Conférence annuelle 2009

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Présentation de la CA 2009 


Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

« Passion et compassion » est le thème de la Conférence annuelle Suisse-France-Afrique du Nord qui s’est réunie du 4 au 7 juin 2009 à Dubendorf et Zurich.

Ce thème nous relie au Profil de l’EEM. Il y est dit: «Animés par la passion de Dieu, nous nous engageons pour le bien de toutes et de tous dans la société ». Le coeur de Dieu brûle de passion pour ce monde. Il projette sur lui tout son amour, ayant pour but un monde nouveau. Cela ne va pas sans souffrance, ni sans ‹ compassion ›. A la croix, Jésus Christ a souffert la passion avec et pour le monde.

La (com-)passion de Dieu pour le monde, pour l’humanité, pour la création est contagieuse. Représentez-vous 300 membres de l’EEM animés d’une passion brûlante, qui, au cours de cette conférence, célèbrent ensemble, souffrent ensemble, – et ressentent ainsi tout particulièrement la proximité du Christ –, qui s’encouragent mutuelle ment, débattent et cherchent aussi de nouvelles voies, puis décident et franchissent, avec les paroisses, les pas suivants – tournés vers les humains, avec les humains.

Retour sur l’événement dans les pages qui suivent.

Ouverture

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


La Conférence Annuelle (CA) de l’Eglise Evangélique Méthodiste Suisse/France/Afrique du Nord débute par un service de Sainte Cène jeudi le 4 juin à 9h00 et se prolonge jusqu’à dimanche le 7 juin. Elle suit pour thématique «Avec passion, compassion ».


Quelque 270 délégués et invités venus de Suisse, France et d'Afrique du Nord se sont réunis jeudi le 4 juin dans le centre paroissial catholique Leepünt à Dübendorf pour suivre la Conférence Annuelle de l'EEM.

L’évêque ouvre la Conférence Annuelle 2009 en saluant nommément les évêques à la retraite, la CA de Baltimore - Washington qui siège au même moment que la CA Suisse/France, les représentants des autres CA présents sur place, le pasteur Jörg Recknagel, Amtsberg (Est de l’Allemagne), le pasteur Burkhardt, Backnang (Sud de l’Allemagne), le pasteur Markus Fellinger, Linz (Autriche). Il salue aussi  le pasteur Utumba Odumula Kafi Jean-Claude, M. Augustin Oboy, Bruxelles, représentants de la communauté EEM de Bruxelles jusqu’ici affiliée à l’EPUB et appelée dès cette CA à rejoindre le district francophone de l’EEM.

Discours d'ouverture de l'évêque Patrick Streiff

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Après la mise en place du bureau, l’évêque Patrick Streiff prononce le discours d’ouverture. Il rappelle aux personnes présentes que «l'essentiel» dans l'Église se joue au niveau des communautés locales entre tous les acteurs locaux. Au niveau local doit se développer une dynamique positive. D'autre part, l'évêque met en garde contre toute logique de défiance et de suspicion à l’égard de l'Église et de ses instances supérieures. Mais même sous cet angle, il fait remarquer des signes encourageants. Le profil de l’EEM, adopté il y a deux ans par la Conférence Annuelle, est mis en œuvre à présent dans les communautés locales.

Ma passion

«Avec passion - compassion», ce thème de la Conférence de cette année me touche personnellement. Je vis mon ministère d’évêque de tout mon coeur. Christ a éveillé en moi cette passion, l’envie de m’impliquer en faveur de l'Église, de manière très ciblée pour l'Église évangélique méthodiste, sa mission et sa refondation. Cela conduit inévitablement à souffrir avec son Église et pour son Église, à éprouver de la compassion pour l'Église évangélique méthodiste. 

Face à des difficultés

Sous un certain angle, nous avons eu derrière nous une année difficile. En raison des tensions qui se sont fait jour dans certaines communautés et du manque de pasteurs, beaucoup de temps et d'énergie ont été dépensés dans des entretiens, des rencontres et des décisions. L'essentiel se joue toujours à nouveau dans les districts, entre les acteurs locaux. On y décide comment vont évoluer les relations entre les membres de la paroisse, les membres du conseil et les autres amis. Dans ces conditions, on peut entreprendre un travail positif. Nous avons des endroits où le travail se développe dans une dynamique positive. De tels districts, nous en avons aussi - Dieu merci -. Mais il en existe aussi d’autres.

Il est tout à fait normal et cela fait partie de notre responsabilité spécifique que nous, cabinet, nous ayons à régler des situations difficiles et réduire des tensions. Et globalement, notre Église est encore en déclin - ce qui conforte, bien sûr, l'impression générale de membres et de personnes extérieures à l'EEM. Nous courons le risque de passer d’une Eglise habitée par la passion à une Église seulement en souffrance. 

Ce qui s’est passé depuis l'automne dernier, sur le plan de l'économie mondiale, peut nous aider à  mieux comprendre une telle dynamique de groupe appliquée à notre Église. Quand les places boursières étaient en plein boom, on s’était mis à acheter frénétiquement dans l'espoir de voir augmenter ses bénéfices.

Au moment du crash, on s’est mis à vendre frénétiquement de peur d’en perdre encore davantage. Et c’est dans ce contexte que le cours des actions a massivement chuté, même si les entreprises pouvaient afficher de bons chiffres et de bonnes évolutions. La véritable valeur de l'entreprise ne comptait pas - seuls importaient les sentiments de confiance et de défiance.

C’est ainsi que s’infléchissent de grandes dynamiques de groupes qu’il n’est pourtant pas si facile d’inverser, même si les faits semblent parler en faveur d'une telle inversion de  tendance. 

Gare à la suspicion et la défiance

C’est souvent pareil, me semble-t-il, dans notre Église. Nous sommes souvent encore dans une grande dynamique de groupe, où règne beaucoup de défiance à l’égard « des instances supérieures de l'Église » : on se demande si elles traitent et résolvent correctement les problèmes des communautés locales, ou si le ver est dans le fruit et s’il ne faut pas soi-même se mettre en quête du ver.

A part cela, il y a beaucoup de positif, des faits encourageants: nous avons en tant qu’Église dotée du profil EEM une vision précise de la manière dont nous voulons être une Église en marche. Par la suite, nous allons entendre comment trois communautés différentes ont travaillé ce profil. Au niveau de la Conférence Annuelle, nous disposons du conseil stratégique prêt à fixer des priorités, mais aussi à renoncer à des préoccupations belles et bonnes qui ont fait leur temps. 

Avec les cinq caractéristiques d’un travail fructueux dans nos communautés locales (esquissées par l’évêque Schnase dans son livre), nous avons un manuel performant pour l’édification d’une communauté missionnaire. En nous alignant sur la « mission statement » (le mandat missionnaire de l’EEM reformulé par le conseil des évêques en 2008), « conduire les autres à devenir disciples de Jésus-Christ, afin que le monde soit transformé », nous avons un mandat clair en tant qu’Église. Il dépend de l'homme de porter cette orientation dans son coeur et de la vivre avec passion. De nombreux districts sont sur la bonne voie. Si nous nous entraidons mutuellement à vivre cette orientation avec une passion inspirée par l'Évangile, nous allons faire des pas positifs pour l'avenir. Puisse cette Conférence être une étape sur ce chemin ! »

Débuts des travaux

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


Trois communautés aux prises avec le profil

« Pour quoi, en quoi et pour qui notre cœur bat-il ? Que pouvons-nous faire ? »

La parole a été donnée à trois communautés locales ayant cherché à transposer de manière originale le profil de l’EEM : production d’un tract, week-end de réflexion sur le sujet pour prendre en compte ses forces (grande ouverture, liens très forts, le sens de la connexionnalité) et ses faiblesses (ressources, membres en baisse), production et diffusion d’un jeu écolo.... « oecotrip » avec l’assistance de Connexio, journée de l’Energie avec le concours des églises catholique et réformée, pèlerinage pour permettre aux gens de décompresser, mesures d’économies d’énergie pour sauvegarder la création, naissance d’un cercle d’adultes, nouveau cercle de maison, opération cadeaux pour les distanciés, effort pour améliorer la visibilité en tant qu’EEM dans le concert des autres églises (chercher à grandir en maintenant sa différence).


Premiers travaux

Le conseil stratégique nouvellement créé s’est mis au travail et s’applique à fixer des priorités claires à l'Église : il pose des diagnostics et suggère des perspectives nouvelles. La mise en œuvre du mandat missionnaire, ainsi que le précise l'évêque, apparaît dans les cinq caractéristiques de communautés vivantes signalées dans le livre de l'évêque Schnase. Ce mandat missionnaire, il importe de le porter dans son coeur et de le vivre avec passion. La session de la Conférence annuelle à Dübendorf constitue un petit pas dans cette direction. 


Ont droit de vote à la Conférence Annuelle, d'une part les pasteurs et d'autre part un nombre égal de membres laïques des districts de Suisse, de France et d'Afrique du Nord. Le renouvellement de toutes les commissions internes à l’Église figure entre autres choses à l’ordre du jour de la réunion de Dübendorf. 

Le thème des seniors

 Le thème principal de cette rencontre de l’EEM porte sur le travail parmi les seniors. Les délégués sont, entre autres, appelés à décider de l’embauche ou non d’une personne à temps partiel pour le travail parmi les personnes âgées. Le gérontologue François Höpflinger présente vendredi matin un exposé détaillé sur le thème. En groupes, les participants discuteront ensuite en groupes sur le travail à amorcer au sein de l’EEM parmi les personnes âgées. Cette partie de la Conférence Annuelle n'est pas seulement réservée aux délégués, mais est aussi ouverte à tous les intéressés et collaborateurs bénévoles disposés à travailler auprès des personnes âgées.

Culte avec Sainte Cène

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


Le pasteur Werner Wydler introduit la Cène par un message axé sur le thème majeur de la Conférence, la compassion. Il adressa des paroles de consolation aux familles de l’Église ayant perdu un être cher durant l’année écoulée.

"Compassion" 

Culte du Jeudi 4 Juin 2009 

Conférence Annuelle à Dübendorf / Zurich 

Pasteur Werner Wydler 


Chers invités dans la peine, chère Conférence,


La première journée de Conférence, nous l’avons placée sous la thématique « compassion ». Jésus-Christ nous a donné l'ordre d’apporter l’Evangile aux hommes mais aussi de soulager leur détresse et de partager avec eux leur souffrance. 


Lui-même est venu dans le monde, pour donner sa vie pour notre salut. Mais il est également venu pour souffrir avec nous. Il a donné l’exemple de la compassion, et cela avec une « passion » qu’aucun homme n’est en mesure d’imiter. Son engagement pour nous et pour le monde entier l’a conduit à la croix de Golgotha. Mais alors, il y a eu Pâques. Il est ressuscité et revenu auprès de son Père dans le ciel. Mais sa compassion et son engagement passionné pour nous sont restés. Celui qui croit en lui et cherche la communion avec lui peut aussi, aujourd'hui et maintenant, apprendre ces deux choses de lui. 


Chers invités dans la peine,

Vous avez dû prendre congé d’un être cher au cours de la dernière année de Conférence: je vous souhaite de faire l’expérience du Ressuscité comme d’un compagnon fidèle et  d’un Consolateur convaincant. Pour éviter des paroles de consolation trop légères, j'écris souvent la phrase suivante sur les cartes de condoléances : « Je te souhaite la consolation que seul le Christ peut te donner». Lui - qui a vaincu la mort - peut et veut toujours nous réconforter, nous remettre debout, nous donner courage et espérance. 


Dans un traité destiné aux familles dans le deuil, j'ai trouvé une idée qui m'a convaincu. Il y est dit : «(cher lecteur), ce n'est pas seulement un homme qui vous a été arraché - à travers la fin de sa vie terrestre, vous êtes allés à la rencontre de la mort et de l'éternité. Beaucoup de choses sont restés dans le même état, mais vous n'êtes plus le même homme qu’auparavant ... Dans cette douloureuse expérience de la fin terrestre et de l'entrée dans l'éternité, Dieu vous a touchés. Mais celui qui vit cette expérience n'est plus le même qu'auparavant ». Il a fait une expérience qui renforce sa foi.  

« ... Dieu vous a touchés », nous pouvons également le rendre autrement « le Ressuscité est venu à votre rencontre ». Pour le croyant dans la peine, la confrontation avec la mort peut en même temps devenir une rencontre avec le Christ ressuscité. Car le Christ a  promis à ses disciples d’être auprès d’eux dans chaque situation, c'est-à-dire aussi et surtout au moment où nous sommes dans la détresse et endurons la souffrance. 

Comme exemple biblique me revient à l’esprit celui des deux disciples d'Emmaüs. Alors qu’ils menaient deuil pour leur Seigneur crucifié sur la croix, voici que le Ressuscité vient à leur rencontre. Et cette rencontre donnera lieu à une transformation. Les disciples désespérés deviennent des témoins crédibles et pleins d’espérance du message de Pâques. 

Comme Conférence, nous célébrons aujourd'hui la Sainte Cène. Le Christ ressuscité veut aussi nous rencontrer au cours de ce repas. Puisse cette rencontre, chers amis dans le deuil, signifier pour vous confort, aide et confiance. Puisse cette rencontre nous apporter à nous, Conférence, les forces intérieures nous permettant de vivre nos réunions, nos célébrations et nos rencontres selon sa volonté et pour la bénédiction de l’ensemble de l'Eglise. Amen.

Rencontre du district francophone


Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Les délégués pasteurs et laïques du district francophone se réunissent dans les locaux de l’EEM de Dübendorf jeudi à 14h. Bernard Lehmann, président de l’UEEMF ouvre la séance par le rappel de l’importance de l’Eglise comme corps. Il est important d’être là, membres des uns et des autres. Ephésiens 4.14-17, les croyants sont appelés à « grandir à tous égards en Celui qui est la tête, le Christ, et de tirer sa croissance de Lui ». Profil et projets reposeront sur Lui pour que l’ensemble s’affermisse dans l’amour, condition sine qua non pour gagner le monde. Le président espère les délégués assez réveillés et disposés à travailler à l’avancement du Royaume de Dieu, comme l’était Israël à l’époque par rapport au Temple (Aggée) et il émet le vœu que ce moment de communion et de partage informel ait le même effet sur eux que la parole du prophète sur les Israélites.


Eglise en Algérie

Le surintendant Daniel Nussbaumer lui succède et apporte des nouvelles des délégués absents avant de donner la parole à Fatima, porte-parole des délégués algériens.

Malgré les limitations qu’impose la nouvelle loi religieuses en vigueur dans le pays depuis 2008, l’Église se développe ; une église de Kabylie vient de célébrer 25 baptêmes. Vu son développement présent, elle a besoin d’urgence de nouveaux locaux. L’église d’Alger, essentiellement internationale, est enrichie actuellement par la chorale des jeunes conduite par un chef de chœur congolais dynamique. Elle supervise toujours encore les émissions radio diffusées sur tout le territoire national sur la chaîne 3 les jours de fêtes chrétiennes (8h-8h30). 

Il n’en demeure pas moins que les chrétiens en Algérie éprouvent des difficultés à vivre leur foi après la promulgation de la loi. 2008 a été une année difficile ; par endroits, l’église a dû cesser ses activités pendant 8 mois sur injonction de la police. Elle a multiplié auprès des autorités des démarches qui se sont avérées positives. Depuis le mois d’octobre, les communautés locales ont pu reprendre leurs activités avec l’accord implicite des autorités locales. Pour l’heure, aucune d’entre elles n’a reçu d’homologation officielle de la part des autorités, signe qu’elles demeurent dans une situation de non-droit. 

