Jeudi - Conférence annuelle 2011

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Jeudi - l'évêque Patrick Streiff ouvre la Conférence annuelle

Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

En ouverture à la Conférence Annuelle de l’Eglise Evangélique Méthodiste Suisse / France / Afrique du Nord, jeudi le 16 juin au matin, l’évêque Patrick Streiff salue l’évêque Henri Bolleter et son épouse Martha, donne des nouvelles de l’évêque Franz Schaeffer absent de la Conférence pour des raisons de santé.


Cette Conférence s’est tenue  dans les locaux tout neufs d’une Eglise Evangélique à la Parkarena de Winterthur (Suisse).


Elle commença par un culte solennel axé sur le souvenir des frères et sœurs décédés durant l’année écoulée et suivi par la Sainte Cène. Werner et Heidi Wydler accompagnés de Ruth Abächerli ont présidé ce culte. L’ensemble Béthanie placé sous la direction de Käthi Lindenmann a encadré le tout musicalement.


Au nom du comité d’organisation, Werner Wydler a adressé la bienvenue à l’évêque Patrick Streiff et lui a remis en guise de cadeau une boite de chocolats remplie d’un assortiment de spécialités locales, les „Schoggistängeli“. Il a appelé la bénédiction de Dieu sur la Conférence. Son thème est accrocheur : «Cieux et terre se touchent». Puisse ce mot d’ordre devenir réalité pendant cette Conférence, affirmait Werner Wydler.

Dans son discours d’ouverture, l’évêque Patrick Streiff attirait l’attention de l’assistance sur le fait que neuf autres Conférences Annuelles de l’EEM mondiale étaient en train de se dérouler en même temps que la nôtre. En Europe, c’est celle de Norvège  qui est en train se de tenir sous la direction de l’évêque Olson ainsi que la Conférence annuelle provisoire du Sud de la Russie sous la direction de l’évêque Växby. Sept autres Conférences siègent aux Etats-Unis.  L’évêque était tout heureux de signaler à l’assemblée le transfert après l’église de Paris-Laumière d’une nouvelle communauté de l’Eglise méthodiste unie de Côte d’Ivoire à notre Conférence, la communauté de Paris-Colombes. Il salue son représentant, Jacob N’Gbesso, président des laïcs. L’évêque salue aussi un invité de marque en la personne de Esaïe Yed Angoran représentant l’Eglise Méthodiste Unie de Côte d’Ivoire. Ancien ministre Houphouet Boigny, M. Angoran a mis ses talents et son temps au service de l’EMUCI. Il est devenu le bras droit de l’évêque Benjamin Boni, il coordonne le côté africain de la consultation théologique pour la formation théologique et est le délégué de l’Afrique occidentale à la Conférence générale. Il se réjouit d’être présent à l’ordination de Joseline Miélissa Waechter. Miélissa est le prénom avec lequel elle a été accueillie par la famille de Yed Angoran en Côte d’Ivoire.


Année 1

Le président de la Conférence aborde d’emblée la question de la stratégie adoptée par l’EEM pour les huit années à venir (2010-2018) en ces mots : «Nous sommes en l’an 1 après l’adoption de la stratégie». Tout se joue dans la mise en œuvre de la stratégie. La théologie méthodiste nous apprend à juger correctement de l'interaction entre Dieu et l'homme : «il existe un bon équilibre dans la collaboration entre Dieu et l’homme». L’œuvre de Dieu va de pair avec la part humaine. Mais l’initiative part toujours de Dieu : il prend le premier l’initiative de nous engager du côté du bien :.  A nous le . C’est sur cette base que nous pouvons nous engager de notre mieux : «Il nous rend capables et nous fait prendre avec enthousiasme des initiatives, il agit en premier à notre niveau, et nous rend ensuite capables de faire le bien. Quand cieux et terre se touchent, Dieu met toujours la main à l’ouvrage et il utilise ensuite nos mains pour son Royaume. C’est pourquoi nous devons et pouvons utiliser tous les outils que nous connaissons, y compris les instruments du management pour promouvoir la mission de l’Eglise», affirmait Patrick Streiff.

Nous sommes en l’an 1 du programme 2010-2018. Des églises ont commencé à réfléchir à cette question. Il y a déjà eu quelques retours sur la mise en œuvre de ces lignes directrices.

Si nous voulons faire du bien, il est nécessaire d’enthousiasmer nos membres à prendre part à cette œuvre. Quelques impulsions seront données lors de la session de samedi matin ainsi que divers exemples. Le potentiel de l’église, ce sont les personnes. Aux fruits ont reconnaît l’arbre. C’est à nos fruits que sera révélée la manière dont nous travaillons et mettons en pratique les objectifs de la stratégie. «Mais pour croître, les fruits ont besoin de temps. Ce temps-là, nous voulons nous le prendre et travailler dans le but de transformer le monde et de glorifier Dieu. Le but final de tous nos labeurs est en effet d’amener les uns et les autres à devenir disciples de Jésus-Christ pour transformer le monde : «Là où l’Eglise vit le message de l’Evangile et est prête à payer un certain prix et à se consacrer à sa mission, elle vivra. Amener des femmes et des hommes à suivre le Christ ne peut avoir pour but que de changer le monde et de glorifier Dieu. Que cette Conférence annuelle soit un nouveau petit pas dans cette voie !», déclare en conclusion l’évêque.


Jeudi - Rapport des surintendants


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Dans leur rapport 2011, les surintendants reviennent sur la mission impartie à l’Eglise de Jésus-Christ, devenue ligne directrice pour l’EEM de 2010-2018 :

Nous, les hommes et les femmes de l'Eglise Evangélique Méthodiste, nous vivons une mission: amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ.

A la surprise générale, ce rapport n’a pas soulevé de réactions au sein de la Conférence : il a été adopté sans discussion.


Ce rapport reprend la thématique de la Conférence «Cieux et terre se touchent» et nous engage à fixer de nos yeux l’horizon, là même où cieux et terre se touchent. Ce regard prend en ligne de compte l’action de Dieu en notre temps et au lieu de notre engagement avec en arrière-plan le mandat missionnaire : «nous vivons une mission : amener des hommes à devenir disciples de Jésus-Christ.»


Qu’est-ce qui pousse les membres et amis de l’EEM à appliquer ce mandat ? L’enthousiasme personnel est un facteur déterminant sans compter le fait d’être personnellement touché par ce que Dieu a fait en Jésus-Christ en faveur du monde. Des individus marqués par cette touche divine influencent tout à tour leur entourage.


A l’aide de trois questions, les surintendants précisent la nature de cette mission, amener des hommes à devenir des disciples. Répondre à la question : «Pourquoi doit-on amener les hommes à devenir des disciples de Jésus ?» est chose simple, écrivent-ils. Jésus aurait procédé de la même manière. Parmi les autres raisons, il y a le fait que «Jésus a enlevé la culpabilité qui nous séparait de Dieu», et le désir de nous faire découvrir et accepter l’amour de Dieu à travers cette action. Leur vie changera de perspective par-delà la mort.

«Pourquoi les gens ont-ils besoin de l’Eglise ?» se demandent alors les surintendants dans leur rapport. La foi n’est une affaire privée, mais missionnaire. Telle la conviction profonde de ces responsables d’église.


«Pourquoi les gens ont-ils besoin de notre Eglise ?» telle est la question suivante que pose le rapport. Les dons et talents sont octroyés à l’EEM de manière à ce qu’elle soit une église attractive et une communauté qui «confesse sa foi, parce que les hommes et les femmes qui la composent ont fait l’expérience de l’amour de Dieu». Dans le même temps, elle est une église où se manifestent à la fois l’attachement aux fondamentaux de la foi et la liberté d’expression. En outre, elle est une Eglise qui confère, dans le sens qu’elle prend ses décisions après un temps de discussion. Les grandes décisions sont ainsi prises en Conférence. L’EEM est ensuite une grande église mondiale, une église ouverte à la réalité de l’Eglise universelle et sachant prendre ses responsabilités.

En conclusion, les surintendants expriment leur intention d’accompagner les communautés locales à traduire certains objectifs. Entre autres choses à «vivre la vie de disciples». Mais aussi à faire en sorte que les communautés locales ne concentrent plus leur engagement sur leurs propres besoins, mais avec soin et ténacité sur les gens de leur entourage, de leur région pour les amener à devenir disciples de Jésus-Christ. Ce mandat concerne l’ensemble de la communauté et ne peut pas être cédé seulement aux pasteurs, à des commissions ou à des actions isolées.


Congé de Markus Bach

Après que Markus Bach a présenté le rapport des surintendants, la Conférence a pris congé de lui en tant que surintendant de la région de Berne sous une salve d’applaudissements. «Markus Bach a été pendant 10 ans surintendant de Berne et j’aimerais l’en remercier», relève l’évêque Patrick Streiff qui apprécie l’homme et son apport inestimable au sein du Cabinet : il a apporté une énorme expérience au cours d’une période de grands changements et bouleversements. Son apport était jugé utile. Patrick Streiff le remercie de ses conseils. A présent, Markus Bach va retourner à un ministère pastoral classique et va se concentrer sur sa nouvelle paroisse, mais pas seulement, car de nouvelles tâches l’attendent, maintenant qu’il vient d’être élu comme secrétaire de la Conférence centrale. «Il est heureux que des personnes ayant acquis une telle expérience puissent rester au service de l’Eglise», déclare l’évêque. Markus répond à l’assemblée : «C’était un privilège pour moi de continuer à bénéficier de ces richesses et de ces apports : j’ai eu du plaisir à assumer ma tâche et me réjouis de la tâche qui l’attend.»

Claudia Haslebacher est la nouvelle surintendante du district de Berne.


Les membres confessants en hausse

L’EEM en Suisse/France compte à la fin de 2010 quelque 6’162 membres confessants, 3’678 amis et 182 membres baptisés. 142 personnes viennent d’être admis comme membres professants. L’EEM en Suisse dénombre 134 membres confessants en moins qu’à la fin 2009. Bien que les admissions comme membres confessants sont en hausse, le nombre de membres décline sensiblement dans l’ensemble de l’EEM de Suisse/France (décès, radiations, départs).

4’575 personnes ont été accompagnées par 1’502 collaborateurs dans le cadre du travail de Takano (parmi les enfants, les jeunes et les jeunes adultes).

En moyenne, 5’016 adultes suivent le culte dominical dans 119 communautés locales. Dans l’EEM en France, les 21 communautés locales qui la compose ont gagné 68 membres confessants pour compter en tout 1’279 membres : il faut se rappeler le transfert dans notre Conférence annuelle de la communauté de Paris-Colombes (84 membres) : comme quoi pour grandir rapidement il faut s’occuper des migrants ! On ne dispose pas de statistiques de l’EEM en Algérie. L’EEM y travaille au sein de quatre communautés locales.


L’admission de nouveaux membres aujourd’hui ne peut pas être mise sur le même plan que l’admission de membres 50 ans en arrière. Dans le temps, c’était des gens qui, après quelques visites, devenaient membres et puis tous les jeunes devenaient membres après la fête de fin du catéchisme; aujourd’hui,c‘est différent, nous avons plus de membres que ce que nous pouvons désigner statistiquement. Le membre qui est admis, doit confesser sa foi, parler de sa vie dans la communauté. Il s’engage à participer à l’avancement du Royaume de Dieu. Nos communautés comptent beaucoup d’amis qui hésitent longtemps à franchir formellement le pas de l’engagement de membres. Peut-être réussirons-nous un jour à faire que la question de membres ne soit pas seulement une question de statistiques ou d’association, mais de gens qui s’engagent à part entière, relève Markus Bach et d’ajouter qu’il ne faut pas tout axer sur des chiffres, sachant que derrière les chiffres il y a des personnes à atteindre». Parole de sagesse...


