroisses et les Eglises  doivent se servir des médias de masse pour se présenter. Elles doivent faire face à la concurrence croissante de nombreux autres acteurs sociaux qui tous luttent pour conquérir l'attention du public.


Le message de l'Eglise est lui aussi, d'abord, une information. Et les nouvelles technologies y conviennent parfaitement. Mais il est en même temps parole humaine de réconfort qui doit être transmise de personne à personne. Et comme la participation active à la société de l'information entraîne des frais, la tendance est grande au sein de l'Eglise, à mettre l'accent avant tout sur la proclamation de la Parole de personne à personne. 


L'attention des médias s'obtient à propos de thèmes et de personnalités. L'EEM est trop petite et n'a pas les ressources financières suffisantes pour être un "Player", un acteur majeur dans ce domaine. Il faut néanmoins se demander si elle ne devrait pas traiter certains thèmes théologiques de telle manière que ceux-ci puissent tout à fait trouver leur place dans les médias. Il en va de même de la mise en valeur de personnalités qui seraient à disposition des médias pour fournir des informations compétentes. 


Il y aurait lieu d'examiner le concept médiatique de l'EEM pour déterminer quelle part des ressources en personnel et en finances devraient être investies dans un travail médiatique adéquat. 



  1. Le "retour" de la religion


L'étude nomme cette tendance avant de souligner immédiatement que ce n'en est pas une. "Si on le mesure en fonction de la religiosité effectivement pratiquée, on ne peut, d'une manière générale, parler d'un retour de la religion ou des religions en Suisse.» Sur un autre plan, l'intérêt pour la religion a clairement grandi: «C'est notamment  du fait des inquiétudes liées à l'islam que les Eglises chrétiennes en général connaissent en Suisse un regain d'intérêt et que, plus qu'auparavant, les milieux politiques et les représentants de l'Etat attendent des Eglises qu'elles soient des partenaires fiables." (p. 53).


Ce phénomène est sans doute lié à d'autres tendances signalées ici, p. ex. la dissociation des sous-systèmes sociaux, ou encore avec l'individualisation. La religiosité personnelle n'est plus le stigmate de la personne obscurantiste, mais est respectée. Et l'appartenance à une Eglise libre n'est plus le signe d'une sortie de la société civile; elle est acceptée au sein de la multiplicité des milieux de vie. C'est ainsi que le fait que la religion joue à nouveau un rôle dans la société, présente aussi une occasion pour le travail de l'EEM. 




3.   Conclusions


Les tendances énumérées dans l'étude montrent que la société, l'environnement de l'Eglise, s'est massivement modifiée au cours des 50 dernières années. L'important recul de l'effectif des membres de l'EEM indique qu'elle n'a pas réussi à s'adapter à ces changements. 


Les changements dans la société, en particulier la sécularisation croissante, font rapidement naître dans l'Eglise l'idée qu'ils sont dirigés contre l'Eglise. Si l'on donne crédit à cette pensée, la ghettoïsation menace rapidement. Un examen plus attentif des tendances montre en effet que celles-ci ouvrent aussi des chances réelles pour l'activité de l'Eglise. Si l'Eglise veut répondre à son mandat, celles-ci doivent être prises au sérieux.


L'Eglise doit se convaincre que ce qu'elle a en mains, ce qu'elle proclame, son message aux humains, est quelque chose d'unique que personne ne peut lui contester et dont le contenu est inégalable. Elle doit avoir confiance dans le message porteur de vie de l'Evangile. Elle doit à nouveau se convaincre qu'elle tient en main la lumière qui ne doit pas être cachée sous le boisseau, mais doit être mise sur le candélabre afin d'être vue. Elle a besoin d'avoir confiance dans le fait que la ville qui est sur la montagne ne peut rester cachée. 


L'étude présente un grand nombre de tableaux et de diagrammes qui présentent ces grands changements à l'aide de données statistiques. Pour l'Eglise, il est important de voir les personnes derrière ces chiffres. Mais ce ne sont plus les personnes de la première moitié du siècle passé essayant de vivre, au risque d'échouer, les valeurs du devoir et d'adhérence de leur temps et sont réconfortées par le message de la grâce justificatrice. Ce sont des personnes qui se sont libérées de la tutelle des institutions et qui, dans le sens de l'individualisation, cherchent à se définir par elles-mêmes. L'Eglise doit rencontrer cette personne les yeux dans les yeux et écouter très attentivement, pour savoir quel réconfort elle en attend.


Dès lors que les notions de ciel et d'enfer, de félicité éternelle et de damnation éternelle ne sont plus une préoccupation fondamentale de l'être humain, il importe de se reposer la question du but de l' "Opération Evangile". Ne s'agit-il pas au fond que la vie – la vie matérielle entre la naissance et la mort – soit réussie, en d'autres termes qu'elle ne soit pas perdue ? Du point de vue des contenus, cela pourrait signifier de dire à celui qui se demande: "Suis-je celui que je pourrais être, que je voudrais être, que je devrais être ? Comment puis-je encore plus m'épanouir moi-même ?" : "Tu es accepté tel que tu es. Ton Créateur te reconnaît. Continue à te développer et sois serein".


Ce n'est pas par hasard que l'une des grandes Eglises réformées cantonales de Suisse se désigne comme "communauté de recherche et de cheminement". Elle comprend par-là tous les habitants évangéliques de ce canton. L'EEM peut tranquillement dire qu'elle n'est pas en recherche, mais qu'elle a trouvé: l'expérience de la foi vécue, la confirmation de la confiance en la grâce de Dieu. 


Au-delà de ces questions de contenus se posent les questions de formes : "Comment prêchons-nous ?".  Les activités exercées aujourd'hui dans le cadre de la communauté (cultes, formation des adultes, groupes thématiques) ne permettent plus guère d'atteindre des personnes n'appartenant pas à l'Eglise. "L'essor des concurrents séculiers" se fait particulièrement sentir dans ce domaine. Les actes pastoraux constituent une exception. 


Les croyants eux-mêmes sont encore et toujours essentiels pour la diffusion du message biblique. Cela commence dans la famille, avec la transmission des histoires bibliques par les parents et les grands-parents. Guider et soutenir ceux-ci est une tâche fondamentale de l'Eglise.


Ce sont ensuite la vie des croyants – chacun dans son milieu de vie et dans sa structure sociale –, leur façon de gérer les questions de la vie et de l'existence, mais aussi leur sérénité et leur rayonnement, qui sont en fin de compte porteurs du message chrétien. L'Eglise doit les promouvoir et les fortifier dans cette fonction. C'est au fond un "retour aux sources" du mouvement méthodiste.



4.  Remarque finale


L'étude sur "L'Avenir des Réformés" – qui s'adresse essentiellement aux Eglises cantonales et multitudinistes – présente l'arrière-plan sociétal devant lequel se déroule aussi notre travail. Elle est un motif de réflexions fondamentales, d'un travail théologique intense, mais avant tout d'espérer que des hommes et des femmes vont devenir disciples de Jésus et qu'ainsi "le monde sera transformé". 


____________________



Note du traducteur: les passages surlignés en gris sont des citations tirées de la traduction française de l'étude, à paraître chez Labor et Fides, Genève, à mi-2011


 l’exposé sous la forme d’un fichier pdf 158 ko


Voir le powerpoint de présentation de cette étude

Samedi - discussion avec Joe Leeman


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Discussion avec Joe Leeman, pasteur de l’église hôte de la CA

GVC Bewegung


En signe d’ouverture, la Conférence Annuelle a interrogé samedi matin un des pasteurs de cette église en pleine expansion, du GVC Bewegung qui l’accueille dans ses murs. Une église jeune d’existence et qui attire des centaines de jeunes. Son succès ne tient pas à une recette particulière mais au respect de quelques idées claires.

La vie de disciples se joue la semaine, dans la vie de tous les jours, à la maison, au travail. On célèbre le culte le dimanche pour recevoir de nouvelles forces et  un enseignement pour pouvoir reprendre le flambeau du témoignage dans la semaine.

Les prédications doivent être proches de la vie réelle et tendre à concrétiser l’enseignement de la parole.


L’ELÉMENT important pour le pasteur Joe Lehman, c’est de témoigner de la puissance du Seigneur. Sa proposition unique est de faire valoir la puissance du Seigneur illimitée. La parole bénie du Seigneur est à vivre par chacun.

Il signale que dans ces locaux se tiennent plusieurs cultes le dimanche. Le premier est plus calme que les autres. Le suivant est suivi par un autre public, l’ambiance devient plus électrique, dynamique et créative, quand bien même le message reste le même.

Les pasteurs thématisent les sujets à aborder dans l’année. Ils partent de la vie pour revenir à l’Ecriture. Ils font des séries bibliques (sur un livre précis), pour que les personnes reçoivent une formation biblique adéquate complète.

⅓ des gens viennent des églises d’alentour. Les pasteurs sont très sceptiques a priori par rapport à ces nouvelles recrues, ils vérifient toujours les raisons de ce changement d’église. Le ⅔ est constitué de gens qui ont déménagé par le biais d’étudiants (grand nombre d’étudiants). Le dernier tiers vient de gens sans attaches religieuses.

Autre idée défendue par Joe Lehman, toutes les églises ne doivent pas nécessairement se ressembler ; il n’y a besoin de chercher à s’imiter servilement. Les pasteurs de la GVC Bewegung participent aux pastorales locales, et croient en l’unité du corps du Christ et en la vitalité du Royaume de part et d’autre.

Leur fondation diaconale apporte des réponses aux détresses sociales (Es 58, intérêt aux éclopés de la vie) : elle offre une aide de niveau professionnel.

éJésus s’est rendu auprès des gens les plus éloignés de Dieu, dont les douaniers compromis avec le pouvoir romain. Nous aussi, en tant qu’église, allons à la rencontre des plus distanciés. Même s’il y a des tensions et des risques».


________




3 questions


  • Réussissons-nous à faire des disciples de Jésus-Christ ?
  • Echouons-nous ? Y-a--t-il des domaines, des activités auxquelles il a fallu dire non ?
  • Que pouvons-nous apprendre ?



La valeur d’une communauté joue sur d’autres repères que sa grandeur. Il s’agit de promouvoir le concept d’une personnalité renouvelée ouverte aux autres.

L’ouverture aux personnes, l’ouverture à la diversité sont des facteurs de développement.

L’église repose sur un postulat d’espérance : comment répondre de l’espérance que nous donne le Christ sans imposer à autrui une ligne directrice ?

Samedi - commission des questions théologiques


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH



  1. Rapports des Groupes de travail de la Conférence 

Questions théologiques Urs Rickenbacher 

1. Informations 

Nous avons travaillé comme d'habitude dans le cadre du groupe de travail «Théologie et ministères» de la Conférence centrale. Quatre points étaient à traiter l'an passé: 

Nous avions à élaborer à l'attention du Comité exécutif une recommandation quant à la façon dont la question de la durée du mandat de nos évêques pouvait être réglée au sein de notre cc. 

La Communion d'Eglises protestantes en Europe (CEPE) nous a demandé une prise de position sur son rapport «Ecriture, Confession de foi, Eglise». 

Il s'agissait aussi de rédiger une prise de position au sujet d'un deuxième rapport de la CEPE, intitulé «Ministère, ordination et episkopé». 

Finalement nous avons revu une dernière fois le texte des «Eléments essentiels de la foi d'un point de vue méthodiste». Cette page A4 doit fournir des impulsions pour des discussions, p.ex. lors de soirées d'information destinées aux nouveaux membres professants ou dans le cadre de cercles de maisons. 

Tous ces textes seront publiés dans le cadre des procès-verbaux du Comité exécutif (session 2011). 

2. Mise en œuvre de la stratégie 

Nous n'avons pas traité la stratégie de l'EEM Suisse dans le cadre de la CC; la plupart des membres du groupe de travail n'appartiennent pas à l'EEM Suisse et nous n'avions de toute façon pas de temps à y consacrer. 

Notre travail peut toutefois parfaitement être compris comme une mise en œuvre de la stratégie: vivre en disciple du Christ a un rapport essentiel avec la formation d'une opinion théologique; le débat théologique forme notre pensée et notre action. 

On entend toujours à nouveau des remarques du genre: «Lorsqu'une communauté grandit, il ne faut pas la critiquer». En est-il vraiment ainsi? Pouvons-nous partir de l'idée que lorsqu'un groupe se développe rapidement, l'engagement à vivre à la suite du Christ s'en trouve nettement renforcé? Nous devrions discuter cela sur le fond et pas seulement en termes de statistiques. Notre groupe entend inciter à ce débat. 