Pour ce qui est des chrétiens jugés en première instance à Oran, ils ont été  relaxés et même invités à attaquer les personnes qui les ont dénoncées injustement. L’attitude des populations à l’égard du christianisme évolue sous l’influence entre autres des programmes chrétiens diffusés sur satellite. Le phénomène s’observe surtout en Kabylie. Il n’est pas possible de généraliser cette observation à l’ensemble du pays. Des villes comme Constantine demeurent sous la coupe de l’islamisme le plus virulent, même si les gens manifestent une soif spirituelle sans précédent (4000 NT distribués par ex.). L’opposition est aussi déclarée (jet de pierres contre le presbytère, insulte contre visiteurs).

La liberté d’un chrétien algérien est toute relative et fonction de la pression du milieu familial. Le chrétien n’a toujours pas de statut officiel. Cela peut lui porter préjudice. Tout dépend du contexte familial et professionnel (risque de licenciement, difficulté de conclure un mariage). Si évolution il y a, elle est mineure.

L’EEM d’Algérie prépare les fêtes du centenaire de la première conférence épiscopale méthodiste en 2010.


Festival Camargue en Fête

Le pasteur Pascal Maurin partage des informations sur la campagne d’évangélisation prévue du 17 au 27 août  à Codognan/Caveirac avec le soutien massif de l’Union. Petit à petit, le projet prend forme. Sa motivation de base, la compassion de Dieu, la compassion que Dieu lui a montrée et qu’il entend partager aux autres. « Dieu nous demande de passer à l’action. Il va nous donner les moyens d’annoncer son Evangile avec cette stratégie qui vient de Lui, inspirée par le Saint Esprit. Je me sens redevable à Dieu et je sais qu’il veut que j’aide les autres à sortir de la galère . Ce ne sera pas simple, car nous serons en pleine bagarre spirituelle; nous devrons prier par voie de conséquence ».

Il rappelle le besoin de monde, de beaucoup de monde pour que le rendez-vous de l’été soit un succès : besoin de 80 personnes tous les jours, de quelque communauté qu’elles viennent, toutes seront les bienvenues. 25 personnes seulement sont inscrites à ce jour, précise le pasteur Pascal Maurin.


« J’M mon Église »

Retour du sondage et des discussions en AG de l’UEEMF

Le pasteur Etienne Rudolph revient sur le sondage effectué lors de l’AG de l’UEEMF à Landersen en mars dernier qui a fait l’objet d’une synthèse publiée par En route. Le débat est à ce jour amorcé dans l’Église à commencer dans le Comité directeur et sera poursuivi à la base. Il apprécie tout retour qui lui sera fait.


Une information sur la prochaine CA

La prochaine CA aura lieu à Berne en 2010. Vu qu’aucune église locale ne s’est déclarée prête à organiser cette Conférence, une équipe formée et supervisée par le surintendant Markus Bach en assumera la coordination. Pour la première fois, le dimanche de la Conférence  se déroulera dans un lieu différent du restant de la Conférence, en l’occurrence à Strasbourg. La crainte a été émise que la participation suisse à cette journée soit plus faible qu’à l’accoutumée.



Voyage musical à travers le monde

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Soirée jubilaire pour fêter les années de service pour maints collaborateurs de l’Église. Elsi Altorfer et Annemarie Studer partent à la retraite après des années de fructueux services et quatorze personnes ont été à l’honneur pour leurs années de service.

La cérémonie modérée d’une main de maître par le pasteur  Marc Nussbaumer a été conçue comme un voyage musical d’un pays à l’autre. Les « Taschensymphoniker » ont provoqué l’enthousiasme de l’assemblée passant d’un style à l’autre ou d’un instrument à l’autre avec une décontraction déconcertante.  Ce quatuor de virtuoses est composé de Sabine et Nicolas Plain, Urfer Bettina Müller et Christian Müller. D’une savante manière et avec une multitude d’instruments différents,les quatre musiciennes et musiciens ont su présenter les différents styles de musique des pays présentés. 


Elsi Altorfer a salué pour commencer les « nouveaux voyageurs », c'est-à-dire les nouveaux collaborateurs dans l'église. Il s'agit de Damian Brot, Lorna Barra, Beate Jaeschke, Christine Moll, Judith Mäder, David Loché, Christophe Waechter, Theo Paka, Joseline Waechter et Andreas Zimmermann. Dans le même temps, la Conféence prenait congé d'autres collaborateurs : Martin Weick, Thomas Gerold, Uta Engelmann, Anita Zimmerling Enkelmann et Marc Barthélémy. 


 Quatorze personnes ont été mises à l’honneur au cours de cette soirée solennelle pour leurs longues années de service dans l'Eglise et ont pu célébrer leur anniversaire. Samuel Lauber (pour 60 ans), Otto Scheuzger (50 ans), et Philippe Elsi Altorfer Schaerer (pour 40 ans), Wydler Werner (35 ans), et Willy Funtsch, Marc Gorin (pour 30 ans), Frédéric Mohr, Stefan Weller, Kean Ung et Klaus Fietkau (pour 20 ans), Claire-Lise Meissner-Schmidt, et Grégoire Chahinian et Pascal  Maurin (10 ans). Une surprise de taille a été faite à certains d’entre eux, dans le fait qu’un de leurs précieux amis ait été de la fête ce soir-là !

Passion destructrice ou constructive, Paul et John

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Vendredi 5 juin 2009

« Avec passion » 

Culte du vendredi 5 Juin 2009   

Conférence Annuelle Dübendorf/Zürich  


Ruth Abächerli et Elsi Altorfer



Les pasteur R. Abächerli et E. Altorfer font allusion à la passion faussée d’un Saul persécuteur de l’église jusqu’au jour où il fut foudroyé par la grâce et transformé en apôtre inlassable. Sa passion initiale meurtrière est devenue constructive : il a bâti l’Église. Elles font le parallèle avec John Wesley : animé initialement d’une folle passion pour Dieu et d’une envie de perfection, il est passé par la découverte de la grâce justifiante de Dieu : « l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs, l’amour de Dieu fut répandu dans nos cœurs en sorte que j’ai mis ma confiance en Christ ; je cessai de me préoccuper de ma perfection, j’apprenais à vivre dans la confiance, l’amour du Christ me pousse à la rencontre des autres ; l’amour du Christ me presse, en sorte que je n’ai plus qu’un seul souci : communiquer l’Evangile. Personne n’est dorénavant justifié par ses œuvres, tout et chacun est justifié par la foi seulement ».

Cette approche cesse d’être seulement individuelle. Elle devient communautaire. Pour grandir dans l’amour, le croyant se joint à ses frères et des sœurs ancrés dans la foi au Christ. Tel est le secret de toute passion/compassion constructive.



Une voix d'homme (forte, qui parle lentement, comme de loin): 

« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » 


Moment de silence 

Une voix d'homme (douce et empreinte de sentiments): 


John

« Une chaleur envahit mon coeur»


Moment de silence



Cher Paul, je veux saisir cette occasion pour te dire  combien tu as influencé ma foi. Plus d'un texte parmi toutes les lettres que tu as adressées aux communautés a joué un rôle dans mon évolution spirituelle. Je sens chez toi la même passion dans la relation à Dieu que chez moi ; pour moi, c’est aussi important. Pourtant chez toi, c’était au début une passion franchement mortelle. Dis-moi, comment en es-tu arrivé à persécuter les premiers chrétiens avec tant de passion? 



Paul

Oui, cher John, je peux te dire quelques mots à ce sujet. Comme tu le sais, je suis Juif de naissance, et de la tribu de Benjamin (Phil 3.5). Je suis le fils d'un pharisien et ai été moi-même pharisien (Ac 23,6). Je suis né citoyen romain dans la grande ville commerciale de Tarse en Cilicie (Ac 22,3). Mes parents étaient très traditionnels. Bien qu’ils aient été de la diaspora, ils ont continué à pratiquer l’hébreu (Phil 3.5) et m’ont élevé dans cette tradition.

J'ai reçu une formation rabbinique et juridique (Gal 4,1). Plus tard, j'ai grandi aux pieds du grand savant Gamaliel et ai été instruit dans la loi paternelle (Ac 22,3). Cette loi fut importante pour moi, et je me suis mis à me battre passionnément pour elle. Sais-tu, je suis un homme passionné. Je suis prêt à m’impliquer totalement pour ce qui me paraît important. Et c'est ainsi que j'ai brûlé de passion pour Dieu et la loi. Quand Étienne  s’est présenté, je n'ai pas pu admettre d'autre enseignement que le mien, j'ai dû lutter contre son enseignement. 

Et c’est ce qui m’a conduit à persécuter la communauté chrétienne avec une folle passion, et à assister à la lapidation d'Etienne (Ac 7,58). C’était là mon chemin, jusqu'à ce que je rencontre Jésus sur la route de Damas, avec ce cri: « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? » Mais toi, John, qu’est-ce qui a provoqué ta passion? 



John

Je constate chez moi quelques parallèles à ta vie. J’ai grandi dans un presbytère. La foi a toujours été un sujet majeur dans ma vie. Les histoires de la Bible, la prière, le culte - m’étaient familiers depuis mon enfance. Nous étions une grande famille et il régnait une éducation stricte chez nous. La vie spirituelle des enfants que nous étions a été un souci majeur pour ma mère, elle a exercé une grande influence sur ma vie. Et puis il y a cette expérience spéciale que j’ai vécue un jour : j’ai été sauvé de justesse du presbytère en flammes. Mes parents l’ont interprétée comme un signe particulier. Comme mes frères, j'ai étudié à Oxford - à côté de mes études, j'ai mené une vie sociale plutôt riche. Deux livres, « Suivre le Christ » et "Les règles et les exercices pour une vie et une mort saintes" ont représenté un défi pour moi et m'ont donné des impulsions, de sorte que je me suis efforcé de plus en plus à vivre pratiquement ma foi - et pas seulement à la penser. Je me suis donné des règles pour ma vie. La règle de base affirmait: en tout, pense  à la façon dont le Christ a agi ou aurait pu agir, et imite son exemple. Grâce à mon frère Charles, j’ai rejoint un petit groupe, qui se réunissait plusieurs fois par semaine et cherchait ainsi à mener une vie spirituelle. Nous formions le Holy Club, un « sacré Club » et nous avons été appelés méthodistes. Choqué par les conditions de vie des détenus de la prison de Oxford, nous avons commencé à les visiter et à leur prêcher régulièrement la Parole en prison. Pour moi, mener une vie qui plaît à Dieu est devenu de plus en plus une obligation sacrée - mais j'ai été « un tison arraché du feu ». Etre pur et saint, atteindre la perfection du Christ - j'ai mis le paquet pour tenter d’atteindre ce but. Et j'ai souhaité que d'autres personnes soient éprises de ce désir. Ce souci m'a finalement conduit à partir comme missionnaire en Géorgie. Toutefois, j’en suis revenu bredouille. De toutes mes forces, je m’étais impliqué pour Dieu, et j’avais échoué. Peux-tu t’imaginer l’état dans lequel je me trouvais? Tu es le grand et célèbre missionnaire. Paul - dis-moi, comment tu t’es mis à voyager partout avec ton message? 


Paul

Oui, comme je l'ai dit, je suis un homme passionné. Et comme tu le vois, l'énergie de la passion peut s’avérer négative, mais elle peut aussi être positive. Avec la passion, soit on détruit, soit on construit. Dans un premier temps, j'ai poursuivi à mort la communauté chrétienne avec une grande passion. Plus tard, j'ai travaillé avec la même passion à fonder et à édifier des communautés chrétiennes. Ma passion est restée intacte, mais elle se fonde dorénavant sur une autre base. Auparavant, j'ai pensé que je devais me battre pour Dieu et la loi. Mais moi, depuis ma rencontre du Christ ressuscité, je m’engage pour l'Evangile. Tous les êtres humains doivent reconnaître que Jésus est le Christ et le Fils de Dieu. Avec passion, je transmets aux autres ce que j’ai reçu: le fait que le Christ soit mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il ait été enseveli, et qu'il soit ressuscité le troisième jour selon les Écritures (1 Co 15, 3.4). Il a été vu par beaucoup. Et j'ai pu le voir dans son éclat et sa gloire. La conséquence fut que durant trois jours, j'ai été aveuglé et j’ai perdu la vue. J'étais plongé dans l'obscurité la plus grande, jusqu’à ce que le cher Ananias  m’impose les mains et me dise: Cher frère Saul, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin de Damas  m'a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint Esprit (Ac 9,17).  Alors me sont tombées des yeux comme des écailles et j'ai recouvré la vue. Ce fut le début de ma passion pour le Seigneur Jésus-Christ. Toi aussi, tu as vécu une telle expérience. Qu’est ce qui est devenu important pour toi après ton expérience d’un cœur brûlant ? 


John

Oui, tu parles de cœur brûlant, c’est plutôt à contrecœur que je me suis rendu à cette réunion à la rue Aldersgate, où la préface de l’Épître aux Romains de Luther était lue en public. Mais il s’est alors passé quelque chose d’extraordinaire : il était 20h45, quand l'orateur a décrit le changement que Dieu produit dans le cœur par la foi en Jésus-Christ, j’ai senti monter en moi une sensation de chaleur. J'ai compris que je devais faire confiance à Jésus pour mon salut, au Christ seul, et j'ai reçu en cadeau la certitude qu'il avait enlevé mes péchés et m’avait délivré de la loi du péché et de la mort. Je ne peux le comprendre que comme l'action de l'Esprit Saint. Ce n’est pas moi qui l’ai fait, il s'est produit quelque chose en moi. Ça ne relevait pas de moi. Tu as toi-même écrit, Paul: L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint, qui nous a été donné (Rm 5,5). Cela s'est passé comme ça chez moi. L'amour de Dieu a touché mon coeur. Un cadeau m’a été fait : la grâce de la confiance en Jésus-Christ, désormais je pouvais me confier en lui. En fait, par la suite, je n’ai pas fait plus de choses qu’avant. Mais autre était ma motivation. Je cessais de me préoccuper de ma vie, de mon salut. Ce qui me propulsait de l’avant était dorénavant l'amour de Dieu, que je viens de vivre. L'Esprit Saint a suscité en moi l'amour pour Dieu et pour les autres. Je tenais à leur partager le message libérateur du Christ et en plus à les inviter à placer leur confiance en lui. L'amour de Dieu m’a poussé aussi hors de l'église dans la rue à la rencontre des pauvres, des prisonniers, des alcooliques et des toxicomanes. Les choses se passent comme tu l’as écrit aux Corinthiens: L'amour du Christ nous presse: il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux. Comment ça s’est-il passé avec toi, Paul, après l’expérience du Chemin de Damas ? 


