Discours d'ouverture de l'évêque Patrick Streiff

Conférence annuelle Suisse/France/Afrique du Nord du 4 au 7 juin 2009 à Dübendorf et à Zurich (Suisse)

Après la mise en place du bureau, l’évêque Patrick Streiff prononce le discours d’ouverture. Il rappelle aux personnes présentes que «l'essentiel» dans l'Église se joue au niveau des communautés locales entre tous les acteurs locaux. Au niveau local doit se développer une dynamique positive. D'autre part, l'évêque met en garde contre toute logique de défiance et de suspicion à l’égard de l'Église et de ses instances supérieures. Mais même sous cet angle, il fait remarquer des signes encourageants. Le profil de l’EEM, adopté il y a deux ans par la Conférence Annuelle, est mis en œuvre à présent dans les communautés locales.

Ma passion

«Avec passion - compassion», ce thème de la Conférence de cette année me touche personnellement. Je vis mon ministère d’évêque de tout mon coeur. Christ a éveillé en moi cette passion, l’envie de m’impliquer en faveur de l'Église, de manière très ciblée pour l'Église évangélique méthodiste, sa mission et sa refondation. Cela conduit inévitablement à souffrir avec son Église et pour son Église, à éprouver de la compassion pour l'Église évangélique méthodiste. 

Face à des difficultés

Sous un certain angle, nous avons eu derrière nous une année difficile. En raison des tensions qui se sont fait jour dans certaines communautés et du manque de pasteurs, beaucoup de temps et d'énergie ont été dépensés dans des entretiens, des rencontres et des décisions. L'essentiel se joue toujours à nouveau dans les districts, entre les acteurs locaux. On y décide comment vont évoluer les relations entre les membres de la paroisse, les membres du conseil et les autres amis. Dans ces conditions, on peut entreprendre un travail positif. Nous avons des endroits où le travail se développe dans une dynamique positive. De tels districts, nous en avons aussi - Dieu merci -. Mais il en existe aussi d’autres.

Il est tout à fait normal et cela fait partie de notre responsabilité spécifique que nous, cabinet, nous ayons à régler des situations difficiles et réduire des tensions. Et globalement, notre Église est encore en déclin - ce qui conforte, bien sûr, l'impression générale de membres et de personnes extérieures à l'EEM. Nous courons le risque de passer d’une Eglise habitée par la passion à une Église seulement en souffrance. 

Ce qui s’est passé depuis l'automne dernier, sur le plan de l'économie mondiale, peut nous aider à  mieux comprendre une telle dynamique de groupe appliquée à notre Église. Quand les places boursières étaient en plein boom, on s’était mis à acheter frénétiquement dans l'espoir de voir augmenter ses bénéfices.

Au moment du crash, on s’est mis à vendre frénétiquement de peur d’en perdre encore davantage. Et c’est dans ce contexte que le cours des actions a massivement chuté, même si les entreprises pouvaient afficher de bons chiffres et de bonnes évolutions. La véritable valeur de l'entreprise ne comptait pas - seuls importaient les sentiments de confiance et de défiance.

C’est ainsi que s’infléchissent de grandes dynamiques de groupes qu’il n’est pourtant pas si facile d’inverser, même si les faits semblent parler en faveur d'une telle inversion de  tendance. 

Gare à la suspicion et la défiance

C’est souvent pareil, me semble-t-il, dans notre Église. Nous sommes souvent encore dans une grande dynamique de groupe, où règne beaucoup de défiance à l’égard « des instances supérieures de l'Église » : on se demande si elles traitent et résolvent correctement les problèmes des communautés locales, ou si le ver est dans le fruit et s’il ne faut pas soi-même se mettre en quête du ver.

A part cela, il y a beaucoup de positif, des faits encourageants: nous avons en tant qu’Église dotée du profil EEM une vision précise de la manière dont nous voulons être une Église en marche. Par la suite, nous allons entendre comment trois communautés différentes ont travaillé ce profil. Au niveau de la Conférence Annuelle, nous disposons du conseil stratégique prêt à fixer des priorités, mais aussi à renoncer à des préoccupations belles et bonnes qui ont fait leur temps. 

Avec les cinq caractéristiques d’un travail fructueux dans nos communautés locales (esquissées par l’évêque Schnase dans son livre), nous avons un manuel performant pour l’édification d’une communauté missionnaire. En nous alignant sur la « mission statement » (le mandat missionnaire de l’EEM reformulé par le conseil des évêques en 2008), « conduire les autres à devenir disciples de Jésus-Christ, afin que le monde soit transformé », nous avons un mandat clair en tant qu’Église. Il dépend de l'homme de porter cette orientation dans son coeur et de la vivre avec passion. De nombreux districts sont sur la bonne voie. Si nous nous entraidons mutuellement à vivre cette orientation avec une passion inspirée par l'Évangile, nous allons faire des pas positifs pour l'avenir. Puisse cette Conférence être une étape sur ce chemin ! »