En tant que groupe de travail de la Conférence centrale, nous avons d'ailleurs, au cours de ces dernières années, mis l'accent dans plusieurs publications sur la manière dont nous pouvons formuler et transmettre la foi de façon actuelle. Nous mentionnons en particulier : Communication de l'Evangile dans la société postmoderne (2005); Le mandat inaliénable de la mission dans les conditions du 21 e siècle (2009); Eléments essentiels de la foi d'un point de vue méthodiste (2011). 

3. Nouveaux objectifs 

Le groupe de travail de la CC souhaite travailler sur le concept de la vérité. Ce débat nous paraît lui aussi urgent, dès lors qu'il s'agit de définir comment nous formulons aujourd'hui notre foi et comment nous nous comprenons en tant qu'Eglise. 

Il est possible que le Comité exécutif nous confie encore d'autres mandats. 

Je me retire maintenant du groupe de travail «Théologie et ministères» de la CC et donc aussi de la commission 21 de notre CA, afin de pouvoir me consacrer aux 


tâches liées à ma fonction de président de l'Alliance des personnes ordonnées. Ana Palik-Kuncak reprend, à titre intérimaire, la présidence du groupe de travail de la cc. La représentation du groupe de travail de la CA au sein de la commission 21 doit encore être réglée. Cette Conférence  a eu donc lieu du 16 au 19 juin. Les séances de travail se tiennent à Oberwinterthur. Le dimanche, nous célébrons le culte à Zürich.

Nous nous réjouissons d’être tous ensemble sous la parole « Cieux et terre se touchent ».

Samedi - relations extérieures


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

«L’œcuménisme n’est pas un hobby mais entre dans le cadre du mandat imparti au peuple de Dieu».

 Relations inter-Eglises Sven Büchmeier 

Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTECCH) / Sven Büchmeier 

Elargir la reconnaissance du baptême 

L'assemblée plénière de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse CTEC-CH a décidé le 21 octobre 2009 de mandater un groupe de travail chargé d'étudier la question de l'élargissement de la reconnaissance du baptême de 1973. Sven Büchmeier participe à ce groupe. 

Le rapport d'expertise du Prof. Urs von Arx constitue la base de ce travail. Celui-ci a déterminé la position actuelle des Eglises membres de la CTEC. «L'expertise montre qu'une révision de la Déclaration des Eglises cantonales de 1973, effectuée sur la base de la Déclaration de Magdeburg (2007) en Allemagne, serait judicieuse.» D'autre part, des clarifications ont montré qu'une telle déclaration doit reposer sur une base théologico-pastorale solide. 

Dès 1973, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (y incluse l'EEM), la Conférence catholique-romaine des évêques suisses et l'Eglise catholiquechrétienne en Suisse avaient décidé la reconnaissance réciproque des baptêmes. Cette déclaration doit maintenant être revue quant à ses termes et complétée. Il s'agira d'élargir la reconnaissance réciproque des baptêmes au plus grand nombre possible d'Eglises membres de la CTEC. Un livret d'accompagnement comportant des réflexions théologiques et pastorales doit aider à approfondir le travail dans les paroisses. 

Nouvelles présidente et vice-présidente de la CTEC 

La Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse a élu le 22 septembre 2010, à Lausanne, la vice-présidente Adèle Kelham comme nouvelle présidente. Elle a pris ses fonctions le 1er janvier 2011. La nouvelle présidente, anglicane, succède à l'évêque Vitus Huonder, évêque de Coire. Elle sera l'une des rares femmes au monde à occuper un tel poste. 

Lors de sa session du 10 janvier 2011, la présidence de la CTEC-CH a élu comme nouvelle vice-présidente la pasteure Rita Famos. Elle est membre du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse. Son mandat est de deux ans. 

Le 28 août 2011, la CTEC-CH fêtera à Lucerne ses 40 ans d'existence dans le cadre d'un culte solennel. 

Relation Etat et communautés religieuses 

Le rapport du "Groupe de travail Relation Etat - communautés religieuses" a montré que la CTEC-CH est un interlocuteur trop peu connu de la Confédération. Un nouveau groupe de travail a dès lors été institué pour clarifier le rôle de la CTEC-CH. Pour le groupe de travail, la thématique d'ensemble apparaît comme un trop gros paquet pour la CTEC-CH. Il propose par conséquent que l'on se contente de l'élaboration de l'article constitutionnel sur les religions. L'assemblée des délégués a souscrit à cette proposition. Une audition dans le cadre de laquelle les Eglises ont pu soumettre leurs propositions a eu lieu en janvier 2011. L'évêque Patrick Streiff et Claudia Haslebacher y ont participé. 


Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) / Markus Bach 

L'année écoulée a été marquée à la FEPS par de nouvelles élections à la prestdence et à la direction exécutive. L'assemblée des délégués d'été a élu comme nouveau président Gottfried Locher pour succéder à Thomas Wipf. L'assemblée des délégués d'automne a élu le nouveau Conseil de sept membres - cinq membres sortants ne se représentaient pas. Ont été élus: pasteure Kristin Rassier Buri (VD, sortante), Peter Schmid (BL, sortant), pasteure Rita Famos-Pfander (ZH, nouvelle), Regula Kummer (TG, nouvelle), pasteur Daniel de Roche (FR, nouveau), Lini Sutter-Ambühl (GR, nouvelle). Le nouveau chancelier a été élu en la personne du pasteur Philippe Woodtli pour succéder à Théo Schaad qui part à la retraite à la fin de l'année. A cet endroit, nous tenons à remercier très chaleureusement Théo Schaad pour son ministère à la FEPS, qu'il a toujours accompli en étant conscient d'être aussi méthodiste. 

Sur le fond, on a travaillé à la formulation d'articles sur le baptême dans les constitutions d'Eglises. Le Conseil de la FEPS a élaboré des propositions de textes destinés aux constitutions des Eglises cantonales, propositions qui ont suscité des discussions animées. Les différences quant à la pratique du baptême et à la compréhension de la qualité de membre de l'Eglise étant très marquées, le but était de parvenir à une compréhension unifiée en la matière. Les textes prévoient entre autres la possibilité du baptême des adultes ainsi qu'une célébration de confirmation du baptême. Finalement, les textes ont été adoptés sous forme de recommandations. 

Le Conseil de la FEPS s'engage durablement pour un article sur les religions dans la constitution fédérale. Dans cette optique, une consultation a eu lieu l'automne passé avec des représentants des Eglises et de l'Etat. Il s'est avéré qu'il y a une réelle volonté de dialogue, mais que la réalisation d'un article sur les religions devra surmonter encore nombre d'obstacles. 

La FEPS a nouvellement conclu avec la VG Musikedition Kassel un contrat portant sur l'utilisation et la projection de chants pendant le culte, similaire à celui que l'EEM avait conclu il y a quelques années avec ce même éditeur. De ce fait, nous pouvons renoncer depuis cette année à payer nous-mêmes ces droits et gagner ainsi env. 7'000.- à 8'000.-- francs. Les droits à verser au "Pool des chants" ne sont cependant pas compris dans l'accord précité. 

Claudia Haslebacher remplacera Markus Bach en tant que représentante du Cabinet à l'assemblée des délégués dès l'automne 2011. 

ERGK (Commission du dialogue protestant - catholique-romain) / Sven Büchmeier 

La ERGK se préoccupe elle aussi, et intensément, du baptême. 

Lors d'une rencontre de deux jours qui s'est déroulée les 10/11 octobre 2010 à St. Niklausen, trois intervenants ont offert une présentation stimulante sur le thème: «Appréciation critique de la reconnaissance du baptême de 1973. Qu'estce qui a changé depuis 19737 Analyse du document à la lumière de la situation actuelle dans la société et dans l'Eglise.» On en a conclu que le travail de la commission ne devait pas aboutir à un nouveau document sur la reconnaissance réciproque des baptêmes, mais qu'il y avait lieu d'élaborer une sorte de commentaire accompagnant ce document, qui prendrait en compte le contexte actuel ainsi que la situation ecclésiale et sociétale présente et approfondirait et élargirait certaines questions et certains thèmes. 


Il en est résulté un volumineux catalogue de thèmes et de questions, duquel chaque membre de la commission a choisi un ou plusieurs points sur lesquels il va travailler d'ici à la prochaine session au printemps de 2011. 

Lors de cette rencontre, la commission a également envisagé l'organisation d'une journée consacrée au thème du baptême. Concernant la date, il a été proposé de retenir 2013, soit le 40e anniversaire de la signature de la reconnaissance réciproque des baptêmes (1973 à Béthanie, St. Niklausen!). Il faudrait si possible pouvoir prendre une décision à ce sujet en mars 2011. 

Commission de dialogue entre juifs et protestants (EJGK) / Bernhard Krebs 

Au terme d'un travail long et intensif, la première déclaration commune officielle de juifs et de chrétiens a été publiée en octobre 2010. 

La brochure (en allemand et en français) «Ensemble sur le chemin du respect» a été envoyée à tous les pasteurs et peut être commandée ou téléchargée auprès de la FEPS, www.feps.chouinfo@feps.ch.

La déclaration étaie la confiance mutuelle qui, au cours de ces dernières années, n'a cessé de se renforcer entre juifs et chrétiens. Il serait souhaitable que cette publication soit l'occasion pour les églises locales de s'intéresser plus souvent et de manière plus intense au dialogue juifs-chrétiens. Lucie Kaennel, co-présidente réformée de l'EJCK, déclare: «Le manque d'intérêt de la base réformée à l'égard du judaïsme doit être surmonté. Il s'agit de développer cet intérêt dans les écoles, les paroisses, auprès des pasteurs et des laïques.» 

A ce propos, je propose un séminaire en trois parties intitulé «Introduction au judaïsme». Les demandes d'informations détaillées et les questions de dates doivent m'être adressées directement (Bernhard.Krebs@emk-schweiz.ch)

Au terme de la législature, j'ai quitté la commission. L'EEM a nommé Félix Wilhelm, Bienne, pour m'y succéder. 

VFG Eglises libres Suisse / Markus Bach 

La Fédération des Eglises libres et communautés évangéliques en Suisse (VFG) vient de changer de nom et s'appelle désormais «Eglises libres Suisse» ou «VFG Eglises libres Suisse». L'adresse électronique est quant à elle devenue www.freikirchen.ch. C'est dans ce cadre que le VFG discute actuellement la perspective d'un élargissement, de manière à pouvoir effectivement représenter les Eglises libres en Suisse. A cette fin, un nouveau statut d' « invité» a été décidé en conférence de direction et les conditions d'entrée ont été assouplies. De même, la collaboration avec les œuvres doit être améliorée. 

Le Jour du Christ a eu lieu l'an passé à Berne. Cet événement, dont l'initiative revient au VFG, est réalisé en collaboration avec la FEPS. L'évaluation a montré qu'il y a eu moins de participants que prévu. On est tout de même satisfait du résultat, ainsi que du fait que toutes les dépenses ont pu être couvertes. L'écho médiatique a toutefois été décevant et il faut se demander si de tels grands projets ont un avenir. Le VFG va en temps opportun se reposer la question de savoir si cet énorme effort en vaut la peine. 

Une étude du projet 58 du Fonds national portant sur une analyse financière des Eglises en Suisse (FAKIR), à laquelle l'EEM a également participé, s'est révélée être d'un grand intérêt pour le VFG. On peut retenir de cette étude qu' «avec les Eglises, on en a pour son argent». En ce qui concerne les Eglises libres, en particulier, il ressort que: 

- les Eglises cantonales reçoivent env. 1 milliard de francs par an par le canal de l'impôt ecclésiastique, 


- les Eglises libres effectuent 200 % de travail non rémunéré pour chaque poste à temps complet, 

les Eglises cantonales investissent 30 % et les Eglises libres 50 % de leurs moyens financiers dans le travail social. Ce qui démontre clairement que les Eglises cantonales ne fournissent pas plus de travail social que les Eglises li- 

    bres, qui ne reçoivent pas de soutien par le canal de     l'impôt. 

Pour le VFG, ce constat représente une base substantielle pour la poursuite de son combat en faveur de la possibilité de déduire les dons du revenu imposable, bien que les obstacles soient encore nombreux dans ce domaine. 

Le VFG s'efforce également de s'engager au plan politique et a créé une commission politique - lieu de rencontre et de discussion pour les dirigeants des Eglises et des politiciens chrétiens. Le conseiller national Erich 

 représente l'EEM dans cette commission. 