Le rapport est adopté à l’unanimité.


Rapport des surintendants à la Conférence annuelle 2011 du 16 au 19 juin 2011 à Winterthur et Zürich

En intégralité

 

Jörg Niederer, Etienne Rudolph, Martin Streit, Markus Bach

Le thème de la Conférence annuelle « Les cieux et la terre se touchent » peut être interprété de bien des manières. Dans la perspective du rapport des surintendants à la Conférence annuelle, nous avons choisi d’aborder ce thème en lien avec le texte biblique se référant au moment où Jésus commence son œuvre, dans Matthieu 4,17: « Dès ce moment, Jésus se mit à prêcher: Changez de comportement, disait-il, car le Royaume des cieux s’est approché! ». Depuis l’époque où Jésus a commencé son œuvre, la promesse selon laquelle les cieux sont tellement proches des hommes qu’ils touchent la terre est toujours valable pour l’humanité. Dans l’œuvre de Jésus, les cieux et la terre se touchent. En Jésus-Christ, il est possible de faire l’expérience des cieux sur la terre. Les cieux ne sont pas une réalité éloignée de nous. Jésus est le Dieu devenu homme qui a apporté les cieux sur la terre. En Jésus, les cieux et la terre se touchent.


Et pourtant, Jésus encourage les gens à contribuer à cet événement, ce qui ne va apparemment pas de soi. « Changez de comportement » signifie que nous, êtres humains, devons nous orienter vers cet événement. Jésus a encouragé les disciples à changer de mentalité et à s’ouvrir aux cieux qui s’approchent. Lorsque nous agissons en tant qu’Eglise, les cieux s’insinuent dans les fissures et les égratignures de la terre. Nous ne disposons pas uniquement de nos propres possibilités (terrestres), mais comptons aussi sur l’action (céleste) de Dieu dans notre temps. En tant que méthodistes, nous nous appuyons sur les deux: l’œuvre de Dieu (les cieux) dans notre temps et notre inlassable engagement (la terre).


Nous appelons l’endroit où les cieux et la terre se touchent « horizon ». Quelle que soit la direction dans laquelle nous nous tournons, nos yeux se posent toujours sur l’horizon. Le seul moyen de ne pas voir l’horizon est de tourner son regard vers l’intérieur, de se concentrer uniquement sur soi. Dès que nous regardons loin de nous, nous voyons néanmoins l’horizon. En tant que Cabinet, nous sommes tout disposés à comprendre cela comme une promesse à notre Eglise et à nos communautés. Levons nos yeux vers l’endroit où les cieux et la terre se touchent, découvrons un nouvel horizon, vaste, qui ne soit pas limité par un regard fixé sur l’intérieur! Découvrons notre mandat et notre envoi en nous orientant vers les cieux tous proches, en nous tournant vers la présence de Dieu auprès des êtres humains que nous voulons conduire à suivre le Christ, pour transformer le monde!


Après avoir traité lors de la dernière session de la Conférence la seconde partie du mandat missionnaire (pour transformer le monde), nous voulons nous concentrer cette année sur la première partie de la phrase:

Nous, les hommes et les femmes de l'Eglise Evangélique Méthodiste, nous vivons une mission: amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ.


1. D’où venons-nous?

Nombreux sont ceux qui nous ont fait remarquer que ce mandat missionnaire n’avait rien de nouveau pour notre Eglise. C’est vrai! Il y a plus de 100 ans, notre Eglise a vu le jour et connu un grand essor. Les membres de l’époque ont réussi à amener beaucoup de monde à suivre le Christ. Nous ne sommes plus jamais parvenus à atteindre la croissance et l’expansion de ce temps-là. Pourtant, le contexte social de notre Eglise ne nous était pas toujours favorable. Plusieurs rétrospectives historiques récentes, comme celles réalisées à Bienne et à Bâle, par exemple, en témoignent. Ainsi le délégué américain a-t-il dû intervenir politiquement à Berne et confirmer que l’Eglise méthodiste n’était pas une secte pour que les prédications méthodistes soient à nouveau autorisées à Bienne. Les méthodistes ont cependant aussi réussi à former des immenses écoles du dimanche accueillant de nombreux enfants extérieurs à l’Eglise venus écouter les histoires bibliques. De fait, les méthodistes brûlaient d’envie de transmettre la bonne nouvelle de Jésus-Christ à leurs prochains.

Bien des gens ont alors trouvé le chemin de l’Eglise méthodiste épiscopale et de la ‘Evangelische Gemeinschaft’. Ils sont ensuite devenus membres pour manifester leur désir d’être des disciples du Christ. Il est rare que ce genre de communauté soit accueilli avec joie et nos ancêtres se sont parfois heurtés au mépris de leurs contemporains lorsqu’ils s’affiliaient à la ‘Gemeinschaft’ ou aux méthodistes. La pression extérieure n’était certainement pas la même partout, mais elle existait; pourtant, les communautés grandissaient. D’ailleurs, c’est justement à cause de cette pression que de nombreuses églises locales ont créé leurs propres associations: associations chorales, associations de femmes et d’hommes. Ces associations étaient souvent désignées par le terme d’« alliance », qui faisait référence à un groupe de per- sonnes déterminé appartement à l’église, comme l’alliance des femmes et, plus tard, l’alliance des jeunes. A certains endroits, ce phénomène a entraîné une introversion croissante. Est-il possible qu’à cette époque, les tâches liées à la mission et à l’évangélisation aient été de plus en plus souvent déléguées au pasteur ou à des institutions ou organisations spécifiques?


Il y a plus de 100 ans, le but de l’Eglise était d’être présente dans le plus grand nombre d’endroits possibles. Il faut dire qu’à cette époque, la mobilité était très restreinte. Il était donc important de construire une chapelle un peu partout, pour être présent sur place. En principe, il suffisait de disposer d’une salle de culte et, parfois, d’une petite salle. L’élément déterminant demeurait néanmoins le fait que les gens brûlaient d’envie de conduire leurs prochains à suivre Jésus. Certaines communautés agissaient ainsi pour marquer leur rejet de la société d’alors, dans un désir conscient de prendre leurs distances par rap- port au « monde ». Il y en avait cependant aussi d’autres pour lesquelles il était important de ne pas se séparer du monde. A l’époque déjà, les églises locales n’étaient pas toutes identiques. A l’époque déjà, il existait des différences quant à l’orientation à prendre ou à la compréhension du mandat confié à l’Eglise.


Qu’est-ce qui fait que l’Eglise a quand même grandi? L’une des principales caractéristiques que nous voyons aujourd’hui est le désir ardent de ne pas vouloir garder pour soi la bonne nouvelle de Jésus- Christ, mais de la transmettre aux personnes de son entourage. Nous y voyons un enthousiasme et une reconnaissance personnelle profonde pour tout ce que Dieu a fait pour le monde, dans son ensemble, en Jésus-Christ. Cette perception selon laquelle le monde entier est concerné par l’action du Christ a égale- ment conduit à la mise en place d’activités socio-diaconales destinées à transformer le monde.


2. Où en sommes-nous aujourd’hui?

Comment parvenir aujourd’hui à amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ?

Il est évident que nous ne vivons plus dans les mêmes conditions sociales que celles qu’ont connues les premiers méthodistes à l’époque où l’Eglise s’est développée. Il semble donc logique que nous ne puissions pas simplement reprendre ce qui fonctionnait alors. Il vaut néanmoins la peine d’étudier attentivement les différences existantes pour tirer du passé certains enseignements utiles pour le présent.


Ce qui frappe, c’est que la pression exercée de l’extérieur sur les églises locales est nettement moins importante que par le passé. De manière générale, la société ne remet plus en question notre droit d’exister. Tant en France qu’en Suisse, il n’existe aucune restriction particulière quant à nos activités en tant qu’Eglise. Il en va autrement en Algérie. Il semble par contre que la pression exercée de l’intérieur ait pris de l’ampleur. Cela signifie que nous nous concentrons aujourd’hui davantage sur des questions que nous nous posons nous-mêmes: quelles sont les tâches de l’église locale, comment nous distinguer des autres Eglises ou sous quelles formes célébrer les cultes, quels cantiques chanter et quelles activités organiser? Nous réfléchissons cependant aussi à nos finances et nous demandons si nous pouvons continuer à engager tel ou tel pasteur, quelles sont ses tâches, au service de qui il devrait se trouver, pour- quoi les pasteurs sont tenus d’accomplir autant de tâches pour l’ensemble de l’Eglise, alors que ça n’apporte rien à la communauté locale, etc. S’il est important de répondre à ces questions, ce ne sont pas des réponses qui justifieront en quoi que ce soit notre existence en tant que communauté chrétienne ou qu’Eglise!


La Conférence annuelle 2010 a adopté une stratégie selon laquelle nous souhaitons amener de plus en plus d’hommes et de femmes à être des disciples du Christ au cours des huit prochaines années. Certaines personnes ont compris cet objectif comme la réponse aux questions internes que nous nous po- sons. La stratégie a été interprétée comme étant la tâche qui nous était désormais dévolue, comme un moyen d’acquérir plus de membres, comme une mesure de recherche de fonds, etc. Il s’agirait cependant là d’un raccourci un peu simpliste. La préoccupation centrale de la stratégie consiste bien plutôt à vouloir conduire des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ. Elle ne se concentre plus sur nous, mais sur l’envoi de Dieu, auquel nous, êtres humains, pouvons et devons contribuer. Nous devrons certes toujours répondre aux questions posées ci-dessus, mais ce ne sont pas ces questions-là qui nous motiveront à être une Eglise crédible aujourd’hui, car les réponses à ces questions ne justifient en fin de compte pas notre existence en tant qu’Eglise!


La question essentielle que nous devons nous poser aujourd’hui est: comment parvenir à amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ? Un regard aux statistiques devrait nous fournir un premier indice à cet égard. Les personnes qui se sont tournées vers Jésus et ont confessé publique- ment leur foi sont admises dans notre Eglise lors d’une célébration de renouvellement des vœux du baptême ou deviennent des membres confessants à l’occasion d’un baptême. Au cours de ces dernières an- nées, le nombre de ces personnes oscillait entre à peine 100 et un plus de 200 par année pour l’ensemble du territoire de la conférence. Ce chiffre ne correspond cependant pas forcément à des « nouveaux disciples de Jésus », car il comprend souvent des personnes qui ont quitté d’autres Eglises pour venir s’installer chez nous. Il est vrai que nous les comptons comme des nouveaux membres, mais cela ne signifie pas que ce soient forcément des nouveaux disciples. La situation est similaire en ce qui concerne les départs. Les gens qui partent de chez nous ont souvent trouvé un nouveau foyer spirituel ailleurs, même si ce n’est pas le cas de tous ceux qui quittent notre Eglise.