Paul

J'ai ressenti une forte pression intérieure pour annoncer l'Évangile. Les gens du monde entier devraient savoir quel cadeau immérité Dieu nous a fait en Jésus-Christ. Avec ma passion pour l'enseignement, j'ai dû aussi faire remarquer que personne ne peut être juste devant Dieu par les oeuvres de la loi, que nous parvenons seulement à la connaissance du péché grâce à la loi (Rm 3.20). Tout le monde devrait connaître les effets d’une vie avec Jésus: « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature, l'ancien est passé, tout devient nouveau » (2 Co 5,17). J'ai cherché à transmettre ce que j'ai moi-même expérimenté. Mon ardent désir d'évangélisation m’a entraîné sur les routes. J'ai entrepris trois grands voyages missionnaires et fait de multiples expériences. J'ai connu la joie, mais aussi vécu des chagrins. J'étais plein de force, mais j’ai aussi été en grande faiblesse. J’ai vécu l’accueil chaleureux, mais aussi le rejet. J'étais en liberté et en captivité. Une grande partie de mes lettres aux églises, je les ai écrites en prison. Le tout ne fut possible que par la puissance de Dieu et la conduite de l'Esprit Saint. Toutes mes expériences m'ont renforcé moralement et m’ont rapproché de Dieu. Toi, John, tu as aussi beaucoup voyagé. Qu’est-ce qui était important pour toi? 


John

Oui, j'ai beaucoup voyagé, parce que pour moi c'était un besoin urgent d’apporter partout l'Evangile. Et j’ai eu le souci d’insister dans mon enseignement sur les implications pratiques d’une vie de foi. Parce que je suis convaincu que la communauté et la communion fraternelle nous aident à rester dans l'amour de Dieu, j'ai mis en place des groupes à forte valeur communautaire ajoutée. L'aspiration à la perfection ne m'a jamais quitté.  J’avais longtemps l’espoir de parvenir à ne plus jamais pécher dans cette vie, j'ai  dépassé cet objectif. Avec le temps, j'ai réalisé que l’important était de croître dans l'amour. Aujourd'hui, je dis: si tu recherches autre chose que l'amour, alors tu es loin du but. La seule idée qui compte, maintenant que Dieu t’a sauvé de tous tes péchés, c’est d’aimer davantage. L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. C'est là, le secret de ma passion.

 Paul et John Wesley (fichier pdf 92 ko)


Session sur la phase senior de la vie

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Vieillesse, situation de la personne âgée dans notre société

Les jeunes séniors, un défi pour l’Église

La Conférence Annuelle (Synode) de l’Eglise évangélique méthodiste (EEM) a mis l’accent vendredi matin, sur le travail parmi les seniors. François Höpflinger, professeur de sociologie à l'Université de Zurich, a fait un exposé sur le thème  « Représentations de la vieillesse et réalités de l’âge ». Il a servi ensuite de base à des discussions en groupe.


Dans son exposé, le gérontologue Höpflinger est revenu sur la situation actuelle des personnes âgées et établit un constat: «Le grand âge en Europe a été et demeure toujours, marqué par une ambiguïté existentielle: d'une part, le grand âge est associé à l'affaiblissement physique et intellectuel comme à la fragilité la proximité de la mort. D'autre part, le grand âge est associé à l'expérience et à l’épanouissement spirituel (sagesse) ». Le professeur a visualisé les différentes phases du vieillissement avec des images impressionnantes tirées de la vie courante : la première concerne les personnes âgées encore actives à partir de 50 ans. La deuxième comprend les personnes encore en bonne santé et jouissant d’une retraite active. Plus les personnes âgées sont socialisées et vivent en réseau, plus elles ont de chance de vivre vieux : la socialisation, l’intégration sociale augmentent la longévité ; être en réseau favorise l’allongement de vie. Les chrétiens vivant en réseau en tirent bénéfice. Dans la troisième phase du grand âge, les personnes doivent faire face à une « fragilisation » croissante, tandis que la quatrième phase concerne des personnes devenues dépendantes et en fin de vie (intéressants projets pour cette catégorie de personnes, voir le site : http://www.intergeneration.ch). 


Le chercheur a souligné que les générations d'aujourd'hui vieillissent différemment de leurs ancêtres. « Les constatations faites sur les personnes âgées d'aujourd'hui disent peu sur l'avenir », a-t-il souligné. Concernant les personnes âgées arrivées au terme de leur existence, Höpflinger est d’avis que l'hétérogénéité de cette génération est plus grande que chez les jeunes. La nouvelle génération devra se préparer de plus en plus à aborder de manière responsable sa dernière tranche de vie. 

 

Höpflinger a déclaré que la nouvelle génération de personnes âgées avait d'autres exigences vis-à-vis des Eglises et de la religion que les précédentes. Il a en outre fait observer que les personnes âgées en troisième phase avaient d’autres besoins religieux et spirituels que les personnes âgées en quatrième phase. Ces hommes et femmes pleinement déterminés aimeraient vivre et mourir comme ils l’entendent. En outre, selon Höpflinger, on aurait besoin de nouveaux rituels au niveau de l'Eglise : par exemple, un rituel à l’occasion du départ à la retraite, une confirmation pour 10 ans de retraite, un autre pour les noces d’or, ou un rituel quand une personne âgée rend les clés de sa voiture, le jour où elle cesse de conduire son véhicule. Durant cette tranche d’âge, le travail autobiographique a aussi pleinement sa place.

 

Suite à l’exposé d’Höpflinger, les délégués de la Conférence ont formé des groupes et discuté du travail en cours dans les paroisses auprès des personnes âgées. Après quoi, il ont pu soumettre leurs demandes et questions au Professeur Höpflinger. Il en ressort le constat qu’il n'est pas facile d’atteindre la génération actuelle des seniors sur le plan de la communication. Le professeur avance diverses pistes intéressantes sous cet angle : le café narratif où les gens racontent sur leur vie passée en présence des plus jeunes (échanges croisés), café philosophique (pour aborder toutes sortes de thèmes avec l’appui d’images), expérience de théâtre (pour entretenir la mémoire), repas intergénérationnels (pour briser la solitude et valoriser leur personne). Le professeur met en garde contre la mentalité fort répandue de nos jours qui n’accrédite de la valeur qu’aux personnes capables de performances (héritage gréco-latin).

Les communautés de l’EEM ont bien l’intention de relever le défi des seniors.

Sur un simple clic, vous pouvez accéder à la conférence du professeur Höplinger.

Exposé du Dr François Höpflinger "Représentations de la vieillesse et réalités de l'âge"

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Exposé du 5 juin 2009, Dubendorf 

François Höpflinger 

Représentations de la vieillesse et réalités de l'âge 

Ambivalence de l'âge - coexistence d'images négatives et positives

En Europe, la vieillesse a de tout temps fait l'objet d'une ambivalence existentielle: alors que d'un côté, elle était associée à la déchéance physique et mentale, à la fragilité et à la proximité de la mort, elle évoquait aussi, de l'autre côté, l'expérience et le développement (sagesse) mental et spirituel. Souvent, les affirmations négatives et en partie discriminatoires formulées à l'égard des ainés reflètent non seulement une vision dévalorisante des personnes âgées, mais aussi la peur de son propre avenir, chacun, chacune étant conscient du caractère inéluctable du vieillissement, tout du moins physique. Il arrive de plus en plus fréquemment que des aînés pallient les représentations négatives de la vieillesse en s'excluant de la catégorie des cc vieux". Au cours de ces dernières décennies, les discours publics se sont peu à peu désintéressés des personnes âgées dépendantes et nécessiteuses de soins pour se concentrer sur les vieux de type pique-assiette, qui vivent aux dépens des plus jeunes générations. Venant contrebalancer cette vision basée sur les coûts des aînés, est alors apparu le concept de la vieillesse productive, selon lequel il faudrait davantage exploiter les ressources, l'expérience et les compétences des générations plus âgées. 

Les nouvelles représentations dégagées dans les milieux de la gérontologie - comme cc le vieillissement réussi » - ont été et sont rapidement reprises par les médias, sans que leur diffusion ne fasse disparaître les représentations déficitaires pour autant. Depuis les années quatre-vingt-dix, on observe ainsi une coexistence des thèses orientées vers les activités et de celles axées sur les déficits. Autrement dit: au lieu de se substituer aux images négatives de la vieillesse, les représentations positives de l'âge sont plutôt venues les compléter et la combinaison de ces deux perspectives varie en fonction de la manière dont un thème est abordé ou de la position des personnes considérées. Les représentations les plus récentes des aînés - dans lesquelles on retrouve des termes comme cc vieillissement réussi» ou cc jeunes vieux" - prônent généralement une dissolution des différences et des frontières intergénérationnelles : les cc jeunes vieux » y sont par exemple décrits comme étant aussi innovateurs, actifs et à la mode que les plus jeunes et les personnes qui réussissent leur vieillissement se basent sur les modèles de performance suivis par les jeunes générations. 

Différenciation des dernières étapes de la vie - troisième et quatrième âges

L'allongement de l'espérance de vie - des femmes et des hommes plus âgés - et, en partie aussi, les retraites anticipées ayant entraîné un prolongement de la phase post-professionnelle, la division classique entre population active et retraités est devenue trop vague. C'est la raison pour laquelle on établit souvent aujourd'hui une distinction entre le troisième et le quatrième âge, le troisième se référant principalement aux jeunes retraités alors que le quatrième correspond plutôt aux personnes d'un âge très avancé. En plus de la position sur le marché de l'emploi, l'état de santé fonctionnel est donc de plus en plus souvent utilisé comme critère pour classer les gens dans les différentes phases de la seconde moitié de leur vie. Les adultes vieillissants peuvent ainsi, par exemple, être classés dans les catégories suivantes: 

1ère phase de vieillissement: seniors exerçant encore une activité lucrative (50 et +) - Bien que les personnes se trouvant dans cette phase de leur vie exercent encore une activité lucrative, elles se situent déjà au seuil de la transition vers la phase post-professionnelle. Avec le système des retraites anticipées, de nombreux employés quittent la vie active, ou en sont exclus, avant 65 ans déjà (à noter également que la mode des retraites anticipées a contribué à ce que des collaborateurs de 50/55 ans soient déjà considérés comme des anciens sur leur lieu de travail). Dans de nombreux cas, la période précédant de peu la retraite correspond au moment où les enfants sortent du nid et à la naissance des premiers petits-enfants, et donc à la découverte d'un nouveau rôle familial, celui de grand-père ou grand-mère. C'est souvent aussi à ce moment-là que l'on est confronté aux problèmes de vieillissement, de dépendance et au décès de ses propres parents; il n'est pas rare que ces processus déclenchent bien des questionnements au niveau religieux-spirituel (mais qui sont rarement thématisés dans l'église). Etant donné que les personnes se trouvant dans cette phase de leur vie disposent souvent d'un revenu relativement élevé - suite au départ des enfants, mais aussi à des héritages - les seniors encore actifs (50 et +) sont devenus une cible importante pour les agences immobilières, les banques et des sociétés spécialisées dans le bien-être. A l'inverse, l'invalidité ou le chômage dans certains groupes d'actifs plus âgés se traduisent par une augmentation des risques vers la fin de la vie professionnelle et ont un effet délétère au moment du passage vers la phase post-professionnelle. 

2e phase de vieillissement: retraités en bonne santé (aussi appelé troisième âge) - Cette étape de la vie - relativement récente en termes socio-historiques - est caractérisée par une libération de l'activité lucrative et, plus souvent qu'à l'époque, par une assez bonne situation économique garantie par le système de prévoyance. De nombreux retraités - mais bien évidemment pas tous peuvent ainsi bénéficier relativement longtemps d'une vieillesse en bonne santé, ce qui leur permet d'organiser cette première phase de la retraite de manière indépendante, en fonction de leurs propres besoins, et d'en profiter. La durée de cette phase de cc liberté tardive" varie fortement d'une personne à l'autre et la durée du cc troisième âge" dépend de plusieurs facteurs tels que, par exemple, les ressources financières et psychiques ainsi que les contraintes physiques subies durant les phases antérieures de la vie. Au plan social, la retraite en bonne santé est loin d'avoir été définie et demeure quelque chose de très flou. D'aucuns s'efforcent toutefois de plus en plus de lui attribuer des critères sociaux plus clairs en créant des nouveaux modèles de vieillesse active, productive et créative, notamment pour faire en sorte que les aînés en bonne santé assument une coresponsabilité sociale ou intergénérationnelle. 

3e phase de vieillissement: phase de fragilité (frailty) (aussi appelée quatrième âge) - Suivant les sollicitations professionnelles et biographiques subies antérieurement et suivant la constitution génétique, les limitations et les déficits liés à l'âge interviennent plus ou moins tôt. Chez une personne qui a mené une vie saine et eu un travail physiquement peu contraignant, les risques, déficits et limitations fonctionnelles dus à l'âge augmentent généralement surtout à partir de 80 ans. La phase de fragilisation est une période durant laquelle les problèmes de santé et les limitations fonctionnelles rendent l'indépendance non pas impossible, mais difficile. Les limitations fonctionnelles - comme la baisse de l'ouïe, les déficiences visuelles, les difficultés à marcher, le risque accru de chute - exigent une adaptation des activités quotidiennes (comme le renoncement à des voyages fatigants ou à la conduite automobile). Pour les femmes et les hommes se trouvant dans cette phase de fragilité, il est particulièrement important que leur environnement et les compétences qui leur restent soient ajustés en fonction de leurs besoins, mais aussi, de plus en plus, qu'elles puissent bénéficier d'une aide extérieure pour certaines activités quotidiennes (p. ex. pour le nettoyage et les achats). La difficulté de cette phase consiste à surmonter les limites et les restrictions posées par un corps vieillissant - alors que les capacités mentales et cognitives sont souvent encore bonnes. C'est une phase de la vie dans laquelle le bien-être psychique est fortement déterminé par des facteurs de cc force mentale" (qui sont notamment aussi étroitement liés avec les valeurs religieuses et spirituelles que l'on a dans la vie). 

4' phase de vieillissement: dépendance et fin de vie - Cette phase de la vie est caractérisée par une dépendance due à la dégradation de la santé. Vivre de manière autonome devient alors quasiment impossible et les personnes se trouvant dans cette phase ont besoin de l'assistance de tiers pour effectuer des choses toutes simples du quotidien. C'est à cette phase que l'on fait généralement référence lorsque l'on parle de la vieillesse en termes négatifs. Techniquement, toutes les personnes âgées ne vont pas forcément devenir dépendantes au crépuscule de leur vie, mais le risque de nécessiter des soins - et donc d'être dépendantes d'autrui pour des actes élémentaires -, souvent associé à la multimorbidité, augmente très nettement lorsqu'elles atteignent un âge très avancé. Le risque de souffrir de troubles organiques cérébraux s'accroissant également rapidement à un âge élevé, un bon tiers des personnes de plus de 90 ans sont atteintes de démence. Du fait que l'on ait réussi à retarder la prise en charge des personnes dépendantes en raison de leur état physique sans parvenir à empêcher l'apparition des démences séniles, la proportion des personnes très âgées ayant besoin de soins et souffrant de troubles organiques cérébraux est en hausse, ce qui représente un défi particulier pour le personnel chargé des soins et de l'accompagnement en fin de vie. 