Dès l'automne 2011, Claudia Haslebacher agira en tant que représentante du Cabinet auprès de VFG Eglises libres Suisse, à la place de Markus Bach. 

Alliance Evangélique Suisse (AES) / Matthias Fankhauser 

Le Jour du Christ et la Conférence StopPauvreté ont constitué deux sommets du travail de l'AES; leur impact a largement dépassé les frontières de l'AES. 25 000 chrétiennes et chrétiens se sont rassemblés à Berne pour le Jour du Christ afin de prier Dieu et réfléchir à la question de savoir comment les chrétiens peuvent s'engager activement dans la société actuelle. La Conférence StopPauvreté avait pour slogan «Embrasser le monde». Les déclarations de l'orateur invité Martin Dahinden, directeur de la DDC, ont suscité un vif intérêt. 

Le Réseau évangélique (RES) constitue la partie romande de l'Alliance Evangélique Suisse. Pour l'heure, les deux comités se sont attelés à promouvoir le travail commun au niveau national. L'association nationale AES-RES possède d'ores et déjà de nouveaux statuts qui permettent une collaboration plus étroite entre la Suisse alémanique et la Suisse romande. 

Etre en chemin ensemble en tant que chrétiens est l'objet principal de l'AES. La Conférence mondiale d'évangélisation au Cap en a fait la démonstration au plan mondial. 22 Suisses et Suissesses représentant l'art, la jeunesse, la politique, la mission et l'Eglise y ont pris part en tant que délégués AES/RES au congrès «Lausanne III». 

Les publications et les prises de positions relatives aux thèmes les plus divers dans les domaines de la politique, l'économie et la société constituent une autre facette encore du travail de l'AES. L'AES a notamment publié une documentation sur Henry Dunant décrivant son arrière-plan chrétien et son engagement comme secrétaire du mouvement de l'Alliance. 

Le journal gratuit .Vtertelstunde'' (Quart d'heure pour l'essentiel), diffusé à 800'000 exemplaires, est désormais utilisé par de nombreuses églises locales pour annoncer l'évangile à leurs concitoyens. 

Mais le volet le plus connu du travail de l'Alliance est et reste la Semaine de prière de l'Alliance. Lorsque des chrétiens prient ensemble, cela ne passe pas inaperçu. Quelque 30 journaux locaux ont fait rapport sur ce rassemblement des chrétiens dans leur localité. 

D'autres informations sur le travail de l'AES se trouvent sur le site www.each.ch.

Réaction à la stratégie 

En travaillant dans le cadre de groupements et de relations œcuméniques, nous nous engageons consciemment, en tant qu'EEM, pour un œcuménisme missionnaire, dans le sens où nous posons la question de savoir comment les Eglises peuvent témoigner ensemble de l'évangile. Le mandat missionnaire a constitué 


une impulsion majeure pour le mouvement œcuménique moderne. Aujourd'hui, toutes les Eglises de ce pays sont placées au défi de faire connaître l'évangile à nos contemporains. A cette fin, nous avons besoin d'une coopération renforcée sans égard pour les différences confessionnelles. (SB) 

Samedi - rapport Takano


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH



1. Aperçu du travail de la commission Takano 

Introduction 

Inspirés par l'objectif-cadre stratégique de la Conférence annuelle 2010, nous avons poursuivi la planification à moyen terme du travail de Takano pour les années 2008 à 2012, qui compte un total de 45 mesures. Dans le même temps, nous avons mis en œuvre les structures participatives présentées lors de la Conférence annuelle 2010 qui visent à renforcer le mouvement que constitue le travail avec les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. 

Comme prévu, il s'est alors avéré que la voie participative sur laquelle nous nous lançons ne sera couronnée de succès qu'au prix de beaucoup d'efforts, d'inspiration et d'endurance. En effet, la participation des gens (qu'ils soient jeunes ou un peu plus âgés), ne commence pas sur le papier, mais dans les relations personnelles et les activités concrètes - axées sur les besoins. 

Nous nous sommes donc demandé comment améliorer l'image de la Commission Takano dans la perspective du réseautage, de la direction stratégique et des ressources internes. L'une des réponses, qui permettrait d'accroître réellement la participation et la contribution, est de faire en sorte que les plus jeunes générations puissent à l'avenir jouer un rôle direct, en tant que « représentants de la jeunesse », dans l'aménagement du travail de la Commission. Simultanément, le personnel spécialisé travaillant dans les différents niveaux sera encore développé. 

La Commission Takano est convaincue que le succès de la « stratégie de croissance» est étroitement lié à l'intégration des adolescents et des jeunes adultes dans les églises locales. En orientant les activités sur les secteurs d'âge correspondants, la Commission Takano vise à améliorer les conditions-cadres à cet égard, tout en offrant aux églises locales, par le biais du Service, davantage de prestations. 

Evaluation des objectifs de 2010 

1 Poser les jalons du développement de structures participatives dans le travail spécifique aux niveaux. Evaluer et réitérer les « lunches par niveaux» en 2010. 

En mai 2010, deux « lunches par niveaux» (rencontres d'échange) ont eu lieu et réuni 12 personnes (personnel de Takano et responsables du niveau IV); en janvier 2011, une autre rencontre a rassemblée 6 personnes (responsables des niveaux IV + V). De nouvelles activités seront maintenant planifiées sur la base des premières expériences réalisées. Nous prévoyons déjà d'autres rencontres d'échange dans le cadre de « Lounges » mises en place lors d'événements comme le dimanche de la Conférence ou le Festival. 

2 Intégrer à la commission Takano des représentantes / représentants 

du travail spécifique aux niveaux. 

Avec l'arrivée de la nouvelle présidente des Flambeaux (Nicole Becher) et de Markus Kleiner (thème de la famille), la représentation spécifique aux niveaux a d'ores et déjà été en grande partie renforcée. D'autres mesures 


devraient être réalisées en 2011. L'intégration directe des divers groupes d'intérêt (à savoir les niveaux 4 et 5) est également à l'ordre du jour (voir introduction). 

3 Mettre en œuvre une première série de mesures issues du concept de 

formation. 

Le concept de formation a été épuré dans le cadre de plusieurs séances de travail. Il fait actuellement l'objet d'une procédure de consultation. Le Commission Takano considère qu'il est de son devoir d'adopter une approche pragmatique par rapport à la question des ressources qui se pose dans le cadre de l'application du concept: la mise en œuvre se fera ainsi en fonction des moyens existants. Il conviendra en outre d'organiser des activités supplémentaires en recourant à des collaborations au sein de Takano, au sein de l'EEM et avec des tiers. Dans le même temps, le Service assumera différentes tâches supplémentaires. Un premier plan de mise en œuvre a été établi et pourra être appliqué rapidement (voir nouveaux objectifs) . 

4 Organiser et évaluer « ImPuls » - le festival proposé dans le cadre du 

travail de Takano. 

Le festival a largement dépassé les attentes et sera reconduit du 28 au 30 octobre 2011 (voir rétrospective dans la partie du rapport rédigée par le Service). 

5 Présenter, pour décision, les directives relatives au travail de Takano. Dans le cadre de ce processus, nous avons constaté que l'intégration des adolescents et des jeunes adultes au travail de la Commission (structures participatives) ainsi que la perception qu'avait la Commission de son propre rôle (<< altitude de croisière », tâche de réseautage stratégique [notamment au sens d'un soutien de la direction pour les organes internes à l'Eglise], etc.) devaient être définies non pas dans le sillage, mais en amont de la révision des directives. Des éléments essentiels ont d'ores déjà été élaborés à cet égard (voir nouveaux objectifs). 

Nouveaux objectifs 

Les objectifs que nous nous sommes fixés pour la nouvelle année de conférence sont les suivants: 

Définir plus précisément les structures participatives au sein de Takano et au niveau de la Commission Takano. 

Adapter les directives à cette nouvelle perception du travail. 

Diffuser clairement et en fonction des besoins, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Eglise, les prestations du Service conformément à la vision selon laquelle « Nous sommes le centre de compétences du travail avec les enfants, les adolescents, les jeunes adultes et les familles ». 

4. Mettre en œuvre le nouveau concept de formation. 

Jonathan Gimmel président de la Commission Takano 


2. Aperçu du travail du Service Takano 

1. Rétrospective sur le festival 

Le premier festival ImPuls, qui s'est déroulé fin août 2010 à Hunzenschwil, est allé bien au-delà de nos espérances. Les préparatifs intenses de l'équipe du Service, idéalement complétée pour l'occasion par quelques pasteurs-jeunesse, l'organisation sur place, avec l'énorme soutien de l'église 3x3, les orateurs compétents qui ont animé les ateliers et les exposants créatifs du marché ont fait de cette manifestation un événement inoubliable. Seul le manque d'inscriptions, en particulier de la part de la catégorie d'âge ciblée dans les églises, nous a un peu frustrés et laissés songeurs. Grâce à la participation de quelque 80 responsables des Flambeaux, aux 12 équipes qui ont participé au tournoi sportif et aux nombreux invités présents le dimanche, nous avons néanmoins vécu beaucoup de rencontres. 

Il ressort clairement d'un sondage et de son évaluation que ce festival répond à un besoin. C'est pourquoi nous avons décidé de maintenir l'événement et d'organiser le deuxième festival ImPuls cette année déjà, du 28 au 30 octobre 2011, à Hunzenschwil. Nous instaurerons alors notamment la première « Conférence des jeunes» au niveau suisse, dont le but est de faire naître une véritable structure participative des jeunes dans notre Eglise (à l'instar de l'EEM au niveau mondial). 

2. Perception qu'a le Service de soi-même 

A l'occasion de la retraite du Service, au printemps 2010, nous avons redéfini, au cours d'un processus intense, la perception que nous avons de nous-mêmes. Notre nouvelle vision est la suivante: 

« Nous sommes le centre de compétences du travail avec les enfants, les adolescents, les jeunes adultes et les familles ». 

But de l'organisation et objectifs 

Nous nous considérons comme un centre de compétences et comme le principal centre de contact des églises de l'EEM dans le domaine du travail avec les enfants, les adolescents, les jeunes adultes et les familles. 

Nous aidons les églises à travailler d'une manière ciblée sur les relations. 

Nous proposons nos locaux pour des séances, des formations et des rencontres de l'EEM au niveau national ainsi que d'autres organisations. 

Valeurs centrales 

Nous sommes au service des églises locales, vivons une vision diaconale et nous considérons comme un prestataire de services. 

De par nos structures participatives, nous offrons aux églises locales et aux jeunes la possibilité de participer à notre organisation. 

Devise quant à notre action 

Nous savons (presque) tout et rendons (presque) tout possible. Nous aimerions transmettre sciemment notre savoir et rendre notre réseau de connaissances et de partenariats accessible aux églises locales. 


3. Décision de la CA 2010 concernant la stratégie Objectif-cadre: «Par le biais des églises locales de l'EEM Suisse-France, de plus en plus de personnes seront amenées à devenir des disciples de Jésus-Christ. » 

La principale tâche du Service consiste à encadrer le travail réalisé avec les enfants et les adolescents au sein des églises locales. La question de savoir si le Service doit également avoir une action directe sur l'extérieur et, le cas échéant, comment, reste à déterminer. 

Les Flambeaux de notre Eglise se considèrent comme une branche d'activité dont le but avoué est d'atteindre les enfants extérieurs à l'Eglise et, à travers eux, leurs familles. 

Dans le cadre de notre vision de notre travail, mais aussi de l'objectif-cadre, nous appuyons activement les églises dans le travail tourné vers les jeunes de l'extérieur. En voici quelques exemples: 

accompagnement d'églises locales dans des projets tournés vers l'extérieur (p. ex. Berne, Bâle);. mise en réseau de collaboratrices et collaborateurs par des rencontres d'échange organisées dans le cadre de « Lunches par niveau»; 

élaboration, par les niveaux IV et V, d'un outil de travail axé sur le travail avec les jeunes extérieurs à l'Eglise; 

formation de responsables du niveau V «Travail orienté sur des projets» et «Travail orienté sur des expériences vécues» entre jeunes du même âge. Cette formation soutient les jeunes adultes dans leurs contacts avec des jeunes du même âge extérieurs à leur église locale; 

nouveau travail avec les familles visant d'une part à intégrer activement les parents des enfants et des jeunes dans le travail (formation continue, échange, etc.) et d'autre part, à travers le thème « vivre sa foi à la maison », à les encourager à nouer et à entretenir des relations à leur lieu de domicile (voisinage); 

publication du magazine « Invista » (supplément du Kirche+Welt), successeur du «Flanell », qui présente le travail effectué dans les églises en ce qui concerne le domaine de Takano et l'expose ainsi à l'extérieur; 

création d'un nouveau site internet présentant l'ensemble du travail avec les jeunes de l'EEM, y compris les Flambeaux. Ce nouveau site s'adressera non seulement aux collaboratrices et aux collaborateurs, mais aussi aux parents et à toutes autres personnes intéressées en-dehors de l'Eglise; 

apparition de Takano sur une plate-forme sociale d'Internet. 