Il est donc difficile de répondre clairement à la question de savoir si nous parvenons à conduire des con- duire des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ. Certes, il y a des églises qui peuvent sans aucun problème répondre oui à cette question, mais il en existe aussi dans lesquelles il n’y a eu aucune célébration de renouvellement des vœux du baptême au cours de ces dernières années (et par- fois même au cours des dix dernières années, voire plus!). Bien que ces statistiques révèlent certains éléments dignes d’intérêt, elles ne reflètent en aucun cas toute la réalité. Si l’on voulait obtenir une image aussi proche de la réalité que possible, nous devrions également tenir compte d’autres observations et expériences. Il faudrait ainsi se demander

-    si la croissance numérique des membres de notre Eglise ne découle pas de la venue de personnes issues d’autres communautés chrétiennes;

-    si nous sommes capables d’offrir un foyer spirituel à nos propres enfants et adolescents; les Flambeaux et la formation de pasteur-jeunesse sont de bons outils à cet égard;

-    comment faire pour qu’en dépit de la baisse du nombre des actions d’évangélisation, des hommes et des femmes soient invités à croire en Jésus-Christ et que des personnes en recherche soient accompagnées dans leur quête;

-    comment des personnes qui viennent de se tourner vers le Christ peuvent s’intégrer dans le réseau de relations existant dans nos communautés de manière à y trouver un filet solide où développer leur foi et leur vie de disciple;

- comment faire en sorte que les « nouveaux venus » dans nos communautés puissent faire, sur place et dans l’ensemble de l’Eglise, des expériences positives et utiles qu’ils n’auraient pas envie de manquer.


Nous constatons que la réponse à la question de savoir si nous parvenons aujourd’hui à conduire des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ différera d’une communauté à l’autre et d’un circuit à l’autre. Il est donc également important de ne pas proposer une recette ou une procédure générale applicable à tous les circuits, mais de faire en sorte que plusieurs modes de fonctionnement puissent être utilisés suivant la situation et le lieu. L’important pour nous est que chaque église locale se demande comment amener davantage d’hommes et de femmes à devenir des disciples du Christ. Dans le rapport du Cabinet à la Conférence annuelle de l’année dernière, nous avons mentionné les trois questions essentielles posées par l’évêque Växby:

- Pourquoi les gens ont-ils besoin de Jésus?

- Pourquoi les gens ont-ils besoin de l’Eglise?

- Pourquoi les gens ont-ils besoin de notre Eglise?

Il s’agit de questions qui s’adressent à nous en tant qu’ « insiders ». Quelles réponses donnerions-nous à une personne de l’extérieur qui nous poserait ces questions? A partir de ces questions, nous aimerions formuler les réflexions et idées suivantes. Elles visent à nous aider à amener de plus en plus d’hommes et de femmes à devenir des disciples du Christ.


Pourquoi faut-il amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ?

Une première réponse simple à cette question consiste à dire parce que Jésus l’a fait. La Bible compte de nombreux exemples indiquant que Jésus a appelé des gens à le suivre. La Bible parle alors de disciples qui ont suivi Jésus. Il était important pour Jésus de ne pas simplement proclamer une nouvelle doctrine, mais vraiment d’amener des gens à la vivre. Ce faisant, il montrait clairement que le suivre impliquait aussi de porter sa croix (Mt 16,24), de prendre ses distances par rapport aux valeurs que l’on avait jusque là (Mt 8,34) et de se consacrer entièrement à cette nouvelle vie et à ses nouvelles valeurs (Lc 9,61 ss). Avec Jésus et la communauté postpascale, toutes et tous, femmes et hommes, jeunes et vieux, juifs et non-juifs, sont invités à faire de même.


La deuxième réponse que nous pouvons donner à la question de savoir pourquoi nous devons amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ se trouve dans la raison même qui a poussé Jésus à le faire: le Royaume des cieux s’est approché (Mt 4, 17). Dans l’incarnation de Jésus, les cieux et la terre se touchent. En Jésus Christ, Dieu s’est fait homme et est venu vivre parmi nous (cf. Jn 1). Le sens de l’envoi de Jésus dans le monde réside dans le fait que l’être humain peut se tourner vers les cieux (faire demi-tour, se repentir). Inviter des personnes à suivre le Christ signifie donc que nous les convions à se tourner vers Jésus et à faire l’expérience, en elles-mêmes, que « les cieux et la terre se touchent ». Le but est de leur faire découvrir que le royaume des cieux est si proche qu’elles peuvent s’en saisir et le prendre pour elles. En Jésus-Christ, Dieu a désormais un visage. Les gens peuvent ainsi découvrir dans leur quotidien que Dieu est leur père et qu’ils sont les enfants de Dieu. Le Saint-Esprit fait en eux ce qu’eux-mêmes sont incapables de faire (Rom 8). C’est l’expérience de la grâce de Dieu.


En faisant l’expérience de la présence de Dieu, l’être humain prend cependant aussi conscience de sa faute. La troisième raison pour laquelle nous invitons les hommes et les femmes à être des disciples est que nous pouvons leur promettre que Jésus a annulé cette faute qui nous sépare de Dieu, sans que nous ayons à faire quelque chose en échange. Cette expérience de la grâce justificatrice que nous n’avons pas eue à mériter est particulièrement précieuse dans la société de performance d’aujourd’hui, mais peut- être aussi difficile à accepter par certains justement à cause de cela. Dans cette action qui se produit à l’extérieur de nous, réside aussi la particularité et la spécificité de la religion chrétienne, par rapport à toutes les autres religions.


Le souhait de voir les personnes reconnaître et accepter l’amour qui se cache derrière cette action est la quatrième réponse à la question posée ci-dessus. L’être humain a besoin de faire l’expérience de l’amour et de l’acceptation pour vivre. Sans cette expérience, il ne peut pas vivre. Les personnes de notre entourage ont en quelque sorte droit à la proclamation, en paroles et en actes, du message d’acceptation et d’amour de Dieu. Ce faisant, veillons à ce que notre attitude envers les autres soit clairement plus convaincante que nos seules paroles. Le message fondamental des méthodistes qui parle d’une « foi active dans l’amour », exprime parfaitement cette affirmation.


Cinquièmement, nous donnons la réponse qui aurait peut-être été la principale raison invoquée par les premiers méthodistes. L’ordre des réponses ne revêt toutefois ici aucune valeur intentionnelle. Il convient d’amener des personnes à devenir des disciples du Christ pour qu’elles aient la vie éternelle. L’être humain a besoin dans sa vie d’une perspective qui aille au-delà de sa mort. Il est frappant de constater qu’aujourd’hui on n’en parle rarement, alors que lors des enterrements, en particulier, les gens posent beaucoup de questions sur la vie après la mort. Apparemment, ils n’obtiennent que peu, voire pas du tout, de réponses satisfaisantes à ce sujet au cours de leur vie ou refoulent complètement la question. En tant que disciples de Jésus, nous avons une réponse à ces questions et ne devons pas en priver les per- sonnes qui nous entourent.


La liste des réponses à la question de savoir pourquoi nous devons amener des femmes et des hommes à devenir des disciples du Christ n’est certainement pas exhaustive, mais nous espérons qu’elle donnera des pistes pour nous motiver à prendre au sérieux et à accomplir le mandat que Jésus nous a confié.


Pourquoi les gens ont-ils besoin de l’Eglise?

Pour la plupart des membres de l’Eglise Evangélique Méthodiste, il est « normal » de faire partie d’une Eglise. Cette appartenance n’est cependant pas aussi « normale » pour les personnes extérieures à l’Eglise ou celles qui sont nouvelles dans la foi. Elles considèrent au contraire l’institution de l’ « Eglise » avec une certaine méfiance ou, dans le meilleur des cas, avec un intérêt réservé. On nous demande régulièrement pourquoi il ne peut pas y avoir de foi en Dieu, en Jésus, qui soit détachée de l’Eglise; en quelque sorte une foi d’ordre privé.


Nous ne pensons pas que la foi soit « uniquement » quelque chose de privé. Certes, elle repose sur l’acceptation individuelle de Jésus, mais la « foi » ne se limite pas à ça. Nous sommes profondément con- vaincus que notre foi revêt un caractère missionnaire. Comme Jésus a été envoyé dans le monde, nous sommes nous aussi des croyants envoyés dans le monde. Dans l’introduction de la Constitution de l’EEM, il est écrit: « L’Eglise de Jésus-Christ œuvre dans le monde et pour le monde » (Constitution de l’EEM, art. 1,2). Nous sommes redevables au monde du témoignage de Jésus-Christ! Nous ne pouvons pas faire autre chose que de parler de ce dont notre cœur est rempli: « Car la bouche exprime ce dont le cœur est plein. » (Mt 12,34).


Lorsque la foi n’est pas une chose privée mais œuvre dans et pour le monde, on la désigne par le terme d’Eglise, qui rassemble les croyants, tant dans les réunions communes que dans l’envoi commun. « L’Eglise est l’union de tous les vrais croyants en Jésus-Christ, leur Seigneur. Elle est la communauté sauvée, envoyée dans le monde, pour annoncer le salut, communauté dans laquelle la Parole de Dieu est prêchée par des hommes et des femmes appelés par Dieu et dans laquelle les sacrements sont administrés correctement selon leur institution par le Christ. Par l’action du Saint-Esprit, l’Eglise invite à l’adoration de Dieu, travaille à l’édification des croyants et au salut du monde. » (Constitution de l’EEM, art. 1,1). En vertu de notre Constitution, l’Eglise n’a aucun but en soi, ni ne se justifie par ses propres structures. Elle vise à aider les croyants à vivre leur foi et leur mission dans le monde. Pour les croyants, elle représente simultanément un foyer dans le monde et un envoi vers le monde.


Pour décrire l’Eglise, Paul a utilisé l’image du corps, avec ses différents membres (1 Cor 12). Dieu a ras- semblé les croyants pour former ce corps. Cette communauté est le corps du Christ rendu visible pour le monde. Les personnes appartenant à l’Eglise Evangélique Méthodiste sont ainsi elles aussi désignées comme des « membres ». Elles sont membres du corps du Christ, ce qui s’exprime par leur affiliation à l’Eglise. Cette appartenance au corps du Christ ne doit pas forcément se faire dans l’EEM. De nombreuses Eglises font partie de l’Eglise de Jésus-Christ. En tant qu’EEM nous avons, pour reprendre l’image de Paul dans 1 Corinthiens 12, une fonction et un don particuliers, que nous accomplissons joyeusement et volontiers dans le monde, sans pour autant dévaloriser les autres dons et fonctions assumés par d’autres Eglises.


Pourquoi les gens ont-ils besoin de notre Eglise?

Quels sont les forces, les dons qui nous caractérisent nous, en tant qu’Eglise Evangélique Méthodiste? Qu’attendent les gens qui suivent l’appel de Jésus lorsqu’ils viennent dans notre Eglise? L’énumération des principales caractéristiques de notre Eglise présentée ci-dessous s’applique à toutes les communautés de l’EEM. C’est la combinaison de ces caractéristiques essentielles qui fait la particularité et la valeur de notre Eglise. Si certains de ces critères apparaissent aussi dans d’autres Eglises, leur combinaison est spécifique à l’ « Eglise méthodiste ».