L'identification de différentes phases de la vieillesse, dans une société où les gens vivent souvent longtemps, entraîne progressivement le développement de deux cultures de la vieillesse différentes, dotées chacune de ses propres priorités sociales et de ses propres défis socioethniques, parfois totalement opposés. On observe ainsi d'un côté l'émergence d'une culture du troisième âge (seniors, retraités en bonne santé) : pour les femmes et les hommes en bonne santé, actifs et compétents se trouvant dans la seconde moitié de leur vie - et notamment dans la phase post-professionnelle de leur vie - la participation, le maintien des compétences et l'exercice d'activités sociales ayant un sens sont considérés comme des éléments essentiels. Dans cette phase de la vie, les contacts variés avec d'autres générations, mais aussi - en raison d'une demande croissante - l'obligation de s'investir pour d'autres générations, traduisent une culture positive de la vieillesse. Une culture positive et active du troisième âge est de plus en plus souvent considérée comme un pilier central du contrat générationnel dans notre société démographique vieillissante, car seule une meilleure utilisation sociale des compétences (croissantes) des aînés en bonne santé peut permettre de répondre aux défis démographiques. De l'autre côté, on assiste à un renforcement de l'ancrage institutionnel d'une culture du quatrième âge (fragilité, dépendance, fin de vie). Parmi les principaux éléments - traditionnels - de cette seconde culture de la vieillesse basée sur une détérioration du bilan gain-perte de la vie, on compte la solidarité, l'assistance et l'égard, mais aussi une reconnaissance du caractère mortel de la vie. C'est d'abord une culture de la solidarité et du soutien à l'égard des personnes âgées devenues dépendantes, mais c'est aussi une culture de la vieillesse qui reconnaît les limites du possible. Formulé ainsi, il apparaît clairement que dans la culture du quatrième âge, les termes liés aux prestations habituellement employés dans le jargon social n'ont plus aucun sens, d'où des dilemmes éthiques inévitables, notamment lorsqu'il s'agit de choisir entre maintien de l'autonomie et assistance, entre sécurité et autonomie, entre interventions médicales et mort dans la dignité. Les discours théologiques et ecclésiastiques qui ne tiennent pas compte de cette différenciation des diverses phases de la vieillesse (et qui abordent la vieillesse d'une manière globale) sont dépassés. 

Dynamique accrue de la seconde partie de la vie - vers un rajeunissement socio-culturel du ce troisième âge »

Alors qu'à l'époque, le vieillissement était accepté passivement, il est aujourd'hui de plus en plus souvent compris comme un processus que l'on peut gérer de manière active, comme l'indiquent les concepts gérontologiques de plasticité. Les processus d'individualisation, de pluralisation et de dynamisation des représentations de la vie et des parcours de vie que l'on rencontre en premier lieu chez les jeunes adultes s'appliquent de plus en plus nettement aussi aux phases ultérieures de la vie, et notamment au troisième âge (seniors, retraités en bonne santé). Pour un groupe considérable de femmes et d'hommes âgés - mais non pas pour la totalité d'entre eux -, les nouveaux modèles de vieillesse active et créative se traduisent aussi par une réorganisation significative des activités post-professionnelles, notamment dans le milieu du ce troisième âge 1), des retraités en bonne santé. Depuis les années 1980, le style de vie des personnes âgées de 65 à 74 ans, voire parfois de plus de 75 ans, en Suisse a clairement évolué vers une gestion plus active de la vie. 

L'individualisation et la dynamisation des années plus tardives de la vie sont encore renforcées par le vieillissement des nouvelles générations d'aînés, ayant elles aussi de nouvelles représentations de la vie. Le changement structurel et le changement générationnel de la vieillesse vont ainsi de pair. Le vieillissement des premières générations de l'après-guerre (baby-boomers) en particulier amène une transformation radicale du troisième âge (voire du quatrième âge). La génération du baby-boom en Europe occidentale a été profondément marquée, dans ses jeunes années, par la culture de la jeunesse et la mondialisation de la musique. Les adolescents et les jeunes adultes de l'époque ont été confrontés à une dissolution rapide des valeurs familiales traditionnelles, notamment en ce qui concerne les relations sexuelles et la cohabitation avant le mariage. C'est cette génération qui a non seulement vécu, mais aussi activement promu le modèle bourgeois du couple et de la famille. Ils ont ainsi eu moins d'enfants, mais connu plus de divorces que la génération de leurs parents. Durant leur jeunesse et leur vie de jeunes adultes, ils ont aussi assisté au bouleversement du rôle de la femme, et les femmes aujourd'hui âgées de la génération du baby-boom font partie des premières générations de femmes âgées émancipées et indépendantes. Les durs travaux physiques effectués dans les champs et l'industrie s'étant raréfiés, le nombre de femmes et d'hommes de cette génération souffrant, à un âge avancé, de limitations corporelles précoces a diminué. Les femmes et les hommes de ces générations jouissent par conséquent souvent d'une espérance de vie saine relativement longue. Les plus jeunes générations bénéficient en outre d'un développement marqué du système de formation qui leur permet souvent de suivre une formation spécialisée ou des études universitaires d'un niveau plus élevé que leurs parents ou grands-parents. Les générations mieux formées ayant plus de chances de faire carrière, un nombre proportionnellement plus important de femmes et d'hommes des plus jeunes générations ont pu gravir plus facilement les différents échelons professionnels et obtenir de meilleurs postes et des revenus plus élevés. Les salaires plus élevés donnant généralement droit à de meilleures prétentions en termes de rentes, bon nombre des personnes appartenant à ces générations - mais naturellement pas toutes - bénéficient, l'âge venu, d'une meilleure situation économique. 

Malgré ces nouveaux modèles de vieillesse active, les représentations déficitaires traditionnelles de la vieillesse n'ont pas disparu. On constate simplement que, de manière générale, les gens se considèrent plus longtemps comme étant jeunes et plus tard comme étant vieux. En fait, au lieu d'observer une tolérance accrue face à la vieillesse, on assiste plutôt à un changement de comportement des aînés qui ont tendance à adopter une 'attitude de jeunes' (ce qui remet fondamentalement en question l'idée de faire coïncider le vieillissement démographique et le vieillissement social). Le phénomène consistant à prolonger un mode de vie en partie axé sur les jeunes jusqu'à un âge avancé de la retraite engendre toutefois deux tendances contradictoires. D'un côté, il crée davantage de possibilités de se réorienter durant la seconde moitié de sa vie. La retraite n'est alors plus synonyme de calme et de retrait, mais constitue une étape de la vie remplie de possibilités multiples et colorées de se réinstaller, par exemple, en changeant de logement. La vieillesse n'est pas une phase composée uniquement de déficits et de pertes, mais une étape offrant de nouvelles chances et propice au développement de compétences négligées jusque là - notamment dans le domaine des contacts sociaux, du jardinage, de la formation etc. De l'autre côté, il engendre de nouvelles contraintes sociales visant à repousser, voire combattre, l'âge physique visible. Apprendre toute sa vie, exercer une activité le plus longtemps possible, mais aussi préserver autant que faire se peut sa santé physique et son bien-être sont autant de nouvelles représentations d'un cc vieillissement réussi». Le mouvement 'anti-aging' - dont le but est d'arrêter, ou tout du moins de ralentir, le vieillissement physique - renforce la pression exercée sur chacune et chacun pour qu'elle ou il donne le plus longtemps possible l'impression d'être cc jeune». La dynamique accrue de la seconde moitié de la vie se traduit en outre par une plus grande hétérogénéité des processus de vieillissement. Dans une société dynamique, les processus biologiques, psychiques et sociaux du vieillissement varient donc fortement et l'une des caractéristiques fondamentales du vieillissement actuel est constituée par les différences marquées que l'on peut observer entre des personnes du même âge. Cela s'explique en partie par l'énorme inégalité financière des aînés. Parallèlement aux aînés aisés, en augmentation, il existe toujours un groupe de personnes à faible revenu. De plus, l'évolution vers une vieillesse activement et socio-culturellement plus jeune renforce encore les écarts au niveau psychique et social: alors que les uns s'occupent activement d'organiser et de planifier leur vieillesse, d'autres continuent à la vivre comme une chose inéluctable. Suivant les expériences qu'ils ont faites précédemment, les gens géreront leur vieillesse différemment; sans compter que la seconde moitié de leur vie ne se présentera pas de la même manière selon qu'ils ont vécu des réussites ou au contraire des échecs dans les domaines professionnel, familial et social. Au lieu de rendre les gens plus semblables, l'âge accentue les différences; un point que la gérontologie différentielle souligne depuis de nombreuses années déjà. 

La transformation de la vieillesse se répercute aussi sur la politique sociale. Premièrement, les observations faites sur les personnes vieillissantes et âgées aujourd'hui ne fournissant que peu d'indications sur le visage qu'aura le vieillissement demain, il apparaît pratiquement inutile de vouloir établir des scénarios linéaires sur l'avenir de l'âge dans la perspective d'une planification sociale. Deuxièmement, bien que l'on assiste à un vieillissement démographique de la population, lié d'une part au taux de natalité peu élevé (vieillissement démographique par le bas) et d'autre part à l'allongement de l'espérance de vie des femmes et des hommes plus âgés (vieillissement démographique par le haut), ce vieillissement démographique n'entraîne pas un vieillissement social. Dans ces circonstances, il semble douteux de se baser sur l'âge de 65 ans pour définir la cc population âgée» ; les offres de l'église destinées aux personnes âgées (comme les après-midis pour les aînés etc.) s'adressent d'ailleurs toujours davantage à des personnes très âgées, et encore. Troisièmement, les jeunes générations savent qu'à bien des égards elles vont (devoir) vieillir différemment de la génération de leurs parents. A l'inverse, les générations plus âgées savent que leurs expériences ne peuvent plus être déterminantes pour les générations suivantes. 

Discussion finale - un nouveau vieillissement, entre nouvelles libertés et nouvelles contraintes

L'évolution vers une société de personnes vivant plus longtemps et organisant activement les années plus tardives de leur vie, crée un champ de tensions entre les nouvelles libertés offertes par la vieillesse et les nouvelles contraintes sociales rencontrées avec l'âge. D'une part un nombre croissant de personnes - bien que ce ne soit de loin pas le cas de toutes ont davantage de chances de bénéficier pendant de longues années d'une vieillesse en bonne santé et d'une sécurité économique leur permettant de profiter de nouvelles libertés individuelles. Les retraités jouissant d'une sécurité financière et d'une bonne santé découvrent ainsi de nouvelles possibilités d'épanouissement, même une fois avancés en âge. L'autodétermination et l'autonomie deviennent ainsi des représentations significatives pour la vieillesse également, ce qui se reflète aussi bien dans le souhait de mener le plus longtemps possible une vie indépendante en restant à la maison que dans l'augmentation du nombre et de la signification des groupes de seniors qui s'organisent entre eux. D'autre part, le vieillissement démographique et les peurs socio-politiques d'un déséquilibre du contrat générationnel conduit à de nouvelles réflexions sur la responsabilité sociale des aînés. Ce phénomène est encore renforcé par des modèles gérontologiques qui mettent en exergue les compétences et les ressources dont disposent les personnes plus âgées, et les représentations des modèles de vieillesse active, voire productive, laissent accroire qu'un niveau d'activité élevé dans des phases avancées de la vie est une condition préalable importante à une vieillesse épanouie et comblée. La nouvelle responsabilité sociale des aînés apparaît notamment clairement dans les discours prônant une hausse de l'âge de la retraite (cc quiconque est en bonne santé et compétent plus longtemps peut et doit aussi travailler plus longtemps») ou dans une revalorisation de l'engagement civique et du travail bénévole des personnes plus âgées. 

Les nouvelles représentations de la vieillesse - dans une société où l'on vit longtemps - sont de manière générale fortement orientées vers des modèles sociaux de vie où les aînés doivent être des citoyens à la fois indépendants et coresponsables. Si l'on y regarde de plus près, bon nombre de ces nouveaux modèles (idéalisés) se réfèrent cependant surtout au troisième âge (seniors, retraités en bonne santé). Le quatrième âge (fragilité, phase de dépendance) n'est en effet que rarement concerné, tant il fait encore l'objet de représentations déficitaires classiques toujours fortement ancrées dans les mentalités. 

Bibliographie

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 exposé du docteur Hoepflinger (fichier pdf 124 ko)

Conseil stratégique

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Le Conseil Stratégique demande le maintien des coûts des services centraux et la création d’un poste pour les seniors (+60 ans)


Les délégués de la Conférence annuelle de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EMK) franco-suisse, à Dübendorf,  ont pris des décisions. Ils ont décidé la création d’un emploi à temps partiel en charge du travail parmi les seniors et accepté le maintien à leur niveau actuel des dépenses dans les services centraux (à l'exception du renchérissement des salaires), mais ils n’ont pas accepté les objectifs-cadre tels que le conseil stratégique les a présentés à la CA, lui demandant de réviser sa copie.


Motion adoptée :

Il convient de sensibiliser et de motiver les paroisses de l’EEM à s’engager dans le travail après des personnes âgées de 60 ans et plus Pour ce faire, nous lançons les initiatives suivantes, provisoirement limitées à cinq ans :

1° Créer un poste à 50% pour une personne spécialisée dans le domaine des 60+.

2) Permettre aux paroisses de demander, au début du compte Projets, des fonds supplémentaires destinés à couvrir un poste à temps partiel d’une durée limitée ou à financer un nouveau projet lancé et porté par des bénévoles.

3) Créer une commission « 60+) à intégrer dans le domaine du Travail parmi les jeunes et les adultes.

4) Plafonner le coût du nouveau poste à CHF 62000 par année (renchérissement du salaire en sus).

5) Charger le conseil stratégique de procéder à une évaluation au cours de la 4e année d’existence du projet.


Le conseil stratégique avait élaboré pour cette conférence des objectifs-cadre définissant l’orientation stratégique de la Conférence Annuelle Suisse - France. La stratégie repose sur le mandat missionnaire de l'Église, «susciter des disciples à Jésus-Christ, afin que le monde change». Le travail de l'Église doit se faire essentiellement dans les communautés locales, où l'engagement social doit être encouragé. En outre, les «signes des temps» sont à reconnaître et à transposer dans le travail de l’Église. La discussion très vive qui eut lieu en séance plénière a montré que, si le contenu de ces objectifs n'est pas remis en question, leur formulation  doit être revu. 

Une motion présentée en séance plénière demandant une nouvelle composition et un changement d'orientation  du Conseil stratégique a été clairement rejetée.


Par ailleurs, le conseil stratégique a demandé à la Conférence de maintenir les coûts des services centraux de l’Église. Les frais s'élèvent à environ 2,5 millions de Francs Suisse. Ceux-ci doivent être maintenus dans leur état actuel, exception faite du renchérissement des salaires. La Conférence a accepté le maintien de ces coûts à leur niveau actuel. Cela signifie la nécessité d’opérer des économies d’échelle dans d’autres postes en cas de nouvelles dépenses. 

 

A la demande du Conseil stratégique, un groupe de travail a repris la motion adoptée par la Conférence annuelle 2008 : elle a accepté de réfléchir à l’accompagnement des soixantenaires. Elle a examiné plusieurs variantes de l'appel au bénévolat à l’engagement d’une personne à temps plein. Le conseil stratégique demande à la CA de décider de la création d'un poste à temps partiel (50%) en précisant que certaines communautés peuvent dégager des moyens financiers pour un travail parmi les personnes âgées. Ces nouveaux frais estimés à quelque Frs. 62'000 .-- seront financés par transfert de charges, de sorte que les services centraux ne vont pas dépasser leur budget. Le poste doit, dans quatre ans, faire l’objet d’une évaluation. La Conférence a ensuite approuvé la création de cet organisme à une grande majorité. Le suivi de ce travail doit relever de la Commission Formations-Conseil. 