Dans la formation des pasteurs-jeunesse, le travail vers l'extérieur constitue l'une des priorités du travail pratique: « Le rôle principal du pasteur-jeunesse ou de la pasteure-jeunesse n'est pas d'alléger la tâche des personnes qui s'occupent des activités proposées par l'église locale. Il ou elle doit avoir du temps pour développer et mettre en œuvre des nouvelles activités destinées aux jeunes (50 % du temps de travail dans le circuit). Ces activités ne visent pas à maintenir des situations existantes au sein de l'église, mais s'adressent au contraire à des groupes-cibles. Elles doivent être conçues pour être différentes et, ainsi pour permettre à d' « autres» (des jeunes éloignés de l'Eglise) d'avoir accès à l'évangile. (Extrait de la description de projet comprise dans la formation de pasteur-ejeunesse). 

4. Pasteurs-jeunesse 

Malheureusement, au i " avril 2011, aucun jeune n'avait entendu l'appel pour suivre la formation de pasteur-jeunesse. Dans un circuit, un pasteur-jeunesse a pourtant senti cet appel, mais il a finalement décidé, en dépit de nombreuses dis- 


eussions, de ne pas devenir pasteur-jeunesse, mais de travailler comme collaborateur-jeunesse dans le circuit. 

Bien que le « trou» laissé dans la formation par cette volée manquante soit défavorable au cursus de formation, il permet de dégager des ressources. Nous allons les utiliser pour faire de la publicité dans les circuits pour le programme de formation des pasteurs-jeunesse et ses avantages « spécifiques à l'EEM » et pour offrir aux circuits un soutien concret dans l'appel des jeunes adultes. L'expérience montre en effet que l'engagement classique de collaborateurs-jeunesse ne permet souvent pas de développer durablement le travail avec les jeunes. 

Ruedi Stahli, de l'EEM de Schlatt, qui vient de commencer sa troisième année de formation, se sent à l'aise dans cette filière. La partie pratique et la partie théorique se complètent bien. Rebeka Burkhalter (EEM Soleure), Benjamin (3x3) et Carolin Kohr (Zurich 4) ont bien démarré leur formation et ont achevé avec succès le premier semestre. Carolin Kohr doit cependant interrompre sa formation pour une belle raison puisqu'elle attend un enfant. Elle continuera néanmoins à travailler dans le circuit et reprendra sa formation lorsque Benjamin aura terminé la sienne. 

Fin juillet 2010, Luzia Lins (Sevelen), David Gassamnn (Zofingue) et Samuel Meyer (Flaach) ont achevé avec succès leur formation. Tous trois poursuivent leur travail à temps partiel dans leurs circuits. 

La collaboration avec les responsables de la Haute école théologique de Reutlingen fonctionne très bien. La présence des trois nouveaux pasteurs-jeunesse en formation a fait surgir différents besoins d'adaptation du plan d'études, ce qui a entraîné quelques remous au début de semestre. Il en résulte que tous les éléments de la formation (théorie et pratique du travail avec les jeunes / disciplines théologiques / cours de base / pratique) sont désormais intégrés au système des crédits. Ce processus a une fois de plus démontré à quel point la collaboration avec la Haute école théologique de Reutlingen était réactive et peu compliquée. 

La branche « Théologie et pratique du travail avec la jeunesse », proposée aux pasteurs-jeunesse par le Service Takano, est désormais également ouverte aux autres étudiants sous la forme d'une branche à option. Le nombre de participants enregistré durant le semestre d'été est réjouissant puisqu'il comptait 14 étudiants; 10 étudiants se sont inscrits pour le semestre d'hiver. Nous étudierons cette année dans quelle mesure il est possible et judicieux d'ouvrir le cours de base et les 'journées en réseau' à d'autres collaborateurs et collaboratrices de l'EEM Suisse. 

s. GT KIK, par Christian Schmutz, président du GT KIK 

KIK= « Intervention concrète en cas de crise », groupe de travail de Takano. 

Durant l'année écoulée, nous avons à nouveau consacré la majeure partie de nos occupations au thème de l'exploitation sexuelle. Nous avons eu la désillusion de constater que ce problème ne s'arrêtait pas aux portes de notre Eglise. Suite aux expériences réalisées, nous allons chercher avec le Service Takano des manières d'améliorer encore la formation des collaboratrices et les collaborateurs actifs dans le travail avec les enfants et les adolescents et de les sensibiliser à ce sujet. Comme annoncé, nous collaborons actuellement avec le groupe de travail contre la violence et les abus pour élaborer un concept destiné à créer une équipe commune d'intervention en cas de crise disponible 24 heures sur 24 pour l'ensemble de l'EEM Suisse/France. Ses principales caractéristiques seront de proposer un numéro de téléphone unique à appeler en cas de crise et d'urgence, des interlocuteurs compétents aptes à traiter les problèmes et à offrir le plus rapidement 


possible une aide professionnelle ainsi qu'un groupe chargé d'élaborer des mesures de prévention et de formation sur la base des expériences vécues. Ces travaux sont étroitement liés et coordonnés avec ceux de l'état-major de crise. 

Reto Naqelin Beat Bachmann, direction du Service Takano 

3. Aperçu du travail spécifique aux niveaux 

NIVEAU 1 

o - 4 ans 

Ursi Bar-Welti, la spécialiste du travail avec les tout-petits, se rend dans les églises locales pour proposer des formations sur le thème: « Faire plus que garder des enfants ». Le but est d'expliquer qu'il est possible de faire découvrir très simplement aux tout-petits l'amour de Dieu pour eux. Elle propose désormais aussi des formations sur le thème « La foi à la maison », conçues spécifiquement pour les parents. Elle répond en outre à des demandes de conseils des églises locales concernant des projets « de bas seuil» « pendant la semaine », comme par exemple des moments de chants avec les petits, des moments de jeu chrétiens, des rencontres musicales, etc. 

Pour clarifier les besoins existants dans cette tranche d'âge, un « questionnaire sur la situation actuelle» a été envoyé à toutes les églises locales. Sur les 60 questionnaires expédiés, 26 ont été retournés. Le résultat montre qu'environ un tiers des églises locales qui ont répondu au sondage n'effectue aucun travail au niveau l, qu'un autre tiers s'occupe de 1 à 2 petits-enfants et que le troisième tiers compte de nombreux enfants en bas âge et propose un programme en conséquence. 

Parmi les autres projets menés durant l'année écoulée, mentionnons encore la conférence pour les tout-petits sur le thème de « Joseph », à Strasbourg, le programme des enfants mis sur pied à l'occasion du festival Takano sur le thème du « Bon berger» et la création du groupe de jeu « Chilemüüsli » à Zurich-Altstetten. 

NIVEAU II 

5 - 8 ans 

Au niveau II, notre spécialiste, Michèle Bachmann-Schweizer, a achevé le projet d'envergure relatif au matériel didactique. Nous disposons ainsi désormais d'un vaste matériel de travail, avec des leçons bibliques portant sur quatre ans qui suivent la chronologie biblique et l'année ecclésiastique et dont les histoires sont toutes adaptées à cette catégorie d'âge. 

Pour compléter ce matériel, Michèle travaille actuellement sur d'autres thèmes comme « Les femmes dans la Bible» et un dossier d'idées pour l'organisation de semaines destinées aux enfants. Outre différentes présentations axées sur ce niveau et une formation sur le thème « Raconter des histoires de manière créative », l'autre priorité de cette année a été l'élaboration d'un concept de méditation pour la rencontre suisse des Flambeaux « Point 11 ». 

NIVEAU III 

9 - 11 ans 

Au niveau III, il existe déjà un matériel de travail sur les connaissances bibliques et pouvant être utilisé sur au moins deux ans. Nous sommes convaincus que cette catégorie d'âge représente un élément particulièrement important pour le concept de Takano. C'est en effet dans ce niveau que les enfants peuvent découvrir la Bible sous une forme ludique et créative. Il vaut la peine de travailler avec la Bible lors des rencontres avec les enfants de cet âge, et non pas « seulement» 


de raconter des histoires ou de réserver les cours bibliques aux adolescents plus âgés. L'expérience a démontré que les leçons portant sur les connaissances bibliques destinées au 9-11 ans peuvent être conduites dans le cadre du culte de l'enfance, le dimanche matin, par des bénévoles ou durant la semaine, par exemple, par un membre du corps pastoral. 

La collaboration au sein de l'association inter-paroissiale « KidsTreff Suisse» revêt une grande importance pour le travail avec les enfants. Ce modèle permet aux enfants de faire l'expérience de l'amour de Dieu d'une manière créative et pleine d'enthousiasme, tout en étant accompagnés dans la foi. Ce modèle complète par ailleurs idéalement le concept de Takano. Les grandes journées de séminaire du travail « KidsTreff », que nous organisons d'entente avec les délégués de Chrischona, de l'Alliance des Eglises évangéliques libres, de l'Alliance des communautés pentecôtistes évangéliques et de l'Union des assemblées missionnaires, sont également très enrichissantes pour les collaborateurs et les collaboratrices. Régulièrement, une trentaine de membres des églises de l'EEM travaillant avec les enfants participe aux journées de séminaire de « KidsTreff ». 

NIVEAU IV 

12 - 16 ans 

Au niveau IV, notre spécialiste Micha Kunkler travaille notamment sur les projets suivants: 

Camp IV 2011, le « Camp d'enseignement» national sur le thème: «Qui détient le pouvoir? » 

« Rencontre suisse Point 11 »: nouvelle forme de méditations pour les adoles- 

cents, avec des apports interactifs 

transition IV-V, coaching de projets dans les églises 

cultes divers pour et avec les jeunes 

« Action 72 heures», menée en septembre 2010 

Une étroite collaboration s'est développée entre les niveaux IV et V. Nous aimerions encourager les églises locales à se concentrer sur le passage de l'adolescence à l'âge d'adulte afin de clarifier les besoins à cet égard et de lancer des projets conjointement avec les jeunes. 

NIVEAU V 

17 - 30 ans 

Barbara Morf, la spécialiste du niveau V, s'est rendue dans différents groupes de jeunes adultes et a proposé plusieurs projets nationaux pour cette tranche d'âge. Les deux modules de formation « LeaderV» ont ainsi pu être organisés. L'offre d'hiver ViliaCamp, proposée en collaboration avec la Ligue pour la lecture de la bible à la Villa Backpackers, a dû être annulée faute de participants. Nous avons malgré tout décidé de réorganiser ce camp et envisageons la possibilité d'élargir l'offre aux familles. 

De manière générale, il est très difficile de motiver les jeunes adultes à s'intéresser à des activités inter-paroissiales. L'écho que nous entendons généralement lorsque nous parlons de nos projets est: « Ça a l'air super - jamais entendu parlé, il y a déjà tellement de trucs dans notre églises! ». 

Pour que les jeunes, ainsi que les enfants et les adolescents de l'EEM, aient voix au chapitre au sein de l'Eglise, nous travaillons à l'élaboration d'une Conférence suisse pour les jeunes dont le coup d'envoi sera donné le dimanche 30 octobre, lors du festival ImPuls. 

En collaboration avec le niveau IV, nous préparons actuellement un nouveau dossier de travail axé sur le travail avec les jeunes extérieurs à l'Eglise. 


Evaluation des objectifs 

Instituer de nouvelles structures avec des groupes spécialisés (pour remplacer le Conseil chargé des niveaux) 

La réorganisation de la Commission Takano en groupes spécialisés continue à occuper la commission. Le processus n'est pas encore terminé. Nous poursuivrons notre travail sur ce sujet lors de la retraite de la Commission prévue le 25 juin 2011. 

Resserrer les liens entre les niveaux IV et V en proposant en particulier aux paroisses une formation sur l'intégration des jeunes adultes 

L'outil de travail conçu aux niveaux IV et V est en cours d'élaboration. 

Le concept de formation est terminé. 