Nous sommes une Eglise relationnelle

Les personnes qui ont trouvé ou trouveront un foyer dans l’EEM entretiennent dans notre Eglise leur relation avec Dieu et avec les autres. Etant donné qu’elles pourraient aussi entretenir leur relation avec Dieu dans d’autres Eglises et communautés, la raison pour laquelle elles trouvent un foyer chez nous ou pas réside essentiellement dans les relations avec les autres. Le fait de parvenir à établir et à maintenir des relations avec des personnes qui ne font pas (encore) partie de l’église locale est ainsi déterminant pour la croissance de la communauté. Lorsque de telles relations existent, il arrive souvent que des gens trouvent le chemin de nos églises. Ils ne le font généralement pas parce que nous avons les meilleures prédications, les sièges les plus confortables, le meilleur café ou la théologie la plus convaincante, mais parce qu’ils peuvent nouer des relations dans l’une de nos églises. De nombreux circuits qui se sont soumis au test ‘Koinonia’ indiquent que l’une de leurs forces réside dans les « relations agréables ». Une bonne partie des communautés qui travaillent sur le livre de l’évêque Schnase « Les paroisses qui portent du fruit et leurs caractéristiques » consacre beaucoup de temps à l’aspect relationnel de l’ « hospitalité radicale ». Les relations sont l’une de nos forces – veillons à ce qu’elles ne soient pas uniquement tournées vers l’intérieur.


Nous formons, en tant qu’Eglise, une communauté de personnes qui témoignent de leur foi.

Nous nous distinguons en cela des Eglises réformées de Suisse, qui considèrent la présence dans un territoire donné comme un élément déterminant de l’appartenance des protestants à l’Eglise. Le fait de reconnaître Jésus- Christ comme Seigneur et Sauveur, la Bible comme fondement de notre foi et de notre vie, et la sanctification (faire le bien et éviter le mal), est une condition sine qua non pour devenir membre confessant de notre Eglise. Notre cœur est rempli de l’amour de Dieu versé dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous est donné (Rm 5,5). Cet amour de Dieu vaut pour toutes et tous, car personne ne peut le mériter. Per- sonne ne peut donc en être exclu, ni ne peut l’obtenir par des efforts particuliers. En cela, nous sommes différents de certaines Eglises libres. Dans nos églises, toutes et tous sont invités à chercher et à témoigner la présence de Dieu parmi nous.


Nous sommes une Eglise diversifiée

Les racines de notre foi sont ancrées en Christ et non pas dans une certaine forme de foi. Aussi avons-nous toute une variété de formes de foi et de communautés, qui illustrent chacune à leur manière la richesse des dons de Dieu. Cette diversité se retrouve aussi chez les pasteurs. Nous ne sommes pas d’avis que nous devons toutes et tous penser, agir et croire de la même manière pour être des disciples fidèles de Jésus. Nous estimons bien plutôt que le Christ se trouve au centre de notre foi et de notre vie. Ainsi s’applique à notre Eglise le principe exprimé par notre père fondateur: nous sommes unis dans l’essentiel (le Christ est au centre) et pour tout le reste nous disons qu’il faut penser et laisser penser. Tout comme l’arc-en-ciel comprend différentes couleurs qui se juxtaposent harmonieusement, ce qui en fait justement un arc-en-ciel, nous ne nous voyons pas, en tant qu’Eglise, comme arborant une seule couleur ou identité, mais comme une combinaison de différentes couleurs qui se complètent, se corrigent et aident à montrer au monde le royaume de Dieu. Ne nous laissons pas perturbés par l’exigence générale qui veut que l’on ne puisse s’occuper que d’une seule couleur. Nous sommes heureux de pouvoir être une Eglise diversifiée.


Nous sommes une Eglise qui confère

En tant qu’Eglise qui plonge ses racines dans la réforme, nous respectons le sacerdoce universel, qui s’exprime chez nous par l’importance du travail des laïques. Les pasteurs ne sont pas les seuls à conduire les communautés, puisque la direction de l’église se compose aussi bien de la pasteure ou du pasteur que de laïques. C’est la raison pour laquelle nous ne parlons pas des dirigeants de l’église, mais de la direction de l’église, ce qui souligne la collaboration entre les membres pastoraux et les laïques. Dans ce contexte, les pasteurs ont pour responsabilité particulière de gérer le contenu et les structures de la vie communautaire dans le respect de notre règlement commun. La structure de notre Eglise est faite de conférences (conférences de circuit, conférences annuelles, conférences centrales et conférence générale). Les décisions de notre Eglise ne sont pas prises par des individus (particulièrement inspirés) mais par des conférences. Nous croyons que tous les chrétiens et toutes les chrétiennes sont remplis du Saint-Esprit et donc inspirés. Il vaut la peine d’écouter l’avis de chacune et de chacun. C’est pourquoi il est important que l’appartenance à notre Eglise soit considérée comme une confession et non pas simplement comme une affiliation à une association.


Nous sommes une Eglise mondiale

qui ne veut pas simplement être église ou communauté sur place, mais a pour mission de proclamer l’évangile dans le monde entier. Nous ne tenons donc pas uniquement compte de nous-mêmes et de nos propres besoins, mais aussi de l’existence et des besoins d’autrui (au sein de la Conférence annuelle et dans le monde entier). Cette solidarité ne se traduit pas seulement dans les questions financières, mais aussi dans les ministères et les responsabilités par-delà les frontières de l’église locale. Cette réalité nous différencie des communautés autonomes de notre entourage.


3. A quoi aspirons-nous?

Comment faire en sorte qu’à l’avenir nous arrivions encore à amener des femmes et des hommes à suivre le Christ? Nous ne pouvons pas revenir au temps et aux méthodes du passé, même si certaines choses héritées « de nos ancêtres » fonctionnent encore dans nos églises. Nous avons aujourd’hui besoin d’une nouvelle compréhension de ce que ‘signifie être église’ qui ne soit pas concentrée sur nous-mêmes, mais vive le mandat de Jésus consistant à amener des hommes et des femmes à être des disciples, pour transformer le monde. Nous devons réapprendre (pour autant que nous ne l’ayons pas déjà fait) que l’on ne cherche pas une Eglise ou une communauté pour son propre bien, mais que l’on vit l’Eglise comme la présence de Dieu parmi les hommes. La communauté ou l’Eglise n’est pas là pour nous, pour nous per- mettre d’entendre une bonne prédication, d’avoir un pasteur « crédible » ou de boire un meilleur café. La communauté est là pour nous aider à accomplir tous ensemble la mission que Jésus nous a confiée, à savoir conduire des femmes et des hommes à le suivre.


En tant que Cabinet, nous souhaitons donc avoir des circuits qui présentent les valeurs de référence ci- après. L’un des éléments de la mise en œuvre de la stratégie consistera pour nous à accompagner les circuits dans le processus d’acceptation et d’application de ces valeurs de référence. Nous nous efforcerons aussi toujours davantage d’évaluer les affectations sur la base de ces valeurs de référence et de promouvoir ces valeurs dans le cadre des nouvelles affectations.

1. En tant que membres de la communauté, nous vivons consciemment comme des disciples du Christ. Nous cherchons en nous ce cœur si plein que notre bouche exprime ce qui le remplit. Nous sommes conscients de la joie que nous éprouvons à suivre Jésus et invitons par là-même des personnes de notre entourage à devenir des disciples du Christ. Nous considérons notre propre vie de disciple comme l’une de nos compétences essentielles et pouvons ainsi inviter d’autres personnes à faire de même.

2. Le circuit n’oriente pas son mandat sur ses propres besoins, mais sur la manière la plus efficace d’amener, là où il se trouve ou dans sa région, des hommes et des femmes à suivre le Christ.

3. Le mandat consistant à amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ concerne l’ensemble de la communauté et ne peut pas être délégué au corps pastoral ou à des organes déterminés, ni aux organisateurs d’actions ou d’activités spécifiques.

4. En amenant des femmes et des hommes à suivre Jésus, nous posons la pierre angulaire qui transformera le monde. Le fait que des personnes soient amenées à être des disciples nous ouvre des possibilités sur la manière dont le monde peut être transformé. En tant que circuit, nous nous efforçons consciemment d’exploiter ces possibilités de manière cohérente et ciblée.

Au sein du Cabinet, nous avons procédé au cours de ces dernières années à une évaluation annuelle des différents circuits et communautés et ainsi essayé de nous faire une idée du développement des circuits. Cette analyse nous a aidés à fixer des priorités dans notre travail. Nous conserverons cet outil et l’utiliserons désormais en l’orientant plus systématique encore sur l’aspect du discipulat. Pour ce faire, nous demandons de plus en plus souvent dans le cadre de nos discussions dans les circuits, comment ils arrivent à amener des hommes et des femmes à devenir des disciples du Christ, et encourageons les circuits à prendre des mesures concrètes dans cette direction.


L’évangéliste Marc raconte la parabole de la semence qui pousse toute seule (Mc 4,26 ss): « Jésus dit encore: Voici à quoi ressemble le Royaume de Dieu: Un homme répand de la semence dans son champ. Ensuite, il continue à dormir durant la nuit et à se lever chaque jour, et pendant ce temps les graines germent et poussent sans qu’il sache comment. La terre fait pousser d’elle-même la récolte: d’abord la tire des plantes, puis l’épi vert, et enfin le grain bien formé dans l’épi. Dès que le grain est mûr, l’homme se met au travail avec sa faucille, car le moment de la moisson est arrivé. » Cette parabole montre d’une manière toute simple, en quoi consiste notre mission en tant qu’Eglise et communauté: répandre de la semence dans le champ. Nous sommes confiants que ce sont la bonté et la grâce de Dieu qui feront germer les graines et pousser la plante. Et ce sera à nous d’appeler les gens pour la récolte et de moissonner à la gloire de Dieu. Nous nous en réjouissons!


____________



A la surprise générale, ce rapport n’a pas soulevé de réactions au sein de la Conférence : il a été adopté sans discussion.


Ce rapport a repris la thématique de la Conférence «Cieux et terre se touchent» et nous engage à fixer de nos yeux l’horizon, là même où cieux et terre se touchent. Ce regard prend en ligne de compte l’action de Dieu en notre temps et au lieu de notre engagement avec en arrière-plan le mandat missionnaire : «nous vivons une mission : amener des hommes à devenir disciples de Jésus-Christ.»


Qu’est-ce qui pousse les membres et amis de l’EEM à appliquer ce mandat ? L’enthousiasme personnel est un facteur déterminant sans compter le fait d’être personnellement touché par ce que Dieu a fait en Jésus-Christ en faveur du monde. Des individus marqués par cette touche divine influencent tout à tour leur entourage.


A l’aide de trois questions, les surintendants précisent la nature de cette mission, amener des hommes à devenir des disciples. Répondre à la question : «Pourquoi doit-on amener les hommes à devenir des disciples de Jésus ?» est chose simple, écrivent-ils. Jésus aurait procédé de la même manière. Parmi les autres raisons, il y a le fait que «Jésus a enlevé la culpabilité qui nous séparait de Dieu», et le désir de leur faire découvrir et accepter l’amour de Dieu à travers cette action. Leur vie changera de perspective par-delà la mort.

«Pourquoi les gens ont-ils besoin de l’Eglise ?» se demandent alors les surintendants dans leur rapport. La foi n’est une affaire privée, mais missionnaire. Telle la conviction profonde de ces responsables d’église.


«Pourquoi les gens ont-ils besoin de notre Eglise ?» telle est la question suivante que pose le rapport. Les dons et talents sont octroyés à l’EEM de manière à ce qu’elle soit une église attractive et une communauté qui «confesse sa foi, parce que les hommes et les femmes qui la composent ont fait l’expérience de l’amour de Dieu». Dans le même temps, elle est une église où se manifeste à la fois l’attachement aux fondamentaux de la foi et la liberté d’expression. En outre, elle une Eglise qui confère, dans le sens qu’elle prend ses décisions après un temps de discussion. Les grandes décisions sont ainsi prises en Conférence. L’EEM est ensuite une grande église mondiale, une église ouverte à la réalité de l’Eglise universelle et sachant prendre ses responsabilités.