Dissolution du groupe de travail chargé de la lutte contre les addictions

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


La Conférence annuelle 2008 a délivré un mandat au conseil stratégique de l’Eglise Evangélique Méthodiste (EEM),  pour se prononcer sur la manière dont le groupe de travail chargé des questions de toxicomanie devait se poursuivre. Le groupe mis en place par le conseil stratégique demande sa dissolution et la concentration des efforts de prévention dans les communautés et le recours aux différentes offres disponibles sur le marché. 


Il appartient aux communautés locales de rester éveillées à la question de la prévention contre les addictions. Takano est chargé de ce fait de publier un aide-mémoire avec des références et renseignements en matière de toxicomanie. Ce document sera mis à jour à intervalles réguliers et transmis à chaque paroisse comme aux pasteurs et aux éventuelles autres personnes intéressées. De même, les informations de la Croix Bleue sur l'action de carême «Time Out» continueront à être relayées dans les paroisses par Takano.


Les  membres actifs de ce groupe de travail sur la toxicomanie opérationnel jusqu’à cette Conférence ont ressenti cette décision trop peu contraignante pour les communautés et demandé que les communautés locales abordent la problématique une fois par an. Cette motion du groupe de travail a été adoptée.


Méditation samedi matin "Avec passion, compassion"

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

«Avec passion, compassion» par le pasteur Stefan Zurcher

Dieu est amour ; il ne veut pas être autre, il ne veut ni ne peut qu’aimer....


Il s’agit d’être là pour les autres, de se prêter attention mutuellement, de se souvenir de la compassion de Dieu pour le monde. Dieu tient à la vie ; la vie du monde et des hommes est sa passion (Jl 2.18). On peut dire que le cœur de Dieu bat pour l’homme, il l’attire à lui en Jésus-Christ ; il est heureux quand l’homme n’est plus coupé de lui et cesse de lui tourner le dos et de lui préférer les idoles. Son cœur bat pour nous, sa préoccupation majeure est de nous voir tous courir vers Lui, revenir vers lui. Son cœur souffre toutes les fois que nous nous détournons de lui. Il ne demande qu’à nous entourer de ses bras et en retour nous ne pouvons que lui dire merci.

Sa compassion est contagieuse : épris de sa passion pour nous, nous partagerons sa passion pour le monde. Comment grandit notre passion pour lui, pour les autres ? Il nous donne un cœur de chair à la place d’un cœur de pierre, sensible aux hommes, au monde... Laissons-nous entraîner par la passion de Dieu au lieu de l’étouffer !

Ne courons pas le risque d’avoir une crise cardiaque en contrevenant à la volonté de Dieu ou en suivant d’autres idoles. Notre cœur se battra au rythme de l’amour de Dieu pour la vie, le monde, les hommes ; nous partagerons la vie de la société, la lutte contre l’injustice et le primat de la solidarité. Partageons avec Dieu sa compassion avec le  monde


.« Se laisser contaminer par la passion de Dieu, ne pas l’étouffer »

Avec Passion  - Compassion

De la passion de Dieu pour le monde

Pas moyen de faire autrement. Il nous faut d’abord faire l’expérience personnelle de la passion de Dieu pour le monde. Si nous ne le faisons pas et ne ressentons que la compassion, nous en resterions à la situation de Saul de Tarse ou de John Wesley avant le changement, qui a été précisément cela : l’expérience de la passion de Dieu pour le monde.

Dieu amoureux de la vie

Dieu est un amoureux de la vie, un ami passionné des êtres humains. Le monde est la « passion » de Dieu. « Comment t’abandonnerais-je, Ephraïm ? Mon cœur en moi se retourne et toutes mes entrailles frémissent » (Os 11 :8). Dieu se laisse émouvoir.  Esaïe p.ex. « Regarde du ciel et vois, de ta demeure  sainte et magnifique. Où donc sont ta jalousie et ta puissance ? Le frémissement de tes entrailles ? Ah ne rends pas insensible ta pitié» (Es 63 :15). Et Joël rappelle « Or, l’Eternel s’émeut de jalousie pour son pays. Il épargna son  peuple» (Jl 2 :18). Le cœur de Dieu bat pour nous. Pour nous, il s’est donné à fond, à corps perdu. C’est pourquoi il cherche à se rapprocher de nous, il devient homme – Jésus Christ, afin que nous soyons près de lui. Dieu est pleinement heureux quand il n’est plus séparé de nous, humains et que nous ne sommes plus séparés de Lui. Quand nous vivons en paix avec lui, Dieu est heureux, les cieux jubilent.

Tristesse de Dieu devant l’aliénation humaine

Mais les humains ? Ils ont envie de le quitter. Ils lui tournent le dos, cherchent d’autres dieux, cherchent le bonheur ailleurs. C’est alors que l’amour de Dieu devient sa Passion douloureuse, nous lui faisons mal. Son cœur est brisé. Dans d’atroces souffrances, Il meurt à la croix.

De manière toute personnelle, Dieu te dit aujourd’hui sa passion pour toi. Son cœur bat pour toi personnellement. Quand tu es proche de lui, il est heureux. Quand tu te tournes vers d’autres dieux, quand ton cœur t’entraîne ailleurs, il souffre. Peut-être qu’il te révèle de manière nouvelle ce matin que ton cœur est ailleurs, que tu cherches ton bonheur en dehors de Dieu. Il doit ressentir cela comme un coup au cœur, Dieu a mal, il souffre pour toi. Accepte que Dieu t’appelle, t’interpelle, Dieu t’aime, il est attiré vers toi. Son plus grand bonheur serait que tu reviennes à lui, maintenant.

Jésus raconte l’histoire suivante : « Il partit donc de là et s’en retourna vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut touché de compassion. Il courut se jeter à son cou et l’embrassa longuement. » Qu’importe la distance qui te sépare de Dieu, Dieu t’aime passionnément, il vient vers toi, les bras grand ouverts, afin de te serrer dans ses bras d’amour. Ici et maintenant. 

Tu peux répondre sur le champ : « Merci, mon Dieu ! » Ainsi est notre Dieu, passionnément pour ce monde, passionnément pour la vie.

Passion et compassion malgré tout

La compassion de Dieu pour le monde, pour l’humanité, pour la création est contagieuse. Nous avons ressenti quelque chose de cette passion brûlante de Dieu qui nous veut tout à lui. Il nous anime quand nous célébrons ensemble le culte, partageons nos joies et nos peines et cherchons ensemble la proximité du Christ en nous encourageant mutuellement.

Faire l’expérience de la passion de Dieu, a des conséquences : c’est contagieux. Dieu fait de nous des alliés de sa passion pour la vie, des associés de sa passion pour l’humanité. Il partage sa passion avec nous.

Comment ? Il nous fait partager son cœur. Dieu dit par Ezéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, un cœur de chair » (Ez  36.26). Un cœur vivant qui bat comme le cœur de Dieu pour le monde, pour les humains, pour la vie. Un cœur qui bat plus fort à la vue d’hommes heureux ; un cœur qui souffre à la vue de la misère humaine : « A la vue des foules, il en eut pitié, car ils étaient las et comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mt 9.36). Voilà le secret des disciples passionnés de Jésus : le cœur de Dieu bat en eux.

Que faire pour que notre cœur batte pour Dieu et les autres ?

Néanmoins, nous pouvons étouffer la passion de Dieu en nous. Nous pouvons provoquer un arrêt cardiaque.  Notre cœur cesse alors de battre pour le monde et il devient froid. La passion meurt. Quand notre relation au cœur de Dieu est interrompue, quand son cœur ne bat plus en nous, quand sa vie ne nous anime plus,  notre cœur s’arrête. « Demeurez en moi, afin que je demeure en vous », nous dit Jésus pour éviter cette catastrophe. Dieu lutte pour son peuple, pour son église, pour ses collaborateurs et collaboratrices. Jésus nous demande : « demeurez en moi, comme moi je demeure en vous, restez en ligne, n’interrompez pas la relation avec moi ! »

Gare aux ruptures relationnelles

Quand des responsables et des membres d’église interrompent leur relation avec Dieu, - en refusant le dialogue avec  Lui, en négligeant la communion fraternelle, en vivant en contradiction avec l’Evangile, en faisant taire la louange de Dieu -, ils provoquent alors l’arrêt de leur cœur et étouffent la passion.

Quand on en arrive là dans une église, de graves conséquences s’en suivent : rares sont les personnes à faire l’expérience du pardon de Dieu et à se libérer de leurs mauvaises habitudes ; rares sont les personnes à vivre une guérison physique et intérieure ; on ne dénonce pas l’injustice, on ne résout pas les conflits, on ne déjoue pas les intrigues, on ne dénonce pas l’égoïsme et la cupidité, on n’invite pas les autres à mettre leur confiance en Dieu,  on les abandonne à leur destin. Ainsi trahit-on le nom de Jésus, quand bien même l’Église se réfère à lui. Son nom,  « Jésus »  veut dire « Dieu aide », ce nom représente le programme de Dieu, sa passion, mais on trahit son nom.

Dieu voit les hommes fatigués dans leur misère et il a pitié d’eux.  Sa colère s’enflamme contre une telle Église et il dit : « Voici je vais prendre à parti les bergers ! Je leur reprendrai mon troupeau » (Ez 34.10). A cause de son amour pour les hommes, Dieu est gagné par la colère. La colère de Dieu est la forme extrême de son amour passionné – un amour qui s’élève contre toute puissance de destruction. Autrement, Dieu n’est jamais en colère.

Cela se produit, quand nous suivons d’autres dieux, quand nous cherchons notre bonheur ailleurs qu’en Lui. Dans ce cas, notre cœur s’arrête de battre pour Dieu et le monde. Le rythme du cœur de Dieu ne bat plus en nous et la passion se meurt.

La compassion, avec Dieu et pour les hommes

 Ce n’est pas ce que Dieu veut. Des arythmies cardiaques ne mènent pas nécessairement à la mort. Même pas un arrêt cardiaque. Si nous apportons notre cœur à Dieu, si nous l’en prions, il nous le remet en ordre, le ramène à la vie, pour qu’il batte de nouveau, comme son cœur bat passionnément pour nos contemporains, pour le monde.

Que fait un chrétien dont le cœur bat passionnément pour son prochain ? En paroles et en actes, il témoigne aux autres de l’amour de Dieu pour la vie, il fait place aux autres dans son coeur. Il ne juge pas, mais partage la douleur de Dieu au sujet de celui qui est perdu. Il prend conscience de ce que  cette personne  a une grande valeur pour  Dieu ; il ose l’approcher, offre l’hospitalité, peut-être une conversation, l’écoute et l’accompagnement. 

Que fait une communauté, une église dont le cœur bat passionnément pour le monde ? Elle participe à la mesure de ses moyens à l’édification de la  société, en trouvant aussi dans les éclopés, les cabossés et écrasés de la vie,  les traces de la bonne création de Dieu ;  elle agit dans le sens de Dieu, ici  et maintenant ; les choses n’ont pas à rester ce qu’elles sont ;  elle ose dénoncer  l’injustice,  aide à résoudre les conflits, met fin aux intrigues, se solidarise avec les nécessiteux. Ainsi agit une personne, une église avec un cœur qui bat passionnément, qui vit la compassion de Dieu pour le monde…

Jouer collectif

Il y a quelques années, lors des jeux paralympiques aux Etats Unis, lors de la finale de la course de 400m, 8 handicapés se présentent dans les starting-blocks. Chacun veut gagner. Le  départ est donné, ils s’élancent comment ils peuvent. Soudain, 30-40m avant le but, un des premiers coureurs trébuche et tombe.  Fini le rêve de la victoire, pas de chance. Mais voilà que l’incroyable se produit : un des coureur s’arrête, retourne en boitant vers son collègue à terre, le relève, le soutient. L’autre ne peut plus courir, mais son copain le maintient debout, l’enlace et  continue en boitant avec lui. Les autres les voient. Ils ralentissent, ne peuvent pas ignorer ce qui s’est passé.  Tous s’enlacent, entourant l’accidenté. Et ainsi ils marchent et se traînent ensemble jusqu’à la ligne d’arrivée.

Avec passion – compassion. L’amour de Dieu devient visible, là où nous nous mettons ainsi en route, en tant qu’Église, là où nous nous soutenons mutuellement, là où nous ne laissons personne sur le carreau. Alors Dieu qui aime la vie passionnément prend corps dans nos vies et le cœur des humains bat au rythme du cœur de Dieu – Dieu est alors heureux et les cieux jubilent. 

                                                                                                                   Stefan Zürcher

Traduction  F. Schmid et B. Hetsch

 La prédication en fichier pdf (62 ko)



Le District francophone, point de mire du rapport des surintendants

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Dans son rapport, les surintendants de la Conférence Annuelle de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM)) se sont focalisés sur la partie francophone de l’EEM Suisse/France. Chaque communauté locale faisant partie du district francophone a fait l’objet d’une brève présentation.


Les paroisses francophones de l’EEM sont relativement éloignées les unes des autres, ce qui complique les échanges entre elles. En outre, elles se trouvent dans trois pays différents, dans quatre même, si l'on considère la récente communauté d'immigrés en provenance de la République démocratique du Congo qui vient de se créer à Bruxelles. 

Après la fusion opérée entre l’EMF et l’UEEM, pasteurs et communautés cherchent à renforcer leur identité et leur commune appartenance à l’EEM. La quasi totalité des communautés ont en commun des moyens financiers limités.

Le surintendant du District francophone, Daniel Nussbaumer, a complété le rapport écrit par diverses informations :

- à la Pentecôte a été créée officiellement la communauté de Bruxelles formée d’immigrés congolais : «quel heureux  événement heureux, cette communauté devient circuit méthodiste de notre Conférence ! Elle compte déjà 30 membres ; cette communauté, dès qu’elle disposera de locaux,  grandira » déclare Daniel Nussbaumer. Patrick Streiff, évêque, a salué le pasteur Jean-Claude Utumba et un laïc de Bruxelles, membre de la Conférence. Accueillir ces communautés de migrants est une chance pour notre Église, fait remarquer un participant.

- La communauté de Neuchâtel a été dissoute il y a quelques années déjà. Daniel Nussbaumer, surintendant, a remis le mobilier de cette église à la communauté méthodiste de Paris-Gennevillers.

 - Daniel Nussbaumer a esquissé plus en détail l'évolution de l'Algérie. La situation s'est détendue. Toutes les communautés peuvent à nouveau fonctionner normalement, même si elles n’ont toujours pas encore été reconnues officiellement par l'État. L’EEM en Algérie planifie les fêtes du centenaire de l’Eglise méthodiste : en 1910 s’est tenue pour la première fois une Conférence annuelle méthodiste en Algérie. Connexio envisage l’organisation d’un voyage à la rencontre des communautés méthodistes d'Algérie à l’intention des personnes intéressées.

- Daniel Nussbaumer invite les délégués à la Conférence à prendre part à l’évangélisation organisée sur Codognan en août prochain : la collaboration du plus grand nombre est la bienvenue.