Les modules de formation continue sont en cours de planification. 

La formation des LeaderV a été menée avec succès. 

Introduire une nouvelle identité visuelle par le biais du site internet et du magazine 

• Le nouveau magazine «Invista» (supplément du Kirche+Welt), qui contient des rapports sur le travail avec les enfants, les adolescents et les jeunes adultes de l'EEM Suisse est désormais publié. 

Un nouveau site internet est en cours de création. 

Nouveaux objectifs 

Pour l'année de conférence à venir, les objectifs stratégiques découlant de l'objectif-cadre de l'EEM Suisse ainsi que de notre propre vision et mission sont les suivants: 

Communiquer activement la nouvelle vision par le biais d'un Mission Statement et le faire découvrir à un minimum de dix circuits. 

Lancer au moins trois projets individuels (projets modèles/pilotes) destinés à des églises spécifiques. 

Proposer des modules de formation continue et des événements destinés à motiver et à former les collaborateurs et les collaboratrices dans le domaine de l'accompagnement de personnes. 

Elaborer l'outil de travail destiné au travail avec les jeunes extérieurs à l'Eglise. 

Offrir des prestations (conférence des jeunes, ImPuls, nouveau site internet, formations continues) qui aident les jeunes à avancer dans la foi. 

Organiser le festival ImPuls 2011 et la conférence des jeunes (participation et intégration des niveaux IV et V à la culture interne caractéristique de l'EEM). 

Reto Nagelin, Beat Bachmann, direction du Service Takano 

4. Aperçu du travail des Flambeaux 

Infos 

Pour les Flambeaux, l'année 2010 a été une année de bouleversements. Le Comité directeur avait pour tâche de mettre en œuvre les changements structurels décidés lors de l'Assemblée des délégués 2009. La nouvelle structure prévoit que les Flambeaux soient désormais conduits par un organe directionnel, à savoir le Comité directeur des Flambeaux. La direction opérationnelle et stratégique des Flambeaux, jusqu'ici réparties entre le Conseil des Flambeaux et le Comité, sont ainsi maintenant réunies au sein du Comité directeur. Le travail effectué en 2010 


reposait déjà sur les nouvelles structures. Les règlements ont quant à eux été adaptés progressivement jusqu'à être adoptés par l'Assemblée des délégués 2010. 

Outre cette restructuration, aujourd'hui achevée, nous avons entamé les préparatifs de la rencontre suisse. Le CO est actif dans six domaines, qui comprennent un total de 46 départements. Ce chiffre laisse entrevoir l'importance des ressources des Flambeaux engagées dans le «Point 11». La rencontre suisse a ainsi déjà constitué l'un des points-forts de notre activité et gagnera encore en importance jusqu'à ce qu'il soit derrière nous. Il s'agit là d'un moyen idéal pour les Flambeaux de continuer à grandir ensemble, d'une part au sein des différents groupes de Flambeaux présents dans les diverses régions et d'autre part en tant que régions. Pour ce faire, les collaboratrices et collaborateurs travaillent au sein de départements nouvellement créés qui ne se connaissaient pas auparavant. Je suis toujours étonné de voir tout ce qui peut être réalisé dans un réseau comme les Flambeaux grâce d'une part aux précieux contacts et relations existants et d'autre part aux anciens responsables désireux de s'engager durablement après avoir dirigé un groupe local. A propos de la rencontre suisse: la journée des visites, avec le culte (qui, nous l'espérons, est inscrit dans tous les agendas des églises), aura lieu le 31 juillet 2011 dans la grande tente! 

Outre les points susmentionnés, il convient d'évoquer la formation. Le vaste éventail de formations a pu être maintenu grâce aux nombreux responsables de formation et collaboratrices et collaborateurs motivés. Durant l'année écoulée, 60 jeunes ont appris, dans le cadre de la formation de base, le savoir-faire de la technique des Flambeaux. La formation de responsable de groupe, reconnue par Jeunesse et Sport (J+S), a été suivie par une cinquantaine de responsables. Lors du culte de l'Assemblée générale du 20 mars, 22 personnes ont pu être envoyées en tant que responsable de camp ou responsable principal, deux titres reconnus par J+S. Ces responsables formés retournent ensuite dans les groupes de Flambeaux locaux, au sein de leurs églises, avec un rôle de responsable et un sac à dos débordant de choses apprises, d'expériences vécues et de compétences acquises. Il est réjouissant et appréciable de constater que les connaissances qu'ils se sont appropriées sont maintenant transmises et appliquées dans les églises et viennent enrichir les activités proposées. 

Il convient également de mentionner ici une offre de cours particulier, à savoir le cours pour les cadres (<<KaKu»). Nous nous félicitons aussi de la réussite du lancement du nouveau festival ImPuls. Les nombreux échos positifs qui nous sont parvenus suite à cet événement, auquel nous avions intégré le cours pour les cadres, nous permet d'envisager avec optimisme le prochain festival ImPuls commun, fin octobre, qui comprendra à nouveau un cours pour les cadres. 

Depuis l'Assemblée générale, la présidence des Flambeaux a été repourvue après avoir été vacante pendant toute une année. L'Assemblée a en effet élu avec enthousiasme Nicole Becher, «Viva», comme nouvelle présidente des Flambeaux. Elle se présente elle-même ci-après. 

« Castor », Martin Graber, spécialiste des Flambeaux + direction ad intérim du Comité des Flambeaux durant la vacance de la présidence 

Nouvelle présidente 

Je suis heureuse d'avoir repris la présidence des Flambeaux! 

Mes contacts, encore récents mais très intenses, avec les Flambeaux de notre circuit m'ont motivée à me lancer dans le travail avec les Flambeaux. C'est avec plaisir que j'investirai ma personne et mes dons pour soutenir ce travail. 


Je trouve que les Flambeaux constituent une super activité de l'EEM pour permettre à des enfants de découvrir la foi et l'Eglise. En effet, même s'ils n'iront jamais à l'église (en dehors des manifestations organisées par les Flambeaux), ils recevront un tas de choses utiles pour la suite dont ils pourront se servir plus tard. C'est d'autant plus important d'équiper de connaissances solides dans toutes les questions liées à la foi et à l'Eglise les personnes qui ont des contacts avec les enfants et qui dirigent les Flambeaux. 

Je trouve tout aussi important de bien faire comprendre aux églises et à leurs organes dirigeants le trésor que représentent les Flambeaux dans la communauté. Or, ces deux éléments font partie des tâches de la direction des Flambeaux - et donc de la présidente des Flambeaux. 

Après la première phase d'adaptation au sein du Comité (avec, notamment, les travaux de finalisation des nouveaux règlements - cela faisait longtemps que je n'avais plus lu autant de règles commencent désormais la mise en œuvre des nouvelles structures et l'élaboration de nouveaux projets -, sans oublier bien sûr la rencontre suisse « Point 11 »

Lève les yeux - relève ton prochain! « VIVA », Nicole Becher, présidente des Flambeaux 



Les enfants et les jeunes sont à considérer comme des facteurs  de renouveau pour l’église. Leur manière de poser des questions est de nature à revitaliser les liens dans l’église. Ils nous enrichissent dans notre existence jusque dans l’église.

Tout commence en famille.



Objectif cadre 2010-2018

Par le biais des églises locales de l’EEM Suisse/France, de plus en plus de personnes seront amenés à devenir des disciples de JCH.

Il s’agit de mettre de plus en plus de personnes en mouvement à la suite du Christ.

Notre devoir consiste à ce que l’église, notre église soit une patrie pour nos enfants, un home où il fait bon vivre, où ils aient plaisir à vivre.

La brochure Takano «Dieu a plusieurs facettes» nous motive à repenser l’image que nous avons de Dieu.

C’est passionnant de voir quelles sont les images des ados et comment cette image de Dieu se transforme au cours des leçons.

INVISTA ce mot en romanche se traduit par avoir une vue d’ensemble pour prendre connaissance, et c’est justement cette connaissance de la grande diversité du travail qui marque la ligne éditoriale du journal édité par Takano.

«Nous veillerons à rendre attractifs nos cultes pour les jeunes de manière à rendre plus aisée leur participation à la vie de l’église».

LES JEUNES VEULENT ÊTRE ENTENDUS ET PARTICIPER ACTIVEMENT AU DÉVELOPPEMENT. La question est de savoir si nous les soutenons ou les bloquons.


Matthias Maurer.

«Il s’agit de rendre les jeunes participants.»

«Toute entreprise a ses risques : la fidélité dans l’exercice de la responsabilité est nécessaire comme le soutien à apporter aux jeunes quand ils émettent une idée créative, un projet…»


SOUTENEZ LES JEUNES ET NE LES LAISSEZ PAS TOMBER.

LES JEUNES SONT UNE ÉNERGIE VITALE

Samedi - Église et Société


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH



Eglise et société Markus Da Rugna et lorg Niederer 

Contenu et thèmes 

Après les bonnes expériences faites lors de la CA 2010 en participant à la présentation du temps fort, nous nous sommes remis à l'ouvrage sur divers thèmes actuels. 

- En plus de nos prises de positions en rapport avec des campagnes de votations, nous nous sommes occupés de la polarisation et du caractère émotionnel croissants des affiches et des discussions y relatives. Quo vadis Helvetia7 

- La « Décennie Vaincre la violence» du Conseil œcuménique des Eglises a été clôturée en décembre passé par un culte œcuménique, auquel J6rg Niederer a participé. 

- Dans l'optique d'étendre le réseau, nous sommes en contact avec Hans Martin Renno, le nouveau « chargé de la responsabilité diaconale et socio-politique » de la CC d'Allemagne. 

- Notre projet de nous engager pour sensibiliser plus fortement les églises locales à la cause de la diaconie, nous a occupés pendant plusieurs séances (voir ciaprès). 

- Personnel: après 10 ans de collaboration, Christa Wichers met fin à sa participation à notre groupe de travail. Nous la remercions très cordialement pour tous ses apports et lui souhaitons une bonne sensibilité pour ses engagements futurs. 

- Le Comité exécutif de la Conférence centrale du Centre et du Sud de l'Europe a décidé de co-soutenir deux pétitions à la Conférence générale 2012: 

- en collaboration avec l'Agence générale Eglise et société et la Conférence centrale d'Allemagne (et éventuellement la Conférence centrale de l'Europe du Nord), une motion est adressée à la Conférence générale aux fins d'obtenir la révision complète des Principes sociaux, afin que les mini-résolutions actuelles redeviennent de vrais principes; 

- en collaboration avec la Conférence centrale d'Allemagne, une motion est adressée à la Conférence générale aux fins d'obtenir qu'une compensation C02 obligatoire soit introduite pour tous les vols aériens effectués à tous les niveaux de la dénomination mondiale. 

Des informations relatives à ces deux résolutions peuvent être obtenues auprès de J6rg Niederer. 

Réaction à la stratégie 

Le Groupe de travail Eglise et société est l'unité au sein de la commission 21 qui suit - ou entreprend d'étudier - les thèmes sociaux et éthiques. Eu égard aux deux domaines de la «sanctification personnelle» et de la «sanctification de la société (sociale)» qui contribuent à atteindre l'objectif d'amener des femmes et des hommes à devenir disciples du Christ, la priorité de la commission porte clairement sur le domaine social, sociétal. 

Rétrospective: jusqu'ici, le GTC 214 a pris position au sujet d'initiatives et de votations aux contenus sociaux importants pour l'Eglise. Il s'est également pen- 


ché sur des questions éthiques prioritaires, essayant ainsi de promouvoir au sein des églises locales une prise de conscience accrue du Profil social. 

Les personnes venant du domaine de la théologie sont très bien représentées au sein de la commission. De nouveaux membres, issus du domaine politique, sont venus s'y ajouter. Les professionnels du travail social y sont sous-représentés. Jusqu'ici, le groupe de travail n'a guère pu contribuer à un travail social qualifié au niveau des circuits, du fait que nous ne disposions ni du temps ni du personnel professionnel nécessaires. Il n'y a pas de poste pour ce genre de travail, contrairement à la Conférence centrale d'Allemagne. Tout se fait sur la base du volontariat. 

Réorientation: le groupe de travail Eglise et société est l'un des rares programmes de travail au sein de l'EEM à souligner la responsabilité sociale et sociétale liée à la mise en œuvre de la stratégie. Quiconque veut amener des personnes à devenir disciples du Christ, doit faire en sorte, de manière crédible, que son message se transforme en actes. L'évangélisation a toujours lieu dans le cadre d'une relation dialectique entre proclamation et action opérant sous le signe du Royaume de Dieu qui arrive. 