En conclusion, les surintendants expriment leur intention d’accompagner les communautés locales à traduire certains objectifs. Entre autres choses à «vivre la vie de disciples». Mais aussi à faire en sorte que les communautés locales ne concentrent plus leur engagement sur leurs propres besoins, mais avec soin et ténacité sur les gens de leur entourage, de leur région pour les amener à devenir disciples de Jésus-Christ. Ce mandat concerne l’ensemble de la communauté et ne peut pas être cédé seulement aux pasteurs, à des commissions ou à des actions isolées.


Congé de Markus Bach

Après que Markus Bach a présenté le rapport des surintendants, la Conférence a pris congé de lui en tant que surintendant de la région de Berne avec une salve d’applaudissements. «Markus Bach a été pendant 10 ans surintendant de Berne et j’aimerais l’en remercier», relève l’évêque Patrick Streiff qui apprécie l’homme et son apport inestimable au sein du Cabinet : il a apporté une énorme expérience au cours d’une période de grands changements et bouleversements. Son apport était jugé utile. Patrick Streiff le remercie de ses conseils. A présent, Markus Bach va retourner à un ministère pastoral classique et va se concentrer sur sa nouvelle paroisse, mais pas seulement, car de nouvelles tâches l’attendent, maintenant qu’il vient d’être élu comme secrétaire de la Conférence centrale. Il est heureux que des personnes ayant acquis une telle expérience puissent rester au service de l’Eglise. Markus répond à l’assemblée : «C’était un privilège pour moi de continuer à bénéficier de ces richesses et de ces apports : j’ai eu du plaisir à assumer ma tâche et me réjouis de la tâche qui l’attend.»

Claudia Haslebacher est la nouvelle surintendante du district de Berne.


Les membres confessants en hausse

L’EEM en Suisse/France compte à la fin de 2010 quelque 6’162 membres confessants, 3’678 amis et 182 membres baptisés. 142 personnes viennent d’être admis comme membres professants. L’EEM en Suisse dénombre 134 membres confessants en moins qu’à la fin 2009. Bien que les admissions comme membres confessants sont en hausse, le nombre de membres décline sensiblement dans l’ensemble de l’EEM de Suisse/France (décès, radiations, départs).

4’575 personnes ont été accompagnées par 1’502 collaborateurs dans le cadre du travail de Takano (parmi les enfants, les jeunes et les jeunes adultes).

En moyenne, 5’016 adultes suivent le culte dominical dans 119 communautés locales. Dans l’EEM en France, les 21 communautés locales qui la compose ont gagné 68 membres confessants pour compter en tout 1’279 membres : il faut se rappeler le transfert dans notre Conférence annuelle de la communauté de Paris-Colombe (84 membres) : comme quoi pour grandir rapidement il faut s’occuper des migrants ! On ne dispose pas de statistiques de l’EEM en Algérie. L’EEM y travaille au sein de quatre communautés locales.


L’admission de nouveaux membres aujourd’hui ne peut pas être mise sur le même plan que les admissions de membres 50 ans en arrière. Dans le temps, c’était des gens qui, après quelques visites, devenaient membres et puis tous les jeunes devenaient membres après la fête de fin du catéchisme; aujourd’hui,c‘est différent, nous avons plus de membres que ce que nous pouvons désigner statistiquement. Le membre qui est admis, doit confesser sa foi, parler de sa vie dans la communauté. Il s’engage à participer à l’avancement du Royaume de Dieu. Nos communautés comptent beaucoup d’amis qui hésitent longtemps à franchir formellement le pas de l’engagement de membres. Peut-être réussirons-nous un jour à faire que la question de membres ne soit pas seulement une question de statistiques ou d’association, mais de gens qui s’engagent à part entière, relève Markus Bach et d’ajouter qu’il ne faut pas tout axer sur des chiffres, sachant que derrière les chiffres il y a des personnes à atteindre». Parole de sagesse...


Le rapport est adopté à l’unanimité.

 Rapport des surintendants (fichier pdf 165 ko)

Jeudi - session à huis-clos

Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Cet après-midi, séance séparée pour pasteurs et laïcs.


SESSION A HUIS CLOS


Sept pasteurs admis comme pasteurs de plein droit de la Conférence annuelle

Deux nouvelles candidatures au ministère pastoral se présentent dans le domaine germanophone. Dans la partie francophone, Daniel Morata déjà reconnu comme candidat est sur le point d’entamer ses études théologiques à l’IBN de Nogent-sur-Marne.

Théo Paka (Saint-Imier), Joseline Waechter (Paris) et David Loché (Alès) sont les pasteurs admis dans la conférence comme pasteurs de plein droit.


L’évêque Patrick Streiff et le président de l’Alliance des pasteurs, Urs Rickenbacher les accueillera au sein du corps pastoral avec la plus grande joie. L’évêque leur fera remarquer que dorénavant ils vont devoir défendre le profil de l’EEM. Le Règlement de l’Eglise stipule que préalablement à toute admission les candidats répondent aux 19 questions posées par John Wesley qui ont trait au ministère pastoral. L’évêque posera ces questions sans en omettre une, dont celle-ci : «es-tu décidé à consacrer tout ton temps à l’œuvre de Dieu ?»


Urs Rickenbacher leur remis aux nouveaux pasteurs une petite lanterne pour illustrer la mission qui leur incombe dorénavant, apporter la lumière du Christ au monde, mais aussi pour leur signifier qu’une lumière va s’allumer pour eux au sein de la communauté de service de l’EEM.



Commission des ministères

A la place de Claudia Haslebacher  devenant surintendante, Markus Bach assure dorénavant la présidence de la commission des ministères.

Jeudi - session des laïcs


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH

Session des Laïcs

Les laïcs désirent vivre des relations sincères et authentiques

Les présidents laïcs de la Conférence, Markus et Ruth Voegelin ont dirigé la session des Laïcs de la Conférence annuelle de l’Eglise Evangélique Méthodiste (EEM à Winterthur jeudi après-midi. Dans une discussion très animée en groupes, les délégués laïcs ont réfléchi sur l’impact et la répercussion à long terme de la stratégie adoptée par l’EEM pour les années 2010-2018 : que faut-il pour que l’EEM vive et transmette de façon crédible l’Evangile ?

Le sondage et les discussions  sont en cours d’évaluation, mais déjà il ressort le désir de moins de bureaucratie, le besoin de relations personnelles plus fortes avec Dieu et les êtres humains…. La volonté de cultive r des relations en dehors de la communauté locale de manière sincère, intéressée et authentique….

Stefan Ilg de la paroisse, Adliswil / Zurich 2 a souligné la réticence des membres du CEM, «s'exposer». Il est important de «mettre en pratique ce que nous prêchons" dans la vie quotidienne.


On devrait reprendre à zéro toutes les relations et ne pas songer à les cultiver seulement en interne dans la communauté. Sonja Eschler de Büren-Granges a renvoyé à l'enthousiasme des joueurs de football: «Si nous vivons notre foi avec autant d’enthousiasme que les footballeurs, la Bonne Nouvelle serait crédible».

La 2e partie a porté sur la «culture des rapports». La discussion était animée. Il a été démontré que les rapports débattus lors de la Conférence annuelle peinent à déclencher «le moindre processus de changement» au niveau des communautés locales.

Dans le rapport communiqué à la Conférence, il était dit à la page 47:

Aujourd'hui, nous surévaluons l'impact de nos rapports à la Conférence annuelle. Apparemment, ils ne parviennent pas à déclencher les processus nécessaires pour que les décisions rendues à la conférence soient traduites en actes dans les églises locales. Ils servent à rendre compte de la situation, mais peinent à faire bouger les choses et sont trop axés sur le passé pour pouvoir indiquer de nouvelles orientations pour l'avenir et démarrer des processus. Afin de pouvoir faire son chemin de la tête jusqu'au cœur, une idée doit visiblement passer non seulement par la lecture et la discussion, mais aussi, et surtout, par l'expérience et le vécu. 

Les processus de changement de la CA doivent-ils donc se développer jusqu'à dépasser la forme du rapport pour pouvoir atteindre la base et devenir des projets d'apprentissage? Qui accompagnerait et évaluerait alors ces projets? 


Ceux qui étaient présents ont pu faire part de leurs commentaires par l'intermédiaire d'un questionnaire quant aux changements qu’il faudrait opérer : il faut moins regarder vers le passé et plus vers le futur, notre vision gagne à être orientée vers l’avenir, les planifications être telles que d’une année à l’autre on puisse noter les progrès accomplis.

Sur une initiative de Ruth et Mark Voegelin et en présence de la modératrice Madeleine Bähler, plusieurs laïques et pasteur-e-s ont fourni un travail intense en vue de l'élaboration du « Guide de gestion des conflits au niveau des églises locales et des circuits ».. Ce document couvre des sujets tels que la détection précoce des conflits, le suivi de conflits orienté vers des solutions, la communication et d’autres formes d’aide. Il devrait aider concrètement les paroisses dans leur vie quotidienne


On a pris soin d’inclure les autorités compétentes de l'Eglise comme «Formation + Conseil» et «Communication» qui sont déjà actives dans ce domaine dans la création de ce guide.


C'est la première fois que les églises de l'EEM Suisse-France disposent d'un guide destiné à les aider à gérer des situations conflictuelles. 

Les premières discussions à ce sujet ont eu lieu à l'automne 2009. La rédaction du guide à nécessité un total de cinq séances. Le groupe de travail a rassemblé des idées émanant de différentes parties, puis adopté le guide. Les responsables des églises et des circuits concernés par un conflit y trouveront là un « instrument d'orientation » très précieux, une aide et un encouragement.


Ruth Voegelin a annoncé qu’on recherchait pour 2012 un nouveau responsable laïc du district dans le district bernois . Elle a salué la collaboration avec les responsables laïcs comme un «travail passionnant».


A la fin de la réunion, Manuel Both, responsable laïc du district nord-est  de Suisse, a remercié les délégués laïcs de la conférence pour leurs efforts. A l’assistance a été remis un bonbon avec une parole de bénédiction.

Jeudi - Guide de gestion des conflits


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH


Y sont évoquées diverses situations de crises et les solutions à mettre en œuvre.


Guide 

de gestion des conflits 

au niveau des églises locales et des circuits 

1. Introduction 

Les explications ci-après sont destinées à fournir des pistes et à clarifier la situation afin d'aider à la gestion des conflits pouvant surgir dans la communauté ou les organes du circuit. 

Définition du conflit 

Un conflit peut être décrit de manière très générale comme un état de tension né de positions contradictoires irréconciliables entre deux parties ou plus. Lors de conflits, le véritable problème ne réside pas dans les différences existantes, mais dans la manière dont elles sont traitées. 

Constat fondamental 

Tant l'Ancien que le Nouveau Testament comportent de nombreux passages faisant état de situations conflictuelles. Le premier récit commence avec Adam et Eve; un conflit qui éclate avec Dieu et entre eux. Parmi les autres exemples, citons celui de Caïn et Abel ou la dispute entre Pierre et Paul (Gal. 2,11 ss). Les conflits font donc partie de la création et, partant, de la vie de tout être humain. 

En réalité, les conflits ne sont pas fondamentalement négatifs, mais offrent au contraire une possibilité de remettre en question notre manière de penser et de percevoir les choses. Dans nos églises, nous pouvons apporter une contribution importante en termes d'assainissement des relations en cas de conflit. Pour cela, il faut aborder les tensions et les divergences de vues avec un esprit ouvert et constructif. A noter que sans conflits, l'injustice demeure et n'est pas remise en question; il n'existe alors aucun espoir de changement. Les conflits peuvent ainsi s'avérer nécessaires pour que les bonnes intentions de Dieu puissent se réaliser. 