Rapport des surintendants 2009

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Rapport de la surintendante et des surintendants 

Texte original en français 

1ère partie 

1. District francophone 

Heureux de vous emmener dans un district de notre Conférence annuelle qui, pour certains, reste quelque chose d'exotique, avec une autre manière de penser, de gérer, de travailler, d'agir; un district qui, pour beaucoup, signifie lieux de vacances, villes prestigieuses. Et afin que le dépaysement ne soit pas trop grand nous vous proposons de nous arrêter pour commencer en Suisse romande. 

1.1 Suisse romande

Nous sommes loin du temps où le travail de l'église, vu de la Conférence annuelle, se réduisait souvent au placement de jeunes filles au pair qui venaient en Suisse romande pour apprendre le français. Car c'est bien cela qui, à l'origine, fut la première raison d'être de ces communautés. D'ailleurs, si le registre de membres de l'église de Neuchâtel témoigne de plus de 1000 (!) membres qui ont passé par cette église, cela montre bien l'oeuvre qui a été accomplie en ces villes de Neuchâtel, Saint-Imier, Lausanne, Vevey et Genève.

A Neuchâtel, l'église a été fermée quand il ne restait plus qu'une dizaine de personnes actives (il reste les bâtiments) et à Vevey, les membres ont préféré se concentrer et soutenir le travail sur Lausanne. Dans ces dernières décennies le travail dans ces communautés n'a pas été simplifié par le processus qu'a nécessité le passage de l'allemand au français, exigeant beaucoup de forces vives de la part des membres. A ce jour nous pouvons considérer ce processus comme accompli, même si, comme à Saint-Imier, quelques personnes aiment à se retrouver pour lire la bible en langue allemande. Une telle étude est alors assumée par une autre personne que le pasteur qui est actuellement francophone. Mais à côté des communautés francophones ou en commun avec elles, le travail des églises s'est développé en accueillant des communautés hispanophones et lusophones (brésiliennes).

A Genève, la Communauté chrétienne latino-américaine (CCLA) existe depuis plus de 20 ans et forme un circuit de notre Conférence annuelle. Ce travail a pu se réaliser grâce à l'engagement de bénévoles, de Connexio et du soutien de l'ensemble de l'église. Des pasteurs à la retraite ou des « missionnaires» envoyés par le Global Board of General Mission (GBGM) ont permis d'accueillir, d'entourer et d'offrir à des centaines de femmes surtout, mais aussi d'hommes un lieu devenu pour eux une famille spirituelle. La branche brésilienne, par exemple, réunit des personnes en provenance de plus de 40 dénominations ou groupes religieux différents! Des cours de français et de civilisation ou les permanences de l'EPER (Entraide Protestante de l'Église Réformée) organisées dans nos murs à l'issue des cultes représentent pour toutes ces personnes un soutien social pour l'insertion dans la société.

A Lausanne aussi, la chapelle du Valentin est devenue un lieu d'accueil pour plusieurs églises de migrants. La cohabitation entre plusieurs communautés de différentes cultures n'est pas toujours évidente et exige beaucoup de patience et de dialogue.

Bienne fait partie du district de Berne, mais dans cette ville sur la frontière linguistique de Suisse se développe aussi tout un travail en français et parmi des églises de migrants. Avec l'église « traditionnelle» germanophone, cohabitent un groupe/communauté francophone, une autre brésilienne et une troisième francocongolaise.

Dans le paysage ecclésiastique en Suisse romande, nos églises sont peu visibles à cause de leur petit nombre. Elles sont pourtant localement très actives dans les liens inter-églises; à,Lausanne, entre autre avec un travail parmi les enfants et la jeunesse dans le quartier de la Borde, à Saint-Imier, en collaboration avec les Mennonites et les églises évangéliques de la vallée, à Genève, au niveau oecuménique avec les églises du Plateau (région d'Onex) mais aussi avec les églises de migrants. En Suisse romande, l'Alliance évangélique a fusionné avec la Fédération romande des églises et oeuvres évangéliques (FREOE) pour former le Réseau évangélique.

Un mot encore sur la situation de l'immobilier: Grâce au soutien de l'ensemble de l'EEM en Suisse l'église de Saint-Imier se réjouit de locaux entièrement rénovés ainsi que de son presbytère. Cette rénovation permet une vie d'église active et accueillante pour toutes les tranches d'âge. L'église de Lausanne souffre du poids de la dette engagée pour la rénovation de son bâtiment. Celui-ci, construit par l'Église Méthodiste de France a été vendu à l'EEM Suisse en 1900. Ce sont les revenus du bâtiment de Vevey, (un jour éventuellement sa vente) qui permettent à l'église de Lausanne de survivre. Des réflexions ont débuté à Genève depuis plus de 12 ans en vue de l'agrandissement du Foyer Béthel. Bien des embûches et autres histoires inénarrables font qu'aujourd'hui encore nous attendons de connaître les montants de la subvention de l'État afin de démarrer les travaux, alors que le permis de construire a été délivré depuis bientôt 2 ans. Un Droit de Superficie a été signé entre l'EEM Suisse et la Fondation du Foyer Béthel au 1er juillet 2008. Il fait de l'église locale un locataire et confie la totalité de la gestion de l'immobilier à la Fondation, permettant ainsi une rente annuelle à l'église. Actuellement l'instabilité dans le corps pastoral rend le travail en Suisse romande difficile. Aurons-nous la force, la vision dans les années à venir de consolider les acquis et même développer de nouveaux secteurs comme la création de nouvelles églises? La question reste posée. 


1.2 Est de la France

En Alsace, nous trouvons la majorité des églises de l'ancienne UEEM, à Metz (en Moselle), Bischwiller, Strasbourg, Colmar, Muntzenheim, Munster et Mulhouse. La majorité d'entre elles témoignent d'une vie d'église active et plus ou moins stable, englobant l'ensemble des générations. Se retrouver un dimanche matin au culte à Metz avec une église qui « déborde» de monde, de bruit et de couleur, est un moment fort.

L'église de Strasbourg est confrontée à des défis qui sont sujets de préoccupation. S'il est possible de considérer la fusion entre les deux communautés Strasbourg-Sion et Strasbourg-Kageneck comme accomplie, le choix d'un lieu de culte unique semble indispensable; actuellement le culte est vécu de manière alternative entre les deux lieux. Cette décision est liée à des questions de bâtiments: rénovation, sécurité, rentabilité, situation et fonctionnalité, voir nouvelle construction. Toutes ces questions exigent et monopolisent les forces de la communauté qui est ainsi davantage tournée sur elle-même plutôt que sur son mandat missionnaire. Cela provoque une baisse du nombre de personnes fréquentant l'église et une baisse de la force financière. Avec courage et persévérance, une jeune et nouvelle équipe assume la responsabilité de la vie d'église dans le cadre du conseil. L'église reste un maillon indispensable dans cette ville qui connaît une vie ecclésiale importante.

Depuis de longues années maintenant un travail avec les Cambodgiens a vu le jour sur Strasbourg. Cette communauté poursuit son engagement parmi leurs concitoyens en France mais aussi dans leur pays. Ils ont été, avec d'autres, à l'origine du développement de la présence chrétienne au Cambodge et contribuent aujourd'hui encore par leur engagement et soutien au développement de l'église dans ce pays, raison pour laquelle Connexio a développé un département Asie. La communauté cambodgienne de Strasbourg a « déplacé» l'année dernière ses activités sur Bischwiller.

A Strasbourg toujours, la présence de l'association Bethesda contribue aussi à ce rayonnement surtout avec son engagement dans le domaine de la personne âgée. Les bouleversements vécus dans les milieux de la santé n'ont pas épargné cette oeuvre de l'église non plus. L'oeuvre s'est dès lors concentrée sur les maisons de retraites: maison Contades et Arc-en-Ciel, un nouveau projet Bethesda-Village dans le sud de la ville, le Foyer Caroline à Munster et la maison de retraite à Mulhouse.

La Congrégation des soeurs, après plus d'un siècle d'activité essentiellement au service des malades, a révisé les formes de son engagement en se recentrant sur un ministère d'accueil et d'intercession. Elle développe actuellement un Tiers Ordre avec comme objectif « Vivre comme chrétiens proches de la Congrégation des Soeurs de Bethesda et soutenir leur mission diaconale ».

L'église de Colmar a demandé l'aide des communautés soeurs (Munster, Mulhouse, Muntzenheim) pour la soutenir et l'aider dans son projet « Mission-Vie pour Colmar ». Trouver 1 ou 2 familles dans chacune des églises pour « étoffer» les rangs et redevenir une église plus accueillante, plus vivante et permettre ainsi un renouvellement. Si, jusqu'à ce jour la formule n'a pas fonctionné comme pensée initialement, de nouveaux contacts ont été établis entre temps, des organistes et des groupes de louange s'engagent régulièrement pour redonner vie à une petite communauté qui désire poursuivre le témoignage initié par nos pères dans cette ville. 

Les communautés de Muntzenheim et de  Bischwiller ont utilisé beaucoup «d’huile de coude» ces dernières années pour construire et rénover leur chapelle. La presque totalité du travail, y compris le gros œuvre, a été accomplie grâce à l’engagement bénévole de leurs membres, permettant aujourd’hui des locaux rénovés, agrandis et plus fonctionnels que par le passé, sans pour autant que la vie et les activités ralentissent. A ce jour, tout n’est pas encore terminé.

Metz s’interroge : comment agrandir ou acquérir plus grand ailleurs ? Là aussi, non seulement les locaux sont devenus trop exigus mais des problèmes de sécurité sont à l’ordre du jour et exigent que des solutions soient trouvées.


1.3 Sud-Ouest de la France


Si nous faisons un saut de plus de 1000 km en diagonale à travers la France, nous nous retrouverons à Agen, dans le Sud-Ouest, avec une communauté dont les membres s’engagent aussi beaucoup dans des travaux en vue de permettre l’amélioration de leurs locaux et s’interrogent : comment agrandir ? C’est bien sûr une bonne question qui témoigne de la vie et de la bonne santé de ces églises. Leur contexte n’est pas toujours facile et la suspicion de beaucoup de citoyens et avant tout du politique a tendance à les reléguer, ainsi que leurs actions, en marge de la société. A l’écoute des hommes et des femmes  pourtant, tout révèle leur soif et leurs désirs de remplir leur vie de sens.

Dans la même région (Sud-Ouest), deux autres communautés - lieux de vie - témoignent avec fidélité de la présence et de l’action de Dieu dans notre monde : Fleurance et  Mont-de-Marsan. Les deux églises ont profité du soutien de l’ensemble de la Conférence Annuelle pour l’acquisition de leur immeuble lorsque, il y a maintenant plus de vingt ans, nous avons commencé le travail dans ces petites villes - travail pionnier, création d’églises. Tout au long de ces 20 ans, aux deux endroits, plusieurs fois des temps de crise ont rendu la poursuite du travail difficile et ont conduit les responsables à se poser la question du bien-fondé de la poursuite de l’œuvre. Si aujourd’hui la présence, les contacts, le travail, le besoin y sont importants, financièrement ces deux communautés sont loin d’être indépendantes et représentent une lourde charge financière pour l’ensemble de l’UEEMF. Vues les distances séparant ces communautés les unes des autres, il n’est pas imaginable qu’un pasteur puisse desservir deux lieux. Nous sommes reconnaissants au GBGM de son engagement pour couvrir un PIM (Person in Mission) = un peu moins qu’un demi-salaire pour le ministère à Mont-de-Marsan.


1.4 Sud de la France

En 2006 fut scellée officiellement la fusion entre l'Union de l'Église Évangélique Méthodiste et l'Église Méthodiste de France - des églises méthodistes qui, en 1938, n'avaient pas accepté le rapprochement avec l'église réformée de France. Cette fusion fut précédée d'une vingtaine d'années durant lesquelles des pastorales communes et des discussions eurent lieu en vue d'un tel rapprochement. Ce temps fut aussi entrecoupé de périodes aux relations plus difficiles. Des circonstances, des individus, Dieu, ont finalement conduit vers cette nouvelle réalité de vie de notre union d'églises en France. Dans « l'ancienne EMF », il Y a aussi quelques grandes églises locales qui fonctionnent « bien», une ou deux sont de taille moyenne et plusieurs sont petites, ce qui ne facilite pas la gestion de l'ensemble.


Alès et Montélimar comptent parmi les plus grandes. L'église locale de Montélimar connaît un système particulier de direction d'église avec 4 « anciens» (c'est volontairement que nous mettons les guillemets, sachant bien que dans l'EEM seuls les pasteurs sont consacrés au ministère d'ancien). C'est seulement à partir de 2008 que le pasteur en place a été engagé à plein temps. Anduze est une église de taille «moyenne», et les autres sont des « petites», toutes confrontées à des problèmes de survie. Elles sont pourtant appelées à faire face à des défis importants. Si nous devions arrêter le travail dans l'une ou l'autre, cela signifierait une grande perte. Caveirac et Codognan, deux communautés dont l'existence remonte au ministère des pionniers du méthodisme en France, avec des hommes comme Charles Cook, envoyé en France par Wesley lui-même. A Codognan, un effort d'évangélisation de grande envergure est prévue cet été sous forme de festival de musique avec la collaboration de plus d'une centaine de personnes venant de tout l'hexagone et même de l'étranger. Il sera possible de compter avec le soutien de Connexio ainsi que du bus et des tentes de la Zeltmission de notre église en Allemagne. C'est une des formes du Projet-Vie de l'Union où l'ensemble des églises sont prêtes à soutenir le défi que s'est lancée cette petite communauté. Elle désire poursuivre la mission de Jésus-Christ: Répandre la Bonne Nouvelle.

Valleraugue, au coeur des Cévennes. Une petite communauté avec la difficulté d'avoir un pasteur, même seulement à mi-temps; une collaboration s'est développée avec l'Eglise réformée évangélique indépendante, ce qui permet d'avoir la présence d'un de leur pasteur pour un engagement à 20%. C'est dans ce lieu aussi que se trouve un home pour personnes âgées avec une capacité d'une cinquantaine de lits; actuellement des projets d'agrandissement y sont envisagés. La maison est une oeuvre de l'église.

St-Jean-de-Valériscle est un lieu sinistré par la fin de l'exploitation des mines de charbon. La petite communauté y développe un travail social important: « Agape», un bric-à-brac ouvert à l'année. L'UEEMF a acquis dans ce village une grande propriété, dans laquelle l'église se réunit. Ce bâtiment servira aussi à l'Association «Regain» pour l'accueil de jeunes mères célibataires. Comme le besoin est grand dans la région, les autorités civiles soutiennent vivement le projet; les travaux que nécessitent la transformation de l'immeuble en retardent malheureusement la mise en oeuvre. 


1.5 Paris

Et pour terminer notre Tour de France: Paris. Depuis de longues années, l'église de Paris-Gennevilliers et ses membres vivent le témoignage de l'Evangile. La vie cultuelle est animée et enrichie par les différentes cultures présentes; aux Français s'est ajouté un groupe important de Haïtiens, ainsi que différents membres en provenance d'Afrique noire. Pendant plusieurs années, la desserte de J'église a été assurée par Pierre Geiser et son épouse de manière bénévole. Après 2 ans de période transitoire avec un pasteur béninois, étudiant à Paris, l'église a assumé une période de vacance. Mais l'urgence d'y mettre un pasteur se faisait de plus en plus ressentir. La question du financement du poste pastoral n'est pas entièrement résolue et représentera probablement une charge pour l'ensemble de l'Union dans les prochaines années.