Mesures: 

Le groupe de travail étudie dans quelle mesure l'engagement temps partiel) d'un professionnel pourrait contribuer à la formation et à l'accompagnement technique des circuits dans le cadre de la mise en œuvre de projets et d'activités dans le domaine social. Ceci devrait se faire en collaboration avec « Formation et Conseils» et « Connexio Suisse-France ». Des entretiens préliminaires entre ces trois organes devraient avoir lieu encore avant la CA 2011. 

Les églises locales devraient être sensibilisées à l'idée d'intégrer à leur programme des thèmes sociaux important pour la population environnante. Ceci dit, des passerelles visibles et concrètes devraient relier une action socialement responsable et la prédication. Il faut les deux éléments pour parvenir à une compréhension globale du salut et de la liberté chrétienne. A l'avenir, il sera veillé avec plus d'attention à ce que la documentation destinée aux églises locales montre ce qu'il y a de spécifiquement chrétien dans l'action éthique au sein de la société. 

Les thèmes de notre travail sont toujours à jour sur: http://emk-kircheundgesellschaft.ch/

Samedi - Connexio


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH



Des réunions sont en vue dans un proche avenir sur l’Afrique et les Roms en Europe centrale.

Des voyages et des rencontres sont programmés au Zimbabwe, Cambodge et en Bolivie.

«Nous avons la mission et la diaconie dans le sang, elles sont partie intégrante de l’EEM.

Merci à tous les donateurs qui ont versé des millions de dons cette année. Merci de vivre Connexio dans le monde entier toute l’année.»

«Nous sommes appelés à vivre notre solidarité avec les frères de l’Est, de l’Afrique et d’Asie qui n’ont que peu de ressources. Redisons-le dans nos communautés locales».


Le rapport


Connexio 

Réseau pour la mission et la diaconie 

Introduction 

L'un des postulats énoncés lors de la création de Connexio était que nous voulions être une organisation apprenante, c'est-à-dire que nous voulions régulièrement continuer à nous former et constamment adapter notre action aux nouvelles connaissances acquises et expériences réalisées. Nos thèmes annuels, à savoir «je veux voir ce qu'il y a» (2010) et «je veux comprendre» (2011), reprennent ce sujet et visent à nous aider à réfléchir au type de «formation» dont nous avons besoin aujourd'hui et aux problèmes d'éducation et de formation, auxquels nos partenaires sont confrontés dans les divers pays où nous sommes engagés. L'une des conclusions de notre réflexion est que les conditions-cadre de notre travail évoluent constamment et que le «changement» constitue en fait un état permanent. 

A l'instar de tous les organes de l'EEM, Connexio a été prié de préciser en quoi l'organisation pouvait contribuer à la réalisation des objectifs fixés par la stratégie de l'EEM: « ... de plus en plus de personnes seront amenées à devenir des disciples de Jésus-Christ». Connexio se considère là aussi comme un instrument de l'EEM Suisse-France auquel les églises locales et les organes peuvent recourir pour initier et mettre en œuvre des projets allant dans ce sens. L'une des nouvelles priorités de Connexio à cet égard est le travail auprès des jeunes adultes qui désirent s'investir dans la mission et la diaconie. Un objectif a d'ailleurs d'ores et déjà été atteint dans ce domaine: la demande d'engagements de courte durée n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui; actuellement, deux personnes se trouvent ainsi au Cambodge, une autre en Argentine et une quatrième au Chili. 

Notre but, et nous sommes convaincus que nous y parviendrons, est que de plus en plus de jeunes s'intéressent au travail de Connexio et s'engagent eux aussi dans la mission et la diaconie. 

Département Afrique 

Responsable du département: Oesch Christine Schneider-; 

autres membres: Roland Baumann, Elisabeth Guldener, Claire Meier (dès mars 2011), Marianne Tapis (jusqu'à fin 2010), pasto Stefan Zolliker (jusqu'à juin 2011), Daria Hofer (depuis septembre 2010), Andreas Stârnpff (ex officio). 

Contexte 

Le département Afrique entretient des relations avec nos Eglises partenaires en République démocratique du Congo et au Zimbabwe. Comme ces dernières années, ces deux pays ont été en butte, durant l'année sous rapport, à des difficultés économiques et politiques. Le Congo continue à souffrir des conséquences de la crise financière mondiale et, à l'Est du pays en particulier, de troubles assimilables à une guerre civile. Dans la région minière du Sud du pays, d'innombrables personnes demeurent sans emploi et les tensions sociales se sont exacerbées. Au Zimbabwe, l'instabilité politique s'est à nouveau intensifiée. Les rumeurs qui circulent au sujet du mauvais état de santé du dirigeant Robert Mugabe inquiètent les gens et font fuir les investisseurs potentiels. Dans le même temps, les préparatifs des nouvelles élections présidentielles ont démarré; ils s'accompagnent de mesures d'intimidation contre la population. 


République démocratique du Congo 

Au Congo, nous avons aujourd'hui des contacts avec les trois régions épiscopales: 

- au Congo central Connexio se concentre sur le renforcement des structures de base de l'Eglise; 

- au Nord-Katanga, Connexio a mis la priorité sur le domaine de la santé et le travail avec la jeunesse; 

- au Sud-Congo, le département Afrique continue à soutenir les projets suivants: CDIM (projet agricole pour la région de Mulungwishi), partenariats inter-paroissiaux avec Mulungwishi et Kolwezi, partenariat avec l'Université Méthodiste au Katanga (en particulier cofinancement d'une évaluation destinée à définir la future orientation de l'institution). 

En 2010, l'Eglise méthodiste au Congo a célébré ses 100 ans d'existence. A cette occasion, Connexio a versé 100 000 francs pour la construction et la rénovation de trois bâtiments importants situés dans la station missionnaire de Mulungwishi. Connexio a en outre délégué quatre personnes pour la représenter aux festivités. 

Mulungwishi: Le terrain qui abrite la station missionnaire, y compris l'Université, les écoles, les cliniques, etc., appartient à l'Etat, qui le met à la disposition de l'Eglise par le biais de contrats à long terme. La reconduction de ces contrats ayant été «oubliée» pendant des décennies, l'Eglise a soudain risqué de perdre le terrain en quelques semaines. Le problème est probablement lié au fait que les richesses présumément contenues dans le sous-sol de la région ont éveillé l'avidité de certains. Connexio a alors rapidement payé une avance de 40'000 USD pour permettre à l'Eglise de préserver ses droits. D'autres partenaires ayant également versé des montants considérables, Connexio a finalement pu transformer l'avance en contributions régulières qui seront attribuées à différents projets en 2011. 

Projet agricole: depuis quelques années, la direction opérationnelle et stratégique du projet se trouve dans les mains de Congolaises et Congolais, respectivement de l'Eglise locale. Force est de constater que le projet ne représente pas une priorité pour la direction de l'Eglise et que le personnel dirigeant local est souvent dépassé par les événements. En fait, nous devrions continuer à assurer soutien et accompagnement, mais sommes tout simplement trop éloignés pour le faire. La suite du projet n'est pas très claire pour l'instant. Les objectifs que nous avons formulés (coaching pour le responsable local du projet) n'ont pas été atteints. Dans l'ensemble, l'impact du projet dans les villages s'avère positif, mais il est menacé par les problèmes structurels encore irrésolus. 

Université: après avoir reçu une multitude de demandes pour répondre aux préoccupations les plus diverses, nous avons demandé à plusieurs reprises une évaluation globale de la situation et l'élaboration d'un concept relatif à l'avenir de l'Université. Finalement, nous avons nous-mêmes financé une évaluation. Nous disposons désormais d'un rapport exhaustif, qui expose parfaitement les principaux problèmes (administration et comptabilité médiocres, etc.), mais ne propose aucune solution, hormis la planification détaillée de la construction d'un nouveau campus pour 6 000 étudiants. Nous constatons que nos partenaires africains procèdent différemment de nous: pour bâtir une université au Congo, il faut d'abord recruter le plus d'étudiants possible. Les frais d'écolage servent alors à payer le salaire des professeurs invités puis, peu à peu, à construire l'infrastructure (logements, auditoires). Ce mode de fonctionnement n'est pas compatible avec notre vision de la planification et de la mise en œuvre d'un projet, et encore moins avec celle de donateurs potentiels comme la Direction du développement et de la coopération (DDC) et les fondations. Au vu de ces différences criantes, nous devons nous demander ce que signifie «être partenaire». 


Zimbabwe 

Notre engagement au Zimbabwe se concentre sur l'hôpital de Mutambara, qui comprend également, entre autres, une école de soins infirmiers, un service de santé de base et un programme de lutte contre le SIDA. A la fin de l'année une école pour sages-femmes a ouvert ses portes. Des femmes infirmières diplômées et au bénéfice d'une expérience professionnelle peuvent y suivre une formation continue pour devenir sages-femmes. Connexio a versé une contribution de 14'500 USD pour la rénovation des chambres et des salles de cours ainsi que pour l'assainissement, urgemment nécessaire, des installations sanitaires et de la cuisine. L'argent a également permis d'acheter du matériel didactique. 

Le partenariat prévu depuis longtemps déjà entre le centre de formation bâlois 'Bethesda Bildung Basel' et l'hôpital de Mutambara se met en place. L'automne dernier, le responsable de la formation de l'école de soins infirmiers au Zimbabwe et la Sœur supérieure ont visité l'hôpital et l'école de soins infirmiers de Bethesda. En décembre, les deux premières stagiaires ont effectué un engagement de courte durée à Mutambara. Trois autres suivront en janvier 2011. Les premières expériences réalisées sont positives. 

L'absence de moyens de communication dans les régions rurales du Zimbabwe posant de gros problème, nous avons décidé de participer à l'installation d'une connexion internet pour Mutambara (hôpital, écoles, Eglise). Malheureusement, il nous manque le savoir-faire local et les interlocuteurs sur place pour mener à bien un tel projet. Désireux de tenir compte de l'avis de l'Eglise et de ses priorités, nous essayons d'établir des contacts avec l'évêque et le surintendant afin de planifier avec eux les prochaines étapes de ce processus. 

Durant l'année sous rapport, Connexio a contribué à financer l'exploitation courante de l'hôpital ainsi que les salaires des médecins. Nous poursuivons ainsi notre objectif visant à encourager le personnel qualifié local à rester à Mutambara - et au Zimbabwe en général. 

Département Afrique du Nord 

Responsable du département: Sr Vroni Hofer; 

autres membres: pasteur Daniel Nussbaumer (surintendant de l'Afrique du Nord, ex officio), évêque Patrick Streiff, Dorothée Keller (jusqu'en octobre 2010), Thomas Rodemeyer (depuis octobre 2010), pasto Ueli Sennhauser, Andreas Stârnpff (ex officio). 

Tâche 

Les communautés de l'EEM en Algérie font partie de la Conférence annuelle de l'EEM Suisse-France. Le département soutient le pasteur Daniel Nussbaumer dans sa tâche d'accompagnement de ces communautés. 

Situation actuelle 

Actuellement l'EEM compte des communautés à Alger, Oran, Ouacif, Constantine et Larbaa Nath Irathen. Il est réjouissant de constater que ces communautés peuvent se réunir et célébrer des cultes librement, et qu'elles le font! Dans les communautés de la Kabylie, à Laarba et Ouacif, des personnes se tournent vers le Christ et sont baptisées. Le travail parmi les femmes s'avère fructueux. Les deux communautés grandissent. 

Constantine: depuis novembre 2009, Hamid Guernine effectue un bon travail comme responsable de la communauté. Les cultes rassemblent entre 12 et 25 personnes. Tous les jours, des visiteurs viennent en outre sonner à la porte; Ce 


sont des personnes qui s'intéressent à la foi chrétienne, des étudiants et des enseignants de l'Université toute proche, des ressortissants de l'Afrique noire, des religieux. 

Oran: la situation est toujours délicate en raison de l'absence de pasteur. 

Alger: le 30 novembre 2010, à l'issue d'une année mouvementée, le bâtiment de l'Eglise réformée, à Alger, a été confisqué et ses habitants expulsés. Sœur Anne-Geneviève est rentrée dans sa maison-mère, à Grandchamp (CH), après avoir servi pendant plus de 50 ans en Algérie. Roger Correvon et Kamel Saoudia ont pu emménager dans la maison, vide, d'un membre de la communauté. L'Eglise catholique leur a mis une chapelle à disposition à Hydra. Les responsables de l'EPA ont investi le bâtiment confisqué. Ils ont propagé le mensonge selon lequel Roger Correvon serait rentré en Suisse et affirmé qu'il n'y avait plus de communauté réformée à Alger. Un noyau de dix personnes a célébré Noël ensemble à Hydra. Depuis, les cultes accueillent à nouveau une vingtaine de personnes. 