Avant qu'un conflit ne s'envenime, nous pouvons emprunter une voie pleine de promesses. En tant que personnes aimées par Dieu, nous pouvons parler de nos désaccords, de nos divergences de vues ou de nos fautes et les gérer dans le respect. 


La réconciliation en Jésus-Christ nous donne, à nous chrétiens, un puissant argument pour emprunter cette voie suffisamment tôt. C'est ce qu'exprime notamment la prière du Notre père: « Et pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Le pardon de Dieu nous permet de rencontrer ceux qui nous entourent dans un esprit de réconciliation. 

Les situations conflictuelles nous offrent justement cette grande chance de pouvoir faire l'expérience libératrice de la foi, de l'amour et de l'espérance. Quelqu'un qui a surmonté des crises ou des conflits peut en ressortir plus fort. 

Notre tâche consiste à faire le premier pas, avant que nos sentiments et nos pensées s'accumulent et se transforment en un conflit ouvert. (cf. exemple, page 6) 

A partir de là, il convient d'utiliser à bon escient les connaissances et les expériences recueillies dans le cadre de l'étude des conflits et des services de consultation professionnels. Le but n'est ni d'ignorer ni de relativiser les conflits, mais au contraire de développer nos compétences sociales de telle sorte que nous parvenions, dans la mesure du possible, à nous sortir nous-mêmes de situations conflictuelles, tout en sachant reconnaître le moment où une aide extérieure s'impose. 

2. Identification précoce 

Une réglementation claire des compétences est un bon moyen de prévention et permet d'empêcher ou de désamorcer des conflits. Si la structure organisationnelle fournit une certaine sécurité et des informations utiles, elle peut aussi renforcer le pouvoir, entraîner des adaptations ou des résistances et créer des situations de subordination. Quoi qu'il en soit, les cahiers des charges contribuent à une bonne exploitation des ressources, délimitent les domaines de responsabilités et protègent des prises de pouvoir arbitraires. Ces éléments, de même que les innovations organisationnelles, doivent être prises en compte dans l'identification précoce des conflits. 

La manière dont nous abordons les différences d'opinions est primordiale. Il convient notamment de déterminer si les divergences portent sur des questions de fond ou s'il s'agit d'oppositions d'ordre émotionnel et de tenir compte des différences exprimées et des diverses perceptions manifestées avant que la situation débouche sur des actes indésirables. Un écart trop important entre la manière de penser, la sensibilité et la perception d'une part et la volonté et les actes d'autre part peut se traduire par un conflit. 

2.1 Prévention 

Au niveau du circuit, la commission collaboration pasteur-paroisse / le conseil de circuit peut aider la communauté ou le circuit à mieux résister au conflit. Les entretiens d'évaluation et de motivation peuvent également s'avérer utiles pour l'identification précoce des conflits. De même, les accompagnateurs et accompagnatrices qui suivent les nouveaux collaborateurs et collaboratrices durant leur phase d'introduction peuvent attirer l'attention sur des situations particulières indiquant un conflit potentiel. 

Enfin, les cultes, séminaires ou cellules de maison sont autant de possibilités de se pencher sur la question des conflits et de ses multiples facettes. Formation + Conseils de l'EEM propose par ailleurs différents modules de soutien. 


En dépit de toutes les mesures préventives, nous ne parviendrons pas dans tous les cas à clarifier les points de vue ou à renforcer la communauté au point d'éviter tout conflit à l'avenir. Nous devons apprendre à gérer les tensions de manière constructive et à trouver des solutions viables, même lorsque des divergences factuelles ou personnelles demeurent. 

2.2 Types de conflit et interlocuteurs 

Il convient d'identifier le type de conflit dont il s'agit et de définir les interlocuteurs auxquels s'adresser pour déterminer au mieux la suite de la procédure. 

Les types de conflit sont parfois difficiles à distinguer les uns des autres et il n'est pas rare qu'une situation conflictuelle soit le résultat de plusieurs sortes de différends. 

Types de conflit 

- Conflit d'objectif et d'intérêt (p. ex. rénover la chapelle en ville en tenant compte des exigences relative à la protection du patrimoine ou construire un bâtiment moderne en périphérie?) 

- Conflit d'organisation ou de structure (p. ex. compétences) 

- Conflit de valeurs et de jugement (p. ex. style de piété) 

- Conflit de répartition (p. ex. ressources financières ou en personnel) 

- Conflit de rôles et de pouvoir (pasteur - conseil de circuit - surintendant-e) 

- Conflit relationnel (entre deux personnes ou plus) 

- etc. 

Interlocuteurs 

Les interlocuteurs proposent une première audition, sans obligations ni conditions. L'audition doit se dérouler sans bureaucratie aucune et être facilement accessible. Il est impératif de toujours écouter les deux parties, dans la perspective de trouver un consensus sur la base duquel les questions litigieuses pourront être traitées. Le but consiste aussi à clarifier la suite du processus. 

Les parties au conflit ci-dessous sont présentées à titre d'exemple. Au moment de la désignation des interlocuteurs, il convient de tenir compte de l'organisation du circuit. 

Parties au conflit Membres de la paroisse 

Membre de la paroisse et pasteur-e 

Premier interlocuteur 

Pasteur-e / conseil de circuit 

Président-e de la commission collaboration pasteur-paroisse ou du conseil de circuit 

Pasteur-e 

Membre de la paroisse et membre dirigeant Membres pastoraux 

(au sein d'une équipe) 

Membres dirigeants 

Membre dirigeant et pasteur-e 

Président-e de la commission collaboration pasteur-circuit et à défaut le surintendant/la surintendante Pasteur-e 

Président-e de la commission collaboration pasteur-paroisse ou du conseil de circuit 

En cas de conflit, les interlocuteurs susmentionnés informent le surintendant/la surintendante, au plus tard au moment du recours à des conseillers externes. 


2.3 Evaluation des conflits 

Les degrés d'escalade des conflits (selon le Prof. F. Glasl) illustrent les différentes phases d'un conflit et les réactions observées dans chacune de ces phases. Plus le degré d'un conflit est évalué avec précision, plus les possibilités et les limites de l'auto-assistance sont faciles à identifier. 

1. Durcissement des points de vue, crispation. Pas encore d'appartenance rigide à un camp. 

2. Polémique, pensée en noir et blanc, formation de groupes avec violence verbale. Lutte pour la supériorité; alternance entre coopération et concurrence. 

3. Parler n'est plus d'aucun secours, d'où un passage à l'acte. Dichotomie entre comportement verbal et non-verbal, augmentation de la méfiance réciproque. Perte de l'empathie. Concurrence prenant le pas sur la coopération. 

4. Rumeurs, vision négative du camp adverse, paille dans l'œil du voisin. Les parties se poussent mutuellement à assumer des rôles négatifs. 

5. Perte de la face, perte des valeurs, attaques directes personnelles et publiques contre la partie adverse. 

Menaces et ripostes, stress, actions de chantage, augmentation de la pression. 

Mise à exécution des menaces, préjudices infligés vécus comme des victoires personnelles. 

8. Eclatement des parties et tentative de destruction matérielle et/ou psychiquesociale de l'adversaire. 

9. Point de non-retour. Recherche de l'anéantissement de l'autre au prix de son propre anéantissement. Volonté de nuire durablement à la descendance. 

3. Gestion des conflits 

Les parties au conflit doivent élaborer des solutions et dégager des pistes indiquant la manière dont elles entendent atteindre l'objectif qu'elles ont défini. La clarification d'un conflit doit intégrer toutes les parties concernées. Il convient de veiller à la position ou au comportement des parties: les dialogues doivent être directs, l'écoute active, la discussion commune; il faut éviter de parler les uns des autres. 

Degrés d'escalade 

1 - 3 L'auto-assistance peut déboucher sur une solution du conflit. Il convient de vérifier si un entretien avec une personne de confiance peut s'avérer utile en cas de conflit. Ce dialogue peut avoir lieu soit avec l'un des interlocuteurs susmentionnés soit avec un spécialiste d'un autre circuit. L'essentiel est avant tout d'aborder les points litigieux, de clarifier les oppositions et de définir un objectif. 

3 - 4 Il est impératif que toutes les parties soient fondamentalement disposées à bénéficier d'un accompagnement. Nous recommandons de demander de l'aide à l'extérieur de la paroisse à une personne ayant de l'expérience en matière de conflits. Son impartialité est une condition indispensable. A noter qu'aucune des personnes parties au conflit ne peut assumer de fonction dirigeante dans le processus. 

à partir de 5     A partir du degré d'escalade 5, il est indispensable de recourir à une 

aide et un accompagnement extérieurs pour parvenir à résoudre le conflit. 


3.1 Accompagnement des parties au conflit dans la perspective d'une solution 

Le conseil de paroisse ou de circuit demande de manière indépendante et délibérée, au plus tard à partir du degré d'escalade 3, l'aide d'une conseillère ou d'un conseiller extérieur à la communauté et en informe les organes concernés. Le surintendant ou la surintendante peut également ordonner une consultation/un accompagnement. 

Le conseil de circuit établit le budget nécessaire aux services du conseiller ou de la conseillère et prend une décision à ce sujet. Les différentes formes de consultation sont décrites en annexe. 

3.2 Communication 

Il convient de veiller à ce que toutes les personnes concernées reçoivent des informations concordantes, si possible en même temps. La communication doit être compréhensible et aussi simple que possible. 

Comment 

Les informations doivent être fournies par écrit, sous une forme adaptée au déroulement du processus. Si nécessaire, elles doivent être complétées par des informations orales. Les moyens d'information doivent être définis suffisamment tôt et connus de l'ensemble de la communauté. Un texte écrit devrait être porté par toutes les personnes concernées. 

Quoi 

Les communications doivent être exemptes de toute attribution de faute et respecter la dignité des personnes concernées. L'objet du conflit doit être nommé. Les informations doivent être factuelles et fournir autant d'indications que nécessaire tout en en disant le moins possible. 

Qui 

La communication incombe à une personne désignée à cet effet par la commission pour la collaboration pasteur-paroisse ou le conseil de circuit au début du processus. Cela implique de toutes les parties concernées qu'elles respectent le principe de confidentialité. La personne chargée de la communication doit posséder les compétences et la crédibilité nécessaires. Il peut s'agir d'un membre de la commission pour la collaboration pasteur-paroisse / du conseil de circuit ou d'un professionnel. 

Quand 

Le plus tôt possible, pour éviter les rumeurs. Une communication proactive est donc recommandée. Toute décision doit être communiquée le plus rapidement possible. 

Où 

Il convient de distinguer entre la communication entre les parties au conflit d'une part et la communication aux personnes extérieures au conflit d'autre part. Ce faisant, il faut éviter l'apparition de rumeurs. 


4. Conclusion 

Même dans un conflit, il est important de placer l'objectif commun que sont Dieu et la mission de l'Eglise au centre des discussions. Nous pouvons compter sur l'appui de l'Esprit Saint, qui nous accompagne dans et au travers des situations de conflit. 

Les personnes ont besoin de plus ou moins de temps pour suivre un processus entamé dans le cadre d'une situation conflictuelle et elles nécessitent parfois l'aide d'un professionnel pour pouvoir gérer (transformer) un conflit de manière constructive. Ce processus peut déboucher sur de nouveaux enseignements et perspectives utiles 

au développement de l'église. 

Ce ne sont pas les choses elles-mêmes qui nous gênent, mais l'idée que nous nous faisons des choses. 

Epictète 

Nous souhaitons à toutes les personnes concernées, aux communautés et aux circuits des pas encourageants et des expériences riches en bénédictions. 

Au nom du groupe de travail Conflits Markus & Ruth Voegelin, RLC 

Membres du groupe de travail: 

Madeleine Bähler (modératrice) 

Markus Bitterli / Käthi Hiltbrand / Markus Da Rugna / Stefan Zürcher Markus & Ruth Voegelin (responsables) 



Outils auxiliaires

1. Exemple tiré de la pratique

La situation exposée ci-après peut par exemple être utilisée pour introduire la réflexion sur la gestion des conflits au

niveau du circuit. A la fin du culte, une musicienne se plaint auprès du pasteur d'une réaction négative exprimée par un membre de la communauté. Elle explique qu'elle s'est vraiment fait descendre en flammes parce que la personne qui a émis la cri- tique n'a aimé ni sa musique ni son choix des cantiques. Se sentant agressée personnellement, elle n'a plus envie d'apporter sa contribution musicale au culte. Le pasteur prend cette déclaration au sérieux. Il reconnaît que les personnes concernées n'arrivent plus à se parler et prend donc contact avec la personne incriminée. Il lui demande comment elle a perçu le culte et la musique. Le pasteur essaie de lui faire comprendre que sa réaction ne changera pas grand-chose à la situation, mais qu'elle a été blessante. La personne concernée se rend compte du fait que son comportement n'était pas correct et prend contact avec la musicienne pour s'excuser. Le fond du problème n'est certes pas réglé puisque la différence des goûts musicaux demeure un potentiel de conflit, mais au plan humain, les deux personnes peuvent à nouveau se regarder en face et essayer de gérer leurs différences de manière plus consciente. Questions: - Connaissez-vous ce conflit ou des conflits similaires? - Comment le conflit évoluerait-il en l'absence de toute intervention? - Comment géreriez-vous ce type de conflit? Le cas échéant, que feriez-vous différemment? - Quel comportement auriez-vous adopté si vous aviez été dans ces trois différents rôles?


2. Consultation et accompagnement par un service externe Supervision, La supervision consiste en une analyse approfondie des expériences vécues. Dans le cadre d'une supervision, des personnes ou des groupes réfléchissent à leurs actes, à leur manière de penser et aux structures qui les entourent. L'accent est mis sur de nouvelles perspectives, sur une réflexion créative, une évolution émotionnelle, une compréhension de l'organisation et sur l'action. La supervision a pour objectif d' « accompagner et optimiser les processus d'apprentissage, de changement et de développement de personnes et de groupes. » Coaching Le coaching consiste à apporter à des personnes se trouvant dans une situation complexe et délicate un accompagnement axé sur une solution et un objectif. Il s'adresse généralement à des personnes exerçant des fonctions dirigeantes. Le but du coaching est d'aider des gens à examiner et à faire évoluer leur propre comportement, mais aussi à améliorer leur capacité d'apprentissage et de prestation.

Le conseiller ou la conseillère aide à prendre du recul par rapport à la situation, à circonscrire le problème et à dégager les objectifs et solutions potentiels. Dans le cas du coaching, la durée du processus est en principe définie à

l'avance.

Transformation des conflits

La transformation des conflits s'attache aux points de vue personnels, liés au comportement et aux mentalités, sociaux, structurels et culturels d'un conflit. Elle vise à transformer des processus destructeurs en développements constructifs. La transformation des conflits est un processus systémique, au travers duquel les personnes concernées s'exercent à adopter de nouvelles perspectives et positions ainsi qu'une nouvelle attitude envers soi-même et les autres et qui permet d'introduire des adaptations structurelles. Il arrive que l'on ne trouve pas de solution au conflit. Mais même lorsque les intérêts, les valeurs et les besoins des personnes concernées demeurent différents, il est possible de gérer la situation sans violence et dans le respect.

Médiation

La médiation est une forme de facilitation. Il s'agit d'un processus visant à apporter une solution constructive à un conflit entre deux parties opposées, mais désireuses de parvenir à une solution commune grâce à la médiation. La plupart du temps, la solution est consignée par écrit et son application vérifiée au bout d'un délai fixé d'un commun accord.

Le médiateur ou la médiatrice ne prend aucune décision concernant le conflit ni ne propose aucune solution, se con- tentant de diriger le processus. L'idée primordiale de la médiation est de laisser les parties aux conflits assumer leur propre responsabilité. Développement organisationnelLe développement organisationnel consiste à initier des processus de changement et d'évolution au sein d'organisations et à les suivre méthodiquement. Ce processus fait appel aux capacités de chacune et chacun et de l'organisation en tant que tout. Dans les églises locales, ce principe est utile pour appuyer la gestion des conflits. 


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Jeudi - Faculté de théologie de Reutlingen


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH












3 lignes directrices guident les travaux de la Faculté de théologie méthodiste de Reutlingen, rappelle le professeur Michaël Naussner : la foi vécue, la pensée libérée et l’amour actif, préalable à tout engagement fructueux et qui s’inscrit dans la continuité de la tradition méthodiste.

Il se dit heureux de la présence des Suisses qui ont doublé de 1à 2 et de 2 à 6 cette année, heureux aussi de ce réseautage entre l’Allemagne et la Suisse. A partir de cette année, pour la première, ce sera un Suisse, Markus Bach, qui va présider le conseil d’administration de la Faculté.

Reutlingen a de plus en plus d’étudiants étrangers (Ghana, Ethyiopie, Bulgarie) et conclue des accords avec diverses instances (Tübingen, Duke, Corée du Sud (3 séminaires méthodistes à Séoul), etc….) pour des échanges entre apprenants et enseignants. Reutlingen espère obtenir des bourses pour les étudiants en provenance d’Afrique et d’Amérique Latine.

Au cours de l’été 2011 sera bouclé le premier cycle d’études du nouveau programme d’enseignement à distance e-learning.

La Faculté de théologie de Reutlingen a été confirmée en 2010 par l’Etat comme un établissement supérieur. Elle publie régulièrement des publications pour répondre aux besoins de l'Eglise.

Cet établissement adossé à l’Eglise méthodiste vit grâce au soutien des Conférences annuelles allemandes et suisses tout comme des dons  de son cercle d’amis. Vu que le Conférences allemandes doit revoir à la baisse leur budget, la situation financière de la Faculté est tendue. Michaël Nausner signale que dorénavant il est possible de verser des dons directement depuis le site de la Faculté : www.th-reutlingen.de.

Autre information : Manfred Marquard et Walter Klaiber viennent de fêter leur 70e anniversaire.

Le rapport

Haute école théologique de Reutlingen Haute école spécialisée de l'Eglise Evangélique Méthodiste reconnue par l'Etat 

1. Développement de la haute école 

1.1. Ré-accréditation par le Conseil des sciences 

Sollicitée l'an passé, la ré-accréditation de la haute école par le Conseil des sciences - l'instance compétente pour les accréditations au plan fédéral -, a dans l'intervalle été effectuée avec succès. Sur la base du rapport d'évaluation d'une commission d'experts qui a examiné de manière critique le profil, l'équipement, le programme d'études offert et les travaux de recherche de notre haute école lors d'une visite sur place en octobre 2010, le Conseil des sciences a décidé, à fin janvier 2011, de ré-accréditer la HER pour dix nouvelles années en tant que haute école spécialisée. La combinaison réussie entre travail scientifique et orientation pratique, l'accompagnement intensif des apprenants et les liens de coopération multiples aux plans national et international, en particulier, ont fait l'objet d'une appréciation positive. Les recommandations jointes à la décision concernent plus spécifiquement le renforcement des pouvoirs du recteur/de la recteure par rapport au conseil d'administration, le développement des travaux de recherche et l'augmentation de l'effectif du personnel de la bibliothèque. Que la réaccréditation ait été accordée non seulement pour cinq, mais pour dix ans et cela sans aucune condition, est un signe réjouissant d'appréciation de notre travail, mais aussi une incitation à renforcer plus encore la qualité substantielle et théologique de nos programmes d'études (cf. la prise de position détaillée du Conseil des Sciences http://www.wissenschaftsrat.de/download/archiv/1007-11.pdf). 

1.2. Reconnaissance des diplômes 

La reconnaissance par l'Etat de la HER et d'autres instituts de formation liés aux Eglises libres ou à des entités indépendantes (tels que la haute école théologique libre de Giessen) a déclenché du côté de l'Eglise évangélique allemande (EKD) et des facultés évangéliques de théologie allemandes un débat sur la reconnaissance des diplômes par les universités d'Etat. L'an passé, la recommandation d'un groupe de travail de la EKD de ne pas reconnaître, par principe, les diplômes des hautes écoles - la possibilité d'exceptions, notamment en faveur de notre haute école, étant réservée - a suscité un certain énervement. Dans l'intervalle, des prises de positions critiques, émises entre autres par les facultés évangéliques de théologie elles-mêmes, ont promu une attitude plus nuancée, similaire à celle des facultés de théologie en Suisse. 

Il reste dans notre intérêt de viser, de manière mesurée et sans polémique inutile, à assurer à nos programmes d'études la perméabilité par rapport aux études de théologie universitaires et de développer les bonnes relations avec les facultés. Il sera toutefois important d'affirmer le profil indépendant de la formation théologique donnée par l'Eglise contre les prétentions hégémoniques de la théologie universitaire. Il y va non seulement de notre propre tradition, mais aussi de la diversité des formes de la formation théologique dans le contexte international et œcuménique. Les directives sur la formation en vue du ministère ordonné, préparées lors de deux consultations de la Communion d'Eglises protestantes en Europe (CEPE) et destinées à être approuvées par l'Assemblée plénière en septembre 2012, donnent une orientation importante pour le débat sur ce sujet. 



1.3. Coopérations 

Les coopérations internationales, qui font partie depuis toujours du profil de notre haute école, ont été élargies au cours des dernières années. Nous citons, à titre d'exemple, quelques développements récents: 

1. Les premiers étudiants du programme d'études électronique de la Methodist eAcademy, soutenu par les Conférences centrales européennes en liaison avec les séminaires, achèveront leur cours en été 2011. Une nouvelle volée, comprenant probablement un nombre nettement accru de participants, entamera ses études en automne 2011. Plusieurs enseignants de notre haute école participeront à nouveau à l'élaboration et au déroulement des cours. Grâce à un accord entre la e-academy et la HER, il sera à l'avenir possible de certifier les étudiants de langue allemande, en fonction de leur situation spécifique, au niveau du BA ou du MA. Un accord similaire a été conclu avec l'Ecole de théologie norvégienne d'Oslo pour le programme en langue anglaise. 

2. Trois nouveaux étudiants ont commencé au début de l'année académique 2010/11 le programme d'accompagnement pour pasteurs-jeunesse conçu en coopération avec la Conférence annuelle Suisse/France. Malgré la double charge de travail subie par moments du fait de leur engagement simultané aux études et en paroisse, les désormais quatre étudiants maîtrisent jusqu'ici leur programme à notre entière satisfaction. 