Paris est un concentré du monde entier. S'y trouve aussi une communauté cambodgienne ; elle est. en lien avec celle de Strasbourg; bien que communauté membre de l'UEEMF, elle se gère de manière autonome. Une autre communauté s'est développée depuis quelques années, rassemblant tout un groupe de personnes de Côte d'Ivoire. Elle s'est constituée en église restant en lien avec l'église-mère, l'Eglise Méthodiste Unie de Côte d'Ivoire. Suite à des orientations et des objectifs différents, les membres se retrouvent à Paris-Colombes et Paris-Laumière. Ils peinent à trouver un lieu et vivent actuellement en deux groupes différents qui se réunissent dans des édifices de l'église catholique. La responsabilité pastorale de ces communautés était confiée jusqu'à présent à des pasteurs de Côte d'Ivoire, étudiants ou doctorant en France (Strasbourg, Paris) ou en Belgique (Mons). Suite à un accord entre les évêques Boni et Streiff, il est apparu souhaitable et nécessaire d'intégrer ces églises en premier lieu dans l'UEEMF et par conséquent dans notre Conférence annuelle. L'affectation d'un couple pastoral sur Paris a donc aussi pour but de soutenir, d'accompagner, de fortifier et de coordonner le travail de ces deux communautés dont le potentiel de croissance est difficilement imaginable: il existe dans Paris et dans ses environs plusieurs centaines de Méthodistes de Côte d'Ivoire. On a avancé le chiffre de 5000 (!) fréquentant ou non une église dans leur nouveau pays de résidence. 


1.6 Bruxelles

Pour compléter ce tour d'horizon, arrêtons-nous encore un instant sur une autre église de migrants. En Belgique, notre église, la United Methodist Church a fusionné avec d'autres églises, et formé l'Eglise Protestante Unie de Belgique (EPUB) en 1969. De ce fait, l'EPUB est une église unie affiliée à l'EEM et peut même envoyer des délégués à la conférence générale. Elle est également membre du Conseil mondial des Églises Méthodistes. Pourtant, beaucoup de migrants (Africains ou autres) arrivant en Belgique n'y trouvent pas « leur» église et en plus, ne se reconnaissent pas dans l'EPUB à cause de sa spiritualité et de son orientation théologique. Ceci explique la demande émanant d'un groupe de méthodistes congolais à Bruxelles: être reconnu comme Église Évangélique Méthodiste / Église Méthodiste Unie et intégré au sein de notre Conférence annuelle. 



1.7 Eglises de migrants

La question des églises de migrants n'est pas un phénomène nouveau (cf les Suisses a l'origine de la demande adressée dans les années 1930 à l'Evangelische Gemeinschatt d'envoyer un pasteur dans le Sud-Ouest de la France à Agen). Le phénomène est devenu d'importance ces dernières années. Il représente une chance et un défi pour nos églises et notre société. Quand des hommes et des femmes sont à la recherche de nouvelles perspectives économiques et sociales, ils emmènent avec eux leurs valeurs et leur croyances (foi et religion) et essayeront de les vivre dans leur nouveau contexte social.

C'est particulièrement vrai pour les migrants en provenance des pays du Sud et qui se retrouvent en Europe, un milieu marqué par le pluralisme religieux et la diminution des pratiques de la foi. D'où l'importance pour eux de vivre leur foi tel qu'ils en avaient l'habitude. Ainsi leur communauté représente pour eux une portion de leur pays (Heimat), de leur famille et ces lieux deviennent pour eux un tremplin pour leur intégration dans la société (cf les cours de français et de civilisation offerts dans le cadre de la CCLA à Genève).

En même temps, cette manière de se retrouver entre eux représente le risque de se retrouver dans une forme de ghetto et d'échapper à l'obligation de s'intégrer dans la société. Une autre difficulté guette ces églises: elles sont en général sensibles aux problèmes sociaux que rencontrent les étrangers arrivant chez nous; de ce fait elles attirent particulièrement des personnes nécessitant aide et soutien.

Là encore, l'Evangile ne pourra être proclamé qu'avec des actes concrets. Ce phénomène reste pour nos églises et pour nous EEM un défi. Les églises et communautés accueillant des églises de migrants connaissent ces défis et savent ce que signifient des termes comme « négocier, ranger, se comprendre et se faire comprendre... ».

« Laisserons-nous à notre table un peu de place à l'étranger? Trouvera-t-il quand il viendra un peu de pain et d'amitié? Ne laissons pas mourir la terre, ne laissons pas mourir le feu. Tendons nos mains vers la lumière pour accueillir le don de Dieu », comme le chante Jo Akepsimas.

L'appel de prendre soin de l'étranger reste: «Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte» (Deutéronome 10,19). Saurons-nous accueillir la différence au risque de perdre un peu de notre tranquillité d'enfant privilégié?

Au vu des nombreuses communautés trouvant place dans nos églises, et pas seulement dans le district francophone, nous affirmons notre volonté et décision d'être église ouverte, église de Jésus-Christ, église pour les autres, église dans la mouvance wesleyenne ! Citons encore, au-delà de rencontres locales importantes réunissant ces différentes églises de migrants (à Genève, Berne, Paris...), deux événements qui ont traité ce thème: tout d'abord à Bâle, où Mission 21 a organisé une grande rencontre le 1er novembre 2008. Puis le séminaire annuel mis en place par notre église soeur en Allemagne au mois de janvier à Berlin sous la responsabilité de l'évêque Rosemarie Wenner. Il réunit les responsables des différentes églises de migrants pour partager un thème commun. Cette année le Rev.Dr.Fulgence Nyengele, professeur de théologie pastorale à l'école de théologie méthodiste de l'Ohio aux USA, membre de la Conférence annuelle du Congo était J'invité principal avec David Colins, secrétaire général de J'Eglise Méthodiste en Grande-Bretagne. 


  1. Le corps pastoral

De part la fusion dont nous avons déjà parlé ci-dessus, mais aussi et surtout à cause des divers lieux de formation théologiques par lesquels ont passé les pasteurs qui sont actuellement en poste dans le district francophone (nous ne citerons que quelques uns des lieux de formation: Theologisches Hochschule Reutlingen - et oui, ça existe encore! - Faculté de théologie de Strasbourg, de Lausanne, Aix-en-Provence, Vaux-sur-Seine, Institut biblique Emmaüs, Nogent-sur-Marne, Lamorlaye ...) nous vivons de fait un pluralisme théologique. Ce n'est pas toujours un enrichissement mutuel mais aussi un débat de fond qui exige une acceptation réciproque. Il peut aussi se traduire par des tensions. Les pastorales du district cherchent à favoriser ce partage et cette compréhension mutuelle. Ces trois dernières années, nous avons travaillé les thèmes suivants: 2007 "Les convictions ecclésiologiques du Méthodisme" avec Michel Weyer / 2008 « Quelle herméneutique pour quelle église? » et cette année: « Les textes fondateurs du méthodisme» avec la présence de notre évêque. Actuellement le manque de vocation se fait sentir et nous peinons à pourvoir un pasteur dans chaque église. Mais, il faut aussi le dire, si nous le faisions, le financement en deviendrait difficile. Comme en Suisse, nous ressentons la tension entre le nombre de postes à pourvoir et les possibilités financières.

La question des salaires pastoraux est encore un dossier ouvert. Les églises locales de l'EMF salariaient leur pasteur directement, alors qu'un système de caisse centrale règle le salaire des pasteurs de l'UEEM. Il est prévu de solutionner ce point dans l'année en cours en intégrant l'ensemble dans la caisse centrale.


  1. Centre Méthodiste de Formation Théologique (CMFT)

Il a été créé afin de permettre aux étudiants en théologie de nos églises de vivre un temps ensemble au cours de leur formation et de leur donner ainsi une base commune. Cet objectif n'a que rarement été atteint à cause du petit nombre d'étudiants et de la disparité des lieux d'études. Mais le CMFT est tout de même un outil précieux qui permet la prise en charge financière et l'accompagnement des étudiants. Le CMFT est responsable des pasteurs qui sont dans le «Temps d'accompagnement» (actuellement 7 personnes, en comptant ceux qui sont en Algérie). II comprend un département pour les questions théologiques. Celui-ci est chargé de la préparation des textes ainsi que de l'animation des pastorales du district francophone. Le CMFT est actif dans le domaine de la formation des laïcs; une branche de ce domaine est actuellement en veille après avoir organisé et proposé quelques weekends dans les années passées.

Par contre, avec la collaboration qui s'est mise en place dans le cadre de la Consultation francophone, un énorme travail a été accompli pour la formation des prédicateurs laïques dans le monde francophone. Sous l'impulsion du Global Board of Higher Education and Ministry (GBHEM) un programme commun a été mis en place devant permettre la formation des prédicateurs laïques et des prédicateurs laïques avec affectation pastorale de tous les pays francophones d'Afrique (Congo, Côte d'Ivoire, Cameroun, Sénégal, Uganda, Burundi, Kenya, Soudan et Ruanda) ainsi que de Haïti et du district francophone (Suisse, France, Algérie). Pour le CMFT, Joseline Waechter est à J'oeuvre dans la rédaction des manuels, dans la formation et l'accompagnement de tous ceux qui dans notre Conférence annuelle sont actuellement en formation. Vingt-cinq personnes sont inscrites dans ce cycle de formation; elles sont regroupées en différentes classes.

Un autre domaine encore du CMFT est celui de la recherche et des publications sur le méthodisme. L'année dernière il a été possible de publier une nouvelle édition de la « Brève présentation de l'EEM ». Nous terminerons en signalant encore la Bibliothèque du CMFT qui se trouve dans les locaux de l'église de Lausanne. Il est possible d'emprunter des livres pour autant que ceux-ci aient été pUbliés après 1900. Le catalogue est en ligne mais il n'est actuellement consultable qu'en langue allemande. Si vous faites un tour sur le site, il vous sera possible de lire en français l'ensemble des sermons de référence de John Wesley ainsi que d'autres articles sur le méthodisme: www.cmft.ch.

L'UEEMF est très reconnaissante pour l'important apport financier (env. les 8/10è) par l'église en Suisse. Sans ce soutien, il ne nous serait pas possible de garder cet objectif important de l'accompagnement et de la formation tel que nous l'avons à ce jour. 


  1. Les relations inter-églises

Dans le monde latin, le paysage ecclésiastique est quelque peu différent de ce que l'on a dans le monde germanophone. Décrire cette différence oblige forcément à être caricatural. Si en Suisse et en Allemagne, il est possible de diviser les tendances en trois groupes - les églises officielles/multitudinistes - les églises confessantes mais ouvertes - les églises fondamentalistes, la situation est plus contrastée en France et donc opposée: les églises officielles et les évangéliques. Cette réalité transparaît dans les relations que nous vivons les uns avec les autres. Ainsi l'UEEMF est membre de la Fédération Evangélique de France (FEF). Malgré la demande express de plusieurs églises locales d'adhérer à la Fédération Protestante de France (FPF), dont d'autres églises évangéliques sont déjà membres, nous n'avons pas réussi à faire ce pas. D'une part certaines communautés ne désirent pas ce changement et d'autre part ces organisations ne peuvent concevoir que l'UEEMF soit membre dans les deux fédérations! Actuellement une nouvelle voie se dessine avec la création du Conseil National des Evangéliques de France (CNEF). Tout en se rapprochant de la FPF, il marque tout de même sa différence. Compte tenu des racines historiques communes et des défis posés à l'ensemble du protestantisme, le CNEF a réaffirmé le principe d'une concertation avec la FPF, chaque fois que cela s'avérera nécessaire. Cette évolution dans le monde évangélique évitera-t-elle à l'UEEMF un nouveau débat concernant le fait de sortir de la FEF pour se rattacher à la FPF ? Les églises locales pourraient devenir ou rester membre de la FEF à titre individuel. Il est encore trop tôt aujourd'hui pour le dire.

Les relations avec l'église catholique étaient quasi inexistantes jusqu'à récemment. Aujourd'hui, des contacts positifs et intéressants existent sur le plan local. 


  1. Les bâtiments

C'est un autre chantier important avec, en priorité la nécessité de mettre en place une commission des bâtiments et d'en permettre son fonctionnement. Sur la base du règlement qui existe en Suisse, une proposition de règlement a été faite pour la France. Celui-ci devra encore être soumis au Comité directeur et à toutes les églises locales.

Plusieurs églises locales doivent faire face à de gros investissements, simplement pour maintenir les normes de sécurité exigée. D'autres églises, essentiellement de J'ancienne EMF, n'ont pas de presbytère et doivent encore régler ce problème. 


  1. Projet VIE

Vision Implantation d'Eglises avec sa devise: Affermir (consolidation de l'église locale), Elargir (croissance de l'église locale) et Conquérir ( vision et projet qui voient la vie de l'église locale comme lieu normal d'enfantement pour de nouvelles églises filles...). L'ensemble du travail en France est placé sous cette devise et témoigne du désir de vivre et de partager J'Evangile au-delà de nos murs. Les membres des églises, leurs responsables et les pasteurs portent leur regard non seulement sur leurs lieu et environnement mais sont aussi prêts à soutenir l'effort pour l'ensemble. Les églises dans le Sud-Ouest, les petites communautés dans le Sud (Codognan...) ou dans l'Est (Colmar...) témoignent de la volonté de ne pas en rester là et sont les exemples de cette réalité et volonté de rester instrument dans la main de Dieu pour la construction de son Règne. 


Pour terminer: Un voeu : 

Que la Conférence Annuelle nous permette de vivre des espaces de rencontres et de partage où l'échange entre délégués et églises soit enrichissant et témoigne des liens qui nous unissent par-dessus les frontières. 

 Rapport des surintendants 09 (fichier pdf 69 ko)

Adieux à Elsi Altorfer, surintendante

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

L’évêque Patrick Streiff rend hommage à Elsi Altorfer en partance pour la retraite ; il note son ouverture à ce que l’Esprit opère dans nos communautés et églises ; elle a manifesté une tranquillité à toute épreuve dans les situations de crise. Il la remercie pour la sagesse qu’elle a injectée dans le Cabinet. L’évêque relève sa passion pour les psaumes compris comme de prières vivantes, autant de la louange que des plaintes. Elsi a été un exemple. Patrick Streiff lui remet un exemplaire d’une Bible illustrée par un artiste en guise de cadeau. L’assistance lui réserve une ovation.

Elsi Altorfer revient sur les conditions de sa nomination : elle avait d’abord refusé ses fonctions de surintendantes. Du temps lui a été nécessaire ; la tâche fut difficile ; fort heureusement qu’entre membres du cabinet le soutien mutuel est la règle. Elle se déclare aujourd’hui heureuse de disposer d’une nouvelle liberté à l’heure de son départ à la retraite.


Du nouveau au Carrefour des femmes

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

On assiste à un changement de génération au sein du Carrefour des Femmes. Plusieurs femmes engagées des années durant se sont retirées du comité directeur pour céder leur place à de nouvelles femmes. La Conférence Annuelle de l'EEM à Dübendorf a approuvé les propositions de choix. 