Département Amérique latine 

Responsable du département: Barbara Oppliger; 

autres membres: Martina l.àubli, pasto Daniel Nussbaumer, Barbara Mazotti (jusqu'à fin 2010), Lorna Barra (depuis juillet 2010), Andreas Starnpff (ex officio). 

Rencontres 

Après plusieurs mois d'apprentissage de la langue et d'acclimatation en Bolivie, Lukas et Rahel Fankhauser, ainsi que leurs quatre enfants, ont débuté leur travail en Amérique latine en mars 2010. Au cours de l'année, Lukas Fankhauser, accompagné de la responsable du département, Barbara Oppliger, et du secrétaire exécutif, Andreas Stàrnpfli, a rendu visite aux directions des Eglises de Bolivie, d'Argentine et du Chili et participé aux tables rondes des Eglises méthodistes en Argentine et au Chili. Dans ces deux pays, de nouveaux évêques sont entrés en fonction et leur Cabinet respectif a été remanié. Le président de l'Eglise méthodiste d'Uruguay a également assisté à la table ronde organisée en Argentine. Le contact personnel avec ces nouveaux interlocuteurs est particulièrement important et précieux. 

Au printemps 2010, des représentants de Connexio ont participé aux festivités marquant le dixième anniversaire du CREAS. 

En février 2011, 18 personnes ont effectué un voyage en Argentine et au Chili, sous la conduite des membres du département Martina l.àubli et Daniel Nussbau mer. Ce voyage de rencontres de trois semaines, comprenant des visites dans les églises locales de l'EEM et des excursions dans certaines des merveilles naturelles de la Patagonie, a remporté un franc succès. 

Toujours en février 2011, six personnes venues de Suisse sont allées aider la communauté méthodiste de Tarija, en Bolivie, à rénover sa chapelle. Cet engagement, dirigé par Lukas Fankhauser, a été très apprécié des deux côtés. 

Argentine 

Depuis début 2011, Connexio soutient dans plusieurs villes des foyers pour étudiants de la IEMA. Ces foyers offrent à des étudiantes et des étudiants issus de familles à faible revenu un lieu où ils peuvent se loger et manger à moindre coût, dans une ambiance familiale. Les étudiantes et les étudiants s'engagent en contrepartie à aider, quelques heures par semaine, des enfants des quartiers pauvres à faire leurs devoirs. 


Depuis quelques temps, Denise Sigrist appuie la IEMA dans ses contacts avec les Eglises partenaires à l'étranger. Elle contribue ainsi aussi au maintien des relations avec la Suisse. 

Bolivie 

L'engagement des Fankhauser porte ses fruits. La mise en œuvre, l'élaboration des rapports et l'évaluation des projets fonctionnent mieux maintenant que les personnes responsables peuvent bénéficier d'un suivi et de conseils. Les personnes sans formation ont en effet parfois de la peine à dépenser de l'argent, même si les fonds en question ont été autorisés et budgétés. Les familles pauvres et leurs enfants profitent désormais plus tôt et mieux des projets qui leur sont destinés. Le projet de bourses pour les femmes a été amélioré, de même que l'infrastructure des centres pour femmes. 

Chili 

Dans la collaboration entre Connexio et l'Iglesia Metodista de Chile (IMECH), l'accent est mis sur l'appui au travail parmi les Mapuche, au sud du Chili. Connexio finance notamment un projet de formation continue pour les femmes Mapuche, qui sont issues de milieux très pauvres et très simples, afin de les aider à mieux s'occuper de leur famille et à lui offrir un soutien plus solide. Une évaluation du projet est prévue en mai 2011. 

Outre la prise de contact des nouveaux dirigeants de l'Eglise, la table ronde a été largement consacrée aux dégâts causés par le tremblement de terre qui a secoué le Chili fin février 2010. Près de 500 personnes ont été tuées. Le séisme, de magnitude 8,8 a non seulement détruit des quartiers d'habitation, mais aussi endommagé des chapelles de l'Eglise méthodiste. Connexio soutient leur reconstruction en envoyant de l'argent prélevé dans le Fonds d'aide d'urgence. 

Département Asie 

Responsable du département: Daniel Husser; 

autres membres: Daniel Keo (communauté cambodgienne, Strasbourg), pasto Beyong Koan Lee, pasto Stefan Pfister, pasto Peter Siegfried, Heidi Schnegg (depuis août 2011), Daria Hofer (depuis septembre 2010), Andreas Stàrnpfti (ex officio). 

Développement de l'Eglise Méthodiste au Cambodge 

Le département s'engage en faveur du développement de l'Eglise Méthodiste au Cambodge. Cet appui s'effectue en étroite collaboration avec les Eglises Méthodistes de Corée, de Singapour, de l'Eglise méthodiste sinophone de Malaisie et des Etats-Unis. 

De nombreux dirigeants ayant été assassinés durant la guerre civile, la Methodist Mission Cambodia (MMC) manque de cadres locaux. Il est donc urgent, de former des Cambodgiennes et des Cambodgiens et de leur confier des responsabilités. Depuis août 2010, les dix surintendants de la MMC sont des Cambodgiens. En août 2010, Andreas Stârnpff et Peter Siegfried ont assisté à la séance du 'Coordinating Board' et à la Conférence de mission. En janvier 2011, le 'Implemention Committee' s'est en outre réuni à l'école biblique de Phnom Penh. Connexio y était représenté par Andreas Stârnpfti et Daria Hofer. Le comité soutient la MMC dans le développement d'une Eglise autonome. Parallèlement à la prise de responsabilités, le but est aussi de réduire la dépendance financière par rapport à l'étranger: en 2010, les églises locales ont couvert 10% de leurs besoins financiers. L'année précédente, ce pourcentage ne s'élevait qu'à 7%. Actuellement, il existe 200 églises locales et près de 3'000 membres adultes. Le nombre de visiteurs aux cultes a augmenté de 700 personnes, ce qui correspond à une croissance de 12%. 

La joie de voir cette Eglise grandir si rapidement a été assombrie par le départ de certains pasteurs et pasteures et par la scission de plusieurs communautés. C'est la raison pour laquelle John Ling, un médiateur de Malaisie, appuie depuis début 2010 un processus de réconciliation entre les communautés et les pasteures et pasteurs qui ont quitté l'Eglise. En collaboration avec la communauté cambodgienne de Strasbourg, Daniel Husser et Daniel Keo ont pris contact avec plusieurs des pasteurs concernés. Des signes réjouissants indiquent que certains d'entre eux sont prêts à se lancer dans ce processus de réconciliation. 

Formation et coopération au développement 

En plus des contributions financières versées par la MMC, plusieurs personnes s'engagent personnellement pour l'édification de l'Eglise Méthodiste au Cambodge: 

Peter Siegfried et Stefan Pfister ont organisé en 2010 trois cours de formation continue destinés aux responsables des communautés. Il s'agit d'un complément pratique aux matières théoriques enseignées durant la formation à l'école biblique. 

Jusqu'ici Connexio attribuait des petits montants aux projets sociaux mis sur pied par les églises locales. Désormais, il soutiendra un projet de développement rural de plus grande envergure appelé CHAD (Community Health and Agricultural Development), l'Eglise méthodiste finnoise, respectivement l'autorité chargée du développement en Finlande, ayant décidé de mettre un terme à son appui financier. 

Venue d'un représentant et engagements de courte durée 

En mars 2011, le pasteur Romeo dei Rosario, responsable du pays, se rendra en Suisse. Romeo dei Rosario, surintendant, a effectué une visite en Suisse. Romeo dei Rosario est l'un de nos interlocuteurs le plus important. Il est engagé par l'agence missionnaire américaine GBGM et représente nos préoccupations et demandes et celles des Etats-Unis au Cambodge. 

De janvier à juillet 2011, Damaris Eschler, de l'EEM de Büren a.A., effectue un engagement de courte durée dans le foyer pour enfants COSI, à Phnom Penh. Elle suit et enseigne les enfants et participe à des actions d'évangélisation dans les villages environnements. De février à août 2011, Lukas Meier se trouve quant à lui à l'extérieur de la capitale, pour un engagement de courte durée. Cet agriculteur bio de formation, qui vient de l'EEM de Liestal, soutient les Cambodgiens dans des projets agricoles axés sur les plantes et les animaux. 

Projet de partenariat Santepheap 

Depuis 2008, Connexo soutient le projet de partenariat de la communauté cambodgienne de Strasbourg destiné à créer, sur un terrain de 5 hectares, de nouvelles possibilités de logements et de cultures au profit de cinq familles pauvres. Dans l'intervalle, le projet n'a pratiquement plus besoin de l'appui de Connexio. Il a cependant été très touché par le décès du responsable du projet en décembre 2010. Une direction provisoire a été mise en place, mais il est souhaité, qu'un pasteur puisse être affecté par MMe. Le secteur agricole a également subi des revers, le terrain n'étant adapté qu'à un petit nombre de cultures. Aujourd'hui, on y plante principalement du riz, des bananes et des légumes. Deux classes sont proposées aux écolières et écoliers du village. Grâce au financement du Carrefour des femmes de l'EEM de France, deux enseignantes ont pu être engagées. Des 


études bibliques ont régulièrement lieu le samedi et des cultes ont lieu le dimanche. 

Département Europe centrale/Balkans 

Responsable du département: Regula Stotz; 

autres membres: Evêque Patrick Streiff (invité si nécessaire), Daniel Herzog, Dorothée Keller (jusqu'à octobre 2010), pasto André Ottersberg, Urs Schweizer, pasto Simon Zürcher (à partir de 2010), Andreas Stârnpff (ex officio). 

Objectifs du département 

Le département soutient le travail de l'EEM en Albanie, en Bulgarie, en Croatie, en Macédoine, en Pologne, en Serbie, en République slovaque et en République tchèque ainsi qu'en Hongrie. Hormis les contributions financières substantielles versées au titre des salaires pastoraux, de l'infrastructure et de projets sociaux des Eglises, les membres du département s'engagent pour promouvoir les rencontres et les relations. Le but n'est pas uniquement de tisser des liens entre la Suisse et la France d'une part et les partenaires en Europe centrale et aux Balkans d'autre part, mais de favoriser les relations entre les Eglises de cette région. 

Rencontre avec les surintendants de la Conférence centrale de l'EEM d'Europe du Centre et du Sud à Birsfelden 

En mars 2010, une rencontre a à nouveau eu lieu, après un intervalle d'une année, entre les membres du département et la surintendante et les surintendants dans le cadre de la Conférence centrale de l'Europe du Centre et du Sud, cette fois à Birsfelden. Son but était en particulier d'identifier la manière dont Connexio pouvait améliorer son soutien aux responsables des Eglises partenaires dans les domaines de la prise de conscience de leurs possibilités et de la promotion des rencontres. Etant donné que ces Eglises ne disposent que de moyens modestes, elles sont intéressées à pouvoir utiliser les informations et le matériel de Connexio dans leurs langues. Le département doit maintenant réfléchir à la manière dont Connexio peut s'engager dans ces domaines. 

Partenariats, objectifs et perspectives d'avenir 

L'état des lieux des partenariats paroissiaux existant entre les églises locales de Suisse-France concernées et le département a révélé plusieurs problèmes à résoudre. Certains partenariats ont besoin d'un soutien pour pouvoir se poursuivre à l'avenir. Il convient de leur donner de nouvelles idées pour les motiver à maintenir les échanges. Le département cherche actuellement des moyens d'accompagner ces églises dans leur parcours . 

Il considère que la réorientation de Connexio entraînera des incertitudes, mais offrira aussi un potentiel d'améliorations utiles. Cela vaut en particulier dans le domaine des médias sociaux (Facebook), mais aussi de la création de forums. 