3. Le programme d'échanges avec la Duke University, préparé en commun avec la faculté évangélique de théologie de l'université de Tübingen débutera en automne 2011. Une étudiante de Duke viendra en Allemagne pour un séjour d'études d'un an; elle prendra part aux cours à Reutlingen ou à Tübingen, cependant qu'un étudiant de Tübingen se prépare à une année d'études aux Etats-Unis. L'université de Duke exonère les étudiants allemands des taxes de cours, tandis que la HER soutient les étudiants invités en leur fournissant un logement à prix réduit. L'université de Tübingen pour sa part prépare un appui financier approprié. 

4. Les relations existant depuis assez longtemps avec les hautes écoles méthodistes en Corée ont été réactualisées par une conférence de Michael Nausner prononcée en automne 2010 à l'université théologique méthodiste. L'université théologique méthodiste, tout comme la Mokwon University, ont manifesté leur intérêt pour un programme formel d'échanges. 

2. Etudes et enseignement 

2.1. Etudiantes/étudiants 

Un total de 45 étudiants/étudiantes sont inscrits à notre haute école pour le semestre d'été de cette année. L'an passé, sept étudiants ayant obtenu leur Master et trois étudiants ayant achevé leur semestre complémentaire nous ont quittés pour un engagement en église; trois autres sont partis avec un diplôme de Bachelor en poche, pour suivre une autre formation ou pour un stage en paroisse. Pour l'année académique en cours, nous avons accueilli le nombre très réjouissant de dix-sept nouveaux étudiants, dont trois étudiants internationaux en Master. Avec l'appui de la Conférence annuelle Suisse/France, nous avons reçu pour la première fois chez nous un étudiant orthodoxe de Macédoine. Trois autres nouveaux étudiants nous rejoindront pour le semestre d'été. 

La composition du corps estudiantin ne s'est que très légèrement modifiée par rapport à l'an passé. Il faut toutefois noter que la tendance, observable depuis quelques années déjà, à une diversité croissante de la provenance, des buts des études et de l'âge des étudiantes/étudiants, se poursuit. Et même si la grande majorité des étudiants/étudiantes viennent encore et toujours de l'EEM, la proportion de celles/ceux qui, après un pré-stage, visent à intégrer le ministère pastoral, est en baisse. Cela tient sans doute, en partie, à la situation de l'emploi dans certaines Conférences annuelles, mais cela résulte aussi des changements de conditions-cadres d'une société où les plans de carrières standardisés et le choix dès la jeunesse d'un métier à vie ne vont plus de soi. L'Eglise comme la haute école sont confrontées au défi de s'adapter à des conditions moins facilement déchiffrables (également pour ce qui est de la conception de la vocation), mais aussi à l'opportunité de découvrir de nouvelles voies pour gagner des gens doués au service de l'Eglise. De toutes manières, la question de savoir comment conduire des personnes compétentes à s'engager dans le service à plein temps de l'Eglise, se posera à l'avenir avec de plus en plus d'acuité. 

A ce propos, le conseil d'administration de la HER s'est penché sur la question d'un accompagnement spirituel approprié et de la promotion de l'aptitude personnelle des étudiants/étudiantes à servir dans l'Eglise. Ce n'est pas un hasard si cette même question a été posée et ardemment discutée dans le cadre de la consultation de la CEPE mentionnée plus haut. Cette démarche figure évidemment d'ores et déjà dans l'enseignement et dans l'accompagnement individuel des étudiantes/étudiants de la HER, mais il reste à vérifier s'il n'y aurait pas lieu de créer un instrument complémentaire. Il existe des modèles dans diverses hautes écoles chez nous et à l'étranger. 

2.2. Corps enseignant 

La composition personnelle du collège n'a pas changé au cours de l'année écoulée. A côté des sept professeurs attitrés, quatre chargés de cours enseignent la pédagogie, la psychologie, l'art oratoire et la théologie pastorale. Les cours spéciaux donnés par Reto Nagelin, du secrétariat Takano, dans le cadre de la formation des pasteurs jeunesse, sont également ouverts à tous les étudiants/étudiantes et rencontrent un bon écho. 

En raison notamment de différentes situations de surcharge vécues par certains ces dernières années, au vu aussi des défis et des exigences croissantes à l'égard de la haute école dans son ensemble, le collège des professeurs à plein temps s'est soumis l'an passé à un coaching sous la direction d'un professionnel qualifié. Le processus a été vécu comme très bénéfique pour ce qui est de la collaboration et de l'estime réciproque. 

Holger Eschmann est le premier collègue à se prévaloir de la possibilité, ouverte depuis longtemps, de bénéficier d'un semestre de recherche. Il va passer une partie de ce semestre à la nouvelle chaire de « spiritual care » à l'université Ludwig-Maximilian de Munich et travailler dans le domaine de la psychologie de la religion. Son remplacement à ses cours de relation d'aide et d'homilétique sera assuré par des chargés de cours externes. 

2.3. Conférenciers invités et manifestations spéciales 

Une haute école de la taille de la HER retire un bénéfice tout particulier d'invités venus de l'intérieur comme de l'extérieur de notre pays et qui élargissent notre horizon par leurs expériences et leurs perspectives théologiques. A titre d'exemple, je mentionnerai ici quelques-unes des conférences de l'année écoulée: 

Michael von Brück, théologien évangélique et connaisseur approfondi, en particulier, de la religion tibétaine, a animé un séminaire-bloc sur le bouddhisme et les questions relatives au dialogue chrétien-bouddhiste. Le théologien méthodiste anglais Clive Marsh a parlé de la « spiritualité à l'âge du divertissement ». Matthias Beier, ancien diplômé de notre séminaire et actuellement professeur de théologie pastorale à Indianapolis/USA, a présenté son livre « Dieu sans peur », une introduction à la pensée d'Eugen Drewermann. Wolfgang Thönissen, directeur de l'Institut catholique Johann-Adam-Möhler pour l'œcuménisme à Paderborn, a ouvert l'année académique avec son exposé sur les « Accès œcuméniques à la Réforme» dans une perspective catholique. Bruce Birch, professeur d'Ancien Testament et ancien doyen du Wesley Theological Seminary à Washington a parlé de l'importance de la prophétie vétéro-testamentaire pour les tâches de direction actuelles (<< Reclaiming Prophetic Leadership»). Maisa Gomez, enseignante à l'Ecole de théologie de Cambine/Mozambique et le surintendant Daniel Mhone, accompagné de son épouse Mot y, nous ont apporté, chacun à sa manière, un regard sur le travail ecclésial et théologique en Afrique australe. Enfin, le spécialiste juif en sciences de la religion Yuval Lapide nous a conduits pendant un après-midi d'étude, à partir du livre de la Genèse, dans l'exégèse juive-rabbinique. 

La soirée festive en l'honneur de nos anciens directeurs Walter Klaiber et Manfred Marquardt, qui ont tous deux fêté leur 70e anniversaire l'an passé, a constitué un temps fort hors série. Wilfried Harle, professeur de théologie systématique à Heidelberg et interlocuteur des deux jubilaires pendant de longues années, a prononcé un discours très personnel sur le thème de « la grâce vécue - expérimentée, pensée, témoignée ». Un opuscule de célébration rassemblant les contributions des enseignants actuels a paru sous forme d'un double cahier de « Theologie für die Praxis» et peut être commandé aux éditions Ruprecht ou à la HER. 

2.4. Congrès EEM 

A l'invitation du Comité directeur d'Allemagne, la HER participe avec d'autres œuvres et secrétariats techniques à la planification et la préparation d'un Congrès EEM (anciennement: congrès des jeunes adultes). Le congrès doit avoir lieu du 4 au 7 avril 2013 à Reutlingen et veut s'adresser à un large cercle d'adultes, venant de l'EEM et au-delà, et intéressés par la théologie. A la façon d'un petit 'Kirchentag', le programme comprendra des études bibliques, des conférences, des séminaires, des ateliers, des cultes et un programme culturel. La semaine théologique habituelle sera intégrée au programme d'ensemble sous forme d'un Forum théologie. Le thème général portera sur la question d'une existence crédible des individus et de l'Eglise dans une société en mutation rapide. Le titre de travail provisoire est: « Tout reste autrement. Etre chrétien dans un monde en mutation ». 

3. Finances et affaires de la fondation 

3.1. Situation financière générale 

La situation financière de la HER est dans l'ensemble stable. Bien que les comptes définitifs pour l'année 2010 ne soient pas encore disponibles, nous escomptons un bilan équilibré. La participation des Conférences annuelles au financement a atteint en 2010 un total de 336 252 euros, soit environ 38,5 % du budget total. La part de la Conférence annuelle Suisse-France représente près de 7 %. Les recettes provenant de l'immobilier et des contributions des étudiants/étudiantes atteignent un bon 40 %, les contributions des cercles d'amis en Allemagne et en Suisse quelque 12 % et la subvention de la Foundation for Evangelism pour la chaire de Armin Hartel environ 5 % du budget. 

La diminution du volume des moyens attribués à la CC d'Allemagne, effectuée dans le cadre de ce qui se nomme le processus prioritaire, entraînera probablement à partir de 2012 des réductions touchant aussi la HER, qui ne devraient toutefois pas mettre en danger la substance de notre travail. Néanmoins, des économies deviendront incontournables dans les domaines de l'administration et de l'économie domestique et il faudra si possible prendre des mesures pour augmenter l'efficacité énergétique. Il y aura également lieu de vérifier dans quelle mesure ces pertes pourront être compensées par une augmentation des recettes, par exemple de l'immobilier, ainsi que par une meilleure approche des cercles d'amis et du programme d'appels de fonds. 

Je tiens à remercier tout particulièrement la Conférence annuelle pour le maintien d'une contribution annuelle inchangée. Elle nous aide à remplir adéquatement notre mandat consistant à former des hommes et des femmes en vue du ministère de la proclamation de l'Evangile. 

3.2. Elections 

Lors de la nouvelle constitution du conseil d'administration en 2009, le pasteur Thomas Lessmann s'était déclaré prêt à assumer la présidence, à titre intérimaire, pour deux années de plus. Dès lors, cette fonction échoit cette année, conformément au tournus, à la CA Suisse-France. Je remercie cordialement Thomas Lessmann pour son engagement et son appui, ainsi que le surintendant Markus Bach d'avoir bien voulu se mettre à disposition comme successeur. Les postes de vice-président/vice-présidente et de secrétaire sont également à repourvoir. 

Le recteur/la recteure et le pro-recteur/la pro-recteure sont eux aussi soumis à réélection en 2011. La constellation actuelle sera-t-elle maintenue? Un processus de formation d'opinion au sein de l'assemblée et du conseil d'administration en décidera. 

4. Conclusion 

Les événements du Japon, qui tiennent actuellement le monde en haleine, nous confrontent douloureusement aux gémissements de la création (Romains 8) souffrant sous les coups de la nature déchaînée, ainsi qu'aux risques d'une économie et d'un style de vie tout aussi déchaînés et qui prennent l'être humain et la nature en otage de notre « névrose de croissance» (A. Muschg). Tous deux nous appellent à la plainte et à l'intercession pour les victimes, à la réflexion théologique et à la conversion pratique à un style de vie conscient de la finitude et de la fragilité de notre existence en tant que créatures de Dieu. Que Dieu nous y assiste. 

Je remercie tous ceux qui, l'année passée, ont appuyé notre haute école par leurs moyens financiers, leurs idées, leur engagement et leur intercession. 

Avec mes salutations très cordiales 

Jörg Barthel 


Conférence Annuelle 16-19 juin 2011 à OBERWINTERTHUR / ZURICH