«Richement bénies - prêtes à partager». Ce thème a inspiré les différentes manifestations du Carrefour des femmes. Beaucoup de femmes ont suivi toujours à nouveau  ce thème et mis leur temps, leurs dons et donc leur engagement à disposition pour le travail du Carrefour des femmes. Au cours de l'automne, deux autres réunions régionales sont prévues. Sous le titre « Gagner des hommes pour Jésus! Acquérir de l'expérience et oser faire les premiers pas », les femmes de l’EEM sont invitées le 5 Septembre à Thoune et le 19 Septembre à Schaffhouse.


L'année dernière, il y avait de nouvelles élections et quelques démissions, confirmées à présent par la Conférence Annuelle. Ainsi, le comité directeur du Carrefour des femmes compte maintenant de nouveaux membres, Andrea Roffler (trésorière) et Hanni Ramseier (secrétariat). Elisabeth Lehmann est la nouvelle représentante du District francophone en remplacement de Joseline Waechter appelée à d’autres fonctions. Anne Marie Roser quitte le bureau après 22 années de collaboration  au Carrefour des Femmes en tant que trésorière et présidente de district. Renate Bloem s’était engagée durant 25 ans comme représentante au niveau mondial du Carrefour des Femmes auprès de l'ONU à Genève.


Connexio placé devant de nouveaux défis

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

A l'occasion de la présentation de son rapport, Andreas Stämpfli, secrétaire de Connexio, réseau pour la mission et la diaconie de l’EEM Suisse/France, a expliqué que Connexio devait s’adapter plus que jamais, le monde subissant des changements radicaux et rapides.


Les pays - en dehors de la Suisse -,  dénombrent de plus en plus de professionnels bien formés à la tête des églises et des organisations. Ainsi n’appartient-il plus à Connexio d’envoyer des professionnels, mais de soutenir les personnes en place et les organisations locales dans l’exercice de leur mission. Connexio dépêche dorénavant sur place des coordinateurs et des conseillers pour épauler les églises locales. Lukas Fankhauser et sa famille s'installent ces jours-ci en Bolivie pour mener à bien une telle mission. D'autre part, Connexio apporte le financement à des projets, aux salaires ou aux bourses. Malheureusement, le soutien est à la baisse à cause du niveau de l'inflation très élevé dans de nombreux pays partenaires et du niveau réduit des dons. 


Avec le développement actuel des voyages et des télécommunications,  il est plus facile d’envisager les contacts et les voyages. Les partenariats entre communautés sont ainsi plus faciles à mettre en œuvre. Connexio encourage cette forme de soutien. 


Connexio est toujours à la recherche de personnes prêtes à partir en mission. Ainsi, des postes sont actuellement à pourvoir :

- coordinateur / conseiller auprès de l’EEM de RDC,

- une personne pour la mise en place de l’administration de l'Eglise au Cambodge et

- un secrétaire ou une secrétaire pour le bureau de l’évêque David Yemba à Kinshasa (RDC). 


Dr Patrick Streiff, évêque, a pris congé de Christine Schneider-Oesch, qui pendant des années a dirigé le travail de Connexio et qui quitte à ce jour sa fonction de co-présidente. Elle continue néanmoins encore son engagement dans Connexio, cette fois comme membre du département Afrique. Le pasteur Simon Züricher a été élu par la Conférence comme co-président à côté de l'évêque Patrick Streiff.

La Conférence Annuelle prend fin par un culte solennel

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Le point culminant de la Conférence annuelle de l'Eglise Evangélique Méthodiste (EEM) Suisse-France-Afrique du Nord a été la célébration du culte solennel dans la cathédrale de Zurich, dimanche le 7 juin. Au coeur du culte, la prédication de l'évêque Patrick Streiff portant sur le thème « C’est en espérance que nous sommes sauvés» et l’engagement de 14 personnes au service de l'Eglise. 


Le pasteur Christoph Sigrist de la communauté de la Cathédrale et la surintendante Elsi Altorfer ont salué les participants au culte présents dans cet immense édifice remplie jusqu'à la dernière place remplie. Sigrist a insisté sur les liens existant entre John Wesley et Huldreich Zwingli, et a remercié l’assemblée  pour la force de son chant qui couvrait même le son de l'orgue. 

   

Dans son message, l'évêque Patrick Streiff, a fait remarquer que de nombreux signes d'espoir émergent dans un contexte de souffrances et de misères. « Tous ces signes d'espérance ont poussé dans un environnement de souffrances et de détresses. Ils ne sont pas issus d'un monde intact, dans lequel tout tourne rond. Ils sont les bons fruits d'une passion, qui a partagé la souffrance de situations difficiles et qui a, par la force de la foi, provoqué des changements ». Notre monde a besoin de gens qui posent des signes d'espérance dans le monde en raison de leur foi en Jésus-Christ. Leur engagement n’est certainement pas synonyme de fuite ni de retrait dans un monde intact, « cela ne signifie précisément pas se réfugier dans un monde intact ou se retirer du monde », a souligné M. Streiff, évêque, mais vouloir agir dans un contexte de souffrances et de détresses.


L’intégralité de la prédication est disponible ici. 



A l’issue de la prédication, 14 personnes ont été accueillies dans le corps pastoral, dont trois francophones, Théodore Paka, David Loché et Joseline Waechter.  Au total, 119 personnes ont reçu leur affectation dans une communauté EEM en Suisse, en France, en Algérie ou pour un ministère spécial. L’évêque Patrick Streiff a présenté à la Conférence  Jörg Niederer, le nouveau surintendant du district du Nord de la Suisse. Pour l’ensemble des pasteurs, la bénédiction de Dieu a été invoquée.


Le déjeuner tiré des sacs fut l’occasion de moments d’échanges. Les organisateurs ont proposé au public diverses manifestations dans toute la ville de Zurich. Ainsi, l'évêque se faisait interviewer en live dans la cathédrale par Barbara Streitt, chargée de communication, sur son parcours de responsable d’église à la tête du diocèse (Conférence Centrale du Centre et du Sud de l’Europe). Le public a pu aussi découvrir les locaux de l’administration de l’EEM à Zurich. Il avait aussi la possibilité de visiter le centre-ville avec un guide, de suivre une promenade littéraire à travers Zurich, de vivre un temps de prière ou des chants gospel  avec Connexio. Tout le monde se retrouve dans la cathédrale pour la conclusion de l’après-midi. Les pasteurs Christoph Schluep et Stefan Werner ont invité les participants à la Conférence à entonner des chants entraînants,  et selon le thème de la conférence à vivre leur foi « avec passion » dans la vie de tous les jours. Puis suivant la tradition interviennent les enfants qui viennent de vivre leur propre programme. Ils ont jeté dans le public des avions en papier qu’ils ont confectionnés portant leurs noms et leurs sujets de prière. Leur passion et leur joie ont été nettement perceptibles.


L’assistance dans la cathédrale le dimanche après-midi

 

La prochaine Conférence Annuelle est programmée du 24 au 27 juin 2010 à Münzingen (près de Berne). C’est le cabinet qui en assume l’organisation, à défaut de trouver une église locale disponible. Pour la première fois, le dimanche de la Conférence ne se déroulera pas sur les lieux de la Conférence, mais ailleurs, en l’occurrence à Strasbourg, France.

Prédication de l'évêque Patrick Streiff (Rm 8,18-27)

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


CA-CH/F09: Thème  „Avec passion – compassion" 

„C'est en espérance que nous avons été sauvés“ (Rom. 8, 24a)

Prédication sur Romains 8, 18-27 

Chers frères et sœurs venus de près ou de loin, de la paroisse du Grossmünster et de tout l'espace de la Conférence méthodiste,  

"C'est en espérance que nous avons été sauvés“. Cette courte phrase se trouve dans la lettre de l'apôtre Paul aux Romains. Paul l'écrit en relation avec l'immense question de la souffrance dans le monde, la souffrance qui affecte les êtres humains et toute la création. Une espérance passionnée luit ici au milieu du soupir de toute la création – signes d'espérance.

Au mois d'avril, un petit groupe de voyageurs venus de l'EEM des Etats-Unis est arrivé en Hongrie à la fin de la Conférence annuelle. Ces gens voulaient étudier les possibilités de développer un partenariat avec l'Eglise en Hongrie. Ce sont des personnes, des pasteurs et des paroissiens des USA, qui ne voient pas seulement les besoins de leurs propres communautés, mais voudraient agir au-delà, faire le bien dans le monde. Elles veulent participer à la mission de l'Eglise ailleurs dans le monde – signes d'espérance.   

Il y a deux semaines et demie, j'ai participé, juste avant la Conférence annuelle en Autriche, à la cérémonie du premier coup de pioche d'une clinique psychiatrique spécialisée pour enfants et adolescents édifiée dans le centre diaconal de la Spattstrasse à Linz. Le gouverneur du Land de Haute-Autriche (comparable au président d'un gouvernement cantonal) a rendu hommage à la contribution de cette institution diaconale de l'Eglise, qui réagit de façon innovante et en première ligne à des détresses actuelles dans la société – signes d'espérance.  

Il y a une semaine, j'étais à la Conférence annuelle des Républiques de Tchéquie et de Slovaquie. En Slovaquie, l'Eglise a vécu l'automne passé un temps très douloureux du fait de crises familiales inattendues et de démissions du ministère pastoral affectant trois des onze pasteurs. Lorsqu'en début d'année, une ancienne pasteure annonça de Nouvelle-Zélande qu'elle voulait rentrer en Slovaquie avec toute sa famille, ce fut un exaucement de prières. A la Conférence, nous avons pu la réintégrer dans la communauté de service - signes d'espérance. 

Au cours de l'année passée, j'ai également visité de temps à autre des paroisses en Suisse. Je me suis réjoui lorsque j'ai pu participer, p. ex. à Bottenwil ou Schlatt, à des cultes où toutes les générations étaient présentes et auxquels de jeunes adultes ont contribué. Nos pasteures et pasteurs jeunesse accomplissent là un très bon service – signes d'espérance. 

Tous ces signes d'espérance ont poussé dans un environnement de souffrances et de détresses. Ils ne sont pas issus d'un monde intact, dans lequel tout tourne rond. Ils sont les bons fruits d'une passion, qui a partagé la souffrance de situations difficiles et qui a, par la force de la foi, provoqué des changements. Ces signes d'espérance sont les bons fruits de l'engagement de personnes liées au Christ. Notre monde a besoin de telles personnes. L'apôtre Paul juge même, de façon étonnante, ce besoin comme étant très pressant. Ecoutons encore un passage de l'épître aux Romains:
“J'estime que les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d'être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous. De fait, la création attend avec un ardent désir la révélation des fils et des filles de Dieu“ (Rom. 8,18-19).

S'il était en ce dimanche dans le canton de Zurich, Paul aurait sans doute formulé cela un peu différemment. Il y a une semaine, les journaux évoquaient le danger constitué par le fait que de plus en plus de "croyants" issus d' "églises libres évangéliques" se pressent vers la profession d'enseignant. Il existerait parmi les futurs instituteurs une "fraction des poissons" et des tendances fondamentalistes. On ne ressent pourtant guère, du moins dans la société ouest-européenne, un "ardent désir de la révélation des fils et filles de Dieu". Il peut y avoir différentes raisons à cela. Un peu d'autocritique nous conduit à admettre que parmi tous ceux qui témoignent du Christ dans notre société, certains, affligés parfois d'un esprit étroit et d'une âme inquiète, ne sont pas des modèles de "la glorieuse liberté des enfants de Dieu". Cela ne correspond pas à l'espérance dont parle Paul, quand il voit que " la création a l'espérance d'être elle aussi libérée de l'esclavage pour prendre part à la glorieuse  liberté des enfants de Dieu" (Rom. 8, 21). Il faut voir aussi que même le témoignage d'un chrétien joyeux et libéré sera toujours perçu par les autres comme quelque chose de "choquant". Il n'est pas au pouvoir des chrétiens joyeux et libérés de déterminer si cette impulsion, si ce choc peut déclencher une démarche positive vers une vie à la suite du Christ. Mais l'aspect choquant de leur témoignage vécu sera toujours marqué par les signes distinctifs de l'Esprit: "l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi" (Gal. 5, 22 & ss). Et il vaut la peine de s'engager dans ce monde, marqué par ces signes distinctifs, et d'y donner des impulsions positives. Qui vit ainsi rencontrera toujours des personnes qui n'attendent que cela et aimeraient marcher à la suite de Jésus Christ.

Nous sommes appelés à vivre cette espérance qui trouve sa source dans la foi en Christ. Paul montre clairement que cela ne signifie précisément pas se réfugier dans un monde intact ou se retirer du monde. Quand Paul est convaincu que "les souffrances du moment présent ne sont pas dignes  d'être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous", il s'exprime comme quelqu'un qui a vécu plus de privations, de détresses et de douleurs que nous tous. Luther commente cela ainsi:   "Paul entreprend alors de consoler les chrétiens plongés dans de telles souffrances  en tant que personne qui en a fait l'expérience et les connaît très bien; et il le fait comme s'il voyait cette vie … à travers une vitre colorée, mais avec des yeux très clairs. … De toutes les souffrances du monde, il fait une goutte et une petite étincelle, mais de cette gloire que nous devons espérer, il fait une mer immense et un grand feu".  Ce n'est que sur la base de la résurrection du Christ que l'on peut parler ainsi et vraiment vivre ainsi. Les cultes joyeux que célèbrent les plus pauvres de ce monde en sont un vivant exemple, que ce soit dans nos communautés Roms d'Europe centrale et orientale, en Afrique ou parmi les pauvres d'Amérique latine. Et ce n'est que sur la base de la résurrection du Christ, le crucifié, que ces fêtes ne sont pas une fuite hors du monde, mais une compassion passionnée pour les souffrances des êtres humains et un soupir ardemment partagé avec la faiblesse de nos plus grands efforts pour rendre ce monde plus juste et plus humain. 

Il se peut que vous trouviez les lettres de Paul difficiles à comprendre. Mais lisez-les en gardant à l'esprit l'histoire de la vie de cet homme. Vous découvrirez alors comment la foi en Christ éveille la volonté de participer à la mission de l'Eglise, de servir les autres, de faire le bien, de mettre de temps en temps de côté ses propres besoins et, ce faisant, de rester positif face à la vie, joyeux et plein d'espérance. C'est alors que grandissent les signes d'espérance qu'attendent tant de gens dans le monde. 

Quand, au cours de ce culte, nous envoyons des frères et des sœurs vers des ministères pastoraux dans l'Eglise, nous le faisons dans la  joie pour leur volonté de servir et dans l'espérance que grâce à leur travail, bien d'autres personnes se laisseront appeler au service de toutes les chrétiennes et de tous les chrétiens. C'est ainsi que se construiront les communautés afin qu'elles vivent leur vocation. Et c'est ainsi que des chrétiennes et des chrétiens vont vivre passionnément la glorieuse liberté des enfants de Dieu au milieu des joies et des douleurs de ce monde. C'est à ce service que nous tous, qui suivons Christ, sommes appelés. Rejoignez-nous pour poser tout au long de la nouvelle année de Conférence des signes d'espérance. Amen. 


Original: allemand    Evêque Patrick Streiff

Traduction française Frédy Schmid /  09-06.03

 prédication de l’évêque Patrick Streiff (fichier pdf 82 ko)


La Conférence annuelle 09 en images

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)


Moments importants dans la vie de l’Eglise Evangélique Méthodiste, ses délégués se concertent pour convenir de la marche à suivre en tant qu’Eglise. Temps de communion et de recueillement sans précédent, source de bénédictions profondes.