Mise en réseau 

En février 2011, Daria Hofer et Thomas Rodemeyer (bureau de l'évêque) ont participé, en Hongrie, à une consultation sur le travail de l'Eglise méthodiste avec les Roms en Europe centrale et dans les Balkans. Les débats portaient avec tout sur la manière de créer un meilleur réseautage entre les différents projets réalisés dans le cadre du travail avec les Roms et sur l'intégration des Roms dans la société. Juste avant la consultation, une petite délégation de représentants du GBGM, de Connexio et du bureau de l'évêque avait rendu visite à des communau- 


tés Roms en Hongrie en en République tchèque. Cette rencontre constitue un premier pas vers une intensification des relations de la CA Suisse-France et de notre département dans ce domaine; d'autres suivront ultérieurement. 

Département Suisse-France 

Responsable du département: Werner Steiger; 

autres membres: pasto J6rg Niederer (surintendant, ex officio), Beat Bachmann, pasto Willy Funtsch, pasto Sylvia Minder, pasto Markus Schiess, Mario Dall'Oglio (jusqu'en mars 2011), Daria Hofer (depuis septembre 2010), Andreas Starnpff (invité si nécessaire). 

Objectifs du département 

Le département motive et soutient des paroisses dans la réalisation de projets missionnaires et diaconaux. Son action se manifeste au travers de conseils et de contributions aux frais de fonctionnement et aux salaires, dans la phase initiale des projets, ainsi que de la mise en réseau de projets similaires. 

Concours de projets 

En 2010, le département a lancé pour la deuxième fois un concours de projets destiné à motiver les paroisses à assumer de nouvelles tâches et à rédiger un rapport sur ces activités. Sept projets nous ont été soumis. Le département a présenté les trois projets les mieux placés lors de la Conférence annuelle 2010, à Münsingen. Les responsables des trois meilleurs projets reçoivent un prix en argent qu'ils peuvent utiliser, à leur convenance, pour accomplir de bonnes choses. Le i " prix (3'000 francs) a été décerné à l'église de Sevelen pour son service de garderie et le 2e (2'000 francs) à l'église de Winterthour, pour l'action WC organisée lors du festival Albani. La troisième place a été partagée entre les églises de Codognan/Caveirac, pour la mise sur pied de la campagne d'évangélisation, et l'église de Birsfelden, pour l'organisation du jeu et de la journée écologiques. Chacune a reçu 500 francs. 

Dans le cadre du troisième concours de projets, en 2011, nous avons a nouveau reçu sept projets. A noter que le département Suisse-France cherche des pistes alternatives au concours de projet afin de soutenir au mieux les communautés désireuses de faire en sorte que leur action ait un impact socio-diaconal sur la société. 

Organisation de forums 

En 2011, le département Suisse-France souhaite proposer des forums de discussion, en collaboration avec des communautés de l'EEM et des entreprises actives dans le domaine social. L'idée est de visiter l'église «Kirche im Prisma», à Rapperswil, en septembre, ainsi que la fondation «Wendepunkt», à Muhen, toujours en septembre. Un autre forum est prévu dans le cadre du festival 'Impuls' de l'EEM à Hunzenschwil. 

Département Rencontres et communication Responsable du département: Denise Rütimann; 

autres membres: Ruth l.âubli, Nicole Gutknecht, Urs Schweizer (jusqu'en juillet 2010), Mario Dall'Oglio (jusqu'en mars 2011), Daniela Deck (depuis octobre 2010), Andreas Stârnpff (ex officio). 


Avenir de Connexio 

Les «rencontres et la communication» sont des domaines clés de Connexio. Les questions essentielles que nous nous posons sont: Comment initier des rencontres de sorte qu'elles débouchent sur des relations, des partenariats et, en fin de compte, un véritable réseau? Comment motiver d'autres personnes, en particulier les adolescents et les jeunes adultes, à s'intéresser aux sujets donc s'occupe Connexio? Comment atteindre des personnes extérieures à l'EEM? Quel est le lien entre toutes ces questions et la structure ou le mode de fonctionnement de Connexio? Ce sont là une partie des questions qui ont été abordées dans le cadre de notre retraite, en novembre 2010, par des membres du Comité et des différents départements qui se sont penchés sur l'avenir de Connexio. L'une des possibilités est d'utiliser les forums proposés par les moyens de communication modernes et d'organiser des forums régionaux, qui remplaceront les traditionnelles journées de rencontres à compter de 2011. En créant une page «Connexio» sur la plateforme sociale Facebook, nous avons fait un premier pas en direction des forums (voir www.facebook.com). Toutes les personnes intéressées peuvent y rédiger ou commenter des articles et y télécharger des photos et des vidéos. Nous espérons que la communauté de fans de cette page se développera. 

Il a été décidé qu'en janvier 2011, chaque département organiserait un à deux forums régionaux. Le but de ces rencontres est de réunir des personnes qui s'intéressent au même secteur d'activité. Les forums se dérouleront donc dans des lieux différents, à des périodes de la journée différentes et sous des formes différentes (exposés, discussions, ateliers, visites d'entreprises, etc.). 

Rencontres 

Les engagements de courte durée sont appréciés par les jeunes et constituent l'une des forces de Connexio. Les membres des Eglises partenaires reconnaissent eux aussi le caractère enrichissant de ces échanges. Grâce aux relations personnelles qui se tissent lors de ces rencontres, les stages permettent aussi d'instaurer un lien durable entre des personnes de cultures différentes. C'est là une chance que nous aimerions à l'avenir offrir à davantage de jeunes de notre Eglise. C'est pourquoi nous cherchons à proposer d'autres possibilités de stages auprès des Eglises partenaires. Durant l'année sous rapport, quatre engagements de courte durée ont eu lieu, sous la forme de trois stages sociaux effectués par des femmes et d'un stage en agriculture effectué par un homme. Deux de ces jeunes adultes se sont rendus au Cambodge, une en Argentine et une au Chili. 

Lors du Festival Takano 2010, deux ateliers ont été organisés sur le thème des engagements de courte durée. Des anciens « stagiaires» sont venus y parIer de leur expérience. Le département Rencontres et communication a en outre présenté un stand au « Marché des possibilités ». L'objectif était de faire découvrir avec les cinq sens les régions où Connexio s'engage. Pour ce faire, nous avons utilisé des tableaux, de la musique, des fruits exotiques et des objets cachés, que l'on pouvait toucher. 

En ce qui concerne les orateurs venus parler du travail de Connexio, les églises locales ont pu accueillir à l'automne 2010 Margarita Todorova, de Bulgarie, qui est pasteure et membre du Comité exécutif du Conseil mondial de l'UMC et Wilfried Nausner, pasteur autrichien et surintendant en Albanie, Croatie et Macédoine, accompagné de Jean Nausner. En février 2011, Romeo dei Rosaria, Country Director du Cambodge, a présenté plusieurs exposés en Suisse. 

Les voyages de rencontre constituent également une bonne occasion de faire la connaissance de méthodistes d'autres pays et d'autres cultures et de nouer des relations par-delà les frontières et les continents. Un voyage a été organisé au 


Cambodge en janvier 2010 et un autre en Patagonie (Argentine et Chili) en février 2011. Un voyage en Bolivie, prévu en avril 2010, a été annulé faute de participants. 

Le 30 octobre a eu lieu à Bienne la journée de rencontres 2010 de Connexio. y ont été invités, entre autres, le président de la ville de Bienne, Hans St6ckli, et la formatrice pour adultes Grete Jenei. Quelque 60 personnes ont assisté aux exposés et aux ateliers sur les différents secteurs d'activités, se sont laissées inspirer par le Playback Theater de Zurich et ont profité des échanges entre les différentes communautés et cultures. 

Communication 

La prière du mois de Connexio a fait ses preuves et continuera d'être publiée. Elle offre aux églises la possibilité de prier une fois par mois, à l'occasion d'un culte, pour certains des sujets de préoccupation de Connexio et de nos organisations partenaires. A cette occasion, il est aussi possible d'allumer une bougie ornée du symbole de Connexio. 

Afin de sensibiliser l'Eglise aux sujets qui sont importants pour Connexio et pour nos organisations partenaires et d'en proposer un examen plus approfondi, nous travaillons désormais sur la base de thèmes (pluri- )annuels. Un appel de printemps ainsi que du matériel de travail destiné aux responsables des communautés sont élaborés sur ce thème. Nous espérons que chaque église locale organisera au moins un événement sur ce thème et que les appels seront recommandés par la communauté et transmis aux membres et amis. En 2010, nous nous sommes concentrés sur la «Formation». Avec la devise «je veux voir ce qu'il y a », Connexio a marqué le coup d'envoie d'un cycle de trois ans sur la formation. Ce sujet sera approfondi en 2011 avec la devise «je veux comprendre» . 

Département «Communication francophone» Responsable du département: pasto Etienne Rudolph; 

autres membres: Claude Boussemart, Emile Fath, Daniel Husser, Barbara Mazotti, Pascale Meyer, pasto Daniel Nussbaumer, Mario Dall'Oglio (jusqu'en mars 2011), Daniela Deck (depuis mars 2011), Andreas Stàrnpfti (ex officio). 




Activités 

Le département promeut les rencontres et la communication entre Connexio et le district francophone de notre Eglise. 

L'un des points forts a été le deuxième festival d'évangélisation à Codognan et Caveirac (sud-ouest de la France), en août 2010, au cours duquel plusieurs soirées d'évangélisation ont eu lieu, sous la direction du pasteur Pascal Maurin et de son épouse Nicole. A cette occasion, Claude et Lydie Boussemart ont présenté le travail de Connexio dans le cadre de divers ateliers. L'avenir du festival d'évangélisation, qui a été couronné de succès, demeure incertain. En janvier 2011, le Conseil municipal a en effet décidé de ne plus mettre le terrain utilisé jusqu'ici par l'EEM à la disposition de la communauté. Selon les explications des autorités, l'organisation du festival dans un lieu public ne serait pas compatible avec le principe de laïcité en vigueur en France. On ne sait donc pas encore si, où et dans quelle mesure le festival 2011 pourra avoir lieu. 

Le jour de l'Ascension 2010, des cultes Connexio ont été célébrés simultanément à Alès, Bienne, Landersen, Mont-de-Marsan et Paris. Tous étaient axés sur le thème annuel de la « Formation ». 

En 2011, des forums sont prévus à Mulhouse et à Strasbourg. 


Département Finances 

Responsable du département: Harald Bolleter; autres membres: Andrea Roffier, Andreas Stârnpfti (ex officio). 

Le département est chargé de préparer le budget et les comptes annuels à l'intention du Comité directeur suisse et d'assurer une surveillance constante de la situation financière de Connexio. 

Le volte-face de l'administration fiscale du canton de Zurich, qui, au printemps 2010, a déclaré que tous les dons versés à Connexio étaient déductibles des impôts sans que nous ayons besoin de modifier nos structures nous a beaucoup réjouis. Cette décision a ensuite été reprise par les autres cantons. 

Vous trouverez ci-après une évaluation des comptes annuels 2010. 

Secrétariat Connexio 

Secrétaire exécutif: Andreas Stârnpff (100%) ; autres collaboratrices et collaborateurs: Nicole Gutknecht (collaboratrice du secrétariat, 80%), Mario Dall'Oglio (relations publiques, 80%, jusqu'en mars 2011), Daria Hofer (coordinatrice de projets, 70%, depuis mi-août 2010), Daniela Deck (chargée de communication, 70%, depuis octobre 2010), Andrea Roffler (finances, administration centrale de l'EEM, 20%). 

Pour renforcer le secrétariat dans les domaines de la coordination des projets et de la communication, deux nouveaux postes à temps partiel ont été créés à l'automne 2010. Les nouvelles collaboratrices, Daria Hofer et Daniela Deck, se sont vite mises dans le bain. Mario Dall'Oglio quitte Connexio en mars 2011 après s'être engagé pendant sept ans dans les relations publiques. Son poste sera repourvu aussi rapidement que possible. L'équipe modifiée s'entend bien et s'investit avec beaucoup d'enthousiasme pour consolider le réseau de Connexio. 

Collaboratrices et collaborateurs de Connexio à l'étranger 

(état au i " janvier 2011) 

Algérie: pasto Abdenour Ait Abdelmalek, pasto Roger Correvon; Argentine: Hanni Gut de Grad; 

Bolivie: Rahel et Lukas Fankhauser 

Croatie: Heidi et Petar Zunic (jusqu'en septembre 2010) 

Les collaboratrices et collaborateurs retraités suivants continuent à vivre dans le pays où ils ont travaillé les années précédant leur retraite et à s'engager pour les Eglises partenaires locales: Erna Saïm (Algérie); Nelly et Erich Allenbach, Elisabeth Stauffer, Anner6s Voegeli de Benedetto (Argentine); Louise Werder (République démocratique du Congo).


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH